Rhétorique
Je suis tombé sur un article de Dedalus (son site) sur Agoravox (article complet ici) qui date d'avant l'election de Zébulon. Il me semble bon de (re)jeter un oeil sur le decorticage qui avait été fait de la rhétorique de ses discours. C'est toujours (plus que jamais) d'actualité.
"Sarkozy : déconstruction d’une rhétorique
[…] Inutile de nier que Sarkozy soit un tribun d’exception. C’est même ce qui le rend si dangereux, cette capacité à si bien maquiller ses véritables intentions que non seulement elles en deviennent attractives, mais semblent comme expurgées de leur vraie nature et des menaces qu’elles font en réalité peser sur ceux-là mêmes qui, de bonne foi, se laissent séduire.
Pourtant, la mécanique est toute simple, et c’est cette simplicité même qui rend le discours si redoutable, tellement efficace. Voyons comment cela fonctionne.
1- Il y a deux catégories de Français : c’est la base du discours de M. Sarkozy, toujours opposer deux France, l’une mauvaise et fantasmée qu’il faut stigmatiser, l’autre bonne qu’il faut aider à prospérer.
2- Vous faites partie des gentils : c’est la deuxième phase : l’auditoire doit être convaincu qu’il est dans le camp à qui l’on va faire du bien.
3- Les uns (les méchants) mangent sur le dos des autres (les gentils) : tout ce qui ne va pas pour vous vient de l’existence de l’autre qui vous fait du mal.
4- "Je n’accepte pas" les agissements des méchants (ils profitent de vous) : si je suis élu, je saurai être ferme (M. Sarkozy dit beaucoup qu’il "n’accepte pas" ; on remarquera qu’il prend bien garde de ne pas être plus précis).
5- "Je veux" privilégier les gentils (ils sont méritants) : il y aura des privilèges et c’est à vous que je les réserve, puisque vous faites partie du camp des gentils - je suis de votre côté, votez pour moi.
CQFD
Le raisonnement de M. Sarkozy est on ne peut plus évident : pour chacun d’entre nous, le méchant, c’est l’autre - c’est bien humain. Il suffit donc de déclamer avec force et emphase qu’on fera une politique favorisant les gentils et sera intraitable avec les méchants, pour que tout le monde applaudisse.
[…] La démagogie est l’art de plaire au peuple. Le but est que le peuple nous veuille du bien (nous donne son suffrage). Ça ne signifie pas qu’on veuille du bien au peuple, et bien au contraire."
-
27 Décembre 2007 à 19:31 dans
- entretien


PS: Sophie, le 3eme groupe c'est celui des 'couillonés'..mais dans l'histoire, il n'apparaitra que dans les épisodes suivants.. (dur, de reconnaitre ses conneries)
Posté par Paul — 28 Dec 2007, 09:34
Oh que c'est agréable de retrouver ce qui m'a fait éviter de voter pour lui.. et rester dans le clan des 'méchants'. Dieu fasse que beaucoup lisent ce post et enlèvent la poudre qu'on leur a jeté aux yeux.. Je dois avouer que je n'avais jamais autant rêvé de révolution que ces temps ci..
Posté par paul — 28 Dec 2007, 09:29
Hé hé jide ! C'est que je m'attendais à un troisième groupe que les gentils et les méchants.
Car si je vous suis bien les gentils sont ceux qui ont voté Sark'or et les méchants sont les autres.
Si le troisième groupe ne s'est pas encore fait, ça ne saurait tarder, du moins je l'espère.
Ceux-là :
5- "Je veux" privilégier les gentils (ils sont méritants) : il y aura des privilèges et c’est à vous que je les réserve, puisque vous faites partie du camp des gentils - je suis de votre côté, votez pour moi."
Ils vont se retrouver le bec dans l'eau, puisque les cadeaux ont été offerts aux plus riches seulement.
Je relèverais une autre contradiction de sark'or, il s'est dit et se dit toujours, président de tous les français et lorsqu' on est le président de tous, c'est pour tous et pas seulement pour une partie des citoyens fussent-ils ceux qui ont votés pour lui.
Déjà dans son propre gouvernement il a ses chouchous, on se croirait dans une cours d'école.
Rien que ça démontre bien que c'est un excellent menteur.
Tous les jours je me demande comment les français ont pu croire qu'un type qui a pour amis, les plus fortunés de France, le grand patronat et le MEDEF et qui plus est a préféré payer les amandes plutôt que de construire des HLM dans sa ville, comment ce type allait défendre l'intérêt commun, la collectivité, le service public, les français leur vie, leurs choix ?
Non je ne comprends toujours pas.
Posté par Sophie — 27 Dec 2007, 22:22