Humain !
samedi 25, soir.
Hier, le temps pourri a continué, avec pour seul passe-temps le bruit des gouttes sur la toile de tente. Nous sommes quand même sorti un moment l'après midi pour nous dérouiller les jambes: Nous avons d'abord traversé à sec (sur de la vieille glace), là où la veille il y avait un gros torrent et un petit lac, puis un gros sérac s'est détaché du glacier pour tomber dans le lac dans un grand fracas. Ensuite, un passage un peu délicat entre les crevasses, qui ont changé de disposition en trois jour, le tout sous une pluie battante, m'ont mis un bon coup au moral, petit coup de blues version "j'veux rentrer à la maison" et à compter les jours qui restent, dans cet environnement où rien n'est stable, rien n'est pérenne, et où la gravité fait la loi.
Mais aujourd'hui, et en vertu du dicton local "fog on the ice, weather will be nice", c'est une tempête de ciel bleu qui se déchaine sur nos têtes, me valant l'un des réveils les plus hallucinant de ma vie. des montagnes nouvelles, qui nous étaient jusqu'alors caché dans les nuages nous sont apparues, énormes, dantesques, somptueuses, démentes, incroyables, les adjectifs manquent cruellement pour décrire ces bijoux de pure folie, ces construction improbables de glace et de rocs, verticales pures, arrêtes tranchant le regard.
Après une bonne série d'image et un petit dej' à l'extérieur des tentes, le premier depuis que nous sommes là, nous avons ensuite fait une longue marche vers le sud, une bonne vingtaine de kilomètres, en rive droite du glacier. Nous nous sommes donc rapproché encore un peu plus de cette ridge fabuleuse pour -entre autre- un pic-nic- plus que spectaculaire. Breathtaking, comme on dit en anglosaxonie !
Ce soir les corps sont fatigués, les yeux sont pleins de beauté et de gros nuages lenticulaires nous annoncent des lendemains plus humides. Qu'importe ?
Nous avons vu.
Je me suis imprégné, loin de notre camp dérisoire, de cette vue, de cette force qui gronde en permanence de quelque chute de bloc ou de glace, de torrents et de fleuves de glace, qui vit à son rythme inexorable, et parfaitement indifférent à nos petites personnes. Nous sommes dans le même cadre sauvage, grandiose et effrayant que les premiers alpins qui remontèrent les vallées au rythme de la fonte des glaciers et du comblement des lacs, il y a 10000 ans.
Je me sens ici extraordinairement humain.
: J'ai un peu trainé pour joindre les images au texte. Je m'en excuse et les voila. Mais aucune image, surtout dans ce format ridicule, ne peut rendre compte de l'Immensité de ces montagnes...





Hier, le temps pourri a continué, avec pour seul passe-temps le bruit des gouttes sur la toile de tente. Nous sommes quand même sorti un moment l'après midi pour nous dérouiller les jambes: Nous avons d'abord traversé à sec (sur de la vieille glace), là où la veille il y avait un gros torrent et un petit lac, puis un gros sérac s'est détaché du glacier pour tomber dans le lac dans un grand fracas. Ensuite, un passage un peu délicat entre les crevasses, qui ont changé de disposition en trois jour, le tout sous une pluie battante, m'ont mis un bon coup au moral, petit coup de blues version "j'veux rentrer à la maison" et à compter les jours qui restent, dans cet environnement où rien n'est stable, rien n'est pérenne, et où la gravité fait la loi.
Mais aujourd'hui, et en vertu du dicton local "fog on the ice, weather will be nice", c'est une tempête de ciel bleu qui se déchaine sur nos têtes, me valant l'un des réveils les plus hallucinant de ma vie. des montagnes nouvelles, qui nous étaient jusqu'alors caché dans les nuages nous sont apparues, énormes, dantesques, somptueuses, démentes, incroyables, les adjectifs manquent cruellement pour décrire ces bijoux de pure folie, ces construction improbables de glace et de rocs, verticales pures, arrêtes tranchant le regard.
Après une bonne série d'image et un petit dej' à l'extérieur des tentes, le premier depuis que nous sommes là, nous avons ensuite fait une longue marche vers le sud, une bonne vingtaine de kilomètres, en rive droite du glacier. Nous nous sommes donc rapproché encore un peu plus de cette ridge fabuleuse pour -entre autre- un pic-nic- plus que spectaculaire. Breathtaking, comme on dit en anglosaxonie !
Ce soir les corps sont fatigués, les yeux sont pleins de beauté et de gros nuages lenticulaires nous annoncent des lendemains plus humides. Qu'importe ?
Nous avons vu.
Je me suis imprégné, loin de notre camp dérisoire, de cette vue, de cette force qui gronde en permanence de quelque chute de bloc ou de glace, de torrents et de fleuves de glace, qui vit à son rythme inexorable, et parfaitement indifférent à nos petites personnes. Nous sommes dans le même cadre sauvage, grandiose et effrayant que les premiers alpins qui remontèrent les vallées au rythme de la fonte des glaciers et du comblement des lacs, il y a 10000 ans.
Je me sens ici extraordinairement humain.





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31 Août 2009 à 10:06 dans
- Alaska


Prendre des cailloux pour leur faire plein de bisous
:-)
Posté par jide — 01 Sep 2009, 11:34
... sinon pour revenir à ta phrase de fin ... je me suis dit la même chose en Islande.
Les vikings ont vraiment du rien comprendre à ce qui leur arrivaient en voyant des trucs pareils.
Posté par Tonio — 01 Sep 2009, 11:32
euh .... et côté boulot vous y étiez pour quoi au juste ? ^^
va vraiment falloir qu'on fasse le plein de gnôle pour parler de tout ça :)
Posté par Tonio — 01 Sep 2009, 11:30