il y aura toujours des fous ( la révolution est inéluctable)
Je pensait, il y à peu, qu'un mouvement festif, qu'une vague de bonne volonté et de ras la bol allait renverser cul par dessus tête ce pouvoir ridicule, grotesque et effrayant.
J'imaginai un grand mouvement solidaire, rieur et irrésistible. Je l'espérai, je l'espère encore, ce grand soir idéal, fleurs contre matraques, sourires et chansons paillardes contres lacrymos et lances à eau.
Comme le souligne Florence Aubenas et Miguel Benasayag dans leur bouquin "résister c'est créer" (dont Lémi, sur Article11 présente une mise en perspective particulièrement éclairante ici), la contestation actuelle est beaucoup moins idéologique et théorique que ses ancêtres du XXème siècle, plus individualiste et "immédiate"; agir localement en fonction de ses convictions, plutôt que de se fondre dans un moule idéologique pré-pensé et prêt-à-l'emploi.
Victime collatérale de cette nouveauté, la difficulté actuelle à trouver un parti ou une grosse assoce qui fédère les mécontentement peine à voir le jour de façon évidente.
On se retrouve donc coincé entre des partis de gauche avec un passé, des héritages moraux et des égos qui empêche un vrai regroupement, et une multitude d'individualité contestataire sans structure, qui sont d'accord sur l'essentiel, mais pas forcément sur les détails ou les aspects plus personnels.
Où est ce que je voulait en venir ?
Au fait que la grosse marée humaine qui devait imposer sa volonté du plus grand nombre, cette "insurrection qui ne vient pas" oubliera les fleurs et la bonne humeur, et sera (j'utilise le futur, parce que c'est inévitable) une grosse colère, bien méchante, pas raisonnable pour deux sous, inexcusable comme un saccage de sous-préfecture, imprévisible et incontrôlable.
Et ne sera pas le fait des militants gauchistes, trop occupé à théorisé sur leur clavier ou à échanger des astuces pour jardiner malin sans trop se crever, mais d'un mouvement plus profond gars qui n'auront rien à perdre, et très très fâché.
Alors leur emboîteront le pas les étudiants, les militants de gauche, puis les partis de gauche...
La morale ?
Je sais pas, moi... Continuez de cultivez votre jardin sans trop vous fatiguer, pendant que vous êtes encore autorisé de la faire, continuons de théoriser dans le vent, il en restera bien quelque chose...
- "Personne ne sait ce qui se passe aujourd'hui parce que personne ne veut qu'il se passe quelque chose, en réalité on ne sait jamais ce qu'il se passe on sait seulement ce que l'on veut qu'il se passe, et c'est comme ça que les choses arrivent.
En 17 Lénine et ses camarades ne disaient pas: Nous allons faire la révolution parce que nous voulons la révolution.
Ils disaient " Toutes les conditions de la révolutions sont réunies, la révolution est inéluctable !" Ils ont fait la révolution qui n'aurait jamais eu lieu, s'il ne l'avait pas faite et qu'il n'aurait pas faite s'ils n'avaient pas pensé qu'elle était inéluctable uniquement parce qu'ils le voulaient.
A chaque fois que quelque chose a bougé dans ce monde ça a toujours été pour le pire! Voilà pourquoi personne ne bouge, personne n'ose provoquer l'avenir ! Faudrait être fou pour provoquer l'avenir !!! Faudrait être fou pour risquer de provoquer un nouveau 19 un nouveau 40 ou un nouveau 37.
- "Alors , il ne se passera jamais plus rien ? "
Si parce qu'il y aura toujours des fous et des cons pour les suivre et des sages pour ne rien faire."
J.-P. Léaud dans le film "Liberté , La Nuit" de Philippe Garrel, 1983.
J'imaginai un grand mouvement solidaire, rieur et irrésistible. Je l'espérai, je l'espère encore, ce grand soir idéal, fleurs contre matraques, sourires et chansons paillardes contres lacrymos et lances à eau.
Comme le souligne Florence Aubenas et Miguel Benasayag dans leur bouquin "résister c'est créer" (dont Lémi, sur Article11 présente une mise en perspective particulièrement éclairante ici), la contestation actuelle est beaucoup moins idéologique et théorique que ses ancêtres du XXème siècle, plus individualiste et "immédiate"; agir localement en fonction de ses convictions, plutôt que de se fondre dans un moule idéologique pré-pensé et prêt-à-l'emploi.
Victime collatérale de cette nouveauté, la difficulté actuelle à trouver un parti ou une grosse assoce qui fédère les mécontentement peine à voir le jour de façon évidente.
On se retrouve donc coincé entre des partis de gauche avec un passé, des héritages moraux et des égos qui empêche un vrai regroupement, et une multitude d'individualité contestataire sans structure, qui sont d'accord sur l'essentiel, mais pas forcément sur les détails ou les aspects plus personnels.
Où est ce que je voulait en venir ?
Au fait que la grosse marée humaine qui devait imposer sa volonté du plus grand nombre, cette "insurrection qui ne vient pas" oubliera les fleurs et la bonne humeur, et sera (j'utilise le futur, parce que c'est inévitable) une grosse colère, bien méchante, pas raisonnable pour deux sous, inexcusable comme un saccage de sous-préfecture, imprévisible et incontrôlable.
Et ne sera pas le fait des militants gauchistes, trop occupé à théorisé sur leur clavier ou à échanger des astuces pour jardiner malin sans trop se crever, mais d'un mouvement plus profond gars qui n'auront rien à perdre, et très très fâché.
Alors leur emboîteront le pas les étudiants, les militants de gauche, puis les partis de gauche...
La morale ?
Je sais pas, moi... Continuez de cultivez votre jardin sans trop vous fatiguer, pendant que vous êtes encore autorisé de la faire, continuons de théoriser dans le vent, il en restera bien quelque chose...
- "Personne ne sait ce qui se passe aujourd'hui parce que personne ne veut qu'il se passe quelque chose, en réalité on ne sait jamais ce qu'il se passe on sait seulement ce que l'on veut qu'il se passe, et c'est comme ça que les choses arrivent.
En 17 Lénine et ses camarades ne disaient pas: Nous allons faire la révolution parce que nous voulons la révolution.
Ils disaient " Toutes les conditions de la révolutions sont réunies, la révolution est inéluctable !" Ils ont fait la révolution qui n'aurait jamais eu lieu, s'il ne l'avait pas faite et qu'il n'aurait pas faite s'ils n'avaient pas pensé qu'elle était inéluctable uniquement parce qu'ils le voulaient.
A chaque fois que quelque chose a bougé dans ce monde ça a toujours été pour le pire! Voilà pourquoi personne ne bouge, personne n'ose provoquer l'avenir ! Faudrait être fou pour provoquer l'avenir !!! Faudrait être fou pour risquer de provoquer un nouveau 19 un nouveau 40 ou un nouveau 37.
- "Alors , il ne se passera jamais plus rien ? "
Si parce qu'il y aura toujours des fous et des cons pour les suivre et des sages pour ne rien faire."
J.-P. Léaud dans le film "Liberté , La Nuit" de Philippe Garrel, 1983.
-
19 Mai 2009 à 10:51 dans
- Général


1919: signature du traité de Versaille.
1937: Aliance entre l'Italie et l'Allemagne, et reconduction des pleins pouvoirs à Hitler.
1940: Assassinat de Trotski (entre autre ...).
Posté par jide — 04 Nov 2009, 09:27
Quelqu'un pourrait éclairer ma lanterne? J'adore cet extrait du film de Garrel. Simplement une phrase m'échappe. Je ne comprend pas la signification de "Faudrait être fou pour risquer de provoquer un nouveau 19 un nouveau 40 ou un nouveau 37." les chiffres sont des dates? Qu'est-il arrivé dans ces année? merci
Posté par jnduval — 03 Nov 2009, 17:33
La peine capitale ???
Certainement non, on est pas des bêtes...
Posté par jide — 29 Mai 2009, 13:44
A cent brassées, on s'embrasse ! A mille, on coule et a cent mille on boit la tasse, commune...
C'est vrai qu'en face c'est chacals et compagnie. mais, mais..c'est encore de la matière humaine (d'accord, des fois faut chercher profond), sinon on rétabli la peine capitale..? ou alors les verts clairs à droite, les verts foncés à gauche. mais ça on a déjà.
Posté par Michel — 29 Mai 2009, 13:21
@Michel: Une poignée, une poignée, il y a des poignée qui peuvent faire mal (une poignée de sable dans les yeux, par exemple). Il y a aussi de grosses poignées, et deux grosses poignées, ça fait une petite brassée...
Posté par jide — 28 Mai 2009, 10:36
Merci Paula !mais gaffe aux épines d'accacia..Si on se "comptait" pour fleurir les maquis (à venir?) j'ai qd même l'impression qu'on n'est pas qu'une poignée..?
Posté par Michel — 28 Mai 2009, 00:05
Mais bien sur que la révolution avec des fleurs, j'en rêve !!! Sauf que comme je le cite dans le billet d'aujourd'hui (25/05) "On a jamais vu une classe dominante se suicider de bon coeur" (J. Coupat).
Donc, il faut en tirer les conséquences: le pavé dans les dents, c'est certes moins poli, et certainement moins valide philosophiquement, mais ça fait plus d'effet qu'un gros bouquet de myosotis.
On ne lutte pas contre des poètes, des esthètes ou des intellectuels, mais contre des vautours, des chacals, des barbares...
Posté par jide — 26 Mai 2009, 00:41
Je suis peut-être une indécrottable hippie mais ouais une révolution avec des fleurs et des baisers j'en reste convaincue: c'est plus fédérateur que le pavé dans la gueule...
Alors, moi j'ai fait des beignets avec des fleurs d'acacia et je vais en offrir à mes voisins...
Prouver qu'on est heureux et qu'on le partage en vivant différement, c'est une petite révolution...et je serais toujours émerveillée par ce que la nature nous donne....(et les acacias, c'est pas ça qui manque)
Posté par paula — 22 Mai 2009, 23:14
"imprévisible "
Oui.
Imprévisible, parce que nul ne sait ce que sera l'étincelle qui mettra le feu à cette colère et cette rage à haute pression qui n'attend que la "bonne" allumette pour exploser.
Et tous nos petits pronostics ne pourront être validés qu'à posteriori. La quasi totalité sont déjà faux.
"14 juillet 1789 : rien."
"incontrôlable"
Une fois enflammée, la rage sera incontrolable.
Comme la répression qui s'est déjà préparée (flics robocop, lois d'exception, etc."
Ca va chier.
A moins que le soufflé retombe.
Jusqu'à la prochaine fois.
Chi lo sa ?
Pas moi.
Arf !
Zgur
Posté par Zgur — 20 Mai 2009, 07:58
Beaucoup feraient bien des choses, qui plus est des choses probalement assez semblables.
Le problème, depuis la "disparition des idéologies", c'est-à-dire la formulation effective et connue de tous d'une vision du monde, et des organes qui les défendent (partis, syndicats, etc.), personne n'est en mesure d'être assuré qu'il ne sera pas seul (ou presque) dans les choses qu'il tentera, hormis bien sûr dans le cas d'actions personnelles en vue de la satisfaction de ses propres intérêts immédiats.
Du coup, chacun attend que quelqu'un prenne l'initiative... et il ne se passe rien du tout !
"En 17 Lénine ne disait pas...", mais il y avait Lénine, l'idéologie correspondante et le parti qui la défendait... Plus des conditions propices ! Aujourd'hui nous avons éventuellement les conditions propices, mais rien d'autre, et chacun se retrouve seul (internet est évidemment un leurre, à cet égard).
Ce qui fait qu'on risque effectivement de se retrouver un jour avec des "fous et des cons pour les suivre", pour le pire, probablement...
Posté par NaOH — 20 Mai 2009, 00:04