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Si ça continue ça va pas durer

Nos enfants jugeront

Je viens de lire un magnifique article de Joe Bageant, sur Orbite.info.
Allez lire ce texte, prenez le temps, c'est un peu long (~7000 mots), mais ca vaut vraiment le coup, et c'est ici. Attention, ça gratte là où ça démange, et si vous cherchez du confort, des certitudes et une bonne conscience à peu de frais, allez voir ailleurs...
Je vous en livre ici de larges extraits (les gras sont de moi):

"La croissance démographique est le rhinocéros dans le parc à bébé, la cause fondamentale de notre éco-désastre approchant dont personne ne parle honnêtement. [...]Si vous le voulez, discutez de ce que le changement climatique pourrait nous détruire ou pas. Mais la croissance démographique incontrôlée nous garantie de faire le boulot.

[...]les lézards affairistes et financiers au sommet du roc mondial, dans un ultime effort pour traire quelques foutus milliers de milliards de dollars de plus, ont trouvé un plan : la bourse du carbone. [...] Pour mon esprit du moins, tirer un profit du fait que l'on ne pisse pas dans la gourde potable de la communauté est le genre de logique que seuls les sociétés privées et les gouvernements obsessionnels, basés sur la propriété, pouvaient imaginer. Cela suppose que : A) empoisonner tout le monde dans le bocal humain est un droit pour commencer, et B) que ce droit est une propriété qui peut être achetée et vendue entre empoisonneurs affairistes. [...] De toute façon, nous pouvons monnayer la pollution, et vendre et revendre notre ciguë partagée en commun, et nous pouvons appeler cela une solution partielle et un pas en avant progressiste. Mais c'est toujours de la ciguë. Pourtant, les économistes nous assurent que c'est du bon sens de privatiser, puis d'acheter et de vendre la catastrophe sur le marché de la calamité. [...] La plus fatale folie de la civilisation a été de monnayer et de privatiser le monde naturel qui est le grand bien commun de l'humanité.

Si l'autorité nous a laissés tomber, c'est parce que nous nous sommes laissés tomber, [...] nos gouvernements officiels nous fournissant une excuse collective pour ne pas agir personnellement. [...] les Américains conscients regardent et attendent que quelqu'un d'autre fasse un geste important. Les tripes sont inexistantes chez les Américains de nos jours, déprogrammées de nous durant la captivité luxueuse de la fête du pétrole pas cher qui a conduite notre grotesque et brève civilisation. Pourtant, s'il y a jamais eu un moment pour faire preuve de tripes, c'est maintenant. Pas en manifestant — ce qui est devenu un sport de mauviettes libérales supervisé par l'État sécuritaire — mais en abandonnant la vie matérielle, la vie du consommateur. Toute ou presque. Y compris tous ces livres gauchistes et alternatifs d'Amazon— rester assis sur son cul en lisant et en buvant du thé vert juste parce qu'on peut se le permettre n'est qu'un autre type d'inaction et de consumérisme. C'est le seul acte réel de protestation possible pour les prisonniers de notre monolithe conduit par la consommation.

[...] Pourtant, juste parce que notre contribution à la misère globale semble petite, cela ne nous exempte pas de la responsabilité. Si je prenais part à la lapidation massive d'un enfant, serais-je moins coupable parce que la pierre que j'aurais jeté serait plus petite que le reste ? [...] Peu d'Américains mangeraient un cheeseburger devant un enfant africain affamé. Mais peut-on manger un cheeseburger dans le dos de l'enfant, hors de sa vue ? De combien doit-on s'éloigner de l'enfant pour que ça aille ? Et si nous avons travaillé très dur pour acheter ce cheeseburger ? Est-ce que travailler dur justifie tout ? Quelle est notre responsabilité ? Ou sommes-nous juste impuissants face à de telles choses ?

[...]nous avons appris à être impuissants [mais] aucun d'entre nous n'est impuissant. Le fait est qu'à n'importe quel moment donné, à n'importe quel jour donné, nous pouvons faire quelque chose pour aider à éliminer la misère et les disparités. [...] Nous pouvons aider en ne faisant rien. Simplement en s'asseyant sur notre cul et en n'achetant pas des trucs, en ne conduisant pas jusqu'au Gap ou jusqu'au marché bio, en n'allumant pas nos télévisions, ce qui est l'acte de protestation ultime, puisqu'il interdit à la fois l'accès de notre esprit aux intérêts affairistes, et refuse aux monolithes médiatiques cette si importante mer de globes oculaires. Nous pouvons refuser de consommer. [...]

Restez fort"


Ce texte pouvait-il mieux tombe pour mettre en relief l'abjection d'un article du monde, repris par Vive le Feu
Ou l'on lit, entre autre, que "l’alimentation, l’eau", sont des "thèmes d’investissement à privilégier sur le long terme"., ou que "les fonds spécialisés dans l’agriculture et les matières premières", car "en un siècle, la population a été multipliée par trois alors que les surfaces cultivables ont été divisées par deux".

Qui va se gaver ?
Qui va crever ?
Qui va lutter pour que l'inévitable soit tolérable ?



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