Le syndrome Papon
Je reprends (presque) in extenso le billet de Sébastien Fontenelle, qui lui-même cite Le canard:
Le Canard publie notamment le témoignage d’"Augusta, 53 ans", arrêtée à Paris le 28 septembre dernier : lis jusqu’au bout, tu vas aimer.
"Vers midi, au métro Château-Rouge, les vendeuses à la sauvette criaient : "Maïs tso ! Maïs tso !", au lieu de "chaud", et ça m’a fait rire. Je venais d’acheter un épi au KFC Ménilmontant. J’ai vu les filles courir et trois policiers s’avancer : "Vos papiers !" J’ai tendu ma carte d’identité française. Ils voulaient voir mon sac. "Il est interdit d’acheter ce maïs ! - Pourquoi ? - C’est un délit. - Mais je l’ai acheté au magasin. - Vous êtes en état d’arrestation !", coupe une policière. J’ai discuté : "Bien que d’origine nigériane, je ne vends rien… Rendez-moÉi mes affaires." Un policier m’a alors attrapée par le bras et envoyé deux coups de botte dans les jambes. J’ai chuté, ventre à terre, son genou appuyant sur mon dos. Je me suis débattue, mon pagne s’est ouvert, j’étais à moitié nue au milieu des badauds, qui criaient, sifflaient et filmaient. Les policiers leur ont lancé des lacrymos, même sur une femme et son bébé. Ils m’ont menottée, emmenée dans une cellule, au commissariat du XVVIIe. À 14 heures, une policière me demande si je sais lire. J’ai répondu qu’étant diplômée de l’American University of Texas et de l’American University of Paris, oui, je savais lire et écrire… À 17 heures, l’avocate est arrivée, et, une heure plus tard, on m’a amenée, menottée, à l’hôpital. Le médecin a constaté des hématomes. Le lendemain, à midi, un policier est venu me libérer à l’hôpital. Je suis accusée d’"outrages et rébellion". J’ai porté plainte".
Je dirais que le récit d’Augusta est un peu énervant.
Je dirais que le récit d’Augusta est même plus énervant que le récit de Vittorio (de Filippis).
(Toutes choses égales, par ailleurs.)
Il a été, parmi d’autres, publié mercredi.
En as-tu entendu parler, dans la presse qui s’est il y a dix jours levée pour Filippis ?
Je reprends la main. Non, personne n'en a entendu parler. Même Goggle était muet ce matin.
Allez donc, à ce sujet, lire "le syndrome Papon", sur Politis.
Ou l'on lit, par exemple, que "ce qui effraie, ce n’est pas la bavure, aussi tragique soit-elle parfois, c’est sa banalisation, sa normalisation, sa généralisation"
Ou encore, que "C’est le syndrome Papon : quand un climat politique peut donner à ceux qui ont la charge du « maintien de l’ordre » le sentiment de l’impunité et de la toute-puissance"
Pour conclure : "Quel zonard vous prendrait en un rien de temps l’équivalent de dix ans de votre retraite ?"
"Le comble de l’insécurité, c’est évidemment ce système"...
Le Canard publie notamment le témoignage d’"Augusta, 53 ans", arrêtée à Paris le 28 septembre dernier : lis jusqu’au bout, tu vas aimer.
"Vers midi, au métro Château-Rouge, les vendeuses à la sauvette criaient : "Maïs tso ! Maïs tso !", au lieu de "chaud", et ça m’a fait rire. Je venais d’acheter un épi au KFC Ménilmontant. J’ai vu les filles courir et trois policiers s’avancer : "Vos papiers !" J’ai tendu ma carte d’identité française. Ils voulaient voir mon sac. "Il est interdit d’acheter ce maïs ! - Pourquoi ? - C’est un délit. - Mais je l’ai acheté au magasin. - Vous êtes en état d’arrestation !", coupe une policière. J’ai discuté : "Bien que d’origine nigériane, je ne vends rien… Rendez-moÉi mes affaires." Un policier m’a alors attrapée par le bras et envoyé deux coups de botte dans les jambes. J’ai chuté, ventre à terre, son genou appuyant sur mon dos. Je me suis débattue, mon pagne s’est ouvert, j’étais à moitié nue au milieu des badauds, qui criaient, sifflaient et filmaient. Les policiers leur ont lancé des lacrymos, même sur une femme et son bébé. Ils m’ont menottée, emmenée dans une cellule, au commissariat du XVVIIe. À 14 heures, une policière me demande si je sais lire. J’ai répondu qu’étant diplômée de l’American University of Texas et de l’American University of Paris, oui, je savais lire et écrire… À 17 heures, l’avocate est arrivée, et, une heure plus tard, on m’a amenée, menottée, à l’hôpital. Le médecin a constaté des hématomes. Le lendemain, à midi, un policier est venu me libérer à l’hôpital. Je suis accusée d’"outrages et rébellion". J’ai porté plainte".
Je dirais que le récit d’Augusta est un peu énervant.
Je dirais que le récit d’Augusta est même plus énervant que le récit de Vittorio (de Filippis).
(Toutes choses égales, par ailleurs.)
Il a été, parmi d’autres, publié mercredi.
En as-tu entendu parler, dans la presse qui s’est il y a dix jours levée pour Filippis ?
Je reprends la main. Non, personne n'en a entendu parler. Même Goggle était muet ce matin.
Allez donc, à ce sujet, lire "le syndrome Papon", sur Politis.
Ou l'on lit, par exemple, que "ce qui effraie, ce n’est pas la bavure, aussi tragique soit-elle parfois, c’est sa banalisation, sa normalisation, sa généralisation"
Ou encore, que "C’est le syndrome Papon : quand un climat politique peut donner à ceux qui ont la charge du « maintien de l’ordre » le sentiment de l’impunité et de la toute-puissance"
Pour conclure : "Quel zonard vous prendrait en un rien de temps l’équivalent de dix ans de votre retraite ?"
"Le comble de l’insécurité, c’est évidemment ce système"...
-
12 Décembre 2008 à 21:47 dans
- Général


quand on vous dit de lire le canard !
avec en prime des articles sympas sur l'agroalimentaire ...
Posté par malo — 14 Dec 2008, 16:35
ça fout la pétoche comme témoignage, et le plus étrange voire inquiétant: ça n'étonne personne vu le gouvernement, les bavures déjà perpétrées et le climat de révolte qui commence ici ou là.
La France a peur?
Posté par emachedé — 14 Dec 2008, 15:54