avis de gros temps
Je crois l'avoir déjà dit, mais je ne suis pas (du tout) économiste. J'ai bien eu des cours, en seconde, mais j'ai vite préféré les rigueurs scientifiques, les faits naturalistes aux sciences dites humaines.
Du haut de ma monumentale ignorance, je pensait jusqu'à tout récemment qu'une entreprise vendait des petits bouts d'elle-même, des actions, pour augmenter sa capacité à investir. En retour, les bénéfices potentiels étaient partagés entre les actionnaires.
Bien.
Hier, je lit dans l'Obs les propos du DG d'ArcelorMittal France, Daniel Soury-Lavergne: "ArcelorMittal ne peut pas priver ses actionnaires de dividende mais proposera de vraies mesures d'accompagnement aux 1.400 salariés français dont les postes sont supprimés" [...] "on ne peut pas envisager de les priver de dividende. Nous avons besoin d'un actionnariat stable"
En clair, c'est la super cata, les bagnoles ne se vendent plus, l'acier n'a plus la cote, les cours en bourse s'effondrent, la boite licencie à tour de bras, et "on ne peut pas envisager de les priver de dividende", les actionnaires, donc.
Même son de cloche chez UBS, qui malgré un cadeau de 6 milliards de CHF (sur un compte à Jersey, avec une rallonge de 4 milliards, mais je ne suis pas sur), et la récupération d'une soixantaine de milliards de trucs toxiques, moisis et vérolés par la banque nationale ("Pour mémoire, la Banque nationale suisse (BNS) avait annoncé à mi-octobre la création d'une société aux îles Caïmans pour accueillir jusqu'à 60 milliards d'actifs à risque détenus par UBS"), s'entête à ne pas plafonner les bonus de ses patrons, ni à limiter les dividendes à ses actionnaires, sous prétexte que "c'est maintenant qu'il faut redonner confiance" (sic approximatif de la radio RSR, je ne sais plus quel est le nom de la dingue qui défendait bec et ongles la grosse banque).
Et cela, la même semaine que Marini (sénateur UMP, autant dire un progressiste chevelu) propose un amendement pour que les actionnaires qui auraient perdu de l'argent en bourse puisse se faire rembourser. Allez-lire chez SuperNo ce qu'il en pense, attention, le langage y est fleuri ("Pourris ! Ordures ! Salopards ! Fumiers ! Enculés !"). Et je n'en pense pas moins.
En clair, les actionnaires, qu'ils soient gros ou petits tiennent les boites (qu'elles soient grosses ou petites) par les couilles. Et ils serrent très fort pour ne surtout pas lâcher prise du robinet (à fric, je me comprends, malgré une mise en image douteuse).
Qu'on ne se leurre pas, tout sera mis en œuvre pour conserver les privilèges financiers de ces gens-là, avec la complicité active ou passive des gouvernements, des médias et de ceux qui les tiennent.
Et la crise servira de prétexte fourre-tout, de sésame indiscutable pour faire passer le pire selon la stratégie du choc.
Et si les quartier foutent le feu ?
Tant mieux, ça justifiera les drones, les arrestations au faciès et la politique discriminatoire.
Et si les étudiants commencent a se fâcher tout rouge ?
Tant mieux, ça justifiera les armées de CRS, les tasers au p'tit dej' et les lois anti-terroristes.
Et si les salariés, les sans-grades, les chômeurs, tous les mécontents, les crève-la-dalle commence à (vraiment) réclamer l'arrêt de la casse sociale ?
Tant mieux, ça justifiera la peur des anarcho-autonomes mangeurs d'enfants qui fait trembler la population civile victime (plus ou moins) innocente de la crise.
La crise, comme la revoilà, et les privilèges de ceux qui ont tout et qui ne veulent pas lâcher le morceau.
Est ce qu'on peut discuter avec un chien qui a le goût du sang, et qui ne veut pas lâcher ? *
* Je sais, les métaphores animales, tout ça tout ça...
Du haut de ma monumentale ignorance, je pensait jusqu'à tout récemment qu'une entreprise vendait des petits bouts d'elle-même, des actions, pour augmenter sa capacité à investir. En retour, les bénéfices potentiels étaient partagés entre les actionnaires.
Bien.
Hier, je lit dans l'Obs les propos du DG d'ArcelorMittal France, Daniel Soury-Lavergne: "ArcelorMittal ne peut pas priver ses actionnaires de dividende mais proposera de vraies mesures d'accompagnement aux 1.400 salariés français dont les postes sont supprimés" [...] "on ne peut pas envisager de les priver de dividende. Nous avons besoin d'un actionnariat stable"
En clair, c'est la super cata, les bagnoles ne se vendent plus, l'acier n'a plus la cote, les cours en bourse s'effondrent, la boite licencie à tour de bras, et "on ne peut pas envisager de les priver de dividende", les actionnaires, donc.
Même son de cloche chez UBS, qui malgré un cadeau de 6 milliards de CHF (sur un compte à Jersey, avec une rallonge de 4 milliards, mais je ne suis pas sur), et la récupération d'une soixantaine de milliards de trucs toxiques, moisis et vérolés par la banque nationale ("Pour mémoire, la Banque nationale suisse (BNS) avait annoncé à mi-octobre la création d'une société aux îles Caïmans pour accueillir jusqu'à 60 milliards d'actifs à risque détenus par UBS"), s'entête à ne pas plafonner les bonus de ses patrons, ni à limiter les dividendes à ses actionnaires, sous prétexte que "c'est maintenant qu'il faut redonner confiance" (sic approximatif de la radio RSR, je ne sais plus quel est le nom de la dingue qui défendait bec et ongles la grosse banque).
Et cela, la même semaine que Marini (sénateur UMP, autant dire un progressiste chevelu) propose un amendement pour que les actionnaires qui auraient perdu de l'argent en bourse puisse se faire rembourser. Allez-lire chez SuperNo ce qu'il en pense, attention, le langage y est fleuri ("Pourris ! Ordures ! Salopards ! Fumiers ! Enculés !"). Et je n'en pense pas moins.
En clair, les actionnaires, qu'ils soient gros ou petits tiennent les boites (qu'elles soient grosses ou petites) par les couilles. Et ils serrent très fort pour ne surtout pas lâcher prise du robinet (à fric, je me comprends, malgré une mise en image douteuse).
Qu'on ne se leurre pas, tout sera mis en œuvre pour conserver les privilèges financiers de ces gens-là, avec la complicité active ou passive des gouvernements, des médias et de ceux qui les tiennent.
Et la crise servira de prétexte fourre-tout, de sésame indiscutable pour faire passer le pire selon la stratégie du choc.
Et si les quartier foutent le feu ?
Tant mieux, ça justifiera les drones, les arrestations au faciès et la politique discriminatoire.
Et si les étudiants commencent a se fâcher tout rouge ?
Tant mieux, ça justifiera les armées de CRS, les tasers au p'tit dej' et les lois anti-terroristes.
Et si les salariés, les sans-grades, les chômeurs, tous les mécontents, les crève-la-dalle commence à (vraiment) réclamer l'arrêt de la casse sociale ?
Tant mieux, ça justifiera la peur des anarcho-autonomes mangeurs d'enfants qui fait trembler la population civile victime (plus ou moins) innocente de la crise.
La crise, comme la revoilà, et les privilèges de ceux qui ont tout et qui ne veulent pas lâcher le morceau.
Est ce qu'on peut discuter avec un chien qui a le goût du sang, et qui ne veut pas lâcher ? *
* Je sais, les métaphores animales, tout ça tout ça...
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11 Décembre 2008 à 09:54 dans
- mon point de vue(s)


et c'est bien pour ça, que la crise ne sera pas évité malgré tout les plans de relance possibles
Posté par nico — 11 Dec 2008, 13:28