Aux armes (etc.)
Je reprends ici (presque) tel quel un texte de Manu, du blog "Carnet d'un voyage".
Un texte fort et lucide, d'un enseignant qui en a plein le cul
Mais qui n'en pas plein le cul, en ce moment ?
"Les éternels slogans gentillets et bon-enfants qui commencent à me courir sur le haricot. J'ai presque ressenti de la honte à vrai dire. Honte de devoir supporter ces collègues qui hurlent sans conviction dans leurs mégaphones les mêmes slogans éculées, entendus, réentendus, ces autocollants, ces ballons et ces drapeaux. On s'adresse au président et au ministre et on lui demande de rendre les postes, d'arrêter ses réformes qu'on ne veut plus, de donner des sous etc. Une énième fois, on se joue la comédie du dialogue social et du rapport de force. En mobilisant assez de monde, les fédérations syndicales pourront espérer peser sur les négociations et obtenir des avancées. Voilà la dialectique dans laquelle nous sommes enfermés. C'est pathétique. Je suis parti sans regrets.
Que les choses soient claires. Le gouvernement n'en a rien à foutre. Le gouvernement ne négociera sur rien d'important. Il accordera au mieux quelques miettes. D'ailleurs la sortie de Sarkozy jeudi ressemblait bien à une diversion; qu'ils s'excitent sur le service minimum et le droit de grève. On lâchera sur ça, ils auront l'impression d'avoir gagné et l'essentiel des réformes et du cassage va continuer.
C'est exactement ce qu'il va se passer. Je vois de moins en moins bien comment on pourra continuer encore et encore à jouer cette pièce ridicule. Tant que des syndicats de cogestion tels que le SNES auront une majorité, ça risque de durer. Ils nous enflent jusqu'au trognon et on se laisse avoir. Sciemment. Aucune position politique ne peut sortir de là. Rien n'est réellement assumé. Il s'agit pourtant de politique et d'idéologie, aux sens premiers de ces termes. Les débats posés par les attaques que lance la droite au pouvoir sur le système éducatif ne sont on ne peut plus explicite et on ne peut plus clair idéologiquement. Cependant c'est comme si on s'interdisait de poser concrètement les débats en terme politique. Du moins au sommet des directions syndicales, car poser des débats idéologiques offrirait leur flanc à la critique venue de la droite qui aurait beau jeu de hurler à la politisation rampante des enjeux. Ces gens là ont trop d'intérêts pour avoir des couilles.
Comme s'il s'était toujours s'agit d'autres choses. Comme si le mouvement social était une réalité déconnectée de l'idéologie générale. Dans un monde tel que le souhaite la droite néo-conservatrice et libérale au pouvoir, il n'y a plus de places pour de tels fonctionnements. Les perpétuer par tradition et inertie c'est s'enfoncer dans le piège de l'acceptation et de la concession justement inacceptable. La possibilité d'un consensus social n'existe plus, car en face, ils sont résolus à ne pas faire de concession [C'est moi qui graisse]. Qu'on se le dise, qu'on se le répète. Il n'y aura bientôt plus d'autres choix que d''être dans l'idéologie et dans la politique. C'est à dire qu'il va falloir assumer le conflit et cesser de se jouer la comédie, de faire semblant de croire qu'on pourra obtenir quelque chose d'un gouvernement de droite.
En réalité le mode de régulation et de gestion des conflits sociaux hérité de la période sociale-démocrate de notre pays est totalement obsolète car les principes de bases qui le régissaient ne sont plus reconnus par l'une des parties qui entend faire sa révolution. Il n'y a plus de possibilités médianes. On nous les a toutes enlevés, une à une."
Un texte fort et lucide, d'un enseignant qui en a plein le cul
Mais qui n'en pas plein le cul, en ce moment ?
"Les éternels slogans gentillets et bon-enfants qui commencent à me courir sur le haricot. J'ai presque ressenti de la honte à vrai dire. Honte de devoir supporter ces collègues qui hurlent sans conviction dans leurs mégaphones les mêmes slogans éculées, entendus, réentendus, ces autocollants, ces ballons et ces drapeaux. On s'adresse au président et au ministre et on lui demande de rendre les postes, d'arrêter ses réformes qu'on ne veut plus, de donner des sous etc. Une énième fois, on se joue la comédie du dialogue social et du rapport de force. En mobilisant assez de monde, les fédérations syndicales pourront espérer peser sur les négociations et obtenir des avancées. Voilà la dialectique dans laquelle nous sommes enfermés. C'est pathétique. Je suis parti sans regrets.
Que les choses soient claires. Le gouvernement n'en a rien à foutre. Le gouvernement ne négociera sur rien d'important. Il accordera au mieux quelques miettes. D'ailleurs la sortie de Sarkozy jeudi ressemblait bien à une diversion; qu'ils s'excitent sur le service minimum et le droit de grève. On lâchera sur ça, ils auront l'impression d'avoir gagné et l'essentiel des réformes et du cassage va continuer.
C'est exactement ce qu'il va se passer. Je vois de moins en moins bien comment on pourra continuer encore et encore à jouer cette pièce ridicule. Tant que des syndicats de cogestion tels que le SNES auront une majorité, ça risque de durer. Ils nous enflent jusqu'au trognon et on se laisse avoir. Sciemment. Aucune position politique ne peut sortir de là. Rien n'est réellement assumé. Il s'agit pourtant de politique et d'idéologie, aux sens premiers de ces termes. Les débats posés par les attaques que lance la droite au pouvoir sur le système éducatif ne sont on ne peut plus explicite et on ne peut plus clair idéologiquement. Cependant c'est comme si on s'interdisait de poser concrètement les débats en terme politique. Du moins au sommet des directions syndicales, car poser des débats idéologiques offrirait leur flanc à la critique venue de la droite qui aurait beau jeu de hurler à la politisation rampante des enjeux. Ces gens là ont trop d'intérêts pour avoir des couilles.
Comme s'il s'était toujours s'agit d'autres choses. Comme si le mouvement social était une réalité déconnectée de l'idéologie générale. Dans un monde tel que le souhaite la droite néo-conservatrice et libérale au pouvoir, il n'y a plus de places pour de tels fonctionnements. Les perpétuer par tradition et inertie c'est s'enfoncer dans le piège de l'acceptation et de la concession justement inacceptable. La possibilité d'un consensus social n'existe plus, car en face, ils sont résolus à ne pas faire de concession [C'est moi qui graisse]. Qu'on se le dise, qu'on se le répète. Il n'y aura bientôt plus d'autres choix que d''être dans l'idéologie et dans la politique. C'est à dire qu'il va falloir assumer le conflit et cesser de se jouer la comédie, de faire semblant de croire qu'on pourra obtenir quelque chose d'un gouvernement de droite.
En réalité le mode de régulation et de gestion des conflits sociaux hérité de la période sociale-démocrate de notre pays est totalement obsolète car les principes de bases qui le régissaient ne sont plus reconnus par l'une des parties qui entend faire sa révolution. Il n'y a plus de possibilités médianes. On nous les a toutes enlevés, une à une."
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19 Mai 2008 à 20:25 dans
- Général


oui,j'aime bien la métaphore sur la montagne et ses fréquentations qui ont toutes certains cotés attirants.en meme temps ,on est peut etre obligé d'etre dans la caricature de la droite pour faire encore passer des idées aux gens qui ne savent pas bien où se situer,non?
mon point de vue est que actuellement si on exagére pas les traits on ne passe plus grand chose comme message(malheureusement)je dis pas que les gens sont cons mais les problémes quotidiens bouffent quelquefois la reflexion politique
Posté par fabie — 20 Mai 2008, 22:30
a fond d'accord, bien sur.
je me permet de digresser.
j'ai lu y'a pas longtemps une analyse sur, pour faire court, le pourquoi de l'ineptibilisation (?) du P"S"...
En substance ça disait que la droite a augmenté sa vitesse et son efficacité au fil de la progression des techniques modernes, en particulier celles qui régissent la mondialisation financière.
Et ça disait surtout que la gauche n'avait pas réussi à suivre ce mouvement, et avait gardé des grilles de lectures valables il y a 20 ans, mais completement obsolete maintenant.
Je crois que c'est tres vrai. Il en va de meme pour le droit de greve.
En ce moment, sur tous les blogs que je fréquente, on diabolise à mort la droite. C'est plaisant, bien entendu, mais je crois que c'est un petit peu erroné. C'est juste qu'elle est à fond dans son truc, et qu'en plus elle s'est forgé des armes extremement redoutables pour arriver à ses fins.
Et pour la gauche, on se retrouve un peu comme sur la ligne de départ d'une rando.
On est trois.
Y'en a un (nous), qui veut y aller cool et profiter du paysage, et qui fait tout son possible pour faire accepter ça aux autres.
L'autre (le champion) est à fond, il veut aller vite, il a tout le matos de pointe et le ravitaillement tip top, la bave aux levres, l'EPO qui bout, il sera le premier, c'est sur, meme si on ne sait pas tres bien pourquoi.
Et le troisième (le cafiste), il a toujours ses gros croquenots de quand il était jeune, ses knickers et son thermos, et il regarde le "champion" d'un oeil envieux en se disant que y'a pas de raison qu'il aille pas aussi vite que lui, vu que avant il allait vite. Et il oublie completement que avant, il aimait bien regarder le paysage en sortant son thermos. Il oublie ça juste par orgueil mal placé, parceque le "champion" est tellement rutilant que ça fait envie, et que c'est trop facile de croire qu'arriver le premier est important...
je sais que ça mene nulle part mon commentaire, mais j'avais envie de parler de montagne :-)
Posté par bo — 20 Mai 2008, 09:22
Oui, le lien par défaut sur ton blog était faux ... sorry !
Bonne continuation !
Posté par jide — 19 Mai 2008, 21:56
Hello, j'ai enfin trouvé l'entrée! Pas simple. Je change le lien chez moi, ça évitera les égarements. En tout cas merci beaucoup pour la pub.
A bientôt
Posté par Manu — 19 Mai 2008, 21:47