De bas en haut
Toutes mes excuses pour ma contribution minime des ces derniers jours. Le boulot est assez prenant, et le temps est à la neige, alors les spatules démangent le blogueur, qui est bipède skieur avant tout, et entre autre...
Dans mes cogitations sur les moyens d'action que le citoyen lambda dispose pour construire un monde à SA mesure, je suis tombé sur ce texte de Serges Latouche, datant de Novembre 2005, publié dans le Diplo. Comme d'habitude, la lecture du texte complet est bien plus intéressante que le petit résumé que je peux en faire. Le texte complet, donc, est ici.
"[…] Comment enclencher les cercles vertueux de la décroissance tout en garantissant la justice sociale, sans laquelle l’humanité est condamnée au désordre ?
[…] Il faut […] identifier plus précisément les adversaires d’un programme politique de décroissance, les obstacles à sa mise en œuvre et, finalement, la forme politique que prendrait une société « écocompatible ».
I. Qui sont les « ennemis du peuple » ?
[…] Le capitalisme généralisé ne peut pas ne pas détruire la planète comme il détruit tout ce qui est collectif, les bases imaginaires de la société de marché reposant sur la démesure et sur la domination sans frein.
Une société de décroissance ne peut donc pas se concevoir sans sortir du capitalisme. […]
II. Que faire ? Réforme ou révolution ?
Des mesures simples, voire d’apparence anodine, sont susceptibles d’enclencher les cercles vertueux de la décroissance. Un programme réformiste de transition, tenant en quelques points, consisterait à tirer les conséquences de bon sens du diagnostic effectué.
[…] Le programme d’une politique de décroissance est donc paradoxal, parce que la perspective de mise en œuvre de propositions réalistes et raisonnables a peu de chances d’être adoptée, et moins encore d’aboutir, sans une subversion totale qui passe par la réalisation d’une utopie : la construction d’une société alternative.
Dans tous les cas, d’innombrables et délicats problèmes de transition se poseraient. [...] ce ne sont pas les solutions qui font défaut, mais les conditions de leur adoption.
III. Dictature globale ou démocratie locale ?
La croissance est nécessaire aux démocraties consuméristes car, sans perspective de consommation de masse, les inégalités seraient insupportables [...]Les inégalités ne sont acceptées que provisoirement, parce que l’accès aux biens des privilégiés d’hier se révèle général aujourd’hui et que, demain, ce qui constitue encore le luxe sera accessible à tous.
C’est pourquoi beaucoup doutent des capacités des sociétés dites « démocratiques » à prendre les mesures qui s’imposent, et ne voient d’issue aux contraintes que sous une forme d’écocratie autoritaire : écofascisme ou écototalitarisme. […]
Le pari de la décroissance est tout autre : l’attrait de l’utopie conviviale, combiné avec le poids des contraintes au changement, est susceptible de favoriser une « décolonisation de l’imaginaire » et de susciter suffisamment de comportements vertueux en faveur d’une solution raisonnable : la démocratie écologique locale.
La revitalisation du local constitue, en effet, une voie de décroissance sereine beaucoup plus sûrement qu’une problématique démocratie universelle. […]
Utopie, dira-t-on ? Certes. Mais l’utopie locale est peut-être plus réaliste qu’on ne le croit, car c’est du vécu concret des citoyens que procèdent les attentes et les possibles. « Se présenter aux élections locales, affirme Takis Fotopoulos, donne la possibilité de commencer à changer la société par en bas, ce qui est la seule stratégie démocratique – contrairement aux méthodes étatistes (qui se proposent de changer la société par en haut en s’emparant du pouvoir d’Etat) et aux approches dites de la “société civile” (qui ne visent pas du tout à changer le système) […]. »
[…] Quoi qu’il en soit, la création d’initiatives locales « démocratiques » est plus « réaliste » que celle d’une démocratie mondiale. S’il est exclu de renverser frontalement la domination du capital et des puissances économiques, reste la possibilité d’entrer en dissidence. […] La reconquête ou la réinvention des commons (communaux, biens communs, espace communautaire) et l’auto-organisation […]constituent une illustration possible, […] de la démarche localiste dissidente".
Ce qui confirme ce que je pense depuis un moment: c'est dans l'initiative locale, personnelle, que résident les solutions.
Il n'y a rien à attendre d'en haut, surtout sous le régime actuel. Certes, les initiatives locales seraient facilitées dans un cadre législatif plus favorable, mais l'urgence ne permet pas les ronds de jambes politico-electoraux. Surtout quand la volonté populaire est si ouvertement méprisée et bafouée.
Sans parler de la propagande (officielle et / ou marchande) qui formate tout ce(ux) qui passe(nt) à sa portée. On ne le répétera jamais assez: Il faut agir.
Maintenant.
Dans mes cogitations sur les moyens d'action que le citoyen lambda dispose pour construire un monde à SA mesure, je suis tombé sur ce texte de Serges Latouche, datant de Novembre 2005, publié dans le Diplo. Comme d'habitude, la lecture du texte complet est bien plus intéressante que le petit résumé que je peux en faire. Le texte complet, donc, est ici.
"[…] Comment enclencher les cercles vertueux de la décroissance tout en garantissant la justice sociale, sans laquelle l’humanité est condamnée au désordre ?
[…] Il faut […] identifier plus précisément les adversaires d’un programme politique de décroissance, les obstacles à sa mise en œuvre et, finalement, la forme politique que prendrait une société « écocompatible ».
I. Qui sont les « ennemis du peuple » ?
[…] Le capitalisme généralisé ne peut pas ne pas détruire la planète comme il détruit tout ce qui est collectif, les bases imaginaires de la société de marché reposant sur la démesure et sur la domination sans frein.
Une société de décroissance ne peut donc pas se concevoir sans sortir du capitalisme. […]
II. Que faire ? Réforme ou révolution ?
Des mesures simples, voire d’apparence anodine, sont susceptibles d’enclencher les cercles vertueux de la décroissance. Un programme réformiste de transition, tenant en quelques points, consisterait à tirer les conséquences de bon sens du diagnostic effectué.
[…] Le programme d’une politique de décroissance est donc paradoxal, parce que la perspective de mise en œuvre de propositions réalistes et raisonnables a peu de chances d’être adoptée, et moins encore d’aboutir, sans une subversion totale qui passe par la réalisation d’une utopie : la construction d’une société alternative.
Dans tous les cas, d’innombrables et délicats problèmes de transition se poseraient. [...] ce ne sont pas les solutions qui font défaut, mais les conditions de leur adoption.
III. Dictature globale ou démocratie locale ?
La croissance est nécessaire aux démocraties consuméristes car, sans perspective de consommation de masse, les inégalités seraient insupportables [...]Les inégalités ne sont acceptées que provisoirement, parce que l’accès aux biens des privilégiés d’hier se révèle général aujourd’hui et que, demain, ce qui constitue encore le luxe sera accessible à tous.
C’est pourquoi beaucoup doutent des capacités des sociétés dites « démocratiques » à prendre les mesures qui s’imposent, et ne voient d’issue aux contraintes que sous une forme d’écocratie autoritaire : écofascisme ou écototalitarisme. […]
Le pari de la décroissance est tout autre : l’attrait de l’utopie conviviale, combiné avec le poids des contraintes au changement, est susceptible de favoriser une « décolonisation de l’imaginaire » et de susciter suffisamment de comportements vertueux en faveur d’une solution raisonnable : la démocratie écologique locale.
La revitalisation du local constitue, en effet, une voie de décroissance sereine beaucoup plus sûrement qu’une problématique démocratie universelle. […]
Utopie, dira-t-on ? Certes. Mais l’utopie locale est peut-être plus réaliste qu’on ne le croit, car c’est du vécu concret des citoyens que procèdent les attentes et les possibles. « Se présenter aux élections locales, affirme Takis Fotopoulos, donne la possibilité de commencer à changer la société par en bas, ce qui est la seule stratégie démocratique – contrairement aux méthodes étatistes (qui se proposent de changer la société par en haut en s’emparant du pouvoir d’Etat) et aux approches dites de la “société civile” (qui ne visent pas du tout à changer le système) […]. »
[…] Quoi qu’il en soit, la création d’initiatives locales « démocratiques » est plus « réaliste » que celle d’une démocratie mondiale. S’il est exclu de renverser frontalement la domination du capital et des puissances économiques, reste la possibilité d’entrer en dissidence. […] La reconquête ou la réinvention des commons (communaux, biens communs, espace communautaire) et l’auto-organisation […]constituent une illustration possible, […] de la démarche localiste dissidente".
Ce qui confirme ce que je pense depuis un moment: c'est dans l'initiative locale, personnelle, que résident les solutions.
Il n'y a rien à attendre d'en haut, surtout sous le régime actuel. Certes, les initiatives locales seraient facilitées dans un cadre législatif plus favorable, mais l'urgence ne permet pas les ronds de jambes politico-electoraux. Surtout quand la volonté populaire est si ouvertement méprisée et bafouée.
Sans parler de la propagande (officielle et / ou marchande) qui formate tout ce(ux) qui passe(nt) à sa portée. On ne le répétera jamais assez: Il faut agir.
Maintenant.
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26 Mars 2008 à 21:41 dans
- entretien

