tondre le plus grand nombre
Je suis de gauche, et à peu près capable d'expliquer pourquoi, et en quoi cela consiste quand je souhaite mettre mes actes en accord avec ma pensée, au quotidien. Une sorte de bonne logique interne, assez consistante pour que je puisse dire que j'ai des convictions.
Mais quand je me balade sur des blogs ou des sites très orientes à droite, je "rencontre" des interlocuteurs qui ont une vision plus ou moins cohérente de la société, à l'opposé de la mienne. Le dialogue est alors à peu près impossible, tant les deux parties sont campées sur leurs positions. Faut dire que certaines conneries débitées au kilo, que l'on retrouve sous toutes les plumes qui se veulent libérale me font gerber et laisse une marge de manœuvre infime aux tentatives de compréhension bienveillante.
En d'autre termes, tout le monde se sent dans son bon droit, et a complètement raison, en toute subjectivité, et les seuls échanges fructueux sont ceux avec des personnes dont les idéaux ne sont pas trop éloignés.
Dommage pour qui veut élargir le débat.
Pourquoi donc être de gauche ? Pourquoi ce que je crois être l'avenir, le bon sens et la logique apparaît effrayant, passéiste et complètement idiot à d'autre ? Y a-t-il une vérité objective ?
Je sens bien que je m'attaque à du lourd (et que je ne vais de doute façon pas répondre à la question...).
En première approximation, la droite peut être qualifiée de conservatrice, et la gauche de progressiste. On pourrait donc croire que les personnes de droites ne sont que des conservateurs, qui ne veulent pas changer l'ordre établi, et que les gauchistes veulent aller de l'avant. C'est une vision assez objective et classique des choses, quoique terriblement réductrice.
Un autre point de vue, non plus moral, mais économique:
Construisons une pyramide avec les différents ajouts successifs fait à l'économie dans le temps.
- A la base, le troc (une pomme contre un chou), qui existe depuis toujours.
- Au dessus, l'économie de marché (une pomme contre 3 sous), qui doit avoir dans les 3000 ans.
- Encore au dessus, le capitalisme (200 tonnes de pommes contre 20 gigabrouzouf$, et 3 sous au producteur), qui a dans les 2 siècles.
- Et enfin, au dessus, le fin du fin, la crème de la crème, le néoliberalisme (le droit d'acheter une option sur 2000 tonnes de pomme virtuelles pour les revendre mélangée à une option sur des tomates trop mures, et ce avant de les avoir payées).
Merci Superno pour les métaphores légumières (qui ne manquera pas de me donner l'adresse exacte de son article sur le fonctionnement des marchés financiers pour avoir de quoi faire une soupe de légumes).
L'idée donc que je me fait de ce gradient gauche - droite pourrait en fait se résumer (pour sa partie économique) à : plus vous êtes a gauche, plus vous souhaitez la réglementation ou la disparition des couches profonde de cette pyramide.
Et plus vous êtes a droite (hors extrême droite, c'est un autre problème), plus vous souhaitez la consolidation de cette pyramide, avec si possible quelques étages de plus.
La grande imposture est de convaincre une portion significative des électeurs de voter objectivement contre leur intérêt, en leur faisant croire qu'ils votent (plus ou moins égoïstement) pour eux.
C'est aussi de faire croire que cette pyramide est une construction parfaite, qu'il faudrait élever encore un peu plus pour atteindre le Graal: la dérégulation complète, le Pur Marché Théorique, générateur de tous les bienfaits et qui s'autorégule tout seul pour le Bien, le Beau et le Bon.
Cette vision, crée et imposée par ceux qui y trouve leur(s) intérêt(s) (les gros profiteurs bien riches et bien gras qui forment le cœur de l'électorat de droite, tant pis pour le cliché) est incompatible avec la réalité pour au moins deux raisons:
- La première de faire croire que l'augmentation de richesse d'un pays par habitant augmente la richesse du plus grand nombre de ses habitants. Ce n'est plus le cas depuis au moins 20 ans.
- La seconde, c'est que l'augmentation de richesses (la croissance) n'est plus envisageable sur le long terme, pour cause de ressources non-infinies (comme c'est dommage !). C'est l'une des cause de la pression financière sur les petits revenus: les solutions pour faire plus d'argent sont de plus en plus immorale à mesure que les ressources se tarissent. Les moutons-citoyens doivent donc être tondus de plus en plus soigneusement et de plus en plus souvent, et dépecés si possible.
Etre de gauche et agir en accord avec ses convictions est la seule option réaliste à long terme. Avec des subtilité personnelles sur l'ampleur de l'évolution (ou de la révolution) à apporter à la société, mais en identifiant clairement ce qui n'est pas acceptable.
Qu'une minorité dispose de moyens financiers et techniques suffisamment efficace pour faire agir le peuple contre son propre intérêt n'est pas acceptable.
Mais quand je me balade sur des blogs ou des sites très orientes à droite, je "rencontre" des interlocuteurs qui ont une vision plus ou moins cohérente de la société, à l'opposé de la mienne. Le dialogue est alors à peu près impossible, tant les deux parties sont campées sur leurs positions. Faut dire que certaines conneries débitées au kilo, que l'on retrouve sous toutes les plumes qui se veulent libérale me font gerber et laisse une marge de manœuvre infime aux tentatives de compréhension bienveillante.
En d'autre termes, tout le monde se sent dans son bon droit, et a complètement raison, en toute subjectivité, et les seuls échanges fructueux sont ceux avec des personnes dont les idéaux ne sont pas trop éloignés.
Dommage pour qui veut élargir le débat.
Pourquoi donc être de gauche ? Pourquoi ce que je crois être l'avenir, le bon sens et la logique apparaît effrayant, passéiste et complètement idiot à d'autre ? Y a-t-il une vérité objective ?
Je sens bien que je m'attaque à du lourd (et que je ne vais de doute façon pas répondre à la question...).
En première approximation, la droite peut être qualifiée de conservatrice, et la gauche de progressiste. On pourrait donc croire que les personnes de droites ne sont que des conservateurs, qui ne veulent pas changer l'ordre établi, et que les gauchistes veulent aller de l'avant. C'est une vision assez objective et classique des choses, quoique terriblement réductrice.
Un autre point de vue, non plus moral, mais économique:
Construisons une pyramide avec les différents ajouts successifs fait à l'économie dans le temps.
- A la base, le troc (une pomme contre un chou), qui existe depuis toujours.
- Au dessus, l'économie de marché (une pomme contre 3 sous), qui doit avoir dans les 3000 ans.
- Encore au dessus, le capitalisme (200 tonnes de pommes contre 20 gigabrouzouf$, et 3 sous au producteur), qui a dans les 2 siècles.
- Et enfin, au dessus, le fin du fin, la crème de la crème, le néoliberalisme (le droit d'acheter une option sur 2000 tonnes de pomme virtuelles pour les revendre mélangée à une option sur des tomates trop mures, et ce avant de les avoir payées).
Merci Superno pour les métaphores légumières (qui ne manquera pas de me donner l'adresse exacte de son article sur le fonctionnement des marchés financiers pour avoir de quoi faire une soupe de légumes).
L'idée donc que je me fait de ce gradient gauche - droite pourrait en fait se résumer (pour sa partie économique) à : plus vous êtes a gauche, plus vous souhaitez la réglementation ou la disparition des couches profonde de cette pyramide.
Et plus vous êtes a droite (hors extrême droite, c'est un autre problème), plus vous souhaitez la consolidation de cette pyramide, avec si possible quelques étages de plus.
La grande imposture est de convaincre une portion significative des électeurs de voter objectivement contre leur intérêt, en leur faisant croire qu'ils votent (plus ou moins égoïstement) pour eux.
C'est aussi de faire croire que cette pyramide est une construction parfaite, qu'il faudrait élever encore un peu plus pour atteindre le Graal: la dérégulation complète, le Pur Marché Théorique, générateur de tous les bienfaits et qui s'autorégule tout seul pour le Bien, le Beau et le Bon.
Cette vision, crée et imposée par ceux qui y trouve leur(s) intérêt(s) (les gros profiteurs bien riches et bien gras qui forment le cœur de l'électorat de droite, tant pis pour le cliché) est incompatible avec la réalité pour au moins deux raisons:
- La première de faire croire que l'augmentation de richesse d'un pays par habitant augmente la richesse du plus grand nombre de ses habitants. Ce n'est plus le cas depuis au moins 20 ans.
- La seconde, c'est que l'augmentation de richesses (la croissance) n'est plus envisageable sur le long terme, pour cause de ressources non-infinies (comme c'est dommage !). C'est l'une des cause de la pression financière sur les petits revenus: les solutions pour faire plus d'argent sont de plus en plus immorale à mesure que les ressources se tarissent. Les moutons-citoyens doivent donc être tondus de plus en plus soigneusement et de plus en plus souvent, et dépecés si possible.
Etre de gauche et agir en accord avec ses convictions est la seule option réaliste à long terme. Avec des subtilité personnelles sur l'ampleur de l'évolution (ou de la révolution) à apporter à la société, mais en identifiant clairement ce qui n'est pas acceptable.
Qu'une minorité dispose de moyens financiers et techniques suffisamment efficace pour faire agir le peuple contre son propre intérêt n'est pas acceptable.
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07 Mars 2008 à 12:29 dans
- mon point de vue(s)


(suite et fin) alors ? où j'en suis dans tout ça ? je pense très sincèrement que la solution est loin d'être simplement "de gauche". D'autant plus que très sincèrement la gauche est loin de posséder 100% de progressistes (loin de là). J'estime que le débat se situe bien au delà de cette question sémantique et idéologique "je suis de droite", "je suis de gauche". La société actuelle n'est plus celle du 20e siècle ... et le clivage est loin d'être aussi claire actuellement. Etre proche de l'environnement nécessite également de la nouvelle technologie, de la recherche publique mais également privé ... donc du développement des entreprises ... un peu à l'image M. Ford, qui était finalement libérale (grand patron, une des plus grandes fortunes américaines) mais qui considérait également que ses ouvriers devaient être bien traités et bien payés pour avoir les moyens d'acheter des voitures Ford ... donc il était de gauche ... ?? Bref la question est loin d'être aussi basique .... et se situe bien au delà du modèle politique actuel. J'estime que la société future devra se situer au dessus de tout ça pour un modèle qui reste à inventer. A la fois respectueux de notre environnement, de la société et de l'Homme, à la fois économiquement viable, juste et novatrice. au final, suis-je de droite ou de gauche ? ... ni l'un ni l'autre j'ai envie de dire. Je ne me reconnais actuellement chez aucun d'eux, puisqu'aucun ne propose les solutions auxquelles je crois. Bref, j'estime ne plus faire parti de ce système politique. Il reste qqchose à inventer en dehors de tout ça.
Posté par Tonio — 08 Mar 2008, 16:09
bien que je sois d'accord avec toi sur le fond, il y a une question sémantique surlaquelle je tilte un peu ... : "Etre de gauche et agir en accord avec ses convictions est la seule option réaliste à long terme." ... en gros la question serait qu'est que ça veut dire "être de gauche". Personnellement, je suis issu d'une culture de centre-droite chrétienne ... en gros des chrétiens démocrates comme on peut le trouver dans pas mal de pays, à gauche de la droite conservatrice, à droite des partis dit "socialiste". Mon père est artisan chef d'entreprise, tu le connais bien .... au final, je ne me sens pas du tout de droite, mais j'ai également du mal à me sentir de "gauche" ... pour la droite, pas de pb, je suis en total désaccord avec 90% de leur idée, j'en ai encore fait l'expérience jeudi soir lors de la superbe réunion publique de la liste électorale adverse de mon petit village (liste non-encartée mais avec des idées vraiment + que douteuses). ... donc au final, et je sais que ça te tient à coeur, je devrais me définir "de gauche" et militer pour ... mes idées sont totalement proches de l'environnement, j'aurais même envie de dire que ça conditionne maintenant mon mode de vie quasi en permanence. Je suis plus que partisan d'une répartition des richesses, de la protection et de la mixité sociale ... donc ... suis-je de gauche ? toi tu me diras "oui". Et pourtant, les idées d'extrême gauche ne me font pas plus plaisir que ça ... le PS est dans les choux et actuellement est proche du mode "0 idées nouvelles" et surtout complètement déconnecté de la réalité actuelle. Etant proche de l'environnement, je ne trouve pas que la gauche de la gauche propose actuellement les meilleurs solutions pour notre avenir et souvent ça frise l'irréaliste et l'idéologie utopique ... à laquelle je rêverais de croie, le pb c'est que j'ai furieusement les pieds sur Terre ... mais en même temps, une politique très libérale est incompatible avec la protection de l'environnement, le changement global d'attitude et de mentalité ...
Posté par Tonio — 08 Mar 2008, 16:09
oh la jolie petite maxime superno, il faudrait l'afficher partout :-))
Jide ta metaphore de la pyramide était plus convaincante dans ton mail, là elle s'est un peu perdue en route... en revanche celle du mouton à tondre me semble tout à fait juste...
Posté par bo — 07 Mar 2008, 23:53
L'économie légumière, c'est là : http://www.superno.com/blog/?p=248
Alors moi aussi je suis de gauche, alors que si je regarde ma situation sociale et financière, je pourrais fort bien être de droite. Mais je ne peux pas, j'aurais trop de mal à trouver le sommeil.
Etre de droite, c'est être riche et cynique, ou alors pauvre, con et manipulé.
Posté par SuperNo — 07 Mar 2008, 23:02