"Ce qu'il y a, c'est, devant nous, une bifurcation, à la fois historique et métaphysique: soit nous passons d'un paradigme de gouvernement à un paradigme de l'habiter au prix d'une révolte cruelle mais bouleversante, soit nous laissons s'instaurer, à l'échelle planétaire, ce désastre climatisé où coexistent, sous la férule d'une gestion "décomplexée", une élite impériale de citoyens et des masses plébéiennes tenues en marge de tout. Il y a donc, bel et bien, une guerre, une guerre entre les bénéficiaires de la catastrophe et ceux qui se font de la vie une idée moins squelettique. Il ne s'est jamais vu qu'une classe dominante se suicide de bon cœur."
Julien Coupat, Le Monde, 25 mai 2009, ici.
En clair et sans le style-du-penseur,"Soit on leur pète les gencives maintenant, soit on prend cher et grave pour longtemps."
Une bonne chose à cette affaire Coupat (en prison, rappelons-le, depuis plus de 7 mois, sans l'ombre d'un procès, avec un dossier aussi creux qu'une page de Valeurs Actuelles) : le gars a accès aux médias (qui mentent, certes, mais lui donnent plus de 15000 signes pour s'exprimer dans un Grand Quotidien Vespéral...)
Et le gars cause bien. Un brin ampoulé, le style, mais qui tape juste et fort. Le texte intégral est à lire ici
Et franchement, ca fait plaisir de lire (surtout dans Le Monde, et pas dans une obscure feuille de choux anarcho-gauchisante) ce genre de discours.
Coupat marquerai-t-il le retour du discours et de la pensée anarchiste sur le devant de la scène ?
Après une grosse semaine de sables entres les orteils, à regarder les gamins jouer, sans radio, sans Ternet, sans journaux, retour au nid et à son inévitable connexion au monde.
Premier réflexe, les mails.
Second réflexe, le flux RSS, qui pour le coup ressemble plus au catalogue de la redoute, version gauchiste: 604 billets...
Mouais, d'habitude j'en lit un petit tiers, mais là pas moyen. Je vais donc chez Superno pour un résumé partial, mais Ô combien pertinent de la semaine.
J'oublie le blog de Paul Jorion, il me faudrait la semaine pour lire ses 29 (très bons, je n'en doute pas) articles, et leurs nombreux commentaires.
Un petit coup d'œil chez Brave Patrie pour grincer des dents , survol d'Article 11, qui mérite pourtant mieux, un œil chez Madame Monolecte, et la je reste (comme souvent) sur le cul: un billet simple, incisif, brillant.
Un extrait ?
Un extrait:
"
[...]Il n'a jamais été aussi urgent de goûter à la douceur de vivre, jamais aussi important d'en finir avec les conventions rigides, les faux-semblants, les faux-culs, les excuses de merde, les fâcheux, toute cette accumulation de petits renoncements et grands ratages qui nous pourrissent constamment la vie en échange de la promesse d'une récompense future. Ce n'est pas non plus la philosophie égoïste du après nous, la fin du monde. C'est juste que la fin du monde, c'est pour notre gueule et c'est imminent. Fallait bien que ça tombe sur quelqu'un, à force, un peu comme ma grand-mère qui annonce à chaque printemps que c'est le dernier qu'elle verra fleurir. [...]
Nous ne sommes plus qu'à un battement d'ailes de colibri du moment où le voile se déchirera devant nos yeux, avant que le rouleau compresseur de l'Histoire ne nous passe sur l'échine, avant que tout ce que nous connaissons, aimons ou pensons aimer, tout ce qui fait notre réalité ne sombre dans l'oubli.
C'est terrifiant.
[…]
Au lieu de se pourrir cette fin de règne en nous lamentant contre ce putain de sort qui s'acharne sur nous alors que ceux qui ont foutu la merde devraient réussir à bouffer leur extrait de naissance juste à temps pour ne pas contempler l'océan de désespoir qu'ils nous ont légué, profitons plutôt de ces derniers instants de répit avant la tempête, cessons de remettre l'essentiel au lendemain, qui ne viendra peut-être jamais, cessons de nous mentir, de nous brider, de nous faire chier pour rien.
[…]
Profite de ta vie tant que ton sang pulse dans tes veines, que tes jambes te portent un peu plus loin, tant que tu as réellement la possibilité de le faire. Remplis ta mémoire de tous ces moments uniques et merveilleux, nourris-toi de cette euphorie incroyable que tu t'es toujours refusée, capitalise sans vergogne toutes les particules de bonheur que tu peux rafler, démultiplie tes investissements affectifs en les partageant avec le plus de monde possible, sème la joie autour de toi et récolte des tombereaux d'espoir, des brassées d'envie de lendemains qui chantent, que ta gentillesse soit impitoyable pour tous les empêcheurs de vivre en rond, les connards, les profiteurs, les faux-culs, les donneurs de leçons, les moralisateurs et les peine-à-jouir.
Fais le plein d'allégresse.
Pour survivre à la suite.
Pour avoir la force et l'envie d'inventer de nouveaux lendemains."
J'ai supprimé les 597 articles non lus.
Et vous savez quoi ?
Le monde tourne encore, le soleil brille et mes narcisses sont en fleur.
EDIT: je viens de mettre le lien vers le billet d'Agnès Maillard et son Monolecte, que j'avais oublié. Que milles scorpions tourmentent mes nuits.
Communiqué : Déclaration commune de 12 organisations de gauche pour la manifestation du 19 mars
Les Alternatifs, le NPA, le PCF, le PCOF, Gauche Unitaire, le Parti de gauche, le PS, le MRC, La Fédération, la Coordination nationale des collectifs unitaires (CNCU), Alternative Démocratie Socialisme (ADS), Alter-Ekolos-Ecologie Solidaire.
Déclaration commune
90.000 chômeurs de plus le mois dernier, 350.000 supplémentaires déjà pronostiqués par les statistiques officielles, pas une semaine sans l’annonce de nouveaux plans de licenciements... Chaque jour qui passe confirme l’ampleur et la gravité de la crise qui pèsent sur la population à commencer par les salariés du public et du privé, les chômeurs et les retraités.
Chaque jour qui passe confirme aussi le danger qu’il y aurait à laisser se poursuivre la mise en œuvre des choix du gouvernement actuel qui, loin de combattre les racines de cette crise, continue au contraire de l’alimenter, continue de nous la faire payer et s’enfonce dans une dérive autoritaire pour imposer ses choix !
L’argent, par milliards d’euros, continue de circuler à sens unique : tout pour les financiers et les grands patrons, les miettes pour le monde du travail ! Les robinets sont grands ouverts pour éponger les pertes des Caisses d’Epargne et des Banques populaires sur les marchés financiers spéculatifs et financer leur fusion en nommant un PDG sous contrôle de l’Elysée. Ils le sont encore pour renflouer les groupes automobiles en les laissant continuer à licencier et à développer le chômage partiel (20 000 suppressions d’emplois annoncées !). Mais ils sont fermés pour l’université et la recherche, l’hôpital et la santé, le logement social, les salaires et les retraites, l’ensemble des services publics.
Ce n’est pas au monde du travail, à la population de payer la crise ! La journée du 29 janvier comme le mouvement aux Antilles, en Guyane et à la Réunion portent clairement ce message et l’exigence d’un changement de cap, notamment sur les questions des salaires, de l’emploi et des services publics.
Les mobilisations imposent de premiers reculs au gouvernement.
Nous saluons la victoire des Guadeloupéens notamment sur l’augmentation de 200 euros pour les bas salaires et sur les mesures contre la vie chère. Nous saluons le mouvement à l’université qui a obtenu le gel, pour deux ans, des suppressions de postes d’enseignants-chercheurs.
Plus légitime que jamais, l’exigence de choix politiques, économiques, écologiques et sociaux différents grandit dans le pays, en Europe et dans le monde. Elle conteste et combat les logiques de la mondialisation capitaliste, les appétits de profits et de rendements financiers exorbitants et la mise en concurrence basée sur le dumping social et fiscal.
Des mobilisations importantes continuent de se déployer et de se renforcer. C’est vrai dans l’université, la recherche, la santé, la poste et d’autres secteurs publics. C’est vrai dans de très nombreuses entreprises privées où les plans de licenciement, de chômage partiel et de compression salariale frappent quotidiennement. Tout cela confirme le besoin d’unité pour construire le rapport de force le plus large.
Si la grève en Guadeloupe a fini par être entendue, la surdité du Président de la République, du gouvernement et du Medef à l’égard des revendications que la journée d’action unitaire du 29 janvier et les grèves dans l’ensemble des Antilles et à l’ile de la Réunion ont portées, continue. Dans ces conditions, les organisations syndicales ont unanimement confirmé la tenue d’une grande journée de grèves et de manifestations le 19 mars prochain.
Conscientes que l’unité est une force essentielle face à l’obstination gouvernementale et patronale, comme le montre le mouvement des Antilles, les organisations de gauche signataires de ce texte appellent à soutenir et à amplifier ces mobilisations, à réussir le 19 mars une très grande journée de protestation et de propositions, plus forte encore que celle du 29 janvier. Elles souhaitent contribuer, dans la diversité de leurs positions, à amplifier dans ces mouvements, le débat et l’action sur les nouveaux choix politiques alternatifs aux logiques actuelles nécessaires et utiles pour répondre aux mobilisations sociales.
Cela concerne notamment l’opposition aux suppressions d’emplois et à la précarisation, dans le privé comme dans le secteur public, l’augmentation des salaires, du SMIC, des minimas sociaux et des retraites ; la défense et le développement des services et de l’emploi publics ; la réorientation des richesses du pays vers le développement de productions et de services susceptibles d’engager notre pays dans un tout autre mode de développement fondé sur la satisfaction des besoins sociaux dans le respect des équilibres écologiques.
Je lis régulièrement CSP, et je partage le plus souvent ses constatations, mais beaucoup plus rarement ses conclusions.
Je me suis longtemps demandé pourquoi, et je pense avoir trouvé: D'une situation intolérable (pour faire court, l'ultralibéralisme glouton et irresponsable qui pourri tout ce qu'il touche), il tire le plus souvent des conclusions de haine et de violence. Ce ne serait pas si grave s'il n'était pas -de fait- l'une des voix du NPA, bientôt le premier parti d'opposition-avec-des poils.
La rhétorique de CSP est rodée: ceux d'en face, ces enfant de salauds, ces ordures protéiformes, nous haïssent du fond des tripes, et leur violence sociale est sans limite; en conséquence, notre haine doit être réciproque et ils doivent prendre notre violence en retour dans les gencives, entre autre *.
Deux exemples:
"Vous avez vu et entendu les gens présents dans cette vidéo et vous avez eu envie de leur faire mal. C'est naturel.
Vous avez vu qui ils étaient et comment ils se comportaient, et vous avez senti s'épanouir en vous une haine féroce, [...]
Et c'est très bien.
[...]
Vous avez envie de ravager leur monde."
(source ici)
"Non, vraiment, rien à faire. Je hais ces gens. J'insiste : ce n'est pas de la "détestation", ça n'a rien à voir avec de "l'indignation" je ne me sens même pas en "colère", ni quoi que ce soit de similaire qui puisse passer pour une émotion passagère et "présentable". Acceptable. [...]Je hais, et j'assume. Ce que je ressens, c'est de la haine, et ressentir de la haine en ces temps de Réaction décomplexée, c'est normal. Mieux : c'est bien."
(source ici)
Quelques définitions: "La haine est un sentiment de répulsion intense éprouvé à l'égard de quelqu'un (parfois quelque chose). Il s'agit en définitive d'un désir de destruction de l'objet (être ou chose) sur lequel il porte." (Wikipedia).
Selon cette définition, il est aussi acceptable de haïr ce système aliénant qu'il est est intolérable de haïr les humains qui vivent dans et de ce système. Parce que nous vivons tous, de façon plus ou moins directe, dans ce système. Cette haine est fondamentalement auto-destructrice. On ne peut rien construire sur de la haine.
Ce qui n'empêche pas d'être profondément révolté. Et cette révolte n'est pas forcement "présentable", et encore moins "passagère".
"La révolte est un sentiment d’indignation et de réprobation face à une situation. Une révolte est aussi, dans un sens plus précis, le refus actif d'obéir à une autorité. Elle correspond donc à une large gamme de comportements : non respect des normes sociales, désobéissance, tentatives d’insurrection, mutineries, rébellions…" (Wikipedia)
La révolution ** échouera si elle porte en elle la haine de l'autre.
Une saine et profonde révolte, qui vient du ventre, et qui se base sur la conviction intime que le système libéral est fondamentalement nuisible, autoritaire et destructeur, est bien plus puissante qu'un sentiment de haine, focalisé sur des pantins. Cette révolte me permet au moins de concilier mes conviction pacifistes et l'urgence de la situation. Je suis convaincu que notre avenir radieux, il faudra le construire sur un champs de ruine, et la haine n'a rien à voir là-dedans.
CSP manie sa plume comme un rasoir. Je pourrait bien me retrouver sanglant et humilié en place publique. Mais la nuance entre la révolte et la haine, entre la force et la violence me parait fondamentale, alors que le futur est furieusement incertain, et qu'il est si facile de se fourvoyer...
* Il existe aussi des supplices raffinés pourFrederic Lefebvre. Dans des cas aussi extrêmes, je ne peux pas lui donner tort.
** Je parle de révolution au sens le plus large, "tout changement ou innovation qui bouleverse l'ordre établi de façon radicale" (Wikipedia).
Je reprends ici un texte de Fred Vargas, qui commence à bien circuler...
Le texte a été écrit sur le blog d'Europe Ecologie
Merci au Clampin Vince pour le texte.
Je me suis permis, une mise en page perso, Vargas étant semble-t-il plus douée pour l'écriture que pour l'édition...
"Nous y voilà, nous y sommes.
Depuis cinquante ans que cette tourmente menace dans les hauts-fourneaux de l’incurie de l’humanité, nous y sommes.
Dans le mur, au bord du gouffre, comme seul l’homme sait le faire avec brio, qui ne perçoit la réalité que lorsqu’elle lui fait mal. Telle notre bonne vieille cigale à qui nous prêtons nos qualités d’insouciance. Nous avons chanté, dansé.
Quand je dis « nous », entendons un quart de l’humanité tandis que le reste était à la peine. Nous avons construit la vie meilleure, nous avons jeté nos pesticides à l’eau, nos fumées dans l’air, nous avons conduit trois voitures, nous avons vidé les mines, nous avons mangé des fraises du bout monde, nous avons voyagé en tous sens, nous avons éclairé les nuits, nous avons chaussé des tennis qui clignotent quand on marche, nous avons grossi, nous avons mouillé le désert, acidifié la pluie, créé des clones, franchement on peut dire qu’on s’est bien amusés.
On a réussi des trucs carrément épatants, très difficiles, comme faire fondre la banquise, glisser des bestioles génétiquement modifiées sous la terre, déplacer le Gulf Stream, détruire un tiers des espèces vivantes, faire péter l’atome, enfoncer des déchets radioactifs dans le sol, ni vu ni connu.
Franchement on s’est marrés.
Franchement on a bien profité.
Et on aimerait bien continuer, tant il va de soi qu’il est plus rigolo de sauter dans un avion avec des tennis lumineuses que de biner des pommes de terre. Certes.
Mais nous y sommes.
A la Troisième Révolution. Qui a ceci de très différent des deux premières (la Révolution néolithique et la Révolution industrielle, pour mémoire) qu’on ne l’a pas choisie. « On est obligés de la faire, la Troisième Révolution ? » demanderont quelques esprits réticents et chagrins.
Oui. On n’a pas le choix, elle a déjà commencé, elle ne nous a pas demandé notre avis.
C’est la mère Nature qui l’a décidé, après nous avoir aimablement laissés jouer avec elle depuis des décennies.
La mère Nature, épuisée, souillée, exsangue, nous ferme les robinets.
De pétrole, de gaz, d’uranium, d’air, d’eau. Son ultimatum est clair et sans pitié : Sauvez-moi, ou crevez avec moi (à l’exception des fourmis et des araignées qui nous survivront, car très résistantes, et d’ailleurs peu portées sur la danse). Sauvez-moi, ou crevez avec moi.
Evidemment, dit comme ça, on comprend qu’on n’a pas le choix, on s’exécute illico et, même, si on a le temps, on s’excuse, affolés et honteux. D’aucuns, un brin rêveurs, tentent d’obtenir un délai, de s’amuser encore avec la croissance.
Peine perdue. Il y a du boulot, plus que l’humanité n’en eut jamais.
Nettoyer le ciel, laver l’eau, décrasser la terre, abandonner sa voiture, figer le nucléaire, ramasser les ours blancs, éteindre en partant, veiller à la paix, contenir l’avidité, trouver des fraises à côté de chez soi, ne pas sortir la nuit pour les cueillir toutes, en laisser au voisin, relancer la marine à voile, laisser le charbon là où il est –attention, ne nous laissons pas tenter, laissons ce charbon tranquille- récupérer le crottin, pisser dans les champs (pour le phosphore, on n’en a plus, on a tout pris dans les mines, on s’est quand même bien marrés).
S’efforcer. Réfléchir, même. Et, sans vouloir offenser avec un terme tombé en désuétude, être solidaire. Avec le voisin, avec l’Europe, avec le monde.
Colossal programme que celui de la Troisième Révolution.
Pas d’échappatoire, allons-y. Encore qu’il faut noter que récupérer du crottin, et tous ceux qui l’ont fait le savent, est une activité foncièrement satisfaisante. Qui n’empêche en rien de danser le soir venu, ce n’est pas incompatible. A condition que la paix soit là, à condition que nous contenions le retour de la barbarie –une autre des grandes spécialités de l’homme, sa plus aboutie peut-être. A ce prix, nous réussirons la Troisième révolution. A ce prix nous danserons, autrement sans doute, mais nous danserons encore."
Article 2.1: "Chacun peut se prévaloir de tous les droits et de toutes les libertés proclamés dans la présente Déclaration, sans distinction aucune, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d'opinion politique ou de toute autre opinion, d'origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation".
Article 9: "Nul ne peut être arbitrairement arrêté, détenu ou exilé."
Article 11.1: "Toute personne accusée d'un acte délictueux est présumée innocente jusqu'à ce que sa culpabilité ait été légalement établie au cours d'un procès public où toutes les garanties nécessaires à sa défense lui auront été assurées."
Article 14.1:"Devant la persécution, toute personne a le droit de chercher asile et de bénéficier de l'asile en d'autres pays".
Article premier (le but de la société):"Le but de la société est le bonheur commun. Le gouvernement est institué pour garantir à l’homme la jouissance de ses droits naturels et imprescriptibles."
Article 11 (voies de fait et résistance légitime):"Tout acte exercé contre un homme hors des cas et sans les formes que la loi détermine, est arbitraire et tyrannique ; celui contre lequel on voudrait l’exécuter par la violence a le droit de le repousser par la force."
Article 12 (l'arbitraire):"Ceux qui solliciteraient, expédieraient, exécuteraient ou feraient exécuter des actes arbitraires, sont coupables et doivent être punis".
Article 27: "Que tout individu qui usurperait la souveraineté soit à l’instant mis à mort par les hommes libres." (ça plaisantait pas à l'époque...)
Article 30:" Les fonctions publiques sont essentiellement temporaires ; elles ne peuvent être considérées comme des distinctions ni comme des récompenses, mais comme des devoirs".
Article 34: "Il y a oppression contre le corps social, lorsqu’un seul de ses membres est opprimé. Il y a oppression contre chaque membre lorsque le corps social est opprimé".
Article 35: "Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs."
Je vous laisse le soin de lire les déclarations en entier. Inutile de dire que le gouvernement actuel viole directement ou indirectement, et plus ou moins gravement, une bonne trentaine de ces articles qui constituent le socle de notre société. Chacun en tirera les conclusions qui s'imposent.
Je viens de lire un magnifique article de Joe Bageant, sur Orbite.info.
Allez lire ce texte, prenez le temps, c'est un peu long (~7000 mots), mais ca vaut vraiment le coup, et c'est ici. Attention, ça gratte là où ça démange, et si vous cherchez du confort, des certitudes et une bonne conscience à peu de frais, allez voir ailleurs...
Je vous en livre ici de larges extraits (les gras sont de moi):
"La croissance démographique est le rhinocéros dans le parc à bébé, la cause fondamentale de notre éco-désastre approchant dont personne ne parle honnêtement. [...]Si vous le voulez, discutez de ce que le changement climatique pourrait nous détruire ou pas. Mais la croissance démographique incontrôlée nous garantie de faire le boulot.
[...]les lézards affairistes et financiers au sommet du roc mondial, dans un ultime effort pour traire quelques foutus milliers de milliards de dollars de plus, ont trouvé un plan : la bourse du carbone. [...]
Pour mon esprit du moins, tirer un profit du fait que l'on ne pisse pas dans la gourde potable de la communauté est le genre de logique que seuls les sociétés privées et les gouvernements obsessionnels, basés sur la propriété, pouvaient imaginer. Cela suppose que : A) empoisonner tout le monde dans le bocal humain est un droit pour commencer, et B) que ce droit est une propriété qui peut être achetée et vendue entre empoisonneurs affairistes. [...]
De toute façon, nous pouvons monnayer la pollution, et vendre et revendre notre ciguë partagée en commun, et nous pouvons appeler cela une solution partielle et un pas en avant progressiste. Mais c'est toujours de la ciguë. Pourtant, les économistes nous assurent que c'est du bon sens de privatiser, puis d'acheter et de vendre la catastrophe sur le marché de la calamité. [...]
La plus fatale folie de la civilisation a été de monnayer et de privatiser le monde naturel qui est le grand bien commun de l'humanité.
Si l'autorité nous a laissés tomber, c'est parce que nous nous sommes laissés tomber, [...] nos gouvernements officiels nous fournissant une excuse collective pour ne pas agir personnellement. [...] les Américains conscients regardent et attendent que quelqu'un d'autre fasse un geste important. Les tripes sont inexistantes chez les Américains de nos jours, déprogrammées de nous durant la captivité luxueuse de la fête du pétrole pas cher qui a conduite notre grotesque et brève civilisation. Pourtant, s'il y a jamais eu un moment pour faire preuve de tripes, c'est maintenant. Pas en manifestant — ce qui est devenu un sport de mauviettes libérales supervisé par l'État sécuritaire — mais en abandonnant la vie matérielle, la vie du consommateur. Toute ou presque. Y compris tous ces livres gauchistes et alternatifs d'Amazon— rester assis sur son cul en lisant et en buvant du thé vert juste parce qu'on peut se le permettre n'est qu'un autre type d'inaction et de consumérisme. C'est le seul acte réel de protestation possible pour les prisonniers de notre monolithe conduit par la consommation.
[...] Pourtant, juste parce que notre contribution à la misère globale semble petite, cela ne nous exempte pas de la responsabilité. Si je prenais part à la lapidation massive d'un enfant, serais-je moins coupable parce que la pierre que j'aurais jeté serait plus petite que le reste ? [...]
Peu d'Américains mangeraient un cheeseburger devant un enfant africain affamé. Mais peut-on manger un cheeseburger dans le dos de l'enfant, hors de sa vue ? De combien doit-on s'éloigner de l'enfant pour que ça aille ? Et si nous avons travaillé très dur pour acheter ce cheeseburger ? Est-ce que travailler dur justifie tout ? Quelle est notre responsabilité ? Ou sommes-nous juste impuissants face à de telles choses ?
[...]nous avons appris à être impuissants [mais] aucun d'entre nous n'est impuissant. Le fait est qu'à n'importe quel moment donné, à n'importe quel jour donné, nous pouvons faire quelque chose pour aider à éliminer la misère et les disparités.
[...] Nous pouvons aider en ne faisant rien. Simplement en s'asseyant sur notre cul et en n'achetant pas des trucs, en ne conduisant pas jusqu'au Gap ou jusqu'au marché bio, en n'allumant pas nos télévisions, ce qui est l'acte de protestation ultime, puisqu'il interdit à la fois l'accès de notre esprit aux intérêts affairistes, et refuse aux monolithes médiatiques cette si importante mer de globes oculaires. Nous pouvons refuser de consommer. [...]
Restez fort"
Ce texte pouvait-il mieux tombe pour mettre en relief l'abjection d'un article du monde, repris par Vive le Feu
Ou l'on lit, entre autre, que "l’alimentation, l’eau", sont des "thèmes d’investissement à privilégier sur le long terme"., ou que "les fonds spécialisés dans l’agriculture et les matières premières", car "en un siècle, la population a été multipliée par trois alors que les surfaces cultivables ont été divisées par deux".
Qui va se gaver ?
Qui va crever ?
Qui va lutter pour que l'inévitable soit tolérable ?
Témoignage d'un prof, lu sur Plume de presse (ici) d'une descente de flics dans un collège. Plus que l'intervention elle même, c'est le mode opératoire qui est inadmissible.
Mais au fait, de quoi Sarkozy serait-il le nom ?
Alors malgré Benasayag, qui montre (de belle façon) sur Rue89 qu' assimiler Hortefeux à Vichy, et une aberration", forces est de constater que les méthodes utilisées par le gouvernement pour contrôler sa population sont de plus en plus fascisantes, et que la force brute n'est (évidement) pas au service de l'intelligence.
" Je fais cours quand, tout à coup, sans prévenir, font irruption dans le lieu clos de mon travail quatre gendarmes décidés, accompagnés d’un maître-chien affublé de son animal. Personne ne dit bonjour, personne ne se présente. Sans préambule, le chien est lancé à travers la classe. Les élèves sont extrêmement surpris. Je pose des questions aux intrus, demande comment une telle démarche en ce lieu est possible. On ne me répond pas, j’insiste, on me fait comprendre qu’il vaut mieux que je me taise. Les jeunes sont choqués, l’ambiance est lourde, menaçante, j’ouvre une fenêtre qu’un gendarme, sans rien dire, referme immédiatement, péremptoirement. Le chien court partout, mord le sac d’un jeune à qui l’on demande de sortir, le chien bave sur les jambes d’un autre terrorisé, sur des casquettes, sur des vêtements. La bête semble détecter un produit suspect dans une poche, et là encore on demande à l’élève de sortir. Je veux intervenir une nouvelle fois, on m’impose le silence. Des sacs sont vidés dans le couloir, on fait ouvrir les portefeuilles, des allusions d’une ironie douteuse fusent. Ces intrusions auront lieu dans plus de dix classes et dureront plus d’une heure. Une trentaine d’élèves suspects sont envoyés dans une salle pour compléter la fouille. Certains sont obligés de se déchausser et d’enlever leurs chaussettes, l’un d’eux se retrouve en caleçon. Parmi les jeunes, il y a des mineurs. Dans une classe de BTS, le chien fait voler un sac, l’élève en ressort un ordinateur endommagé, on lui dit en riant qu’il peut toujours porter plainte. Ailleurs (atelier de menuiserie-charpente), on aligne les élèves devant le tableau. Aux dires des jeunes et du prof, le maître-chien lance : « Si vous bougez, il vous bouffe une artère et vous vous retrouvez à l’hosto ! » Il y a des allées et venues incessantes dans les couloirs, une grande agitation, je vois un gendarme en poste devant les classes. J’apprendrais par la suite qu’aucun événement particulier dans l’établissement ne justifiait une telle descente. La stupeur, l’effroi ont gagné les élèves. On leur dira le lendemain, dans les jours qui suivent qu’ils dramatisent."
Je reprends ici des extraits du manifeste d'Europe Ecologie, rassemblement pour les prochaines elections européennes. Le site du rassemblement ici.
Les idées exposées dans ce manifeste rejoignent assez précisément mes préoccupations politiques. En particulier, et par rapport au NPA de Besancenot qui reste dans une optique productiviste, on peut lire dans ce manifeste, noir sur blanc :"décroissance des flux de matière et d’énergie sans recours au nucléaire ou aux agrocarburants..."
Allez jeter un oeil chez Superno, le taulier y présente également ce manifeste, avec une intéressante discussion critique des participants.
(les passages en gras le sont de mon fait)
"L’histoire est en suspens car la déraison s'est emparée du monde. […]Soit la trajectoire d’effondrement dans laquelle s’inscrit la mondialisation du tout marché et de la prédation aveugle se prolonge, et l’on verra la conjonction des crises […]précipiter la planète dans une régression sans précédent ; soit les sociétés humaines se ressaisissent, refusant la spirale de l’excès, des fractures sociales et du découplage avec la nature, et alors surgiront les forces porteuses des réformes nécessaires pour échapper au chaos et tracer l’horizon d’une nouvelle espérance. Il est urgent de se rassembler pour y concourir. Ni demain, ni peut-être. Maintenant et résolument ![…]
D’abord, il faut rompre ! Rompre avec cette logique autodestructrice. Rompre avec les impostures de l’accompagnement social et écologique d’un système condamné ; rompre avec les illusions qui tentent seulement d’en corriger les débordements et qui s’épuisent à réguler l’irréversible ; rompre avec le fatalisme qui conduit à s’accommoder d’une situation douloureuse pour la majorité des hommes et des femmes de la planète et pour l’avenir de nos enfants. […]Rompre, c’est s’en prendre enfin aux racines, au sein du système économique et social comme au cœur de nos pratiques individuelles ; c’est modifier l’architecture de la mondialisation aussi bien que transformer l’imaginaire de chacun. Agir sur les structures de nos sociétés et travailler en même temps à une insurrection des consciences […].
L’urgence commande donc de réunir les conditions collectives pour que la trajectoire humaine s’engage sur une autre voie. Autre projet de société, autre modèle de civilisation… le chemin passe par la refondation progressive et pacifique de nos manières d’être et de vivre, ensemble et individuellement. Ni surenchère utopique, ni ivresse révolutionnariste, l’objectif que nous devons poursuivre consiste à ouvrir les pistes d’un horizon émancipateur, redonnant sens au progrès et consistance à l’espoir. Nous n’affichons ni lendemains qui chantent ni programmes miracles. […]
Quelques soient leurs référentiels idéologiques, les partis politiques dominants bégaient devant les défis du nouveau siècle, refusant l’obstacle du grand tournant nécessaire. Ils restent liés à un type de développement insoutenable, fondé sur le mythe d’une progression exponentielle des richesses et, au final, sur le diktat absurde de la croissance pour la croissance. Chacun à leur façon, ils persévèrent dans la reproduction de mécanismes de plus en plus aliénants.[…]
[Le] modèle alternatif [que nous proposons] n’est inscrit dans aucun dogme ni bréviaire, même s’il est attaché aux meilleures traditions humanistes, en particulier l’opposition radicale au racisme, à l’antisémitisme, au sexisme et à toute forme d‘ostracisme et de domination. Il se construira pas à pas, à partir des besoins de bientôt sept milliards d’individus, de l’intérêt collectif des peuples de la terre, de la protection des biens communs et de l’extension des services publics, du partage des ressources et du respect des équilibres du vivant. Il se fondera sur les valeurs de justice sociale et de solidarité planétaire, de sobriété et de conscience des limites, de droits humains et de dialogue démocratique. Il orientera progressivement les activités vers une réduction de l’empreinte écologique, impliquant de nouvelles façons de consommer, de produire, de se déplacer, de travailler, d’échanger, d’innover, d’habiter les villes et les territoires et de faire ensemble société. Il encadrera rigoureusement les mécanismes du marché et leurs prolongements financiers. Il stimulera la recherche scientifique et la créativité industrielle selon une perspective compatible avec les besoins réels et les limites de la biosphère.
[…]
Le moment est venu pour que les Européens s’emparent et s’identifient à la perspective politique d’une Europe solidaire et durable. En installant la mutation écologique et sociale comme colonne vertébrale de la communauté de destin des peuples européens, l’Europe deviendrait le moteur d’un nouveau foyer de civilisation.
Soyons lucides mais n’ayons pas peur. La crise globale qui menace la civilisation humaine peut être surmontée. Sauf à consentir honteusement au désastre, l’humanité se trouve dans l’obligation de réagir et de changer de cap. Elle en a les moyens. Il lui manque l’objectif. L’intensité de la crise offre paradoxalement une opportunité historique de jeter les bases d’un nouveau monde en puisant dans les meilleures valeurs du patrimoine humain, de mobiliser les intelligences et les énergies pour encourager leur créativité, de rénover la démocratie et de réhabiliter la politique. Avec l’Europe écologique et sociale, nous avons l’occasion de reprendre en main notre destin pour vivre mieux. A nous tous de la saisir !
[…]"
C'est vrai qu'ils sont plaisants tous ces petits villages
Tous ces bourgs, ces hameaux, ces lieux-dits, ces cités
Avec leurs châteaux forts, leurs églises, leurs plages
Ils n'ont qu'un seul point faible et c'est être habités
Et c'est être habités par des gens qui regardent
Le reste avec mépris du haut de leurs remparts
La race des chauvins, des porteurs de cocardes
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part
Maudits soient ces enfants de leur mère patrie
Empalés une fois pour toutes sur leur clocher
Qui vous montrent leurs tours leurs musées leur mairie
Vous font voir du pays natal jusqu'à loucher
Qu'ils sortent de Paris ou de Rome ou de Sète
Ou du diable vauvert ou de Zanzibar
Ou même de Montcuq il s'en flattent mazette
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part
Le sable dans lequel douillettes leurs autruches
Enfouissent la tête on trouve pas plus fin
Quand à l'air qu'ils emploient pour gonfler leurs baudruches
Leurs bulles de savon c'est du souffle divin
Et petit à petit les voilà qui se montent
Le cou jusqu'à penser que le crottin fait par
Les chevaux même en bois rend jaloux tout le monde
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part
C'est pas un lieu commun celui de leur naissance
Ils plaignent de tout coeur les pauvres malchanceux
Les petits maladroits qui n'eurent pas la présence
La présence d'esprit de voir le jour chez eux
Quand sonne le tocsin sur leur bonheur précaire
Contre les étrangers tous plus ou moins barbares
Ils sortent de leur trou pour mourir à la guerre
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part
Mon Dieu qu'il ferait bon sur la terre des hommes
Si l'on n'y rencontrait cette race incongrue
Cette race importune et qui partout foisonne
La race des gens du terroir des gens du cru
Que la vie serait belle en toutes circonstances
Si vous n'aviez tiré du néant tous ces jobards
Preuve peut-être bien de votre inexistence
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part
Georges Brassens, La ballade des gens qui sont nés quelque part
Ils étaient usés à quinze ans
Ils finissaient en débutant
Les douze mois s'appelaient décembre
Quelle vie ont eu nos grand-parents
Entre l'absinthe et les grand-messes
Ils étaient vieux avant que d'être
Quinze heures par jour le corps en laisse
Laissent au visage un teint de cendres
Oui notre Monsieur, oui notre bon Maître
On ne peut pas dire qu'ils furent esclaves
De là à dire qu'ils ont vécu
Lorsque l'on part aussi vaincu
C'est dur de sortir de l'enclave
Et pourtant l'espoir fleurissait
Dans les rêves qui montaient aux cieux
Des quelques ceux qui refusaient
De ramper jusqu'à la vieillesse
Oui notre bon Maître, oui notre Monsieur
Si par malheur ils survivaient
C'était pour partir à la guerre
C'était pour finir à la guerre
Aux ordres de quelque sabreur
Qui exigeait du bout des lèvres
Qu'ils aillent ouvrir au champ d'horreur
Leurs vingt ans qui n'avaient pu naître
Et ils mouraient à pleine peur
Tout miséreux oui notre bon Maître
Couverts de prèles oui notre Monsieur
Demandez-vous belle jeunesse
Le temps de l'ombre d'un souvenir
Le temps de souffle d'un soupir
Devant la (re)prise de conscience de la gravité de la situation (allez voir là, là, là ou encore ici si vous venez de passer 2 ans sur Venus), je vous conseille de lire une interprétations du bouquin de Badiou « De quoi Sarkozy est-il le nom ? » par Gilles d'Elia (avec de gros morceaux de Badiou dedans).
De quoi réfléchir 5 minutes :-).
Le texte original est ici
« Ce qui nous déprime, c’est de ressentir d’abord cette évidence contradictoire : Nicolas Sarkozy d’une part est le pur produit de la démocratie, et de ce qu’elle peut avoir de vicié, d’irrationnel [...].
Mais d’autre part, nous voyons bien que ce qui nous dérange dans son élection est bien qu’elle est le résultat d’une offensive réactionnaire de restauration politique fondamentalement anti-démocratique ».
« [...]il n’y a pas de démocratie libérale. Un régime est démocratique — ou bien il est libéral. Le pouvoir est au peuple, ou bien au marché. Il faut choisir »
« C’est un trait caractéristique de la France justement : quand la question de son existence est réellement en jeu, ce qui la constitue, sur un fond réactionnaire et peureux fort épais, est une minorité aussi active que numériquement très faible. Notre pays n’a existé et n’existera, quelle qu’en soit la forme à venir, que par ceux qui n’ont pas consenti aux abaissements qu’exige universellement la logique de la survie des privilèges, ou même la simple conformité « réaliste » aux lois du monde. Ce sont ceux-là qui ont choisi, et ce n’est certes pas en votant. » A.Badiou
« C’est ainsi que l’étranger, et toute la mythologie qui lui est associée, incarne un puissant (et réel) potentiel de transformation politique qu’il s’agit d’exorciser par tous les moyens - y compris la traque, les rafles, la menace constante d’une arrestation, d’une rétention, qui constituent aussi un châtiment spectaculaire à l’impardonnable puissance politique qu’il représente »
«Le pétainisme, ce n’est pas seulement Pétain. C’est cette chose dont Pétain est l’incarnation la plus précise. Et cette chose, c’est l’effort continu contre lequel se brise l’aspiration révolutionnaire depuis son avènement : la Restauration.»
«Pour Alain Badiou, cette intransigeance dans la volonté d’instaurer une justice sociale constitue la force motrice du projet démocratique pleinement élaboré. Par sa permanence, ses formes multiples (Révolutions, Commune de Paris, Communisme originaire, Front populaire, Résistance...) et sa longévité, il incarne la réalité historique de ce spectre qui hante l’Europe dont parlent Marx et Engels. La présence de ce spectre qui promet de renverser l’ordre ancien génère une réaction peureuse (et même panique) qui se solde finalement par ce compromis avec le tyran : « Faites tout ce que vous voulez, du moment que vous nous protégez du moindre risque de désordre »
« la propagande selon laquelle, cristallisant et aggravant la crise morale, il s’est passé,[…] quelque chose de néfaste. C’est un point capital. La propagande pétainiste consiste largement à dire qu’à l’origine de la crise morale et du déclin, il y a un événement désastreux, toujours lié à des revendications populaires. Dans le cas des pétainistes de la Restauration, en 1815, c’était évidemment la Révolution, la Terreur, la décapitation du roi. Dans le cas du pétainisme de Pétain, ce désastre est le Front populaire. […] » A. Badiou
«Et tout comme le régime de Vichy tenta en vain de faire passer le Front populaire pour responsable de la défaite française face à l’Allemagne nazie, le sarkozysme recycle cette fiction avec les événements plus récents de l’histoire des conquêtes sociales. Le Front populaire de Sarkozy, c’est Mai-68, ce qui explique la violence rhétorique déployée “contre les héritiers de 68” »
« les Résistants n’étaient pas des fonctionnaires de Vichy qui souhaitaient aménager le pétainisme pour en adoucir les principes, mais « le courage, qui est celui de la Résistance, c’est tenir un point absolument hétérogène au pétainisme. Si “pétainisme” désigne le transcendantal des abjections possibles de notre pays, l’invariant logique de sa corruption, tout courage est le courage de ne pas être pétainiste. C’est la définition la plus restreinte ». A. Badiou
« on ne peut pas être « à moitié contre » le sarkozysme. La radicalité de ce dont Sarkozy est le nom représente ainsi une chance concrète qu’il s’agit de saisir sans délai : celle d’opposer à la droite décomplexée, une gauche sans complexe. [...]La violence de ses positions nous enjoint à ne pas répondre mollement à la droite dure.»
Je découvre ce soir un nouveau blog, "Rue-affre". (Edit: nouveau pour moi, s'entend)
Ça envoie le bois, et c'est déjà ça...
Pour vous donner envie d'aller lire de plus près (ici), un petit extrait de derrière les fagots:
[...]Tant que notre énergie du désespoir insidieusement canalisée servira à nous foutre sur la gueule, on pourra entendre encore un certain temps les bouchons de champagne sauter dans les suites du Carlton.
[...]
Qu’elle sache bien, cette gauche capitularde, qu’en nous confisquant arbitrairement toute réelle alternative, en nous interdisant toute utopie vitale, en se convertissant au coût de l’autre plutôt qu’au goût de l’autre, elle prend la responsabilité historique du désespoir.
[...]
C'est un pays qui me débecte
Pas moyen de se faire Anglais
Ou Suisse ou con ou bien insecte
Partout ils sont confédérés,
Faut les voir à la télé-urne
Avec le général Frappard
Et leur bulletin dans les burnes
Et le mépris dans un placard !
Ils ont voté et puis, après? [...]
Léo Ferré, "Ils ont voté et puis après ?", 1968
Pour pleurer un peu plus, et trouver votre prochain bulletin de vote, allez sur le Monolecte...
[...]
Pour le péché que tu fais naître, Au sein des plus raides vertus
Et pour l'ennui qui va paraître, Au coin des lits où tu n'es plus
Pour les ballots que tu fais paître, Dans le pré comme des moutons
Pour ton honneur à ne paraître, Jamais à la télévision
"J'suis un mannequin glacé
Avec un teint de soleil
Ravalé, Homme pressé
Mes conneries proférées
Sont le destin du monde
Je n'ai pas le temps je file
Ma carrière est en jeu
je suis l'homme médiatique
je suis plus que politique
je vais vite très vite
j'suis une comète humaine universelle
je traverse le temps
je suis une référence
je suis omniprésent
je deviens omniscient
j'ai envahi le monde
Que je ne connais pas
Peu importe j'en parle
Peu importe je sais
j'ai les hommes à mes pieds
[...] Bertrant Cantat, 1996
[...]
La folie des grandeurs tue les merles moqueurs.
Je répète :
la folie des grandeurs tue les merles moqueurs.
Si vous ne trouvez plus rien cherchez autre chose. [...] Bertrand Cantat et Brigitte Fontaine, L'Europe.
Par les quatre horizons qui crucifient le monde Par tous ceux dont la chair se déchirent ou succombent Par ceux qui sont sans pieds, par ceux qui sont sans mains Par le malade que l'on opère et qui geint Et par le juste mis au rang des assassins Je te salue, Marie
[...] How many years can a mountain exist Before it's washed to the sea? Yes, 'n' how many years can some people exist Before they're allowed to be free? Yes, 'n' how many times can a man turn his head, Pretending he just doesn't see? The answer, my friend, is blowin' in the wind, The answer is blowin' in the wind.
Bob Dylan, 1971
([...] Combien d'années une montagne peut-elle exister Avant d'être engloutie par la mer? Oui, et combien d'années doivent exister certains peuples Avant qu'il leur soit permis d'être libres? Oui, et combien de fois un homme peut-il tourner la tête En prétendant qu'il ne voit rien? La réponse, mon ami, est soufflée dans le vent, La réponse est soufflée dans le vent.)"
Heureux qui comme Ulysse A fait un beau voyage Heureux qui comme Ulysse A vu cent paysages Et puis a retrouvé après Maintes traversées Le pays des vertes allées
Par un petit matin d'été Quand le soleil vous chante au cœur Qu'elle est belle la liberté La liberté
Quand on est mieux ici qu'ailleurs Quand un ami fait le bonheur Qu'elle est belle la liberté La liberté
Avec le soleil et le vent Avec la pluie et le beau temps On vivait bien contents Mon cheval, ma Provence et moi Mon cheval, ma Provence et moi
Heureux qui comme Ulysse A fait un beau voyage Heureux qui comme Ulysse A vu cent paysages Et puis a retrouvé après Maintes traversées Le pays des vertes allées
Par un joli matin d'été Quand le soleil vous chante au cœur Qu'elle est belle la liberté La liberté
Quand c'en est fini des malheurs Quand un ami sèche vos pleurs Qu'elle est belle la liberté La liberté
Battus de soleil et de vent Perdus au milieu des étangs On vivra bien contents Mon cheval, ma Camargue et moi Mon cheval, ma Camargue et moi