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Si ça continue ça va pas durer

Allons z'enfants...

Des soldats français ont été tué en Afghanistan...

La guerre ça fait des mort, c'en est même le principe de base. Buter le plus d'ennemis pour ne pas soi-même finir en viande crue. Et les paras qui se sont fait dessouder n'était pas là-bas pour un échange culturel.
Aucune émotion pour ma part à cette nouvelle, abondamment relayée par tous les médias. Des militaires meurent à la guerre, rien d'anormal.
De toute façon, à force de copier avec cinq ans de retard les conneries de nos copains zanglosaxons, il fallait bien s'y attendre.
Bien sur, pour l'occasion, le Petit Nicolas va faire le déplacement pour tenter de se donner une image internationale, une image de pseudo fermeté dans la luttecontreleterrorisme. Et comme le dit "les mots ont un sens" :
"Vous ferez-vous voler votre portefeuille, qu'il ne faudra plus porter plainte contre un voleur, souvent nommé X, mais contre le "vol", voire le "vol organisé". Vous ferez-vous prélever indûment quelques euros de frais non justifiés sur votre compte bancaire, qu'il ne faudra plus porter réclamation contre votre banque, mais contre la "fraude en col blanc"... ? Et si vous vous embrouillez avec vos voisins, alors évoquez la "liberté" et la "démocratie". De nouveaux automatismes à trouver, aussi simple."

Luttecontreleterrorisme, donc, dixit Sarko... Au nom bien sur de la démocratie et de la liberté...

Tout porte à croire que Sarko, en mal de reconnaissance nationale et internationale est prêt à sacrifier des vies pour se faire remarquer. Sinon, comment interpréter le renforcement dérisoire et symbolique des troupes françaises dans un pays plus grand que la France, presque exclusivement montagneux ?
Il semble clair que l'Afghanistan est potentiellement un bourbier pire que l'Irak et le Vietnam réunis. Et vouloir à tout prix faire partie de la partie revient soit à nier la réalité, soit montre une volonté consciente d'enlisement militaire.
Alors, à part pour espérer des attentat dans le métro parisien et pouvoir faire jouer ses muscles et imposer un patriot act à la française, quel peut être le but de s'être embringué dans cette galère ?

La mort de soldats (*) -français ou non- m'émeut moins que la mort de civils, j'y peut rien, c'est comme ça, et l'honneur de la France, je m'assois dessus.
La responsabilité des morts -passés et à venir, civils et militaires- est désespérément politique. Que ce soit dans les montagnes afghanes ou à Paris.

Sarkozy en portera la responsabilité personnelle.


(*)Je parle bien sur de soldats volontaires...

EDIT: "Pour ce qui me concerne, j’ai tendance à penser que si tu fais la guerre, fût-ce au-nom-de-la-démocratie, à des mecs dont les moindres atouts sont finalement qu’ils ont la haute main sur le commandement, sur le renseignement, sur le terrain, sur le combat et sur le moral des populations indigènes ?

Ca veut dire que tu en vas en chier, dans des proportions assez conséquentes."


C'est pas moins qui le dit, mais Sebastien Fontenelle sur Backchich

de retour

Ben voila, ch'uis r'viendu du bocage, l'esprit clair, l'œil vif et le poil dru.
Ca fait même quelques temps que je suis de nouveau dans mes verdoyantes montagnes, mais le temps de reprendre pied, de faire le tour de l'actu passée, de lire le retard de ma petite blogosphère perso et de retrouver un semblant d'inspiration, me voila seulement aujourd'hui.

De toutes mes lectures en raterd, un billet m'a fait particulièrement réagir, c'est celui de CSP du 1er août (ici) concernant la décroissance.
Il dit, en substance, que les décroissants sont bien gentils, mais que la démarche reste individuelle (voir volontairement élitiste et moralisatrice), et qu'il n'y a point de salut hors d'une démarche politique et collective ("Là où le bat blesse le plus, c'est qu'en dehors de l'initiative individuelle, il n y a pas de solutions de sortie collective qui soient proposées : les décroissants sont condamnés de se point de vue à rester ultra-minoritaires si ils ne décident pas de s'inscrire dans une démarche politique, laquelle par définition s'adresse à la collectivité.").

Tout d'abord, je suis très content qu'il aborde ce thème qui m'est cher. Je me suis longtemps demandé quel était la position de la LCR "new scool" à ce sujet, et voila des éléments de réponses
Son analyse me parait partiellement bonne, et il reconnaît une convergence de vues (sur la surconsommation, sur le capitalisme...) entre les "décroissants " et les "ligards".

Mais il critique le cote individuel d'une démarche de décroissance.
Cette critique ne tient pas plus pour la décroissance que pour l'écologie: ce sont des concepts qui ne sont pas politiques. Qui sont au delà de la politique (comme la morale ou le respect), et qui doivent être comprise dans un cadre politique.
J'espère qu'il n'existera jamais de parti politique "pour la décroissance", tout comme il n'y aurais jamais du avoir de parti politique "écologiste" ou "vert". Ces partis n'existent que pour remplir le vide béant des formations politiques classiques en la matière.

Pour l'instant, contrairement à ce que dit CSP, la solution est individuelle.
Et c'est au(x) parti(s) politique d'intégrer le concept de décroissance dans leur programme, pas au décroissants de se fédérer en parti politique.
Penser sincèrement que seule la décroissance peut nous offrir un avenir viable (et agir en accord) ne veux pas dire que l'on a une vision globale et pertinente de l'ensemble de la société, et encore moins que l'on a un "programme" de solutions qui puisse tenir la route.

J'espère donc très sincèrement que le futur NPA prendra en compte les thématiques décroissante dans sa philosophie politique.

Histoire de faire un pas en avant.


Réfugié politique

Franchement, il y a des choses dont je me fout éperdument.
Entre autre que Betancourt ne soit plus captive m'indiffère.
Qu'on se comprenne, je trouve terrible une détention de 6 ans. Humainement, un otage est inadmissible.
Comme l'est un enfant qui meurt de faim ou de diarrhées, un vieux que l'on frappe ou un homme qui monte se faire étriper au front.
Mais le pathos qui coule me fout une nausée dingue et transforme la bonne nouvelle en un gâteau énorme, périmé, et trop gras.

Pendant ce temps, et dans la même semaine, la liberté d'expression vient de prendre deux ou trois coups de matraque derrière les genoux.
La dizaine de chaîne de télé "publique" vient de passer sous le contrôle direct de l'exécutif. Ne plus espérer de documentaire qui pourraient fâcher les lobbies ou le gouvernement, dénoncer ses mensonges et ses manipulations. C'était déjà le cas, maintenant on sait à quoi s'en tenir.
Sarko dispose d'un outils de propagande en 2 parties, les médias (presse écrite, télés, radios, médias internet), de ses amis ET les médias publics, pour sonner à l'unisson l'hallali de l'humanisme et de ce qui reste de lien social avec l'artillerie lourde.
L'expérience montre qu'il ne faut pas espérer de demi-mesure, d'intelligence ou de discussions.
Propagande, propagande, propagande.

Mais comme une propagande, aussi bien ficelée soit elle, se heurte toujours à une partie de la population hermétique au champs des sirènes et / ou disposant des plus de trois neurones pour détricoter la manipulation, la liberté individuelle se devait d'être étroitement surveillée.
C'est l'objet de ce projet EDVIGE, de ficher toute personne de plus de 13 ans susceptible d'émettre un jugement critique ou éclairé. Il a ouvertement pour but de "centraliser et d’analyser les informations relatives aux personnes physiques ou morales ayant sollicité ou exercé ou exerçant un mandat politique, syndical ou économique ou qui jouent un rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif..." et de "de centraliser et d’analyser les informations relatives aux individus, groupes, organisations et personnes morales qui, en raison de leur activité individuelle ou collective, sont susceptibles de porter atteinte à l’ordre public ; de permettre aux services de police d’exécuter les enquêtes administratives qui leur sont confiées en vertu des lois et règlements, pour déterminer si le comportement des personnes physiques ou morales intéressées est compatible avec l’exercice des fonctions ou des missions envisagées."
Bref, un bon gros fichage politique, qui n'a rien à envier aux dictatures les plus sombres..
Quand on imagine la redoutable efficacité de ces fichages il y a 70 ans, les possibilités avec les techniques modernes (passeport biométrique, fichage ADN, bases de données, camera de surveillances, veille internet...) font froid dans le dos.
Si votre fils joue dans une troupe de théâtre amateur (ou dans un groupe de rock), vous vérifierez que les textes ne sont pas susceptible de porte atteinte a l'ordre public.
Vous pourriez vous réveiller un jour entre 2 képis.

En clair, le gouvernement a compris que ses mesures anti-sociales et ultralibérales finiraient par lasser les plus doux d'entre nous, et que la conjoncture mondiale risquait de fâcher même les plus réacs.
Et qu'il était temps de contrôler tout ça.

Les scénarios pessimistes sont, depuis un an, régulièrement revus au pire.
Les craintes pour la démocraties (ou ce qu'il en reste) sont de plus en plus vives. Pour ne pas dire criantes.

Une vilaine, vilaine, ombre plane sur la France.

Fermez les volets, rentrez les enfants, et venez demander l'asile politique en Suisse pendant qu'il en est encore temps, je vous payerais une bière...

envies de tempêtes

Quand tout part en couille, de plus en plus vite, qu'est ce qu'il reste a faire ?
Crier sur tous les toits, même les tous petits, chaque malfaisance, chaque arnaque, chaque entourloupe de la bande de mafieux qui sévissent.
Encore et toujours, dans le vent...

Allez lire (encore) chez Eolas cet authentique PV de dénonciation d'un "clandestin" dont je vous livre le lisier:

"Je suis venue vous dénoncer la situation administrative clandestine d’un ressortissant sénégalais qui vit à N...[…]
De peur de représailles, ma protégée ne répondra pas à vos convocations ni même à vos questions.
[…]
J’ai appris au hasard des discussions qu’il n’avait pas de titre de séjour et vivait de façon clandestine en France et à la charge de Madame B...
C’est un sénégalais âgé de 22 ans environ, mesurant 1.80 m, portant des lunettes de vues rondes en métal. Cheveux crépus très courts, toujours bien habillé, parlant un français très châtié.
Il dort le matin jusqu’à 12 heures au moins, et sort peu de peur d’être contrôlé par la Police.
[…]
Quelque soit le mode de votre intervention, sachez qu’il y a dans ce logement quatre enfants jeunes.
Je n’ai rien d’autre à ajouter"
.


Saloperie de nationalisme, de rétrécissement de l'esprit et du cœur, saloperie de trouille au ventre qui rend les gens méchants comme des chiens affamés.
Réflexes de rats, la terre devient trop petite, alors on tape sur les plus faibles, ceux qui n'ont pas eu la chance de naître du bon coté de la corne d'Abondance, on ramasse les miettes en espérant passer entre les gouttes.
Face à ces bons français, sur de leur bon droit, propres sur eux et pas nets, me viennent des idées noires.

Des envies de bagarre, des envies de tempêtes, moi qui suis doux comme la brise du soir...




Complice donc coupable

Je ne vais pas revenir sur les 6 pages de propagande de Libe, qui a rejoint le Monde dans le caniveau , ni sur le fait que la Belle ne fait que vendre la soupe froide et aigre de sa Bête.


Non, regardez juste les premières secondes de cette vidéo cette video .
Regardez juste la complicité à peine gênée de Joffrin allant fermer la fenêtre en bas de laquelle des manifestant criaient leur colère.
Sans blagues, cet air navré de Joffrin genre "sont-ils sots ?" en fermant cette fenêtre, il me hante depuis que je l'ai vu.
Il est pour moi la preuve irréfutable (si besoin était encore) de la complicité active des médias (même ceux étiquetés "de gauche") au régime qui sévit en France.

Une très lourde responsabilité devant l'Histoire.

Allez faire un tour chez Fontenelle ce matin, ambiance Nuit et Brouillard garantie : http://www.bakchich.info/article4226.html.


EDIT: Je met en lien un rapport d'audience d'Eolas. On pense ce qu'on veut de ses prises de positions sur l'Europe, mais cette histoire reflète la sordide réalité du chiffre...

Navigation à vue

Vous avez vu ?

L'Arabie Saoudite va augmenter sa production de brut. En tout cas c'est ce qui est annoncé... d'un demi-million de baril par jour.

Est ce que les prix ont (ou vont) baisser ? Que nenni.
Est ce que Total, Shell, Exxon ... vont réduire leur marge ? Que nenni.

Non, les prix, que ce soit en dollars ou en euros, au baril ou au litre, vont continuer d'augmenter.
Je ne veux pas discuter ici du bien fondé de la hausse des prix, le sujet est déjà partie en couille un peu partout, je ne voudrait pas donner l'impression d'etre en retard. Il s'agit bien entendu d'un question de point de vue.
Et bien sur que je râle quand le litre est à 1.50 euros, ce qui ne m'empeche pas de penser que c'est une bonne chose, globalement.


Vous allez me répondre voiture hybride, à hydrogène ou électrique.
Cette solution ne sera que temporaire. Pourquoi ?
Parce que non seulement le prix des matières premières s'enflamme, mais aussi parce que le prix de l'énergie (peut importe sa forme) ne fera qu'augmenter.

Par exemple, un petit graph montre que les prix d'une vingtaine de matières premières a été multiplie par un facteur 2 à 10 depuis 2001 (le graph voulait originellement montrer que le spéculation n'y est pour rien dans l'évolution des prix. Comme je ne suis pas économiste, je vous épargne mes commentaires incompétents)
En vrac le cadmium (pour les batteries, x11), le molybdène (alliages d'aciers, x10), le rhodium (catalyseur, x8), le cobalt (alliages, x6), mais aussi l'acier (x3), le cuivre (x4), l'aluminium (x2) etc, etc...
Ce qui signifie que pour que les prix des appareils technologiques (y compris les voitures) ne peut rester constant qu'avec une baisse des coûts. De main d'œuvre, entre autre, et bien sur. Lesquels coûts deviennent incompressible le jour ou le dernier ouvrier est mort de faim... Autrement dis, les prix augmenteront dans les prochaines années



En ce qui concerne l'énergie, on se heurtera également aux ressources, que ce soit en quantité ou en prix. Parce qu'il faudra toujours de l'énergie pour extraire du charbon, parce qu'il faudra toujours transporter l'énergie (primaire ou secondaire) pour la consommer. Parce qu'il faudra toujours une quantité dingue d'énergie pour produire et transporter de l'hydrogène, que de toute façon on a pas assez de platine pour équiper toutes les voitures de piles à combustible.
On peut aussi remarquer que les courbes d'évolution du prix du charbon ou de l'uranium suivent curieusement celles du pétrole, depuis quelques temps. Plutôt que de les interpréter comme des courbes de prix de matières premières, on peut les interpréter comme des courbes du prix de l'énergie.


En clair, on peut chercher des solutions alternatives autant que l'on veut. Les États peuvent (et doivent !) subventionner les énergies renouvelables.
Les solutions alternatives au niveau local doivent voire le jour.
Mais espérer trouver des solutions viables à long terme sans modifier notre relation à la consommation (et bien sur à la croissance) est une folle utopie.
Et de gauche à droite, les chantres de la croissance pour "le pouvoir d'achat" ou ou "la baisse du chômage" ne regardent pas assez loin.
Parce que les solutions proposées prennent rarement en compte le problème dans sa globalité (sans même parler des farces du Grenelle du machin, ou des mesurettes gouvernementales, à milles lieues d'apporter un semblant de réponse). Parce que seul la synergie entre changement de comportement et solution technologique serait susceptible d'éviter le pire.

Les ressources et l'énergie sont liées. La seule solution est de réduire les gaz au plus vite. La hausse du prix du litre de gasoil n'est que la partie émergée de l'iceberg.
Nous sommes tous sur le Titanic...


Pour en savoir plus :
Sur l'hydrogene-énergie
Sur le peak oil, ou encore ici.
Sur la décroissance
Sur "l'écologie en temps de guerre"

plein la tronche.

Bien contre mon gré, lundi soir, je me suis retrouve, sans préparation mentale d'aucune sorte, devant un spectacle auquel la pratique assidue du zen montagnard ne m'avait pas préparée.

La coupure pub du milieu d'un match de foot.

Je m'explique: je me suis retrouvé, pour des raisons professionnelles, à Aix en Provence en train de chercher un troquet sympa pour me faire un petit plat de poissons (et oui, pour lutter contre le goitre, il faut de l'iode, j'y travaille).
Je me pose donc dans le coin d'une place sympa, demande la carte, et me rend compte qu'un écran plat trône pour les clients (et le patron).

Je vous le fait court, mais en des temps plus fougueux, j'aurais pris du temps pour vous expliquer à quel point le sport à la télé, et surtout les manifestations moites et bruyantes d'identification du troupeau aux Icônes me répugnent. Maintenant, je me contente d'ignorer, même pas superbement, les supermen en short et panneau de pub.
Ce qui, au passage, ne m'empêche pas d'admirer le "geste sportif" comme n'importe quel mouvement perfectionné par son utilisation quotidienne, du boulanger qui enfourne prestement au paysan qui fauche à la main.

Bref, je commande donc ma charcuterie corse (oui, j'ai un faible pour la charcuterie rurale) et me tourne vers l'objet de convoitise de mes voisins de table:

L'Ecran.

Je regarde songeur les gars en maillot se passer la baballe quelques minutes, avant que la pub coupe le match. Enfin, façon de parler, malgré mon inculture crasse en la matière, je sais bien qu'en fait, la pub ne fait que se glisser dans les espaces laissées libres, comme le pus dans une dent creuse.

C'est à cet instant qu'a débuté une hallucinante série de pub pour:

Des voitures,
Des parfums,
Des crédits,
Des voitures...

(bis et ter ad nauseam).

Pour tout vous dire, j'en ai pris plein la tronche.

De voir à quel point ces messages s'adressent directement aux instincts et aux pulsions.
De voir à quel point les pubeux prennent les consommateurs pour des abrutis.
D'imaginer que ce que j'ai vu pendant 10 minutes, et qui justifie à mes yeux ces quelques lignes, beaucoup de gens s'en prennent 10 fois plus, TOUS LES JOURS.

Y compris les enfants, et c'est probablement le plus tragique.

Je sais, je suis un sensible.


Le vent l'emportera

Les déclarations récentes de Delanoe (qui pense qu'être socialiste ET libéral n'est pas incompatible -est-il sot ?-) et de Royal qui lèche abondamment le Modem, tout en se déclarant "de gauche" (en tout cas plus a gauche que Delanoe) me confortent dans le désespoir profond dans lequel m'a plongé la gauche française depuis... un moment...(et je ne suis pas le seul, voir ce billet de Plume de Presse.)
Et me confortent aussi dans le sentiment de la complète inutilité de ces quelques lignes.
Tous ces blogs gauchisant, ceux que je lis, ceux que je ne lis pas, quelle impacts ont-ils ?
Celui de radicaliser les convaincus, je n'en doute pas.
Mais les autres, monsieur, les autres, ceux qui veulent pas, ceux qui peuvent pas ouvrir les yeux, et qui se font bourrer le mou à grand coup de propagande mielleuse ?

Ils bougent pas.
Se font tondre l'haleine de la bête sur le dos sans oser bouger, de peur de rater quelque chose.

Alors tous ces petits (et moins petits) blogs de gauche, ils sont une brise légère qui tentent d'infléchir la course du rouleau compresseur qui dame (quel horreur !) l'autoroute qui nous conduira plus vite à la faillite.
Il faudrai pouvoir souffler bien plus fort pour espérer un effet.
Avoir -par exemple- une quinzaine de millions de lecteursquotidien, qui créeraient le souffle d'une tempête, propre à renverser les engins du chantier ultra-libéral.
On en est loin, mais il faut continuer de souffler, aussi fort que possible, au cas ou...

Je ne me fait aucune illusion: les médias se sont déjà emparés de Royal-Delanoe pour faire comme aux States, un bon duel pré-électoral, histoire de laisser le champs libre à la droite, la vrai, la dure qui nous pourrira la vie encore longtemps.
Les premiers sondages ne tarderont pas, et le vrai débat sera occulté: le (la) prochain(e) président(e) ne sera pas l'incarnation du grand changement attendu par la gauche humaine -humaniste-.
Titre de Libe ce matin : "Le PS est-il soluble dans le libéralisme?"
C'est rien de dire qu'il s'y est dissout il y a bien longtemps. Je souhaite bon courage aux militant PS qui espèrent encore ancrer le parti a gauche...

A propos de dérive droitière, aux USA, malgré l'espoir que beaucoup mette dans la personne d'Obama, je ne peux m'empêcher de grincer des dents en lisant ici : son discours-slogan fini par:
« Oui, nous pouvons la justice et l’égalité. Oui, nous pouvons les chances et la prospérité. Oui, nous pouvons guérir cette nation. Oui, nous pouvons réparer ce monde. ("fix the world").

Ce qui confirme les craintes que j' évoquaient dans ce billet , a savoir que la politique (et même la morale) américaine part du postulat de base que les USA possèdent le monde, ou en tout cas aient une responsabilité à son endroit (envers et contre tout).
"We can fix the world", la belle affaire, encore faudrait il que le monde soit d'accord de se faire réparer par des (apprentis) sorciers...

les petits ruisseaux...

Dans mes tentatives plus ou moins vaines de mettre en accord mes convictions, mes paroles et mes actes, je suis arrive a la conclusion suivante, qui n'engage que moi, mais puisque je suis le suis le taulier ici, et le crieur public de mon tout petit village virtuel, je n'hésite pas a en faire profiter les touristes de passage, les curieux reviens-z-y et les habitants des environs, furent-ils tahitiens...

En deux mots comme en cent, l'idée générale qui se fraye doucement un passage dans le gras de mon cerveau est qu'il n'y a rien de bon à attendre d'En Haut. Et je ne parle pas catéchisme.

C'est en s'occupant de ses propres fraises que les 38 tonnes ne viendront plus d'Espagne.
C'est en achetant son pain chez le boulanger (ou en le faisant) que l'on ne l'achète plus chez Carrouf.
Plus généralement, c'est en donnant son argent aux plus petites structures possible que l'on peut lutter, avec ses tout petits moyens, contre les gros monstres qui se payent des doubles pages dans les mags.
C'est en offrant aux dogmes ultra-libéraux une résistance passive inamovible que nous arrêterons de les nourrir.

Devant la démission et la soumission des politiques devant le la puissance du système, il semble de plus en plus clair qu "être de gauche, c'est être de droite" (cf ce billet de CSP).
Autrement dit, il n'y a pas d'autre alternative que de se faire écraser les doigts, avec ou sans pommade. La solution "avec" pommade peut se résumer par cette citation d'un "présidentiable" (Delanoe):
"Si les socialistes du XXIe siècle acceptent enfin pleinement le libéralisme, s'ils ne tiennent plus les termes de 'concurrence' et de 'compétition' pour des gros mots, c'est tout l'humanisme libéral(1) qui entrera de plein droit dans leur corpus idéologique".

Et oui, si les socialistes renient leurs convictions de gauches, ils seront de droite...cqfd...

Que les choses soient très claires: l'ultra libéralisme ne tiens debout uniquement parce que sa matière première, la sueur et le fric des pauvres sont librement disponible. Avec évidement les média pour fabriquer assez de consentement et lubrifier tout ça (lire ici, entre autre)...
Refuser de donner son temps et son argent au système est le meilleur moyen de le combattre.

Résumez vos actes, identifiez vos cibles, et agissez en conséquence...

Pas facile, je sais...

(1) "l'humanisme libéral": bel exemple d'oxymore merdique. La novlangue n'est apparemment pas l'apanage des UMP...

Les milices de Sarko

Voici le corollaire de mon dégoût d'hier pour le mensonge ultra-libéral, qui veut nous faire prendre les vessies de l'économie de marché pour les lanternes du bien être individuel: la police balaie la chienlit gauchisante devant les pas de Sarko Ier.
Le but, c'est quoi, de museler une quelconque protestation, ou de limiter les occasions de petage de plomb de Son Altesse ?
Probablement les deux.

L'étau se resserre sur les opinions qui ne sont pas conformes à la propagande officielle.

Un article de LibeLyon ici
Saisie de tracts et journaux de gauche (et embarquement menottes aux poignets pour les récalcitrants) avant la visite de Sarkozy à Vienne (38) le 13 mai 2008.

le gag du jour...

"Je veux que la modernisation de notre économie se fasse au bénéfice du consommateur" (frémissement dans l'assistance).

"Je dois montrer l'exemple en essayant d'aller chercher ce point de croissance" (la foule en délire l'imagine en train de ramper derrière les lignes bolcheviques pour libérer cette foutue croissance, soit disant en otage des "corporatismes, [et des] immobilismes", une autre façon de stigmatiser les héritages du Front Populaire, du Conseil National de la Résistance et de Mai 68 réunis).

Nicolas Sarkozy, 13 mai 2008

Est il besoin de démontrer par l'exemple en quoi cette phrase est un mensonge éhonté ? La libéralisation de l'économie n'est JAMAIS au bénéfice du consommateur.

JAMAIS

Le prix du gaz augmente ? c'est pour préparer la privatisation.
Les tarifs de la SNCF deviennent du grand n'importe quoi ? itou.
Les opérateurs telecoms s'entendent pour des tarifs mafieux ? les joies de l'économie de marché.
Des gros vilains spéculent sur le riz, quitte à affamer la moitie du monde ? on s'en fout, il n'y a pas d'alternative (sic).

La concurrence libre et non faussée est une chimère pour excuser les pratiques des opérateurs en tous genres, le démantèlement des services publics, et permettre de vendre l'invendable, l'eau (c'est déjà fait) , l'air (certains doivent y penser) , la vie (Monsento a de grosses options dessus).


Edit: je viens de lire le dernier billet de CSP ici. Lui non plus ce genre d'humour ne le fait pas rire.

Pas rire du tout.

rapport de force

"Le flux financier découvrira qu’il ne peut plus espérer des rendements aussi élevés… il découvrira que les rapports de force ne sont plus les mêmes. (…) Vous serez amené à rechercher un compromis social. (…) C’est l’idée de base. Ce n’était pas la générosité des dirigeants qui faisait que dans les Trente Glorieuses les salaires montaient aussi vite que les profits. (…) C’est un rapport de force. Il faut retrouver un équilibre des forces. (…) Et mon point c’est que ce contre-pouvoir peut venir, soit d’une révolte dans les pays occidentaux, d’une majorité qui dit "On en a ras la frange", soit de mouvements venus des autres pays, qui peuvent dire "Ce partage des choses est insupportable".

Mais quel gauchiste chevelu, quel chantre du Grand Soir a sorti sa prose révolutionnaire, le couteau entre les dents ?

Un bon gros patron, Louis Schweitzer, qui se dit de gauche (et la lecture de son CV laisse suggérer que ses idéaux humanistes ne sont pas complètement feints) et qui a touché 7.7 millions d'euros en 2007 (comme qui dirait une bonne cinquantaine de millions de francs, les gros chiffres passent toujours mieux en "anciens" francs, ou une grosse douzaine de millions de francs suisses, je peux aussi convertir en francs pacifique pour les lecteurs de Tahiti, ça doit faire presque 1 milliard).

Lire ce billet du blog "les cordons de la bourse" pour en savoir plus.

Le plus surprenant n'est pas qu'un patron gagne 650 fois plus qu'un de ses employé (2500 fois si les employés bossent pour Dacia et sont Roumains) .
Le plus surprenant n'est pas qu'un patron se dise de gauche alors qu'il devrait être de droite.
Le plus surprenant n'est pas que, dans un éclair de lucidité, (ou après une longue et intense réflexion) ce patron richissime se rendent compte de l'intolérable injustice entre les Riches et les Pauvres. Ce ne sont qu'évidences.
Le plus surprenant n'est pas que son discours soit en opposition flagrante avec ses actes.

En fait, rien de très surprenant.

Juste des conclusions à tirer, en suivant les conseils de cet homme qui doit bien bien connaître le système, pour être ou il est :
Il faut reprendre la main et retrouver un rapport de force.

cercle vicieux

Bon, pour revenir au billet précédent, les échos que j'ai eu me confortent dans l'analyse par anticipation que j'ai faite.
Croire un seul instant que l'autocritique présidentielle a le moindre fond de sincérité, croire un seul instant que son discours a d'autre but qu'endormir la méfiance du peuple serait une erreur grossière.
La même conclusion s'impose, encore et toujours: Une action politique stupide dans le fond, mal faite dans la forme et moralement inacceptable est menée tambour battant depuis un an. Bien entendu, les résultats sont catastrophique.
Donc (sic), c'est que la politique n'est pas assez stupide, formellement pas assez pourrie et moralement encore trop acceptable. C'est une logique complètement malade qui règle la politique française !

Dernier exemple en date, le système de la grande distribution:
Les caissières ont des conditions de travail épouvantables pour des salaires de misère.
Les petits fournisseurs sont sous pression et à la merci des centrale d'achat et doivent choisir entre crever d'avoir trop baissé leur marges ou crever de ne plus être distribué.
Les gros fournisseur, eux, s'en foutent, ils tireront les ficelles du coté des fabricants chinois qui grappilleront sur la sécurité, le travail des enfants ou la qualité des matériaux.
La bouffe la moins chère est immangeable, gustativement, nutritionnellement et ethiquement.
Les biens "durables" les moins chers vendus sont à ranger dans la catégorie "jetable" tellement leur qualité est mauvaise.
Les zones periurbaines qui étaient rurales jusqu'à quelques années se remplissent de gros magasins, toujours les mêmes, toujours aussi moches, toujours aussi énormes.

Donc (re-sic), le gouvernement, pour "améliorer le pouvoir d'achat" (re-re-sic) impose que cette politique stupide soit accentuée, aggravée et complétée...
Travailler plus pour gagner plus pour consommer plus de merde. De la merde de moins en moins chère pour donner l'illusion de la croissance, du pouvoir d'achat (que ce mot est laid !).
Pour que les familles qui sont delà découvert le 5 du mois puissent acheter de la bouffe de merde, le bio de toute façon c'est pas pour eux.
Croire un seul instant que cette déréglementation profitera aux consommateurs est d'une naïveté sans bornes.
Le faire croire au peuple, et présenter ça comme une solution est d'un cynisme effrayant.

logorrhée xyloglossique

Le Monde, apparemment en manque (de quoi ?) ouvre ses pages en grand pour une bonne louche de langue de pute.
Ce long vomi de Sarkozy mérite une traduction pour ceux qui n'auraient pas compris, qui vivent sur la lune ou qui ont voté Balkany:

"le dialogue social engagé avec les partenaires sociaux depuis un an est un succès". "Nous ne devons pas en rester là, explique-t-il, la refondation complète de notre démocratie sociale est désormais à l'ordre du jour".
Comprendre: "Les syndicats se sont mis a genoux, ont baissé leur froc. Nous ne devons pas en rester la, il me reste deux grands tubes de vaselines" .

"Notre histoire sociale est suffisamment jalonnée de projets menés à la hussarde, sans concertation, et qui se sont soldés par de retentissants échecs, pour qu'on en finisse une bonne fois pour toutes avec l'idée d'un Etat qui serait seul à même de savoir ce qui est bon pour notre pays."
Comprendre: "Il faut que les syndicats se borne a être des faire valoir, pour que le Marché puisse enfin agrandir ses ailes bienfaisantes sur l'Etat et les Peuples."

"Je veux leur dire mon estime".
Comprendre:"Ils sont assez dociles"

"Dès le début de mon mandat, mon approche a été simple".
Comprendre:"Dès le début de mon mandat, mon approche a été simple"

"Et cette méthode est un succès"
Comprendre:"L'echec est cuisant, les rustres sont ou vont etre dans la rue, mais je m'en tape, j'ai du matos de CRS en rab'"

"Je pense par exemple à la fusion de l'ANPE et des Assedic, qui va enfin permettre aux demandeurs d'emploi d'avoir un interlocuteur unique pour les accompagner dans leurs recherches."
Comprendre:"Un seul fonctionnaire vaut mieux que 2"

"Je pense aussi à l'accord conclu le 11 janvier entre les partenaires sociaux sur le marché du travail, qui est une étape décisive pour donner plus de sécurité et plus de souplesse aux salariés comme aux entreprises."
Comprendre:""Je pense aussi à l'accord conclu le 11 janvier entre les partenaires sociaux sur le marché du travail, qui est une étape décisive pour donner plus de sécurité et plus de souplesse aux entreprises."

"Je pense enfin à la réforme des régimes spéciaux de retraite"
Comprendre:" Mouaaaahahahahharfff !!!!!!"

"Mais nous ne devons pas en rester là"
Comprendre:"Je commence juste à m'amuser"

" Et je crois enfin que nous sommes sur le bon chemin. "
Comprendre:"Vous avez vraiment gobé cette suite de mensonges, de langue de bois et de manipulation ? Vous etes vraiment des cons et je m'en félicite"



En fait, plus besoin d'acheter Le Monde, il suffit d'aller ici et d'avoir une imprimante.

La faute au printemps



Dégoûté des mascarades de "La Flamme", ou de "La Banderole", que je n'ai même pas eu l'envie de commenter, hésitant entre la nausée et la franche rigolade.

Dégoûté par le cynisme absolu des dirigeants moisis, dégoûté par ceux qui profèrent des mensonges plus gros que leur portefeuille ou leur marocain. Et qui dans le meilleurs des cas se rétractent, s'excusent, et rentrent dans le rang pour avoir leur soupe, froide... La plupart d'ailleurs ne s'excusent jamais. Il sont au dessus de ce genre de concepts.

Le peuple choisi de dire "non" à un projet européen ultralibéral, mais on passe sur sa volonté, sans sourciller.
Le peuple ne veut pas de ces merdes d'OGM dans son assiette, on s'assoit sur les plus élémentaires principes de précaution pour engraisser ces salopards de l'agroalimentaire.
Le peuple ne veut certainement pas d'une présence militaire française en Afghanistan, pas plus qu'être sous commandement américain, mais le peuple ne sait pas, et en plus, le peuple est faible. Au diable la volonté populaire. Et pas grave si on doit se prendre un méchant retour de bâton dans les gencives, histoire de concocter un Patriot Act à la française, l'occasion serait trop bonne.
Et surtout dégoûté de ceux qui croient à tous ces mensonges, ces contre-vérités, ces simplifications outrancières. Dégoûté de ces pauvres cons qui votent fièrement en se tirant une balle dans le pied.
Dégoûté de l'inculture crasse qui fait se vautrer les veaux devant TFmoins au lieu de tenter 10 seconde d'utiliser l'éponge huileuse qui se loge entre leurs oreilles, et qui ne demanderai pourtant qu'a servir.
Et comme tout cela pue le cercle vicieux à plein nez, dégoûté par ceux qui parquent soigneusement les moutons dans les bergeries du prêt-a-penser et du temps de cerveaux disponible.
Alors pendant que le P"S" se "restructure" (on ne rigole pas, c'est sérieux), pendant que la Gauche essaie (péniblement ?) de créer son Nouveau Parti Anticapitaliste, le gouvernement cire les pompe et turlute soigneusement tout ce que l'économie libérale à créé de puant, de stérile ou de toxique. Je ne parle pas que de chimie ou de petrole, mais aussi (surtout) d'idées.
Pendant que chacun peut (entre)voir à quel point le système américain est à bout de souffle (politiquement, socialement, militairement, économiquement et j'en oublie probablement), le gouvernement prend soigneusement exemple sur lui.

Pourquoi le peuple reste de marbre quand devant ses yeux (myopes) on saccage ce qui lui revient ? On détruit ce pourquoi les parents et (arrières) grand parents se sont battus ? De bonnes paires de lunettes sont pourtant disponibles, gratuitement et à longueur de web.
Rien de nouveau depuis 10 mois, si ce n'est que la conviction intime que rien ne les arrêtera dans leur entreprise de démolition que la rue en colère. Ces gens la ne comprennent que la force, l'intelligence du dialogue leur est inconnue.
Certes, la colère monte (vous l'entendez gronder ?). Elle ne fait que ça, d'ailleurs, monter et gronder. Une franche réaction d'hostilité populaire tarde à venir.

La faute au printemps qui est pourri ?



la mauvaise conscience

La pensée de Chomsky peut (très partiellement) se résumer par:

"La propagande est aux démocraties ce que la violence est aux dictatures." .

Selon lui, il existe deux sortes de victimes dans le paysage géopolitique et médiatique: les "victimes utiles" ("worthy victims", ou " victime de valeur" )et les "victimes inutiles" ("unworthy victims", ou "victime sans valeur"), sous entendu, au système dominant.
Cela peut aussi s'appliquer à tout événement, en fonction de ce que le "système" (la pensée dominante, le gouvernement, les médias ou tout autre appareil de pouvoir), souhaite transmettre aux citoyens.
A lire ici un article du Diplo d'Aout 1998 par Chomsky à ce sujet (et oui, encore, autant prendre les idées ou elles sont abondantes et non frelatées). Il compare le traitement médiatique des élections qui eurent lieu au Nicaragua et en Equateur en 1984.
Dans le cas de répressions, de guerres civiles ou d'invasion, le sort des victimes utiles (au système) sera abondamment débattu dans la presse et leur sort trouvera un écho dans l'indignation citoyenne.
Fort bien.
Dans le même temps, le sort des victimes inutiles (au système) sera oublié, caché, absent des magazines et inconnu du public occidental.
C'est souvent le cas.
En d'autres termes, c'est la transmission à géométrie variable de l'information pour orienter l'indignation populaire.

Cette idée est développée par Numancia Martinez Poggi dans
Le Grand Soir
(attention, fief Rouge), en comparant cette fois le Tibet et le Cameroun. Je vous invite a lire l'article, auquel j'adhère partiellement (je me désolidarise complètement du 5eme paragraphe en partant de la fin).
Selon lui, les tibétains sont des victimes utiles, et c'est pour cette raison que soudain, le monde pense à eux. Simplement parce que les médias les éclairent.
Alors que des Camerounais meurent en nombre identique, en même temps et dans l'indifférence générale, victime de la dictature de Paul Biya. Ils ne sont pas "utiles" médiatiquement parlant.
J'ai lu quelques articles qui disent, en substance: " le Dalai Lama est le maître spirituel d'une théocratie obscurantiste aidé par la CIA pour déstabiliser la Chine communiste". Un anti-americanisme viscéral assez trouble et indigeste sous-tends ces articles.
Mais malgré tout le respect spirituel que j'ai pour le Dalai Lama, je ne peux pas m'empêcher de penser que beaucoup ont intérêt à déstabiliser la puissante Chine pour qu'elle modère ses prétentions internationales.
Penser que l'image très positive du peuple tibétain dans les médias et donc dans la conscience collective occidentale est instrumentalisée n'excuse bien sur rien des crimes de la dictature chinoise. Cette opinion diffère notablement de celle présentée sur ces sites "alternatifs" qui veulent à tout prix donner une autre vision que celle fournie par les JT occidentaux, au risque d'excuser l'inexcusable.

De toute façon, le grand cirque des JO aura lieu, avec plus ou moins de bruit (de bottes et de matraques), plus ou moins de pluie (d'argent), et le peuple tibétain se retrouvera -à terme- dans le même état que les indiens "native" aux USA:
A la fois un peuple moribond et volontairement maintenu sous dépendance, un symbole fort et un juteux business, et la cicatrice d'une mauvaise conscience collective.

A peine un siècle séparent ces deux histoires.


We own the world

Noam Chomsky présente une une analyse de l'esprit américain, qu'il soit démocrate ou républicain, qui peut se résumer par "we own the world". En d'autre termes, et en francais, "le monde est a nous".
Aux américains, donc.
Et cela, selon Chomsky, explique une grande partie de la politique étrangère américaine.
Le problème militaire ne se pose pas en terme de légitimité morale de telle ou telle action, mais bien en termes économique ("est ce qu'il est rentable de faire la guerre en Irak?"). L'article est à lire ici en anglais, et ici en français.
Pour une raison ou un autre, je ne peut pas copier d'extrait du lien en français. A lire en entier, donc :-)

J'ai lu ce texte il y a 2 ou 3 jours, et je tombe ce matin sur une interview de Zbigniew Brzezinski (ancien conseiller du président Carter et soutient d'Obama) qui s'exprime "en son nom, "en tant que Démocrate", sur le retrait des troupes US d'Irak.
Et là, stupeur, malgré des conclusions que je partage (le retrait des troupes US d'Irak), venant d'un démocrate (j'ai donc un léger a priori positif) ses propos illustrent parfaitement ce que Chomsky condamne: le raisonnement est complètement vicié au départ. Une logique qui parait robuste repose sur une grossière erreur ("we own the world").

Deux extraits:

"Cependant, si on avait demandé au peuple américain il y a cinq ans si l’obsession de Bush pour le renversement de Saddam Hussein valait 4000 vies américaines, près de 30 000 blessés et plusieurs milliards de dollars - sans parler des dommages non mesurables infligés à la crédibilité, à la légitimité et au statut moral des USA dans le monde entier - presque certainement la réponse à cette question aurait été un « non » sans équivoque."
Pas un mot sur les centaines de milliers de civils irakiens tués.

"En résumé, cette guerre est devenue une tragédie nationale, un désastre économique, une catastrophe régionale menaçant les USA d’un « effet boomerang ». Y mettre fin relève du plus haut intérêt de la nation."
Notez: ne relève pas de l'intérêt des enfants d'Irak, ou de la géopolitique du Moyen-Orient, mais "du plus haut intérêt de la nation" US.

Le monde leur appartient, donc...
C'est en tout cas la pensée la plus répandue, et la plus présente dans l'inconscient collectif américain, une sorte d'énorme complexe de supériorité.
Et cela explique aussi pourquoi démocrate ou républicains ont toujours mené une politique étrangère aussi belliqueuse, et pourquoi il n'y a rien à attendre sur le long terme des prochaines élections.


C'était le billet "comprenons notre anti-américanisme primaire"


Voir passer les gueux...

Ô vie heureuse des bourgeois
Qu'avril bourgeonne
Ou que décembre gèle
Ils sont fiers et contents
[…]
Et tous sont ainsi faits
Vivre la même vie
Toujours pour ces gens là
Cela n'est point hideux
[…]
Ils n'ont aucun besoin
De baiser sur les lèvres
Et loin des songes vains
Loin des soucis cuisants

Possèdent pour tout cœur
Un vicere sans fièvre
Un coucou régulier
Et garanti dix ans

Ô les gens bien heureux
Tout à coup dans l'espace
Si haut qu'ils semblent aller
Lentement en grand vol

En forme de triangle
Arrivent planent, et passent
Où vont ils? ... qui sont-ils ?
Comme ils sont loin du sol

Regardez les passer, eux
Ce sont les sauvages
Ils vont où leur désir
Le veut par dessus monts

Et bois, et mers, et vents
Et loin des esclavages
L'air qu'ils boivent
Ferait éclater vos poumons
[…]
Et le peu qui viendra d'eux à vous
C'est leur fiente
Les bourgeois sont troublés
De voir passer les gueux.

Jean Richepin, les oiseaux de passage.

décroissance vs. récession

J’avoue que tout ce que j’ai pu lire sur la décroissance me laisse un peu sur ma faim. Pas que je crois que le concepts n’est pas viable (je suis convaincu au contraire que c’est la croissance qui ne l’est pas), mais ses défenseurs peinent un peu pour imag(in)er à quoi concrètement ça pourrait ressembler.
Surtout en quoi la décroissance est fondamentalement différente de la récession.

Une petite image pour alimenter la réflexion :
Imaginez un avion qui monte. L’altitude représente la « richesse » (aussi subjective soit-elle, mais l’altitude dépend elle aussi du référentiel choisi), et l’augmentation d’altitude la croissance. La réserve de kerozene représente les ressources, en quantité finie. La puissance des moteurs représente la capacité à transformer les ressources en richesses.

La différence entre la décroissance et la récession est la même qu’entre une baisse d’altitude choisie par le pilote, pour ménager les moteurs et les réserves (la décroissance, donc) et un décrochage brutal, dangereux incontrôlable (la récession).
En aéronautique, un décrochage survient lorsque la vitesse devient insuffisante pour assurer la portance. Normalement une alarme sonne avant le moment critique.
En économie, toutes les alarmes semblent en ce moment en train de sonner.
Les réservoirs se vident, les moteurs fatiguent, et les pilotent veulent non seulement continuer de prendre de l’altitude, mais de plus en plus vite en plus.

Nous sommes tous dans l'avion...

Monde de merde

Ce matin, j'ouvre les yeux, puis le Monde, et très rapidement, en survolant les titres, je tombe sur "Le réchauffement climatique menace la sécurité internationale", sur une dépêche Reuters "Le pétrole franchit la barre des 109 dollars le baril" et puis, surprise, la dessus "Les deux visages de Brice Hortefeux".

Ou l'on apprend, notamment, que Brice est un gars super.
On apprend aussi qu'il "a toujours une petite réserve de lingettes dans sa voiture. Brice Hortefeux ne sait pas pourquoi, mais il se lave les mains vingt fois par jour."

Je comptait faire un billet sur l'énergie et le pétrole mais devant une info aussi hallucinante que "Brice Hortefeux se lave les mains vingt fois par jour.", je m'incline devant le Destin et commente :

Le Monde nous pond un article (insipide, avec un arrière-goût de vieille viande) pour -en substance- nous décrire un personnage sympa, qui en plus n'est plus dans les petits papiers de Sarkozy. Autant dire le gendre parfait.
La conclusion hygiéniste est -j'imagine- un trait (pas très) subtil et une manière "discrète" pour l'auteur de se démarquer du contenu de son torchon papier.
Après avoir affirmé "qu'il n'y a plus d'interpellations à la sortie des écoles et[...]qu'il a interdit les contrôles au faciès"
(Vous le sentez le goût de vielle viande ?)

Oui, oui, c'était dans le Monde, aujourd'hui...
L'inacceptable prend des allures civilisées, vous ne trouvez pas ?