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Si ça continue ça va pas durer

décroissance et voyage en train (de nuit)

J'ai toujours bien aimé voyager en train, et surtout en train de nuit.
Tu dors mal, tu as chaud, tu as froid, le petit dej' est infâme, mais au moins tu prends conscience de la distance réelle qui te sépare de ton point A à ton point B.
Tu discute avec tes voisins de compartiment dans des sabirs improbables, tu te réveille avant l'heure, et tu regarde passer les vaches, avant de rentrer dans la Grandeville de ton choix.
Tu te déplace réellement. Et c'est un excellent moyen de palper le concept de décroissance avec une bonne tranche de réel dedans, pour aller en Italie, en Autriche, en Allemagne *, et se rendre compte ce que signifie se déplacer de 1000km.
Et franchement, est ce que tu peux imaginer faire l'aller et retour Lyon-Rome, ou Paris-Moscou-Berlin ** dans la journée en avion ?

Non, alors qu'en train de nuit non plus, mais en plus lent.

* Je déconne, personne ne va en Allemagne de plein gré. Si ? C'est pas ce pays plat, froid, battu par des vents d'Est terrible en hiver et de gros paquets d'humidité venues de la Baltique le reste du temps ?
** (Berlin enchanteresse...).

Contre la contamination...

J'ai décidé, pour lutter contre la pandémie de ma famille, de me créer un abri: mon cerveau (ainsi que celui de mes enfants et de ma tendre et douce moitié) n'ingère que de l'information filtrée et purifiée, (presque) exempte de désinformation et de manipulation.

Si des expérience sont faites sur des échantillons de médias contaminés (dépêche AFP, courrier des lecteurs de Libération, édito du Figaro...), ce n'est qu'a des fin de recherche et dans un local soigneusement isolé.
Ce fut le cas ce matin, en lisant Le Monde (Vive le Feu était ouvert pour neutraliser les effets délétères du Quotidien de Référence).
"Plusieurs cas de grippe porcine ont été confirmés en Europe ces derniers jours. Vous vous trouvez dans un des ces pays (Espagne, Suisse, Pays-Bas, Allemagne, Grande-Bretagne...), comment vivez-vous cette crise sanitaire ? Comment les habitants réagissent-ils ? Quelles sont les mesures prises par les autorités ?"
Le Monde (Journal de référence) permet à ses lecteurs de témoigner sur "cette crise sanitaire".
Une crise sanitaire, 12 morts au Mexique et trois pelés qui toussent à Paris ?
Normalement 12 morts au Mexique, ça fait un entrefilet entre la poire et le fromage.


Non, ce qui fait les choux gras de journaux, en ce moment, c'est la possibilité d'un truc super grave. Le monde occidental pourrait subir ce virus, et des gens pourraient mourir.
Pas comme ces pauvres qui crèvent bêtement du paludisme ou d'une méchante chiasse chopée en coupant leur bouillon de riz avec de l'eau pas nette. De toute façon, chez eux, l'espérance de vie et tellement faible...
Alors que chez nous, merde, c'est autre chose ! Faut bien que la cotisation à la retraite serve à quelque chose ! *

Qu'on soit bien clair: je suis un scientifique, un esprit (un peu trop) cartésien, et amateur de chiffres et de faits. Je ne suis pas aveugle, et suis bien conscient du potentiel danger de ce virus. Mais il me semble que ces infections sont très commodes pour calmer les gueux, qui en tous pays, commencent sérieusement à se lasser des coups de talons dans la face.
D'ailleurs, comme un retour de manivelle, l'origine de ce méchant virus aurait son origine dans les pratiques d'élevage ignobles (voir sur Basta! pour les détails, ainsi que chez SuperNo qui en avait déjà parlé ici.)

La meilleur des protections: couper la télé et jetez-la avec l'eau du bain, n'écoutez pas la radio (et surtout pas France Inter, le matin), n'achetez pas les journaux (sauf le Diplo, qui consacre ce mois-ci un excellent dossier sur les révolutions), et arrêtez de bouffer de la bidoche de merde **.

Restez vivants...



* genre "faire des croisières pour justifier la construction de paquebots"...
** Tu va me dire "oui, mais le bio c'est plus cher". Je te rétorquerai que la merde aussi c'est moins cher que le bio, c'est pas pour ça que tu en manges.

la haine de l'Occident

Alors que le G20 ressemble au Carnaval, que RIEN ne va être mis en œuvre pour changer quoi que ce soit à la situation qui prévaut depuis 40 ans, je viens de finir "La haine de l'Occident" de Ziegler (voir ici).

Le livre remonte aux racines du mal, et démontre la profondeur de cette "haine raisonnée" contre cet Occident tour à tour "découvreur" des nouveaux mondes, esclavagiste, colonialiste, et maintenant "néo-colonialiste".
Ziegler, avec de nombreux exemples très documentés, et fort de son expérience au plus haut niveau de la diplomatie mondiale *, montre que cette haine est inévitable, profonde et durable.
Et qu'entre les louables déclarations d'intentions (paix, alimentation, démocratie...), et les faits, d'une incroyable violence (physique, économique, politique, culturelle...), il y a une réelle schizophrénie de l'Occident, qui ne fait qu'accroître cette haine. Le livre documente ce que nous savons tous, plus ou moins consciemment: les politiques économique impérialistes des pays occidentaux ont fait directement ou indirectement des millions de morts depuis plus de 500 ans.

Les grandes firmes, nationales puis transcontinentales, de la Compagnie anglaise des Indes orientales à la Shell, de Monsanto à Elf **, ont directement et indirectement semé la désolation sur des terres fertiles, ont consciencieusement pompé toute énergie vitale de pays entiers, sont responsables, directement et indirectement de la mort, de la maladie, des blessures qui frappe les "pays du Sud" avec une férocité incroyable, avec la complicité active des gouvernements occidentaux et du FMI.

Le but: maintenir un ordre établi bénéfique aux plus riches nations, aux plus riches citoyens.
La mascarade du G20, vu sous cet angle, s'explique parfaitement: une grosse baudruche pleine de déclarations ronflantes pour cacher le conservatisme maladif des ceux qui tiennent les rennes. Et que crèvent les pauvres, et que crèvent les gosses mal nourris, tant que les européens et les américains peuvent garder le train de vie, leurs habitudes de consommation.

Mon confort ce matin a la goût du sang et de la mort. Mais jusqu'ici tout va bien.

* Jean Ziegler a été (entre autre) rapporteur spécial pour le droit à l'alimentation (des populations) du Conseil des droits de l’homme de l’Organisation des Nations unies de 2000 à mars 2008 (Wikipedia).
** liste bien entendue non exhaustive. Il me semble que TOUTES les compagnies d'une certaine taille ont du sang et des larmes sur leur bilans comptables.

Ils ont osé !

Pas un jour ne passe sans une nouvelle ignominie. Tous les jours, un coup de talon policier sur les doigts d'un petit, d'un faible, d'un vulnérable.
Tous les jours, la nausée qui prend au ventre; "ils ont osé".

Oui, ils ont osé débarquer dans une école maternelle, en uniforme, pour interroger une directrice sur le comportement, l’assiduité et la tenue vestimentaire d'un élève de trois (3) ans.

Ils ont osé rejeter la faute d'une grosse bavure de CRS sur les profs, quand des collégiens se font matraquer.

Ils ont osé déclarer que "Nicolas SARKOZY a prouvé qu’il est le principal défenseur de la liberté d’expression", sans aucune pudeur face à la réalité, à la vérité, à l'evidence.

Ils ont osé enfermer un homme depuis plus de trois mois, sans aucune charge, sans procès, sans preuves, alors même que les fait qui lui sont reprochés ont été revendiqués par des écologistes allemands.

Ils ont osé faire taire la justice, parquer les "sans papiers", voler l'argent public, licencier massif pour rassurer les actionnaires, voter liberticide, ignorer la volonté du peuple, mentir sans vergogne (avec le sourire et sans aucun soucis de crédibilité), et se pavaner dans les ors les plus nauséabonds.

Ils ont osé, et oseront encore, sans limite autre que celle que nous leur fixerons.

Je rage !
Je rage d'impuissance !

Quand est ce qu'on passe quand aux choses sérieuses ?

Jeudi ?

si ça continue, ça va pas durer

Me revoila sur les rails d'une vie rangée, souple et fonctionnelle *. Les dernières semaines ont été dures, les longues après-midi dans le jardin, entre les salades cet été, ont un prix. Je viens de le payer d'un mois de boulot acharné, et je ne regrette rien.
Que s'est il passé pendant ce mois d'absence ?
De la neige est tombée en quantité importante, et on dira ce qu'on voudra, mais un pays sur lequel il ne pleut pas pendant les 4 mois d'hiver est un pays béni. La neige a le don de transformer le mauvais temps en beau temps, même au cœur de la tempête **.

La crise (c) n'en fini pas de tourmenter le petit Kozy, qui gesticule pour éviter the shit that hits the fan, qui va bien entendu finir par lui gicler à la figure. J'attends ce moment avec une impatience enfantine. Que ce spectacle sera bel et bon !
Depuis le temps que je pense que tout ce barnum va finir en feu d'artifice - le nom de ce blog n'est pas anodin- les éléments concrets politique et économiques, me donnent raison tous les jours.
De quoi j'ai parlé sur ce blog depuis un peu plus d'un an ?
D'écologie, ou plutôt de l'absolue nécessité d'une action individuelle et collective d'ampleur pour stopper le saccage et le pillage de notre home.
De politique, ou plutôt des dérives autoritaires et néolibérale d'un petit Kozy qui n'est que le nom de la vilaine bête qui n'en fini pas de ramper.
Un peu de musique, quelques citations bien sentie et deux ou trois images de voyage réel ou virtuel, là n'est pas la question.

Et maintenant, que dire ?
Que tout est pire que je pensais il y a un an ?
Que -comme beaucoup-, je suis passé d'un réformisme gentillet à un radicalisme farouche ?
Que la crise (c) va balayer la merde ambiante, et que si elle emporte les gros, les gras et les puissants, les petits et les faibles se feront broyer comme ça ***.
Que nous nous trouvons devant une page qu'il s'agit de rendre vierge pour y (re)écrire l'avenir de l'Homme. Et que cet avenir sera rose.
Ou noir.

Plus probablement les deux, et que plus que jamais, je pense que si ça continue, ça va pas durer.
Ça va même saigner, au propre comme au figuré, sans aucun doute.

Alors si l'an dernier, après un mois d'absence, je vous aurais plutôt conseillé par manque d'inspiration de faire un check-up de vos gestes citoyens pour déceler l'acte incivique-anti-écologique anodin, je vous conseillerai plutôt aujourd'hui de faire un check-up de vos possibilités d'action, en cas de merde noire.
Genre est ce que j'ai un toit ?
Est ce que j'ai un jardin ?
Est ce que j'ai un vélo ?
En clair, est ce que j'ai de quoi faire le dos rond pendant la tourmente en attendant que ça se tasse ?

* C'est une figure de style.
** Si vous ne voyez pas la métaphore, je ne peux rien pour vous. Question de température et de point de vue.
*** voir figure 1.

une pleine brouette (ce dont il est le nom)

J'ai mal dormi cette nuit *.
J'ai pensé que je vous avais livré hier un très banal banal prêt-à-penser (même pas de moi) qui mériterai une pleine brouette de point Godwin, pour avoir écrit "fascisme" à la première ligne.
A force d'avoir été comparé à tout et n'importe quoi, le fascisme sert d'épouvantail à idées, d'insulte, et permet de couper court toute discussion intelligente.

Et bien sur, qui insulte n'argumente plus.

Une mise au point s'impose, donc: Le sujet du billet d'hier n'était pas l'insulte.
Si je veux insulter les ordures qui nous gouvernent, les hyènes qui flaire le fric sur les cadavres financiers des assujettis sociaux, les gros foireux qui pensent avoir la solution (leur solution) pour enrayer l'écroulement global du système, je ne me prive pas: le débat stagne, mais mon niveau de colère baisse un peu. C'est le but de l'insulte.
Bande de connards, donc. (classique, portée moyenne, mais il n'est pas 9 heures).

Non, le billet d'hier était une modeste mise en perspective d'une définition encyclopédique, et sa juxtaposition avec l'actualité.
En vrac, contrôles préventifs et arrestation ** d'enfant dans les écoles, destruction méthodique des acquis sociaux, "laïcité positive", désignation à la fois d'ennemis communs et segmentation de la population, "peines planchers", épouvantaillisation anarchiste et 'rabomuslime, bellicisme à tout va, et, d'une manière générale, mise en application systématique de tout ce qui a foiré aux USA les 50 dernières années...

Une mise en perspective indispensable pendant que tout le monde dort la tête dans le guidon *** et ne voit pas plus loin que le bout de son nez la prochaine échéance, et qui me permet de vous suggérer d'aller (re)lire un billet d'il y a un an, dans lequel je reporte un entretient d'Alain Badiou par le nouvelobs, ici...


* En vrai, j'ai très bien dormi, merci. C'est une figure de style.
** je n'ai pas dit "rafles"...
*** C'est aussi une image, il ne faut pas, même sous EPO.

ouvrez les yeux !

"Au sens large, le terme fascisme a pris un sens générique. Le modèle italien s'étant exporté dans toute l'Europe[...], il s'est ensuite étendu à tout mouvement politique s'appuyant sur un pouvoir fort, prônant un État sécuritaire, [...], l'exaltation du sentiment nationaliste et une politique réactionnaire *."

Un autre point caractéristique du fascisme est la prégnance de la hiérarchie sociale : le groupe doit être mené par un chef[...] dont l'autorité ne saurait être remise en question. Excluant tout contre-pouvoir, le fascisme est un système qui se veut totalitaire. [...]Utilisant des techniques comme la démagogie et le populisme, il lui est arrivé d'obtenir un fort soutien populaire et même de maintenir certaines formes démocratiques, comme le suffrage universel (pendant deux années). [...] Il s'agit pour cela de mobiliser des valeurs comme le patriotisme, les idéaux de « rénovation » nationale et de pureté. Croire, obéir, combattre deviennent des valeurs, analyser et critiquer de l'insubordination. Il est donc nécessaire de faire naître un sentiment d'urgence, de désigner un ennemi commun cherchant à détruire le collectif et contre lequel le groupe tout entier doit se mobiliser. Cette mobilisation permet de réprimer sévèrement toute contestation sans perdre la caution populaire" (source Wikipedia)

Toute analogie, similitude ou rapprochement avec des événement (plus ou moins) récents ne seraient -bien sur- que coïncidences purement fortuites.

Mais, de grâce, ouvrez les yeux !

* "Une réaction désigne la politique prônant et mettant en œuvre un retour à une situation passée réelle ou fictive, révoquant une série de changements sociaux, moraux, économique et politiques. Un partisan de la réaction est nommé « réactionnaire ». Le terme s'oppose à révolutionnaire, à progressiste[...]." (Source Wikipedia)

le capitalisme se moralise (à toute berzingue)

Vous avez vu ?

Quand la fraude est trop visible, ça ne passe plus !

Hou la la !, le capitalisme se moralise à toute vitesse !

Et il risque de la prison, Madoff, pour une fraude de $50'000'000'000... (5 fois le PIB du Sénégal, je dis ça au passage pour fixer les esprits).
Et une amende, c'est que ça plaisante pas avec les sous aux USA.
Il a été libéré sous caution ($10'000'000), peut être après une fouille au corps (un lingot se cache si facilement).

Bon.
Alors maintenant on va faire un jeu:

Imaginez, vous piquez, mettons 10'000 euros pour en faire profiter des potes, et toucher une grasse com' au passage, en convaincant des pigeons tous frais de vous filer leurs sous, parce que d'autres pigeons suivront. C'est le principe de la vente pyramidale, très juteuse quand on est au sommet, et très interdite, parce pas très très "durable" (ça fini toujours par se voir).
Vous risquez gros.
Treeeees gros.

Mais si vous vous appeler Madoff, vous risquez 1 euro d'amende, et vous êtes libéré grâce à une (généreuse) caution de 20 centimes.

Le point de vue de Paul Jorion:

"combien de clients de Mr. Madoff ignoraient-ils que son fonds était une pyramide ?
Ma réponse,[...] est qu’on peut les compter sur les doigts d’une seule main.
[...]
Mais [les clients de Madoff] ignoraient-ils vraiment ce qui se tramait ? Un fonds qui fonctionnait comme un mouvement d’horlogerie et rapporta pendant vingt ans 1 % par mois, qu’il pleuve ou qu’il vente ? Un fonds dont les journaux rapportaient depuis 1999 qu’il était une pyramide, après qu’un certain Mr. Markopoulos avait alerté sans effet la SEC (Securities & Exchange Commission), le régulateur des marchés financiers ? Non : pour participer au fonds, il fallait être parrainé, et ce que votre parrain devait vous glisser dans le tuyau de l’oreille, c’était ceci : "C’est l’ancien patron du NASDAQ, personne n’ira jamais voir !"


Le capitalisme, donc, est en train de se moraliser. Autant demander à un thon d'apprendre à voler.

avis de gros temps

Je crois l'avoir déjà dit, mais je ne suis pas (du tout) économiste. J'ai bien eu des cours, en seconde, mais j'ai vite préféré les rigueurs scientifiques, les faits naturalistes aux sciences dites humaines.

Du haut de ma monumentale ignorance, je pensait jusqu'à tout récemment qu'une entreprise vendait des petits bouts d'elle-même, des actions, pour augmenter sa capacité à investir. En retour, les bénéfices potentiels étaient partagés entre les actionnaires.

Bien.

Hier, je lit dans l'Obs les propos du DG d'ArcelorMittal France, Daniel Soury-Lavergne: "ArcelorMittal ne peut pas priver ses actionnaires de dividende mais proposera de vraies mesures d'accompagnement aux 1.400 salariés français dont les postes sont supprimés" [...] "on ne peut pas envisager de les priver de dividende. Nous avons besoin d'un actionnariat stable"

En clair, c'est la super cata, les bagnoles ne se vendent plus, l'acier n'a plus la cote, les cours en bourse s'effondrent, la boite licencie à tour de bras, et "on ne peut pas envisager de les priver de dividende", les actionnaires, donc.

Même son de cloche chez UBS, qui malgré un cadeau de 6 milliards de CHF (sur un compte à Jersey, avec une rallonge de 4 milliards, mais je ne suis pas sur), et la récupération d'une soixantaine de milliards de trucs toxiques, moisis et vérolés par la banque nationale ("Pour mémoire, la Banque nationale suisse (BNS) avait annoncé à mi-octobre la création d'une société aux îles Caïmans pour accueillir jusqu'à 60 milliards d'actifs à risque détenus par UBS"), s'entête à ne pas plafonner les bonus de ses patrons, ni à limiter les dividendes à ses actionnaires, sous prétexte que "c'est maintenant qu'il faut redonner confiance" (sic approximatif de la radio RSR, je ne sais plus quel est le nom de la dingue qui défendait bec et ongles la grosse banque).

Et cela, la même semaine que Marini (sénateur UMP, autant dire un progressiste chevelu) propose un amendement pour que les actionnaires qui auraient perdu de l'argent en bourse puisse se faire rembourser. Allez-lire chez SuperNo ce qu'il en pense, attention, le langage y est fleuri ("Pourris ! Ordures ! Salopards ! Fumiers ! Enculés !"). Et je n'en pense pas moins.

En clair, les actionnaires, qu'ils soient gros ou petits tiennent les boites (qu'elles soient grosses ou petites) par les couilles. Et ils serrent très fort pour ne surtout pas lâcher prise du robinet (à fric, je me comprends, malgré une mise en image douteuse).

Qu'on ne se leurre pas, tout sera mis en œuvre pour conserver les privilèges financiers de ces gens-là, avec la complicité active ou passive des gouvernements, des médias et de ceux qui les tiennent.

Et la crise servira de prétexte fourre-tout, de sésame indiscutable pour faire passer le pire selon la stratégie du choc.
Et si les quartier foutent le feu ?
Tant mieux, ça justifiera les drones, les arrestations au faciès et la politique discriminatoire.
Et si les étudiants commencent a se fâcher tout rouge ?
Tant mieux, ça justifiera les armées de CRS, les tasers au p'tit dej' et les lois anti-terroristes.
Et si les salariés, les sans-grades, les chômeurs, tous les mécontents, les crève-la-dalle commence à (vraiment) réclamer l'arrêt de la casse sociale ?
Tant mieux, ça justifiera la peur des anarcho-autonomes mangeurs d'enfants qui fait trembler la population civile victime (plus ou moins) innocente de la crise.
La crise, comme la revoilà, et les privilèges de ceux qui ont tout et qui ne veulent pas lâcher le morceau.

Est ce qu'on peut discuter avec un chien qui a le goût du sang, et qui ne veut pas lâcher ? *



* Je sais, les métaphores animales, tout ça tout ça...

des espoir(s)

Pour tous ceux, gauchistes chevelus, humanistes lettrés, anarcho-scientifiques, curieux souriant de tous poils, qui plaçaient un espoir démesuré en Barack Obama, je dis dommage.
Bakchich publie aujourd'hui un article sur la composition de son futur gouvernement, qui donne une bonne idée de ce qui va se faire dans les prochaines années, loin des beaux discours et des promesses électorales.

Pour Bakchich,
"Il est maintenant clair que Barack Obama est en train de former un gouvernement de centre-droite".
Ah ouais, ça fait mal aux dents.

On continue:

"[...]le futur secrétaire au Trésor de Barack Obama, Timothy Geithner, [est] un proche de l’éminence grise de Citigroup, Robert Rubin. Ce dernier a été le secrétaire au Trésor de Bill Clinton et est la bête noire de l’aile progressiste du parti démocrate".

(Au passage, Citygroup vient de se faire sauver des eaux noires de la banqueroute par un gros sauvetage financier, le plus gros même qu'aucun gouvernement n'ai jamais osé: "Le 23 novembre 2008, suite à une baisse du cours des actions de Citigroup d'environ 70%, le gouvernement fédéral américain a garanti plus de 300 milliards USD de ses actifs en échange d'une prise de participation dans l'entreprise pour 27 milliards USD." (Source Wikipedia). N'y voir (bien sur) aucune coïncidence.)

"[Geithner] est cordialement détesté par les progressistes à cause de sa ligne politique qui favorise les barons de Wall Street dont Rubin est le grand manitou. C’est lui qui est à l’origine de l’abrogation dans les années 90 de la loi dites Glass-Steagal qui a réduit à néant les systèmes de régulation des banques mis en place [...] par[...]Roosevelt. Et c’est justement cette abrogation qui a permis aux banques de s’engager dans la spirale infernale des produits dérivés « pourris » à l’origine de la crise financière qui sévit aujourd’hui.".
Ça fait plaisir, hein ? Un dealer de crack va se faire nommer médecin au chevet du junkie qui est en train de crever d'une overdose (et est déjà en train de lui refiler sa dope).

Pour la bonne bouche, Bakchich ajoute:
"Quand Rubin a quitté l’administration Clinton, il a utilisé l’abrogation de cette loi pour construire le géant Citigroup avec la complicité de son ancien député au Trésor, Larry Summers, un autre architecte de la dérégulation qui vient d’être nommé chef des affaires économiques à la Maison-Blanche par Barack Obama…".

De l'espoir, vous aviez donc de l'espoir ?




Port Nawak

"Il faut se méfier des périodes de crises, surtout économiques, qui ont tendance à jeter les groupes les uns contre les autres, à la recherche de responsables"

Qui a sortie cette belle évidence humaniste ?

Un indice: ce n'est pas BHL...

Non, c'est le grand,

le trrrrès grand Xavier Darcouches, et à propos des vilaines reconduites à la frontières de son pote Hortefeux ???

Que nenni, "Le ministre de l’Education craint que la crise économique actuelle ne réactive des réflexes antisémites,[...]", nous dit Libé dans un torchon à la "vas-y-que-je-reprend-la-dépêche-AFP-et-que-je-te-brode-un-truc-vendeur-en-5-(cinq)-minutes-coco" ...

Heu... Et sinon, elle est bonne la came chez Libé ?

Un bouc émissaire ?

Un bouc émissaire ?

Les pauvres ne sont pas les boucs émissaires d'un système en faillite ?
Les malades ne sont pas les boucs émissaires d'un système en faillite ?
Les chômeurs ne sont pas les boucs émissaires d'un système en faillite ?
Les fonctionnaires, plutôt, non plus ne sont pas les boucs émissaires d'un système en faillite ?
Et surtout,
...surtout, les sans papiers ne sont peut-être pas les putains de boucs émissaires d'un système en faillite ?

Les odieux chiffrages de reconduites aux frontières concernent les sans papiers, ou le "lobby juif" (sic) ?
Que le gouvernement nous enfume, on a l'habitude (en même temps, c'est un peu son boulot)...

Mais les journaleux, comment dire...
Comment dire ?

Au lieu de me faire un ulcère, je vais citer Coluche: "Les journalistes ne croient pas les mensonges des hommes politiques, mais ils les répètent ! C'est pire !".


Ha si, une bonne (?) nouvelle: Mélanchon a (enfin) décidé de claquer la porte du P"S". Lire ici

.

...et la montagne est belle

Du très bon ces jours sur les-blogs-que-je-lis: Tout d'abord, une bouffée "d'air effraie" (la vieille garde du capitalisme, sic) chez Article XI (section Charançon).
Qui cite un article du Monde dans lequel l'ancien patron de Alsthom, Framatome, Vinci, Nextrans, Cegetel (liste non exhaustive), un bolchevik chevelu, donc (au moins autant que Serges Dassault), clame (sans rire, ou alors je me suis gouré de journal) que "Nous sommes, à n'en pas douter, dans une période prérévolutionnaire, au sens de 1789. Les cadres et, d'une façon plus générale, les classes moyennes, seront demain, comme les bourgeois naguère, les catalyseurs de la révolution."
Sans dec' ??? Ca doit commencer à sérieusement puer pour que l'odeur monte jusque là-haut...

Ensuite, quelques conseils de chez Brave Patrie, ou comment attendre sagement la crise "le doigt sur la couture du pantalon" et en investissant massivement dans les écrans plats (via un ou plusieurs credit revoling) et bien sur un crédit hypothécaire. C'est de l'humour, probablement comme cette magnifique Sarkonnerie (au moins 39.5 sur l'échelle de Richter):
"Les ménages français sont aujourd’hui les moins endettés d'Europe. Or, une économie qui ne s'endette pas suffisamment, c'est une économie qui ne croit pas en l'avenir [c'est moi qui graisse], qui doute de ses atouts, qui a peur du lendemain. C'est pour cette raison que je souhaite développer le crédit hypothécaire pour les ménages [...]. Je propose que ceux qui ont des rémunérations modestes puissent garantir leur emprunt par la valeur de leur logement. Ceci profiterait alors directement à tous ceux dont les revenus fluctuent, comme les intérimaires et de nombreux indépendants." (sources Interview Revue Banque (avril 2007), Interview à la revue Cotémômes, Interview dans la revue La Vie Immobilière (octobre 2006)), et l'abécédaire des proposition de NS

Bref, la grande classe, tant de clairvoyance m'émeut ...


Sinon, tout va bien (puisqu'on vous le dit) chez UBS:
"Les actionnaires d'UBS pourraient en partie perdre leurs avoirs. Et même les déposants. Grâce à un fonds créé par les banques, il serait possible de récupérer ses économies jusqu'à hauteur de 30'000 francs. Mais si vous avez 50'000 francs en banque, vous en perdrez 20'000...[...] Cela dit, UBS n'est pas trop en danger. Je dirais qu'actuellement, le risque de faillite est de 20 à 30%. Personne ne sait toutefois vraiment ce qui reste dans les bilans d'UBS et en quoi consiste réellement sa stratégie d'abandon de la banque d'investissement"

Autrement dit, ça pue pour UBS, source ici

Et meme si vous n'avez pas d'action UBS, n'oubliez pas d'aller jeter un œil sur le blog d'alpesphoto , avec un nouveau (magnifique) bouquin à la clé... La montagne se contrefout de nos petites gesticulations ridicules. Et ça fait le plus grand bien.


se manger les gencives...

Bon, la supplique d'une broutille de $700'000'000'000 (et oui, quand on met tous les zéros ensemble, ça devient quelque chose) s'est pris une droite (dure) dans les dents.
En clair, le plan dit Paulson, qui devait permettre aux ménages ricains de payer la goinfrerie des financiers a été rejeté par le congres.

Les républicains, semble-t-il, n'ont pas apprécié l'idée d'un État Providence à connotation rouge.
Une certaine logique dans le raisonnement, pour une fois: le Sacro-saint Marche-Qui-s'Auto-Régule devra (pour l'instant) se démerder tout seul pour s'auto-réguler. en tout cas aux USA, ou seuls les tous gros poissons (calibre AIG +) auront (peut être) droit a la main secourable de l'État pour éviter la faillite.
Seul petit hic: autant je me régale en regardant la panique des zinvestiseurs et autres fricocrates, autant, lucidement, je prévois que ce sont les mêmes qui paniques maintenant qui s'en sortiront, alors que ceux qui n'ont aucune raison de paniquer (toi, vous, moi...) se mangeront les gencives avant tard.

Donc récapitulons:
Règle 1: Privatiser les profits, socialiser les pertes (ça c'est fait, ça marche même plutôt bien).
Règle 2: Ne socialiser les pertes que si ça ne se voit pas trop. 700 milliard d'un coup, ça fait trop, ont est pas sur la Place Rouge non plus...
Règle 3: si tu est Démocrate (ou "social-Démocrate, d'inspiration européanisante) tu vote "oui" quand il faut éviter que tout se casse la gueule (sans aucune garantie que ces sous ne partent pas en fumée ou dans des poches, et qu'ils aient le moindre impact sur la dynamique globale, qui a l'air furieusement méchante). Si part contre tu es Républicain, tu vote "non" parce que la peur du spectre collectiviste est plus grand que celle de perdre tes billes...

Règle 4: au lieu de flipper, écoute de la musique pour te changer les idées...



la peur entre les virgules

"Une mère de famille, musulmane, a chauffé à blanc un couteau et a tenté de marquer sa fille au bras, avant de lui brûler la main au 2e degré, pour l'empêcher de se marier à un chrétien."

C'est un titre de l'obs de ce matin.
Il va sans dire que je n'ai même pas lu l'article. Quel intérêt ?
Tout est dans le titre, et dans cette incise, entre les virgules: "une mère de famille, virgule, musulmane, virgule...".
On ne parle pas d'une mère (tout court) ou même d'une mèremusulmane, mais d'une mère virgule musulmane virgule.

Il va sans dire que je déteste les fait divers. Il sont la pour (au mieux) vendre du papier et (au pire) distiller de vilaines idées.

Quel est l'intérêt général de cette info ? Que la fille a eu une interruption de travail de trois jours ?(oui, je sais, j'ai pas résisté, j'ai lu la brève). Que nenni.

Des incapacité de trois jours pour coups et blessures, il doit y en avoir des dizaines (centaines ?) par jour en France...

Alors, à part stigmatiser une communauté sur des faits divers plus ou moins sordides (cet exemple n'est qu'un exemple parmi d'autre *), et attiser les flammes du communautarisme, quel est le but de ce genre de "journalisme" ? * *

Hein ?

Hein ?

Et ben voila. Les adjectifs sont l'ennemi du journaliste (alors qu'il sont l'ami du romancier, mais on peut en discuter).


* J'aurais pu écrire: "en cherchant rapidement, on se rend compte que ce genre de fait divers traînent abondamment dans les journaux de faits divers", mais ca faisait deux fois "fais divers".

* * Question subsidiaire: La volonté éditoriale de publier ces merdes est voulue par
(1) les commerciaux du journal ? ("les lecteurs sont des con, vendons ce qui plaît").
(2) les journalistes eux mêmes ?("tu va voir coco, avec ca on fait la une, c'est bon pour toi").
(3) les dirigeants du journal ? ("le communautarisme représente une importante part de marché de notre fond de commerce, et en plus ça plaira en haut lieu").
(4) Personne, c'est juste pas de bol ("et mon cul, c'est du poulet ?")

enfumage

Je lis à l'instant un gros titre du Monde (oui, le journal-référence que nous envient les démocrates de tous pays pour sa droiture, son honnêteté et ses fictions béhacheliennes).

Je lis, donc, "Toujours susceptibles d'être aménagées, les nouvelles dispositions modifient considérablement la mise en œuvre d'un fichier...", et me dis, tient, mon coco, des nouvelles dispositions qui modifient considérablement le fichier, ça doit pas être pourri...

La suite de l'article nous apprend que "la [finalités] première vise à "centraliser et analyser les informations relatives aux individus, groupes, organisations et personnes morales, dont l'activité indique qu'ils sont susceptibles de porter atteinte à la sécurité publique".
Fondamentalement différent du but avoué de la première mouture, qui était de "centraliser et d’analyser les informations relatives aux personnes physiques ou morales ayant sollicité ou exercé ou exerçant un mandat politique, syndical ou économique ou qui jouent un rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif [...] et de centraliser et d’analyser les informations relatives aux individus, groupes, organisations et personnes morales qui, en raison de leur activité individuelle ou collective, sont susceptibles de porter atteinte à l’ordre public".

Le "deuxième objectif [est de] permettre aux services de police d'exécuter les enquêtes administratives qui leur sont confiées pour déterminer si le comportement des personnes intéressées est compatible avec l'exercice des fonctions envisagées" , rien a voir, donc avec la vilenie qui consistait à "permettre aux services de police d’exécuter les enquêtes administratives qui leur sont confiées en vertu des lois et règlements, pour déterminer si le comportement des personnes physiques ou morales intéressées est compatible avec l’exercice des fonctions ou des missions envisagées."

Bouh qu'elle était vilaine l'ancienne Edvige, et qu'elle est belle l'Edvige nouvelle, puisque Le Monde (le journal-référence que nous envient les démocrates de tous pays, donc). Le Monde, pour bien montrer que "les nouvelles dispositions modifient considérablement la mise en œuvre [du] fichier" va même jusqu'à nous glisser une confidence: Les deux buts avoués ci-dessus ((1) centraliser les infos et (2) laisser les flics juger) seront joué par deux fichiers non-interconnectés.
L'air de dire "rassurez-vous, on va tout noter, mais de toute façon, les fichiers n'auront pas de lien entre eux, on ne pourra rien faire".
Le Monde d'ajouter "heu, en fait, c'est pas deux, mais trois fichiers" qui vont être crées...("Autre innovation, les préfectures disposeront de leur propre fichier. Un arrêté est prévu à cet effet.").

Me voila rassuré... Il y a peu je hurlais avec les loup (ici, par exemple) contre ce que j'appelais "une saloperie sans nom". Alors qu'il ne fallait pas que je m'inquiète, puisque "les nouvelles dispositions modifient considérablement" le fichier. Un peu la comme Sainte Trinité, ou le Calgon 3 en 1, t'as 3 fichiers pour le prix d'un seul...

Et Christina dans tout ça ?
Elle va bien, merci pour elle, personne ne la dérange...

autoroute de la propagande, sentier de contrebande

Pour revenir aux commentaires de ce billet d'il y a quelques jours, je reporte ici plus ou moins mon dernier commentaire:

En réponse au fait que lefigaro.fr soit la principale source d'info sur le ouebe (quelque chose me dit que tf1.fr ne doit pas être très loin), je pense qu'il était utopique d'espérer pouvoir monopoliser ce média (les blogs) plus que quelques mois.
On pensait disposer d'une source, à laquelle le peuple en mal d'information, conscient des manipulations dont il est victime serait venu s'abreuver de Vérités.
Il se trouve que, comme d'hab', le gros méchant capitalisme recycle ses ennemis et intègre les nouveaux modèles à une vitesse hallucinante.
Point d'autoroute pour nos idées *, donc.
La seule différence avec "avant": Aussi congrue que soit notre "part de marché", nous avons voix au chapitre.
Ce qui n'était pas le cas il ya a 10 ans...
Pas d'autoroute, donc, mais un sentier de contrebande, plutôt, ce qui est mieux que rien, et qu'il faut soigneusement entretenir.

* Par "nos idées", je veux globalement parler d'une gauchosphere plus ou moins décroissante. Mais le même discours pourrait être tenu par des fachos, des raeliens ou des rats (tsss, une métaphore animalière, suis-je sot ?)

du changement ?

Vous avez vu comme un changement, cet année ? Je ne parle pas de votre "pouvoir d'achat", mais de la situation internationale.
Quelle était la situation, par exemple, en 2007 ?

Début janvier 2007, le brut était à un peu plus de $50 le baril. Le seuil psychologique des $100 était encore un fantasme, allègrement franchi dans la joie moins d'un an plus tard.Six mois plus tard, l'Arabie Saoudite acceptait d'ouvrir ses vannes pour tempérer un peu la hausse (pic à $140 début juillet). Il y a 2 jours, l'OPEP a décidé de réduire sa production de pétrole de 520 000 barils par jour.
Ce qui signifie que pour l'OPEP, le prix en dessous duquel il ne faut pas descendre est le seuil psychologique de $100.
Bref, en 18 mois, on observe une complète inversion des tendances, des seuils et des limites (qui elles-même ont des bornes qu'on ne franchirai pas sans les dépasser)...

Sinon, autre infime changement, les 2 plus grosses boites privées (qui étaient publiques) de refinancement viennent (la semaine dernière de se faire nationaliser. Oui oui, comme dans n'importe quelle Dictature Rouge ((C) White House), l'État américain, fils spirituel d'Adam Smith et de Ronal Reagan (pour faire court), a spolié les actionnaires et (re)pris le contrôle des deux monstres. Si ca c'est pas un constat d'échec, je ne m'y connais pas en fiasco !
Dans la foulée, j'apprends en lisant le blog de Paul Jorion (lecture saine et distrayante) que la grosse boite qui assure les banques contre le risque de caisse vide vient de dire à 1500 de ses clients (1500 banques, donc): "heu.. désolé, mais ça va plus être possible".
En clair et dans le texte :
"[...]on apprend aujourd’hui que l’une des compagnies qui assurent ainsi les banques se retire du business, manifestement parce que le risque lui paraît désormais trop élevé. Quinze cents banques clientes ont été contactées, quinze cents banques qui devront trouver un autre moyen de rassurer leurs déposants fortunés que leur argent est en sécurité dans leurs coffres-forts.
La personne qui aurait donné l’ordre à cette compagnie d’agir ainsi est son propriétaire, qui n’est autre que l’investisseur vedette, Warren Buffett (1).
Warren Buffett est un homme avisé qui perd rarement de l’argent. S’il a perdu confiance dans quinze cents banques commerciales américaines, ce n’est pas bon signe. Pas bon signe du tout ! "
(2)


Voila ou je voulais en venir: deux des paradigmes bien profondément ancrés dans "nos" cervelles ("l'énergie c'est pas cher" et "mes sous sont en sécurité à la banque" viennent de voler en éclat, sans que cela provoque le raz-de-marrée médiatique que cela devrait. Au contraire, on nous rabâche les oreilles de "crise conjoncturelle", de "mauvaise passe qui est derrière nous" et de nouveau réacteurs nucléaires (Bouygues) qui nous assurerons bonheur, félicité et confort moelleux pour des siècles et des siècles, amen.
Alors que la réalité semble tout autre, plus rude un poil moins conciliante. La réside le principal inconvénient de la vrai vie (par opposition aux salon feutrés des décideurs de tous poils): les fait sont têtus, et si les chiffres et les cerveaux peuvent se faire manipuler sans broncher, les faits, eux, sont là, et ne semblent pas avoir envie de donner raison à la politique néo-conne.
D'autre part, je ne peux que saluer les initiatives conjointes de Morales et Chavez d'avoir foutu à la porte les ambassadeurs américains. Ça nous change des aplatventreries (3) européennes. Voila 50 ans (au moins) que les ricains mettent la planette a feu et a sang. Qu'ils aillent se faire foutre. (oui, je sais, quand le sang me monte, la pertinence de l'analyse en souffre, mais, voyez-vous, si je ne suis qu'Amour, je n'en demeure pas moins humain).


(1) « Tout va très bien pour les riches dans ce pays, nous n’avons jamais été aussi prospères. C’est une guerre de classes, et c’est ma classe qui est en train de gagner », ainsi que « C'est quand la mer se retire qu'on voit ceux qui se baignent nus. », citations de Warren Buffet, qui doit avoir un certain sens de l'a propos pour être l'hommeleplusrichedumonde.

(2) Cet extrait du blog de Paul Jorion est issu d" Un « article presslib’ » [qui est ] est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

(3) Je n'ai malheureusement pas l'honneur d'être à l'origine de ce néologisme. Je l'ai chipé chez un "blogueurinfluent" que je lit, mais je ne sais plus lequel...

le vent et les girouettes

D'habitude, je n'aime pas commenter les résultats de sondage. D'abord, parce que souvent les variations se situent dans la barre d'erreur, et ne veulent donc strictement rien dire, et surtout parce que les journaleux se jettent sur l'importe quelle enquête d'opinion comme des chiens galeux sur une cote de bœuf.
Bien sur, je ne résiste pas au plaisir d'en remettre une couche quand Sarko se ramasse. Mais ça, que voulez, vous c'est humain

Aujourd'hui, c'est différent quand je lis "La cote de satisfaction de Nicolas Sarkozy gagne 11 points par rapport à juin et atteint 45% en septembre, son meilleur niveau depuis janvier, selon un sondage LH2 - nouvelObs.com." dans Libé.
Déjà parce que 11% me semble significatif.

Qu'est ce que Sarko a bien pu faire pour convaincre 1 français sur 10 du bien fondé de ses gesticulations ?
Pendant l'été, malgré les bourbier Afghan dans lequel on risque de perdre nos bottes, malgré l'incroyable cacophonie gouvernemental, malgré le sabordage furieux de tout ce qui ressemble de près ou de loin a de la solidarité, du loisir ou de la survie, malgré la mise en place d'un fichage politique, d'une politique idéologique (et donc inhumaine) du chiffre de remplissage de charters (allers simples pour Bamako), malgré les hallucinants cadeaux financiers au 1% le plus riche, 1 français sur 10, donc, qui n'était pas satisfait de Sarkozy au début de l'été a changé d'avis.

Je suis sur le cul.

C'est quoi, ses gesticulations caucasiennes, qui ont fait illusion ?
Simplement le matraquage médiatique de ses potes ?
Les sondages sont truqués ? (remarque, je n'aurais aucune peine a le croire)...
Ou c'est juste que les français (45% des adultes d'un échantillon "représentatif", pour être précis) sont des débiles profonds ?

J'emmerde tous les échantillons représentatifs, les connards du P"S" qui nous ont foutu dans cette situation navrante, la propagande UMP et ses petits adjudants, et surtout, surtout, les personnes, qui, l'espace d'un été sont capable de changer d'avis sur Sarkozy.

le gag du jour (pouet! pouet!)

"C'est de façon exemplaire qu'il s'est fait le champion des droits de l'Homme, de la démocratie et de la tolérance, tout comme de la défense de l'environnement. C'est un homme d'Etat de stature mondiale"

Mais de qui parle ainsi le rabbin Arthur Schneier, cité par le nouvel obs ?
Parce que, quand même, si un bonhomme comme ça existait, ça se saurait !

Je parle de lla vrai vie, pas des schtroumpfs; chez les schtroumpfs, il est clair que c'est le Grand Schtroumpfs qui incarne le mieux les droits de l'Homme, la démocratie, la tolérance et la défense de l'environnement (et des champs de salsepareille transgéniques)
Et ben justement, dans la vrai vie, le rabbin a déniché LA perle rare, le Gandhi du XXIeme siecle (en plus progressistes).









...comme un souffle, une brise, un silence...
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Le rabbin, donc, probablement attend par une forme particulièrement vicieuse de dégénérescence des fonctions cognitives parle en ces termes mesurés du petit monnier Nicolas Ier.


Et oui, il fallait oser.

Je suis comme vous, un peu sur le cul, et vous le redonne pour la bonne bouche:

"C'est de façon exemplaire qu'il s'est fait le champion des droits de l'Homme, de la démocratie et de la tolérance, tout comme de la défense de l'environnement. C'est un homme d'Etat de stature mondiale"

Pas mal, non ?

En même temps, l'article de l'obs (ici) précise:
"Le président français sera présenté à l'assistance par l'ancien secrétaire d'Etat américain Henry Kissinger (« Le pouvoir est le plus puissant des aphrodisiaques.»*). Le dîner de remise des prix sera présidé entre autres par [le magnifique] Serge Dassault, président du [prestigieux] groupe français aéronautique Dassault, également propriétaire du quotidien Le Figaro".

Ou l'on se rend compte de l'énormité du gag et la manipulation.


* The Guardian, 28 Novembre 1976

deux pas en arrière

L'air de rien, un des dernier rempart contre l’exploitation a outrances des salariés est en train de tomber: Un rapport pudiquement intitule « Salaire minimum et bas revenus : comment concilier justice sociale et efficacité économique ? » a été remis à Hirsch et Besson.

Dans ce rapport, on lit, en substance, que le SMIC, c’est pas bien.

Ça rend les patrons très tristes.
Ça rends les salaries feignasses.
Et ça fait puer de la gueule.

Je vous épargne la rhétorique ultralibérale qui conclue (sans surprise) par "supprimons le SMIC, oui au RSA"
Si vous voulez vous farcir la bête, c'est ici
[…]
Un petit extrait quand même, pour la bonne bouche:
"…celui-ci [le SMIC] s’applique à tous, indifféremment, sans distinction liée à l’âge, au lieu, au domaine d’activité ou à la profession. Cette situation, où l’État se substitue aux partenaires sociaux pour organiser le fonctionnement du marché du travail, réduit de fait le champ d’exercice du dialogue social. Elle a en conséquence un effet délétère sur les relations sociales."
[…]

...gasp...

En clair, un salaire minimal garanti pour un travail, quel qu’il soit, a « un effet délétère» sur les relations sociales.
Un effet délétère sur le degré soumission des employés, oui !

L'air de rien, ce rapport outrancier ressemble à la stratégie gouvernementale: on pousse le bouchon un peu loin, ça gueule pas trop fort et on y va. Et si ça braille un peu trop, on avance juste un peu moins loin en se faisant passer pour le Che (ou Jaurès).

...Et sinon, vous vous sentez bien en France ?
Je veux dire, ça commence pas à bien faire ?

Encore une chose: la première fortune de France (Gérard Mulliez, groupe Auchan), avec 21000 millions d'euros (je met en millions, ça donne mieux le vertige je trouve) a augmente sa fortune se 23% en 1 an.
+ 4 milliard en 1 an.

Vous pouvez calculer, ça fait plus de 300000 ans de Smic. Ou les salaires de toute la ville de Grenoble.
Rien que l'augmentation en 1 an.
Je fais certainement plein de fautes d'économie, mais je sais encore assez compter pour qu'"indécent" soit un minuscule euphémisme.

...et oui, ça énerve, surtout quand on voit le prix des fruits (+18 depuis juin 2007, source INSEE). "Les raisons en seraient notamment les mauvaises conditions météorologiques qui ont entraîné une faiblesse des livraisons" (nouvelobs.com).

Alors ton smic et tes légumes, tu sais ou tu peux te les mettre ?