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Si ça continue ça va pas durer

back to business...

Et non, ce n'est pas moi qui vais reprendre ce blog avec une vitesse de croisière qui me demande plus de temps que je ne peux en donner pour l'instant. C'est semble-t-il le sentiment de deux grosses huiles du gouvernement U.S. qui pensent (ou qui veulent faire penser) que tout va redevenir comme avant, le bon temps des Cadillacs dans les drive-ins, l'aspirateur et le pavillon bourgeois à crédit, tout ça, tout ça, fuckin' american way of life...

Une analyse plus détaillée de la saillie (drolatique) est disponible chez Paul Jorion (qui prête son espace à François Leclerc), et qui sait de quoi il parle.
Un extrait pour la bonne bouche:

« En restaurant la confiance du public dans notre système financier, les réformes de l’administration vont permettre à celui-ci de jouer son plus important rôle : transformer les revenus et les économies des travailleurs afin d’en faire les prêts qui vont aider les familles à acheter des maisons et des voitures, les parents à envoyer leurs enfants au lycée et les entrepreneurs à construire leurs affaire. Il est temps d’agir. »

Tim Geithner (Secrétaire au Trésor des États-Unis) & Lawrence Summers (chef du Conseil économique national des États-Unis), Washington Post, 15/06/2009.


Du Socialisme au P"S"...

« La révolution, c’est d’abord une rupture. Celui qui n’accepte pas cette rupture avec l’ordre établi, avec la société capitaliste, celui-là ne peut pas être adhérent du Parti socialiste. »

François Mitterrand, 1971, in Le Diplo de ce mois.

Napalm, masque, et tuba...

"La recherche de solutions à la crise qui se proposent d’amplifier les raisons de la crise ont double injustification : morale et objective et ce sont quelque part des des pompiers qui mettent de l’essence dans les lances à eau, tout en réclamant des moyens plus efficaces, du napalm par exemple."

Commentaire Copas, sur le blog de Paul Jorion (lecture salutaire pour tenter de comprendre quelque chose au Grand Chambard), en réaction au commentaire (savoureux) de Trichet à propos des salaires :
"Lors d’une récente visite à Dublin, Jean-Claude Trichet, le président de la Banque centrale européenne, a appelé les gouvernements “à poursuivre des politiques de dépenses courageuses, en particulier en matière de salaires dans le public”. Pour lui, l’Irlande, et tous les pays de la zone euro qui ont connu une expansion rapide ces dernières années, ont intérêt à réduire les salaires, afin de regagner en compétitivité, sans vivre au-dessus de leurs moyens."


Échouer dans le capitalisme

Toujours à la bourre (ligne morte en vue), je continue avec, de-ci de là, à citer ceux qui ont pris plus de temps que moi pour réfléchir.
Aujourd'hui, donc, je vous propose 3 citations de Dmitry Orlov sur Orbite

"Échouer dans le capitalisme ne fait pas de vous un socialiste, pas plus que divorcer ne vous rend automatiquement homosexuel. "


"plus les choses empirent, plus les politiciens émettent de bruit. La rapport substance-bruit dans le discours politique est très bas même dans les bonnes périodes, ce qui rend difficile le repérage de la transition quand il tombe effectivement à zéro. La variable plus facile à surveiller est le niveau de confusion."

"Savoir à quoi s'attendre peut nous procurer de la tranquillité d'esprit, même en plein milieu de l'effondrement. Se vautrer dans la nostalgie du bon vieux temps, ou nier que des changements radicaux sont devant nous : ces réactions sont absolument malsaines. "



trois choses

« Je suis de gauche, mais indépendamment d'un parti.
Je veux rester fidèle à ces trois chose qui la définissent à mes yeux: l'idée libertaire, qui privilégie la liberté individuelle, le socialisme, qui vise à l'amélioration de la société, et le communisme, qui insiste sur l'idée de communauté.
Ces trois aspects sont pour moi inséparables et ont malheureusement diverges par la suite avec les versions autoritaires du communisme, les ramollies du socialisme, et les individualismes de l'anarchisme. »

Je voudrait être fidèle aux trois.


Edgar Morin, Siné Hebdo, 21 janvier 2009

eux le sauront

"N’étant pas un expert militaire, je m’abstiendrai de juger si les bombardements israéliens sur Gaza auraient pu être mieux ciblés, moins intenses."

B.H.L., Le Point, 08/01/2009.


Nos enfants nous jugeront. Si nous ne savons pas pourquoi, eux le sauront.


EDIT: Allez donc de ce pas lire la prose du Charançon, qui n'a pas eu peur de mettre les mains dans le vomi.
Et puisque ce blog est dans une phase de léthargie (inversement proportionnelle à l'activité du taulier), abonnez vous (RSS) à Article 11, et lisez les chroniques de Joe Bagant sur Orbite.
Et ne soyez surtout pas sages pendant que je ne suis pas à...

White rabbit

Vous n'alliez quand même pas croire que je vais commenter la création de ce ministère de la relance, non ?
Ni même perdre du temps à donner mon maigre avis sur la nomination de Devedjian à la tête dudit ministère, hein ?

Non, vous n'alliez pas.

Ça tombe bien.
J'ai eu une semaine éprouvante, quoique très positive. Je ne vais donc pas (encore plus) me fatiguer les yeux et me chiffonner le moral avec ce nouveau gag.

Pas ce soir en tout cas.


la violence ne suffit pas

"N’oublions pas comment s’impose toujours une idéologie. Pour dominer, la violence ne suffit pas, il faut une justification d’une autre nature. Ainsi, lorsqu’une personne exerce son pouvoir sur une autre – que ce soit un dictateur, un colon, un bureaucrate, un mari ou un patron –, elle a besoin d’une idéologie justificatrice, toujours la même : cette domination est faite « pour le bien » du dominé. En d’autres termes, le pouvoir se présente toujours comme altruiste, désintéressé, généreux."

Noam Chomsky, "Le lavage de cerveaux en liberté", entretient avec Daniel Mermet, le Monde Diplomatique, Août 2007 (entretien complet ici)

de gauche, certes

D'un article inutile, cynique et stérile dans Marianne, j'ai quand même tire un extrait enjoué de Melanchon:

« Nous, les membres du Parti de gauche, nous sommes tous des Oskar Lafontaine, nous sommes tous des Chavez, nous sommes tous des Morales, nous sommes tous des socialistes, nous sommes tous des communistes, nous sommes tous des écologistes, des trotskistes et même des libertaires à notre manière. Nous sommes tout cela. (…) Nous prenons tout, nous répondons de tout. (...) De La Boétie aux philosophes des Lumières, des maillotins de Paris courant plus vite que leurs bourgeois aux sans culottes, Robespierre fondateur de notre liberté, Olympe de Gouge notre remord, Gracchus Babeuf, ceux de 1848 et les communards, l’immense lumière de la révolution russe de 1917 (...) le martyr des résistants pour vaincre les nazis, la lutte pour la décolonisation. Tout, nous prenons tout. (...) Jean Jaurès et l’indomptable Louise Michel. »

Deux remarques:
Citer d'éminents gauchistes, c'est bien, mais même Sarko sait faire. Des vrais propositions, on veut, nous...
Ya pas un truc en route qui se situerai à gauche qui s'appellerait NPA ? Non ? Si ?

Je dis ça, je dis rien...

Que le contrat social est une monstruosité

Je suis en train de lire un bon gros pavé, "l'anthologie de la subversion carabinée" de Noël Gaudin, dans lequel je trouve des perles.
Je ne veux pas discuter de la philosophie de Bellegarrigue, mais juste transmettre un texte à la logique simple(simpliste), qui en fait sa force.

"[...]quand bien même tout le peuple français consentirait à vouloir être gouverne dans son instruction, dans son culte, dans son crédit, dans son industrie, dans son art, dans son travail, dans ses affections, dans ses goûts, dans ses habitudes, dans ses mouvements, et jusque dans son alimentation, je déclare qu'en droit, son esclavage volontaire n'engage pas plus sa responsabilité que sa bêtise ne compromet mon intelligence: et si, [...] sa servitude s'entend sur moi sans qu'il me soit possible de m'y soustraire, et s'il est notoire [...] que la soumission de [...] huit millions d'individus à un ou plusieurs hommes entraîne ma soumission propre a ce ou ces mêmes hommes, je défie qui que ce soit de trouver dans cet acte autre chose qu'un guet-apens, et j'affirme que [...] la barbarie d'aucun peuple n'a exerce sur la terre un brigandage mieux caractérisé. [...]
Les masses, encore trop dociles, sont innocentes de toutes les brutalités qui se commettent en leur nom, et à leur préjudice; elle en sont innocentes, mais elles n'en sont pas ignorantes; je crois que, comme moi, elles les sentent et s'en indignent; je crois que, comme moi, elles ont hâte d'en finir"


Anselme Bellegarrigue, L'Anarchie, Journal de l'orde, in Anthologie de la subversion carabinée, Noël Gaudin, ed. l'âge d'Homme, p68-69.

Retour au turbin...

"Toutes ces réflexions sur la pierre sont dominées par le rêve. Sans rêve [...], que pouvons nous comprendre ?
La science est un rêve codifié par des lois qui permettent de reproduire certaines circonstance du rêve."

Jean Giono, La Pierre


Mens sana in corpore sano

"Pratiqué avec sérieux, le sport n'a rien à voir avec le fair-play.
Il déborde de jalousie haineuse, de bestialité, du mépris de toute règle, de plaisir sadique et de violence ; en d'autres mots, c'est la guerre, les fusils en moins."

George Orwell

L'important, c'est d'aimer...

Ce soir, je voulait pondre un post cinglant, un petit brûlot qui aurai laissé des traces, donné des idées, ouvert la discussion.
Puis je suis allé lire le dernier billet du Monolecte.

Ici.

Alors je range mes deux-trois idées dans ma besace, je desserre mes petits poings crispés, je laisse parler ceux qui savent le faire mieux que moi, et je reprends simplement le titre de son billet:

L'important, c'est d'aimer...

...et merci.

La teigne

Tu es laid... sois terrible, on oubliera ta laideur.
Tu es vieux... sois énergique, on oubliera ton âge.

Eugène Sue, Les mystères de Paris

J'ajouterais:
Tu es petit... sois teigneux, on oubliera ta taille.

A lire d'urgence

Le dernier billet de Thierry Pelletier ("Cours moins vite camarade, la fin du monde est devant toi"), sur son blog "La France de Toutenbas" mérite une lecture attentive.
Il met parfaitement en mots ma sensation d'impuissance devant le gâchis et la stupidité politique ambiante.

Un extrait, pour vous donner envie de courir le lire ici
:
"C'est bien simple l'ultra libéralisme, sympa, raisonnable et indispensable nous sauvera de l'ultra libéralisme fou. Sempiternel procédé mafieux qui consiste à offrir la protection de sa force comme seul recours aux victimes de sa propre violence. Mobilisation générale sur le front de la croissance, celle qui fait fondre de plaisir ces fichus glaciers, produisons plus, consommons plus, brûlons plus de gas-oil, tous au travail qui rend libre de ne pas voir le cauchemar ou nous emmènent ces hallucinés."

Nos vies

"La pub nous fait courir après des voitures et des fringues.
On fait des boulots qu'on déteste pour se payer des merdes qui nous servent à rien.
On est les enfants oubliés de l'histoire mes amis.
On a pas de but ni de vraie place.
On a pas de grande guerre, pas de grande dépression.
Notre grande guerre est spirituelle.
Notre grande dépression, c'est nos vies.
La télévision nous a appris à croire qu'un jour on sera tous des millionnaires, des dieux du cinéma ou des rockstars...
Mais c'est faux, et nous apprenons lentement cette vérité.
On en a vraiment, vraiment plein le cul".

Tyler Durden, Fight Club, 1999

subjectivité objective

"Il n'y a qu'une seule réponse à la décroissance géologique de la production mondiale de pétrole : la réduction de la consommation.
A ce prix, le pétrole brut n'est pas cher, de même que le litre de super à 1,50 euro. Le cours du baril sur le marché new-yorkais retrouve aujourd'hui la cote qu'il avait atteinte en 1980, tandis que l'achat d'un litre d'essence nécessite deux fois moins d'heures de smic qu'il y a vingt-sept ans.
Ces niveaux nous paraissent élevés car nous nous sommes habitués à des prix extrêmement bas entretenus par les multinationales du pétrole, puis par l'OPEP.
Cette époque est révolue.

Yves Cochet, Le Monde, 28/11/2007.

De gauche adroit

Etre de droite, c'est être riche et cynique, ou alors pauvre, con et manipulé.

Superno en commentaire de ce billet...

Le prix de la consommation

"On revient avec le crédit à une situation proprement féodale, celle d'une fraction de travail due d'avance au seigneur, au travail asservi."

Jean Baudrillard, le système des objets.

la faim du pétrole

A la suite des deux derniers billets, allez donc lire cet article sur la relation entre le prix de l'énergie et le prix de la bouffe...En clair, ça monte, ça monte...

Je vous livre aussi une image très parlante et réaliste trouvée sur un "vieux" billet de Superno:</a>
"L’actualité nous fournit pourtant une assez belle image de leur foutue croissance :
c’est avant tout une armée de jeunes d’esclaves aux yeux bridés qui tartinent de la peinture au plomb sur des jouets débiles pour gosses de riches, polluant la planète et pompant de manière insensée ses dernières ressources, cependant que les gros actionnaires regardent tomber les milliards de dollars et les dividendes en fumant un gros cigare et en rigolant sur ce troupeau d’abrutis qui le laissent faire…"

Et comme des gens beaucoup plus pertinents que moi prennent la parole sur leur blog, une phrase très percutante lue sur
l'indispensable blog de Danièle Mitterand:
“Deux éthiques s’affrontent, en effet, elles ne sont pas compatibles, contrairement aux espoirs de ceux qui aimeraient bien ménager la chèvre capitaliste et les choux humanistes et environnementaux…”

Et pour finir, une petite citation classique:
"Ah ! La faim ! La faim ! Ce mot-là, ou plutôt cette chose-là, a fait des révolutions ; elle en fera bien d'autres !"
Gustave Flaubert, Agonies.

Regardez bien, tout se tient...