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Si ça continue ça va pas durer

DES PREUVES !!!


Ils ont osé !

Pas un jour ne passe sans une nouvelle ignominie. Tous les jours, un coup de talon policier sur les doigts d'un petit, d'un faible, d'un vulnérable.
Tous les jours, la nausée qui prend au ventre; "ils ont osé".

Oui, ils ont osé débarquer dans une école maternelle, en uniforme, pour interroger une directrice sur le comportement, l’assiduité et la tenue vestimentaire d'un élève de trois (3) ans.

Ils ont osé rejeter la faute d'une grosse bavure de CRS sur les profs, quand des collégiens se font matraquer.

Ils ont osé déclarer que "Nicolas SARKOZY a prouvé qu’il est le principal défenseur de la liberté d’expression", sans aucune pudeur face à la réalité, à la vérité, à l'evidence.

Ils ont osé enfermer un homme depuis plus de trois mois, sans aucune charge, sans procès, sans preuves, alors même que les fait qui lui sont reprochés ont été revendiqués par des écologistes allemands.

Ils ont osé faire taire la justice, parquer les "sans papiers", voler l'argent public, licencier massif pour rassurer les actionnaires, voter liberticide, ignorer la volonté du peuple, mentir sans vergogne (avec le sourire et sans aucun soucis de crédibilité), et se pavaner dans les ors les plus nauséabonds.

Ils ont osé, et oseront encore, sans limite autre que celle que nous leur fixerons.

Je rage !
Je rage d'impuissance !

Quand est ce qu'on passe quand aux choses sérieuses ?

Jeudi ?

Coup d'état


Comme un gros vide...


Des envies de promenade ?

Communiqué : Déclaration commune de 12 organisations de gauche pour la manifestation du 19 mars

Les Alternatifs, le NPA, le PCF, le PCOF, Gauche Unitaire, le Parti de gauche, le PS, le MRC, La Fédération, la Coordination nationale des collectifs unitaires (CNCU), Alternative Démocratie Socialisme (ADS), Alter-Ekolos-Ecologie Solidaire.

Déclaration commune

90.000 chômeurs de plus le mois dernier, 350.000 supplémentaires déjà pronostiqués par les statistiques officielles, pas une semaine sans l’annonce de nouveaux plans de licenciements... Chaque jour qui passe confirme l’ampleur et la gravité de la crise qui pèsent sur la population à commencer par les salariés du public et du privé, les chômeurs et les retraités.

Chaque jour qui passe confirme aussi le danger qu’il y aurait à laisser se poursuivre la mise en œuvre des choix du gouvernement actuel qui, loin de combattre les racines de cette crise, continue au contraire de l’alimenter, continue de nous la faire payer et s’enfonce dans une dérive autoritaire pour imposer ses choix !

L’argent, par milliards d’euros, continue de circuler à sens unique : tout pour les financiers et les grands patrons, les miettes pour le monde du travail ! Les robinets sont grands ouverts pour éponger les pertes des Caisses d’Epargne et des Banques populaires sur les marchés financiers spéculatifs et financer leur fusion en nommant un PDG sous contrôle de l’Elysée. Ils le sont encore pour renflouer les groupes automobiles en les laissant continuer à licencier et à développer le chômage partiel (20 000 suppressions d’emplois annoncées !). Mais ils sont fermés pour l’université et la recherche, l’hôpital et la santé, le logement social, les salaires et les retraites, l’ensemble des services publics.

Cela suffit ! C’est socialement intolérable, économiquement inefficace et politiquement inadmissible.

Ce n’est pas au monde du travail, à la population de payer la crise ! La journée du 29 janvier comme le mouvement aux Antilles, en Guyane et à la Réunion portent clairement ce message et l’exigence d’un changement de cap, notamment sur les questions des salaires, de l’emploi et des services publics.

Les mobilisations imposent de premiers reculs au gouvernement.

Nous saluons la victoire des Guadeloupéens notamment sur l’augmentation de 200 euros pour les bas salaires et sur les mesures contre la vie chère. Nous saluons le mouvement à l’université qui a obtenu le gel, pour deux ans, des suppressions de postes d’enseignants-chercheurs.

Plus légitime que jamais, l’exigence de choix politiques, économiques, écologiques et sociaux différents grandit dans le pays, en Europe et dans le monde. Elle conteste et combat les logiques de la mondialisation capitaliste, les appétits de profits et de rendements financiers exorbitants et la mise en concurrence basée sur le dumping social et fiscal.

Des mobilisations importantes continuent de se déployer et de se renforcer. C’est vrai dans l’université, la recherche, la santé, la poste et d’autres secteurs publics. C’est vrai dans de très nombreuses entreprises privées où les plans de licenciement, de chômage partiel et de compression salariale frappent quotidiennement. Tout cela confirme le besoin d’unité pour construire le rapport de force le plus large.

Si la grève en Guadeloupe a fini par être entendue, la surdité du Président de la République, du gouvernement et du Medef à l’égard des revendications que la journée d’action unitaire du 29 janvier et les grèves dans l’ensemble des Antilles et à l’ile de la Réunion ont portées, continue. Dans ces conditions, les organisations syndicales ont unanimement confirmé la tenue d’une grande journée de grèves et de manifestations le 19 mars prochain.

Conscientes que l’unité est une force essentielle face à l’obstination gouvernementale et patronale, comme le montre le mouvement des Antilles, les organisations de gauche signataires de ce texte appellent à soutenir et à amplifier ces mobilisations, à réussir le 19 mars une très grande journée de protestation et de propositions, plus forte encore que celle du 29 janvier. Elles souhaitent contribuer, dans la diversité de leurs positions, à amplifier dans ces mouvements, le débat et l’action sur les nouveaux choix politiques alternatifs aux logiques actuelles nécessaires et utiles pour répondre aux mobilisations sociales.

Cela concerne notamment l’opposition aux suppressions d’emplois et à la précarisation, dans le privé comme dans le secteur public, l’augmentation des salaires, du SMIC, des minimas sociaux et des retraites ; la défense et le développement des services et de l’emploi publics ; la réorientation des richesses du pays vers le développement de productions et de services susceptibles d’engager notre pays dans un tout autre mode de développement fondé sur la satisfaction des besoins sociaux dans le respect des équilibres écologiques.


Et en plus, il devrait faire beau !!!

Rêve général !!!


19 mars 2009 grève générale
Uploaded by loran2rouen

Allez voir ailleurs !

Allez, pour aujourd'hui, trois liens symptomatiques:

Une virée chez Superno pour voir comment les gentils patrons s'occupent de leurs employés ...

Une virée chez Plume de Presse pour voir comment la novlangue est devenu le langage officiel de la Republique ("Notre rapprochement avec l’Otan conforte l’indépendance nationale mais notre éloignement proclamé mais non réalisé avec l’Otan limite notre indépendance nationale")

Et enfin une hilarante et pathétique vidéo d'un commando d'élite chez CSP. (Attention les images sont d'une rare violence) ...

Napalm, masque, et tuba...

"La recherche de solutions à la crise qui se proposent d’amplifier les raisons de la crise ont double injustification : morale et objective et ce sont quelque part des des pompiers qui mettent de l’essence dans les lances à eau, tout en réclamant des moyens plus efficaces, du napalm par exemple."

Commentaire Copas, sur le blog de Paul Jorion (lecture salutaire pour tenter de comprendre quelque chose au Grand Chambard), en réaction au commentaire (savoureux) de Trichet à propos des salaires :
"Lors d’une récente visite à Dublin, Jean-Claude Trichet, le président de la Banque centrale européenne, a appelé les gouvernements “à poursuivre des politiques de dépenses courageuses, en particulier en matière de salaires dans le public”. Pour lui, l’Irlande, et tous les pays de la zone euro qui ont connu une expansion rapide ces dernières années, ont intérêt à réduire les salaires, afin de regagner en compétitivité, sans vivre au-dessus de leurs moyens."


La revolte et la force

Je lis régulièrement CSP, et je partage le plus souvent ses constatations, mais beaucoup plus rarement ses conclusions.
Je me suis longtemps demandé pourquoi, et je pense avoir trouvé: D'une situation intolérable (pour faire court, l'ultralibéralisme glouton et irresponsable qui pourri tout ce qu'il touche), il tire le plus souvent des conclusions de haine et de violence. Ce ne serait pas si grave s'il n'était pas -de fait- l'une des voix du NPA, bientôt le premier parti d'opposition-avec-des poils.

La rhétorique de CSP est rodée: ceux d'en face, ces enfant de salauds, ces ordures protéiformes, nous haïssent du fond des tripes, et leur violence sociale est sans limite; en conséquence, notre haine doit être réciproque et ils doivent prendre notre violence en retour dans les gencives, entre autre *.
Deux exemples:

"Vous avez vu et entendu les gens présents dans cette vidéo et vous avez eu envie de leur faire mal. C'est naturel. Vous avez vu qui ils étaient et comment ils se comportaient, et vous avez senti s'épanouir en vous une haine féroce, [...] Et c'est très bien. [...] Vous avez envie de ravager leur monde."
(source ici)

"Non, vraiment, rien à faire. Je hais ces gens. J'insiste : ce n'est pas de la "détestation", ça n'a rien à voir avec de "l'indignation" je ne me sens même pas en "colère", ni quoi que ce soit de similaire qui puisse passer pour une émotion passagère et "présentable". Acceptable. [...]Je hais, et j'assume. Ce que je ressens, c'est de la haine, et ressentir de la haine en ces temps de Réaction décomplexée, c'est normal. Mieux : c'est bien."
(source ici)

Quelques définitions:
"La haine est un sentiment de répulsion intense éprouvé à l'égard de quelqu'un (parfois quelque chose). Il s'agit en définitive d'un désir de destruction de l'objet (être ou chose) sur lequel il porte." (Wikipedia).


Selon cette définition, il est aussi acceptable de haïr ce système aliénant qu'il est est intolérable de haïr les humains qui vivent dans et de ce système. Parce que nous vivons tous, de façon plus ou moins directe, dans ce système. Cette haine est fondamentalement auto-destructrice. On ne peut rien construire sur de la haine.
Ce qui n'empêche pas d'être profondément révolté. Et cette révolte n'est pas forcement "présentable", et encore moins "passagère"
.

"La révolte est un sentiment d’indignation et de réprobation face à une situation. Une révolte est aussi, dans un sens plus précis, le refus actif d'obéir à une autorité. Elle correspond donc à une large gamme de comportements : non respect des normes sociales, désobéissance, tentatives d’insurrection, mutineries, rébellions…" (Wikipedia)
La révolution ** échouera si elle porte en elle la haine de l'autre.
Une saine et profonde révolte, qui vient du ventre, et qui se base sur la conviction intime que le système libéral est fondamentalement nuisible, autoritaire et destructeur, est bien plus puissante qu'un sentiment de haine, focalisé sur des pantins. Cette révolte me permet au moins de concilier mes conviction pacifistes et l'urgence de la situation. Je suis convaincu que notre avenir radieux, il faudra le construire sur un champs de ruine, et la haine n'a rien à voir là-dedans.

CSP manie sa plume comme un rasoir. Je pourrait bien me retrouver sanglant et humilié en place publique. Mais la nuance entre la révolte et la haine, entre la force et la violence me parait fondamentale, alors que le futur est furieusement incertain, et qu'il est si facile de se fourvoyer...


* Il existe aussi des supplices raffinés pour Frederic Lefebvre. Dans des cas aussi extrêmes, je ne peux pas lui donner tort.
** Je parle de révolution au sens le plus large, "tout changement ou innovation qui bouleverse l'ordre établi de façon radicale" (Wikipedia).

les bourgeois


There is No Alternative...

TINA ("il n'y a pas d'alternative"):
"Cette phrase a été prononcée par Margaret Thatcher lorsqu'elle était Premier ministre du Royaume-Uni, pour défendre l'idée que la seule voie d'évolution des sociétés humaines est le libéralisme, dont le marché libre, le capitalisme et la mondialisation sont les expressions naturelles."
Wikipedia



A lire sur le sujet, une criante allegorie chez Rue Affre: Le jour ou TINA le quitta

Nous y sommes.

Je reprends ici un texte de Fred Vargas, qui commence à bien circuler...
Le texte a été écrit sur le blog d'Europe Ecologie
Merci au Clampin Vince pour le texte.
Je me suis permis, une mise en page perso, Vargas étant semble-t-il plus douée pour l'écriture que pour l'édition...


"Nous y voilà, nous y sommes.
Depuis cinquante ans que cette tourmente menace dans les hauts-fourneaux de l’incurie de l’humanité, nous y sommes.
Dans le mur, au bord du gouffre, comme seul l’homme sait le faire avec brio, qui ne perçoit la réalité que lorsqu’elle lui fait mal. Telle notre bonne vieille cigale à qui nous prêtons nos qualités d’insouciance. Nous avons chanté, dansé.
Quand je dis « nous », entendons un quart de l’humanité tandis que le reste était à la peine. Nous avons construit la vie meilleure, nous avons jeté nos pesticides à l’eau, nos fumées dans l’air, nous avons conduit trois voitures, nous avons vidé les mines, nous avons mangé des fraises du bout monde, nous avons voyagé en tous sens, nous avons éclairé les nuits, nous avons chaussé des tennis qui clignotent quand on marche, nous avons grossi, nous avons mouillé le désert, acidifié la pluie, créé des clones, franchement on peut dire qu’on s’est bien amusés.
On a réussi des trucs carrément épatants, très difficiles, comme faire fondre la banquise, glisser des bestioles génétiquement modifiées sous la terre, déplacer le Gulf Stream, détruire un tiers des espèces vivantes, faire péter l’atome, enfoncer des déchets radioactifs dans le sol, ni vu ni connu.
Franchement on s’est marrés.
Franchement on a bien profité.
Et on aimerait bien continuer, tant il va de soi qu’il est plus rigolo de sauter dans un avion avec des tennis lumineuses que de biner des pommes de terre. Certes.

Mais nous y sommes.
A la Troisième Révolution. Qui a ceci de très différent des deux premières (la Révolution néolithique et la Révolution industrielle, pour mémoire) qu’on ne l’a pas choisie. « On est obligés de la faire, la Troisième Révolution ? » demanderont quelques esprits réticents et chagrins.
Oui. On n’a pas le choix, elle a déjà commencé, elle ne nous a pas demandé notre avis.
C’est la mère Nature qui l’a décidé, après nous avoir aimablement laissés jouer avec elle depuis des décennies.
La mère Nature, épuisée, souillée, exsangue, nous ferme les robinets.
De pétrole, de gaz, d’uranium, d’air, d’eau. Son ultimatum est clair et sans pitié : Sauvez-moi, ou crevez avec moi (à l’exception des fourmis et des araignées qui nous survivront, car très résistantes, et d’ailleurs peu portées sur la danse). Sauvez-moi, ou crevez avec moi.

Evidemment, dit comme ça, on comprend qu’on n’a pas le choix, on s’exécute illico et, même, si on a le temps, on s’excuse, affolés et honteux. D’aucuns, un brin rêveurs, tentent d’obtenir un délai, de s’amuser encore avec la croissance.
Peine perdue. Il y a du boulot, plus que l’humanité n’en eut jamais.
Nettoyer le ciel, laver l’eau, décrasser la terre, abandonner sa voiture, figer le nucléaire, ramasser les ours blancs, éteindre en partant, veiller à la paix, contenir l’avidité, trouver des fraises à côté de chez soi, ne pas sortir la nuit pour les cueillir toutes, en laisser au voisin, relancer la marine à voile, laisser le charbon là où il est –attention, ne nous laissons pas tenter, laissons ce charbon tranquille- récupérer le crottin, pisser dans les champs (pour le phosphore, on n’en a plus, on a tout pris dans les mines, on s’est quand même bien marrés).
S’efforcer. Réfléchir, même. Et, sans vouloir offenser avec un terme tombé en désuétude, être solidaire. Avec le voisin, avec l’Europe, avec le monde.
Colossal programme que celui de la Troisième Révolution.
Pas d’échappatoire, allons-y. Encore qu’il faut noter que récupérer du crottin, et tous ceux qui l’ont fait le savent, est une activité foncièrement satisfaisante. Qui n’empêche en rien de danser le soir venu, ce n’est pas incompatible. A condition que la paix soit là, à condition que nous contenions le retour de la barbarie –une autre des grandes spécialités de l’homme, sa plus aboutie peut-être. A ce prix, nous réussirons la Troisième révolution. A ce prix nous danserons, autrement sans doute, mais nous danserons encore."

Fred Vargas