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Si ça continue ça va pas durer

Le libéralisme tue


Et oui.
On s'en doutait, remarquez...
Mais maintenant, on en a la preuve:
"Une horde de consommateurs excités par les soldes a écrasé l'employé qui était venu ouvrir les portes du magasin. Il n'a pas survécu.[...]La chaîne Wal-Mart[...] a déploré un accident "tragique". L'employé tué était un intérimaire." (dixit Nouvelobs)

Ça calme, hein... imaginez la trouille bleue de ne pas avoir les 30% de rabais sur l'indispensable inutile qui pousse une foule à se comporter en meute, en troupeau affolé.

Imaginez qu'a chaque achat compulsif, ce sont les mêmes schéma qui sont en action: peur du manque, plaisir fugitif et immédiat, impression de faire une action réfléchie, alors que c'est le conditionnement de consommateur qui joue son rôle...


Autre sujet, la maréchaussée et les vilain(e) juge, qui ne font qu'a tourmenter les puissants. A l'unisson, les P"S" et l'UMP demande (prestement, à croire que le sujet est aussi brûlant que l'ultragauche) une enquête sur le réveil matinal difficile de Filippis. Je lis sur Libé :
"Le traitement subi par le responsable de Libération, arrêté dans le cadre d'une affaire de délit de presse non passible de prison, paraît surréaliste", s'indigne M. Lefebvre dans un communiqué.

Si M. Lefebvre, dans un communiqué (s'indigne), c'est que ça doit être grave.
Plus grave en tout cas que que c'est Rachid ou Mamadou qui doit "tousser trois fois", le calbut aux chevilles, des fois qu'une ADM se cacherai dans son odorant orifice.
Comme le souligne Eolas (qui sait de quoi il parle), "Cette affaire, frappant un journaliste,[...]va attirer un temps l'attention des médias sur ce scandale quotidien qui ne provoque qu'indifférence parce que d'habitude, le monsieur qui tousse avec son slip autour des chevilles, il s'appelle Mohamed, ou il a une sale tête.
À quelque chose malheur est bon : cela rappelle que ces lois qu'on ne trouve jamais assez dures quand elles frappent autrui, elles s'appliquent à tout le monde. Et un jour, elles peuvent aussi s'appliquer à vous. Vous verrez comme elles vous protègent, ce jour là".

Sinon, le talent chez Vive le Feu ! souligne cruellement son absence chez d'autres, et ce n'est pas avec une phrase aussi bancale que je vais me faire mentir...
EDIT: ce billet a été modifié pour y intégrer les indignations de M Lefebvre (dans un communiqué) concernant les réveils difficile de Filippis. Il semblerait que la mouvance anarcho-autonome soit hors de cause.
Il semblerai également que les 12 de Tarnac ne soient pas liés aux morts chez Wal-MArt (en période de solde). Il

des espoir(s)

Pour tous ceux, gauchistes chevelus, humanistes lettrés, anarcho-scientifiques, curieux souriant de tous poils, qui plaçaient un espoir démesuré en Barack Obama, je dis dommage.
Bakchich publie aujourd'hui un article sur la composition de son futur gouvernement, qui donne une bonne idée de ce qui va se faire dans les prochaines années, loin des beaux discours et des promesses électorales.

Pour Bakchich,
"Il est maintenant clair que Barack Obama est en train de former un gouvernement de centre-droite".
Ah ouais, ça fait mal aux dents.

On continue:

"[...]le futur secrétaire au Trésor de Barack Obama, Timothy Geithner, [est] un proche de l’éminence grise de Citigroup, Robert Rubin. Ce dernier a été le secrétaire au Trésor de Bill Clinton et est la bête noire de l’aile progressiste du parti démocrate".

(Au passage, Citygroup vient de se faire sauver des eaux noires de la banqueroute par un gros sauvetage financier, le plus gros même qu'aucun gouvernement n'ai jamais osé: "Le 23 novembre 2008, suite à une baisse du cours des actions de Citigroup d'environ 70%, le gouvernement fédéral américain a garanti plus de 300 milliards USD de ses actifs en échange d'une prise de participation dans l'entreprise pour 27 milliards USD." (Source Wikipedia). N'y voir (bien sur) aucune coïncidence.)

"[Geithner] est cordialement détesté par les progressistes à cause de sa ligne politique qui favorise les barons de Wall Street dont Rubin est le grand manitou. C’est lui qui est à l’origine de l’abrogation dans les années 90 de la loi dites Glass-Steagal qui a réduit à néant les systèmes de régulation des banques mis en place [...] par[...]Roosevelt. Et c’est justement cette abrogation qui a permis aux banques de s’engager dans la spirale infernale des produits dérivés « pourris » à l’origine de la crise financière qui sévit aujourd’hui.".
Ça fait plaisir, hein ? Un dealer de crack va se faire nommer médecin au chevet du junkie qui est en train de crever d'une overdose (et est déjà en train de lui refiler sa dope).

Pour la bonne bouche, Bakchich ajoute:
"Quand Rubin a quitté l’administration Clinton, il a utilisé l’abrogation de cette loi pour construire le géant Citigroup avec la complicité de son ancien député au Trésor, Larry Summers, un autre architecte de la dérégulation qui vient d’être nommé chef des affaires économiques à la Maison-Blanche par Barack Obama…".

De l'espoir, vous aviez donc de l'espoir ?




Le fascisme c'est la gangrène

Témoignage d'un prof, lu sur Plume de presse (ici) d'une descente de flics dans un collège. Plus que l'intervention elle même, c'est le mode opératoire qui est inadmissible.

Mais au fait, de quoi Sarkozy serait-il le nom ?
Alors malgré Benasayag, qui montre (de belle façon) sur Rue89 qu' assimiler Hortefeux à Vichy, et une aberration", forces est de constater que les méthodes utilisées par le gouvernement pour contrôler sa population sont de plus en plus fascisantes, et que la force brute n'est (évidement) pas au service de l'intelligence.

Plus que jamais "police partout, justice nul part"

" Je fais cours quand, tout à coup, sans prévenir, font irruption dans le lieu clos de mon travail quatre gendarmes décidés, accompagnés d’un maître-chien affublé de son animal. Personne ne dit bonjour, personne ne se présente. Sans préambule, le chien est lancé à travers la classe. Les élèves sont extrêmement surpris. Je pose des questions aux intrus, demande comment une telle démarche en ce lieu est possible. On ne me répond pas, j’insiste, on me fait comprendre qu’il vaut mieux que je me taise. Les jeunes sont choqués, l’ambiance est lourde, menaçante, j’ouvre une fenêtre qu’un gendarme, sans rien dire, referme immédiatement, péremptoirement. Le chien court partout, mord le sac d’un jeune à qui l’on demande de sortir, le chien bave sur les jambes d’un autre terrorisé, sur des casquettes, sur des vêtements. La bête semble détecter un produit suspect dans une poche, et là encore on demande à l’élève de sortir. Je veux intervenir une nouvelle fois, on m’impose le silence. Des sacs sont vidés dans le couloir, on fait ouvrir les portefeuilles, des allusions d’une ironie douteuse fusent. Ces intrusions auront lieu dans plus de dix classes et dureront plus d’une heure. Une trentaine d’élèves suspects sont envoyés dans une salle pour compléter la fouille. Certains sont obligés de se déchausser et d’enlever leurs chaussettes, l’un d’eux se retrouve en caleçon. Parmi les jeunes, il y a des mineurs. Dans une classe de BTS, le chien fait voler un sac, l’élève en ressort un ordinateur endommagé, on lui dit en riant qu’il peut toujours porter plainte. Ailleurs (atelier de menuiserie-charpente), on aligne les élèves devant le tableau. Aux dires des jeunes et du prof, le maître-chien lance : « Si vous bougez, il vous bouffe une artère et vous vous retrouvez à l’hosto ! » Il y a des allées et venues incessantes dans les couloirs, une grande agitation, je vois un gendarme en poste devant les classes. J’apprendrais par la suite qu’aucun événement particulier dans l’établissement ne justifiait une telle descente. La stupeur, l’effroi ont gagné les élèves. On leur dira le lendemain, dans les jours qui suivent qu’ils dramatisent."

De l'humour ?

Allez vite voir ce site, de la BD militante qui va bien...


versus

Une petite tranche de manichéisme pour aujourd'hui.
Ma liberté est a ce prix.


on a tellement envie d'y croire...

Merci Napakatbra (Les mots ont un sens ) pour le lien vers cette vidéo désabusée...


Que le contrat social est une monstruosité

Je suis en train de lire un bon gros pavé, "l'anthologie de la subversion carabinée" de Noël Gaudin, dans lequel je trouve des perles.
Je ne veux pas discuter de la philosophie de Bellegarrigue, mais juste transmettre un texte à la logique simple(simpliste), qui en fait sa force.

"[...]quand bien même tout le peuple français consentirait à vouloir être gouverne dans son instruction, dans son culte, dans son crédit, dans son industrie, dans son art, dans son travail, dans ses affections, dans ses goûts, dans ses habitudes, dans ses mouvements, et jusque dans son alimentation, je déclare qu'en droit, son esclavage volontaire n'engage pas plus sa responsabilité que sa bêtise ne compromet mon intelligence: et si, [...] sa servitude s'entend sur moi sans qu'il me soit possible de m'y soustraire, et s'il est notoire [...] que la soumission de [...] huit millions d'individus à un ou plusieurs hommes entraîne ma soumission propre a ce ou ces mêmes hommes, je défie qui que ce soit de trouver dans cet acte autre chose qu'un guet-apens, et j'affirme que [...] la barbarie d'aucun peuple n'a exerce sur la terre un brigandage mieux caractérisé. [...]
Les masses, encore trop dociles, sont innocentes de toutes les brutalités qui se commettent en leur nom, et à leur préjudice; elle en sont innocentes, mais elles n'en sont pas ignorantes; je crois que, comme moi, elles les sentent et s'en indignent; je crois que, comme moi, elles ont hâte d'en finir"


Anselme Bellegarrigue, L'Anarchie, Journal de l'orde, in Anthologie de la subversion carabinée, Noël Gaudin, ed. l'âge d'Homme, p68-69.

des gagnants des perdants

Une trouvaille extraite de l'indispensable Article 11, "A propos de ce nouveau et absurde chiffon rouge que le pouvoir a décidé d’agiter, créant de toutes pièces un ennemi intérieur jusqu’alors inexistant [...]on retiendra la lumineuse analyse de l’éditeur de l’Insurrection qui vient, Eric Hazan.

[...] "Tous les moyens sont bons pour construire l’ennemi intérieur. Construire l’ennemi intérieur, c’est très important pour un pouvoir qui tient en partie la route par l’inflation policière. Il faut justifier l’empilement de lois antiterroristes, qui n’ont plus rien à voir avec le droit. L’ensemble des forces antiterroristes, aujourd’hui, est énorme, avec un outillage technique extrêmement élaboré. Il faut justifier cet appareillage légal et militaire.

L’antiterrorisme n’a rien à voir avec le terrorisme. C’est un mode de gouvernement.[...]Quand on voit dans les gares et les aéroports, les soldats en treillis et en armes, ce n’est évidemment pas destiné à dissuader d’éventuels suppôts de Ben Laden. C’est pour que la présence de gens en armes dans les gares et les aéroports nous paraisse, à nous autres, les braves gens, normale. Parce qu’un jour, ça aura son utilité.

Dans l’affaire qui défraie les journaux en ce moment [les histoires de "sabotage" SNCF et de "mouvances d'ultra-gauche anarcho-autonome"] , comme dans celles qui ont valu les arrestations de jeunes gens fin 2007 et début 2008, où on a trouvé des fumigènes et d’autres substances, la police a construit de toutes pièces le mouvement anarcho-autonome. Il n’existe pas. C’est une pure construction des renseignements généraux, reprise par la presse avec une docilité digne d’éloges. [c'est moi qui graisse]. Avec si peu de fondement qu’en ce qui concerne les jeunes arrêtés début 2008, ils ont été obligés de les relâcher. Ça ne tenait pas la route mais ça préparait le terrain pour ce que nous vivons en ce moment."

Juste une précision: même si les sauvages aux pouvoir (ici, ici, ou encore, liste méchamment non exhaustive) commencent à me les briser menues, je n'ai aucune sympathie particulière pour une insurrection (qui vient ?) qui n'aurait aucun autre but qu'elle-même.
Imaginer vivre dans une guerrilla permanente, jouissive et meurtrière, sans idéal, sans utopie, sans but autre que le feu pour le feu ne me tente pas plus que ça.
D'autant que le bouquin n'est pas franchement bien écrit...

Contrairement à ça:


journée sans achat

Hein ?

Une journée sans achat?

Alors que la croissance, comme l'affirme Fi(ll)on est -comme c'est poétique- "dans une situation où on a un filet de croissance, même très très faible".
Naaaan, pas une bonne franche récession, un filet de croissance...

hum...

Ben oui, donc, une journée sans achats, parce que de toute façon, le filet de croissance risque bien de se transformer en une récession qui va faire mal. Autant s'y habiter des maintenant, et prôner la décroissance douce.

Quitte a manger des topinambours, autant prendre le temps de savoir les préparer...


Merci Superno pour le billet tout cuit que je me suis contenté de reprendre...


Port Nawak

"Il faut se méfier des périodes de crises, surtout économiques, qui ont tendance à jeter les groupes les uns contre les autres, à la recherche de responsables"

Qui a sortie cette belle évidence humaniste ?

Un indice: ce n'est pas BHL...

Non, c'est le grand,

le trrrrès grand Xavier Darcouches, et à propos des vilaines reconduites à la frontières de son pote Hortefeux ???

Que nenni, "Le ministre de l’Education craint que la crise économique actuelle ne réactive des réflexes antisémites,[...]", nous dit Libé dans un torchon à la "vas-y-que-je-reprend-la-dépêche-AFP-et-que-je-te-brode-un-truc-vendeur-en-5-(cinq)-minutes-coco" ...

Heu... Et sinon, elle est bonne la came chez Libé ?

Un bouc émissaire ?

Un bouc émissaire ?

Les pauvres ne sont pas les boucs émissaires d'un système en faillite ?
Les malades ne sont pas les boucs émissaires d'un système en faillite ?
Les chômeurs ne sont pas les boucs émissaires d'un système en faillite ?
Les fonctionnaires, plutôt, non plus ne sont pas les boucs émissaires d'un système en faillite ?
Et surtout,
...surtout, les sans papiers ne sont peut-être pas les putains de boucs émissaires d'un système en faillite ?

Les odieux chiffrages de reconduites aux frontières concernent les sans papiers, ou le "lobby juif" (sic) ?
Que le gouvernement nous enfume, on a l'habitude (en même temps, c'est un peu son boulot)...

Mais les journaleux, comment dire...
Comment dire ?

Au lieu de me faire un ulcère, je vais citer Coluche: "Les journalistes ne croient pas les mensonges des hommes politiques, mais ils les répètent ! C'est pire !".


Ha si, une bonne (?) nouvelle: Mélanchon a (enfin) décidé de claquer la porte du P"S". Lire ici

.

Applaudir ou faire la fine gueule ?

Alors, applaudir ou faire la fine gueule ?

Ben... les deux mon général. ...
D'un coté, comme le souligne Fontennelle, "[...]je n’ai, tu sais quoi ?
Aucune espèce d’envie de bouder mon plaisir[...]"


D'un autre, comme l'assène Agnès Monolecte, "[...]selon toute vraisemblance, la déception sera à la hauteur de l'espoir insensé qui va probablement donner à Obama le job le plus pourri de la planète : celui de président d'un pays totalement ruiné, lessivé, avec une population qui s'enfonce dans la misère, des retours de manivelle annoncés en cascade, que ce soit du point de vue social, politique, géostratégique, diplomatique, environnemental et bien sûr économique."

Allez, une petite zique, improbable et réjouissante...



Tout est dit !

Un bon coup de gueule chez Mélanchon (ici) devant la vacuité et la mollesse du P"S":

"Tout creuse l’écart, quand point par point la réalité est à l’inverse des discours. Et rien ne vient combler l’écart.
Travailler plus pour gagner plus : bernique. Produire vert : foutaise. Développer la recherche et la créativité : tous les postes de direction de la recherche sont supprimés dans ces boites. L’Europe qui nous protège: les gens pensent qu’on les prend pour des idiots. L’Europe ce n’est pas la solution, c’est le problème. Et ainsi va la vie.
La crise financière devient une crise économique qui devient une crise sociale qui arme à son tour les ressorts de la crise politique. La crise politique c’est ça: ceux d’en bas n’en peuvent plus de constater que leur sort ne devient jamais un sujet politique. [...]
Dans toute cette histoire ce qui est archaïque et très dix neuvième siècle, c’est juste qu’en face de la violence de l’exploitation et des licenciements, les mots de la lutte de classe aient disparus de la bouche des porte paroles politiques tandis que sa réalité se vautre sur les gens et les étouffe sans que la chose ait un nom pour la nommer."


Allez aussi lire la belle synthèse de Superno (ici) sur l'absurdité de la croissance.

"Le système capitaliste s’est écroulé : ils l’ont sauvé, avec l’argent de l’Etat, notre argent. Pour faire passer la pilule, ils ont dit qu’ils nous sauvaient en même temps. Ils veulent maintenant le réguler. Mais en fait, ils inventeraient n’importe quoi pour le garder.
La folie et la débilité du système financier sont apparus au grand jour : ils veulent le réformer. Mais en fait, ils inventeraient n’importe quoi pour le conserver et pouvoir continuer leurs conneries.
La course à la croissance est le point commun de tous les problèmes sociaux et environnementaux : ils prétendent faire la croissance verte. Mais en fait, ils créeraient n’importe quel écran de fumée pour préserver le dogme de la croissance.
La crise économique qui arrive encore plus vite que prévu va plonger des millions de gens modestes dans la dèche. Pour ceux-là, il n’y aura plus de milliards, même virtuels. Ils seront désolés, mais ils ne feront rien.
Avec le plus parfait cynisme, ils traitent de fous et d’extrémistes les individus pondérés, raisonnables, réalistes et clairvoyants qui osent prôner la Décroissance comme remède à la catastrophe de la croissance.
Mais qui sont les fous et les extrémistes, sinon ces charlots prétentieux qui nous emmènent dans le mur, tout droit, à grande vitesse et en klaxonnant ? Ne les laissons pas faire ! Dénonçons sans relâche les guignols, les charlatans, les usurpateurs ! Et la prochaine fois, ne nous trompons surtout pas de bulletin de vote !"


Tout (ou presque) est dit.