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Si ça continue ça va pas durer

Europe Ecologie : le Manifeste

Je reprends ici des extraits du manifeste d'Europe Ecologie, rassemblement pour les prochaines elections européennes. Le site du rassemblement ici.
Les idées exposées dans ce manifeste rejoignent assez précisément mes préoccupations politiques. En particulier, et par rapport au NPA de Besancenot qui reste dans une optique productiviste, on peut lire dans ce manifeste, noir sur blanc :"décroissance des flux de matière et d’énergie sans recours au nucléaire ou aux agrocarburants..."
Allez jeter un oeil chez Superno, le taulier y présente également ce manifeste, avec une intéressante discussion critique des participants.


(les passages en gras le sont de mon fait)
"L’histoire est en suspens car la déraison s'est emparée du monde. […]Soit la trajectoire d’effondrement dans laquelle s’inscrit la mondialisation du tout marché et de la prédation aveugle se prolonge, et l’on verra la conjonction des crises […]précipiter la planète dans une régression sans précédent ; soit les sociétés humaines se ressaisissent, refusant la spirale de l’excès, des fractures sociales et du découplage avec la nature, et alors surgiront les forces porteuses des réformes nécessaires pour échapper au chaos et tracer l’horizon d’une nouvelle espérance. Il est urgent de se rassembler pour y concourir. Ni demain, ni peut-être. Maintenant et résolument ![…]

D’abord, il faut rompre ! Rompre avec cette logique autodestructrice. Rompre avec les impostures de l’accompagnement social et écologique d’un système condamné ; rompre avec les illusions qui tentent seulement d’en corriger les débordements et qui s’épuisent à réguler l’irréversible ; rompre avec le fatalisme qui conduit à s’accommoder d’une situation douloureuse pour la majorité des hommes et des femmes de la planète et pour l’avenir de nos enfants. […]Rompre, c’est s’en prendre enfin aux racines, au sein du système économique et social comme au cœur de nos pratiques individuelles ; c’est modifier l’architecture de la mondialisation aussi bien que transformer l’imaginaire de chacun. Agir sur les structures de nos sociétés et travailler en même temps à une insurrection des consciences […].

L’urgence commande donc de réunir les conditions collectives pour que la trajectoire humaine s’engage sur une autre voie. Autre projet de société, autre modèle de civilisation… le chemin passe par la refondation progressive et pacifique de nos manières d’être et de vivre, ensemble et individuellement. Ni surenchère utopique, ni ivresse révolutionnariste, l’objectif que nous devons poursuivre consiste à ouvrir les pistes d’un horizon émancipateur, redonnant sens au progrès et consistance à l’espoir. Nous n’affichons ni lendemains qui chantent ni programmes miracles. […]

Quelques soient leurs référentiels idéologiques, les partis politiques dominants bégaient devant les défis du nouveau siècle, refusant l’obstacle du grand tournant nécessaire. Ils restent liés à un type de développement insoutenable, fondé sur le mythe d’une progression exponentielle des richesses et, au final, sur le diktat absurde de la croissance pour la croissance. Chacun à leur façon, ils persévèrent dans la reproduction de mécanismes de plus en plus aliénants.[…]

[Le] modèle alternatif [que nous proposons] n’est inscrit dans aucun dogme ni bréviaire, même s’il est attaché aux meilleures traditions humanistes, en particulier l’opposition radicale au racisme, à l’antisémitisme, au sexisme et à toute forme d‘ostracisme et de domination. Il se construira pas à pas, à partir des besoins de bientôt sept milliards d’individus, de l’intérêt collectif des peuples de la terre, de la protection des biens communs et de l’extension des services publics, du partage des ressources et du respect des équilibres du vivant. Il se fondera sur les valeurs de justice sociale et de solidarité planétaire, de sobriété et de conscience des limites, de droits humains et de dialogue démocratique. Il orientera progressivement les activités vers une réduction de l’empreinte écologique, impliquant de nouvelles façons de consommer, de produire, de se déplacer, de travailler, d’échanger, d’innover, d’habiter les villes et les territoires et de faire ensemble société. Il encadrera rigoureusement les mécanismes du marché et leurs prolongements financiers. Il stimulera la recherche scientifique et la créativité industrielle selon une perspective compatible avec les besoins réels et les limites de la biosphère.

[…] Le moment est venu pour que les Européens s’emparent et s’identifient à la perspective politique d’une Europe solidaire et durable. En installant la mutation écologique et sociale comme colonne vertébrale de la communauté de destin des peuples européens, l’Europe deviendrait le moteur d’un nouveau foyer de civilisation.
Soyons lucides mais n’ayons pas peur. La crise globale qui menace la civilisation humaine peut être surmontée. Sauf à consentir honteusement au désastre, l’humanité se trouve dans l’obligation de réagir et de changer de cap. Elle en a les moyens. Il lui manque l’objectif. L’intensité de la crise offre paradoxalement une opportunité historique de jeter les bases d’un nouveau monde en puisant dans les meilleures valeurs du patrimoine humain, de mobiliser les intelligences et les énergies pour encourager leur créativité, de rénover la démocratie et de réhabiliter la politique. Avec l’Europe écologique et sociale, nous avons l’occasion de reprendre en main notre destin pour vivre mieux. A nous tous de la saisir ! […]"

L'histoire des choses

Cette petite vidéo peut sembler un peu simpliste, et un esprit chagrin pourrait même la juger imprécise.
Mais elle a le mérite d'exister et des décrire le cycle extraction-production-consommation-évacuation de façon claire.
Et comme elle a été faite pour des américains, vous pouvez la diffuser, et la montrer à des gamins. Même, il faut la montrer à des gamins.
Pour nous (je parle globalement de la tranche 20-50 ans des pays industrialisés, n'ayons pas peur des généralités) c'est foutu. La consommation hardcore est dans nos mœurs, dans notre sang. Quel age a ton ordinateur ?
Ton Ipod ?
Ton hélicoptère radiocommandé ?
Ta paire de ski ?
Ton appareil photo ?
Ton téléphone ?
Ton...

Montrez cette vidéo aux gamins, il en va de leur survie (*). La consommation est une drogue dure, il ne faut pas commencer.

Trop tard...

(*)Et ce n'est pas une facilité de langage ou un rond de jambe rhétorique, je le pense vraiment.

l'arrache au taquet (en vitesse)

Superbe interview de François Ruffin chez Article 11 dont je vous livre un chouïa. Allez vite la lire en entier, et vous abonner au flux RSS:
"Cet affrontement du capital et du travail est tellement habillé de mots et d’euphémismes que les victimes de la guerre des classes ne voient plus la massue qui s’abat sur elles et se cherchent d’autres responsables. Je cite Patrick Lehingue, professeur de sciences politiques à Amiens, qui explique qu’il « n’y a pas 40 façons, pour les gens, de classer en juste/injuste. Soit c’est le riche contre le pauvre (…), soit c’est le dedans contre le dehors, les Français contre les étrangers, les jeunes contre les vieux ». A partir du moment où la gauche abandonne le conflit principal, celui des classes, ce sont les conflits secondaires qui sont réanimés. Et la droite en joue à merveille, par exemple en opposant à propos de la question des retraites jeunes et vieux, salariés du public contre ceux du privé.
Chronologiquement, cette substitution des responsables se vérifie parfaitement : en 1983 Mitterrand abandonne la dialectique de classe, en 84 Le Pen se taille la vedette à la télé et cartonne à plus de 10% des voix aux élections européennes. Il y a un lien évident de cause à effet : les gens ne se disent plus qu’ils sont au chômage à cause des patrons, mais à cause de l’arabe qui bosse en bas de chez eux…


Également une très belle apologie de la dérégulation sexuelle chez Jean-Pierre Martin:
("Il faudra sans doute abroger la loi sur le harcèlement sexuel votée par la gauche qui freine gravement notre compétitivité. Quant à la dépénalisation du viol, c'est un débat dont la France ne pourra pas s'affranchir.")



y'en a pas un sur cent (et pourtant ils existent)


Comme une faille...

Il fait beau, et j'ai des geraniums à rentrer pour l'hiver (qui sera rude, a ne pas en douter *)
Allez donc lire le billet de Cori sur les cordons de la bourses (ici).
Greenspan, le gourou de la secte ultralibérale, garant de la juste main invisible du marché-qui-s'auto-régule, déclare, entre autre:

"J'ai fait une erreur en comptant sur l'intérêt privé des organisations, principalement des banquiers, pour protéger leurs actionnaires."

"La crise a pris une dimension beaucoup plus grande que ce que j'avais imaginé".

"J'ai trouvé une faille dans l'idéologie capitaliste. Je ne sais pas à quel point elle est significative ou durable, mais cela m'a plongé dans un grand désarroi."

"La raison pour laquelle j'ai été choqué, c'est que l'idéologie du libre marché a fonctionné pendant 40 ans, et même exceptionnellement bien".

"Le modèle de gestion des risques tenait depuis des décennies. Mais l'ensemble de cet édifice intellectuel s'est effondré l'été dernier."


On peut légitimement avoir confiance quand le pyromane crie "au feu !".

*Homme blanc rentrer beaucoup de bois...

La machine à abrutir

Vous connaissez mon amour immodéré pour la télévision.
Si non, allez lire ces vœux.

J'ai repéré cette semaine un chouette article Pierre Jourde dans ce ton dans le Diplo d'août (lien ici) Dont je vous livre quelques croustillances.
Le papier en lui-même n'apporte rien de nouveau, mais la conclusion est d'importance. Il confirme ce que je pense, à savoir que la pollution médiatique est responsable d'une bonne partie de ce qui va mal (voir billet précédent).
L'hygiène impose donc de se séparer de la source principale de la nuisance.




"[...]
Les médias ont su donner des dimensions monstrueuses à l’universel désir de stupidité qui sommeille même au fond de l’intellectuel le plus élitiste. Ce phénomène est capable de détruire une société, de rendre dérisoire tout effort politique. A quoi bon s’échiner à réformer l’école et l’Université ? Le travail éducatif est saccagé par la bêtise médiatique, la bouffonnerie érigée en moyen d’expression, le déferlement des valeurs de l’argent, de l’apparence et de l’individualisme étroit diffusées par la publicité, ultime raison d’être des grands groupes médiatiques. Bouygues envoie Jules Ferry aux oubliettes de l’histoire.

Lorsqu’on les attaque sur l’ineptie de leurs programmes, les marchands de vulgarité répliquent en général deux choses : primo, on ne donne au public que ce qu’il demande ; secundo, ceux qui les critiquent sont des élitistes incapables d’admettre le simple besoin de divertissement.[...] L’industrie médiatique ne se fatigue pas : elle va au plus bas.

[...] Les producteurs de télé-réalité [...], les dirigeants des chaînes privées ne sont pas toujours ou pas seulement des imbéciles. Ce sont aussi des malfaiteurs. On admet qu’une nourriture ou qu’un air viciés puissent être néfastes au corps. Il y a des représentations qui polluent l’esprit.

Si les médias des régimes totalitaires parviennent, dans une certaine mesure, à enchaîner les pensées, ceux du capitalisme triomphant les battent à plate couture. Et tout cela, bien entendu, grâce à la liberté.

[...]
Quelle liberté ? La bêtise médiatique s’universalise. L’esprit tabloïd contamine jusqu’aux quotidiens les plus sérieux. Les médias publics courent après la démagogie des médias privés. Le vide des informations complète la stupidité des divertissements. Car il paraît qu’en plus d’être divertis nous sommes informés.
Informés sur quoi ?
[...] Des guerres rayent de la carte des populations entières dans des pays peu connus. Mais les Français apprennent, grâce à la télévision, qu’un scout a eu une crise d’asthme.
[...]
On interpelle les citoyens dans les embouteillages pour deviner s’ils trouvent ça long. Pendant les canicules pour savoir s’ils trouvent ça chaud. Pendant les vacances pour savoir s’ils sont contents d’être en vacances. Ça, c’est de l’information.
[...]
La bêtise médiatique n’est pas un épiphénomène. Elle conduit une guerre d’anéantissement contre la culture. Il y a beaucoup de combats à mener. Mais, si l’industrie médiatique gagne sa guerre contre l’esprit, tous seront perdus."

tout ce qui va mal...

Une image éloquente piquée chez Paul Jorion (cliquer pour zoomer).

...Et quoi ? vous êtes encore delà ?
Allez donc travailler (plus) pour consommer (plus) pour soutenir la croissance, ventrebleu !!!


L'argent dette (encore)

Je revient encore une fois sur cette video, qui se propage sur le net à la vitesse grand-V.
Dans un article sur Rue89, Pascal Riché lui reproche d'alimenter des théories conspirationistes plus ou moins "judéo- maçonique".

Allez lire l'article, ainsi que les commentaire. En deux mots: le caractère hautement pédagogique de la vidéo (ce sur quoi tout le monde semble d'accord) semble terni par des allusions et des sous-entendus malodorants. Accusation qui ne fait pas l'unanimité
A chacun de juger.

EDIT: le blog "les cordons de la bourse" de Nicolas Cori revient sur cette vidéo et sur les sous entendus qu'elle véhiculerait (ici).
Sa conclusion: "[...]je pense que[...]cela ne sert strictement à rien de traquer l'antisémitisme dans des messages qui ne le sont pas a priori, si ce n'est de détourner la question. Et la question importante, c'est le rôle des banques dans l'économie. Et la crise montre qu'il peut être discuté".
Le site d'Arrêt sur Image dissèque également l'objet ici. Et ouvre le débat avec, je le sens, un point de vue plus critique que Cori...
FIN EDIT

Sinon, allez d'urgence sur BetaPolitique lire l'indispensable billet de Raphael Anglade, ici
Je vous en livre la conclusion, un poil sabrée:

"On a pu sauver Wall Street, on pouvait sauver l’Afrique, le Bengladesh ou le tiers monde.
Cette crise vient de faire tomber les masques. Les arrogants théoriciens du "libéralisme" sont venus tendre la sébille. Les gouvernements paniqués ont vidé leurs caisses et développé une ingéniosité sans précédent pour leur sauver la mise. Ce monde marche sur la tête.
Si cette crise ne lance pas le début d’une véritable contre-offensive de gauche[...] nous serons des imbéciles finis aux yeux de l’histoire. Pire, nous serons coupables des morts de cette imbécilité"
.



Et a l'exact opposée, un article du Monde, au titre alléchant comme un vomi au petit matin gris: "Le libéralisme, remède à la crise", par Nicolas Baverez.
Je cite la fin de l'article:
"Parce qu'il parie sur la raison des citoyens, parce qu'il repose sur le respect de l'Etat de droit, parce qu'il fixe un principe de modération et de contrôle des pouvoirs, le libéralisme constitue le meilleur antidote à l'emballement des pulsions collectives et le meilleur guide pour reconstruire le capitalisme du XXIe siècle
Le libéralisme n'est donc pas la cause mais la solution à la crise du capitalisme mondialisé."


C'est oublier que la raison des citoyens a été confisquée par les vendeurs de temps de cerveaux disponibles.
C'est oublier que l'Etat de droit est très mal en point dans les pays fortement neo-libéraux. C'est pas Pinochet qui me contredira.
C'est oublier que ce n'est pas a la sphère économique de "fixer un principe de modération et de contrôle des pouvoirs" (j'ai d'aileur du mal a comprendre ce que cela veut dire).
C'est oublier que c'est le libéralisme -grâce à la maîtrise des moyens d'information-propagande par des vendeurs d'armes (pour faire court)- qui a porté Bush, Sarkozy et Muss Berlusconni au pouvoir (liste non exhaustive), et qui au contraire de ce que pense Baverez, provoque et entretient "l'emballement des pulsions collectives".

Encore une chose, si une bonne louche de cynisme ne vous effraye pas trop. Allez chez superno... Édifiant...

Allez, on se calme, on invite des potes et on discute autour d'une petite bière, d'une petite gnôle...

EDIT: et puis je vient de tomber sur ce billet chez Jean-Pierre Martin. Du grand art !

il ne faut pas s'attendre à une promenade de santé

Le problème, avec le bel automne qui étale ses couleurs sur mes montagnes, c'est que le goût et le temps de pondre un billet digne de ce nom ne sont pas là.
Le monde s'effondre ???
Certes, mais la fondue de ce midi, au soleil de la terrasse valait toutes les actions BNP-PArisbas du monde
Ou presque...

Alors, je vous invite cordialement (avec une ferme insistance, néanmoins) à prendre 50 minutes pour visionner la vidéo "l'argent dette" que j'ai postée il y a quelques jours (voir ici)

Pour vous, j'ai cherché le texte brut qui accompagne cette vidéo, en vain. Si vous avez ça, je suis preneur.
J'ai quand même noté deux phrase qui me semble pertinente:

" C'est bouleversant. Nous dépendons complètement des banques commerciales.
Quelqu'un doit emprunter chacun des dollars qui est en circulation, cash ou crédit.
Si les banques créent amplement de l'argent synthétique, nous prospérons; sinon, c'est la famine.
Nous sommes, absolument, sans système monétaire permanent.
Quand quelqu'un commence a voir l'image globale, l'absurdité tragique de notre situation désespérée est presque incroyable.
Robert H. Hemphill"


et
"Une des plus grande faiblesse de la race humaine, c'est son incompréhension de la fonction exponentielle.
Albert A. Bartlett, physicien"


sinon, vous pouvez toujours allez faire un tour chez le Yeti, avec un billet plein de promesses de changement, de larmes, de sang et de renouveau... C'est ici.
Un extrait pour la route:
"[...] Le temps des grandes négociations n'est plus, n'en déplaise à tes syndicats couilles molles [...]. Ces spectres calcinés n'ont plus rien à marchander. Suffit de les voir, hagards à la télé, pour comprendre qu'ils sont malades. Et dangereux. Comme l'a très bien compris Agnès Monolecte, vont juste essayer de nous sucer le sang autant qu'ils pourront. Nous n'avons plus qu'une issue, toi et moi : entrer dans « l'âge de faire. ».
Comprends-moi bien, mon petit peuple, je ne te dis pas ça pour alimenter les élucubrations des groupuscules d'adorateurs de "grand soir". Je ne dis pas ça non plus pour que dès demain matin tu cours au sacrifice, fourche à la main, dans les rues assoiffées de vengeance. Je dis ça pour que ça murisse bien dans ta tête, que tu te persuades, non pas que c'est possible, mais que ça n'est plus impossible. Et que ça va même devenir sacrément vital. [...]. On est au pied du mur, toi et moi. Saisissons la moindre chance historique d'inverser la course folle au suicide collectif et à l'indignité.
T'es prêt ?
"

Et dans le même ton, une analyse sur le long terme de Immanuel Wallerstein dans Le Monde (et oui, ici...) qui change des élucubrations démenties dans la semaine des pantins qui s'agitent en faisant croire qu'ils régleront le problème en bougeant très vite et en sortant des sous qui n'existent pas d'un chapeau virtuel:
"La situation devient chaotique, incontrôlable pour les forces qui la dominaient jusqu'alors, et l'on voit émerger une lutte, non plus entre les tenants et les adversaires du système, mais entre tous les acteurs pour déterminer ce qui va le remplacer. Je réserve l'usage du mot "crise" à ce type de période. Eh bien, nous sommes en crise. Le capitalisme touche à sa fin."

Et il ne faut pas s'attendre à une promenade de santé....

L'argent dette (Paul Grignon), (ou se coucher moins bête ce soir...)

Bon, ok, ça ne va pas vous rendre vos sous si, sur les conseils de Investisafe.com vous avez mis tous vos sous dans Lehmann Brothers le mois dernier ("quitte ou double, si ça marche je refait la piscine et offre une 307 cabrio a madame").

Certes non, mais quitte à se faire saigner à blanc les prochaines années, autant savoir comment. Parce que la reprise, comme le dit le Yeti dans un billet indispensable (ici), "La reprise, ils vont pouvoir se la mettre quelque part ! Et ne me dites pas que c'est le menu peuple qui paiera. PERSONNE ne pourra jamais rembourser des sommes aussi phénoménales et qui ne servent en désespoir de cause qu'à repousser (à peine) l'échéance du désastre fracassant qui les attend."
et plus loin:
"Quelque chose de presque rassurant, de presque incroyablement réjouissant : ces crétins sont en train de nous démontrer que l'argent n'a strictement aucune importance, aucune réalité. Que contrairement au charbon, à l'or ou au pétrole, il n'est pas rare du tout. Qu'il suffit de claquer dans ses doigts. L'argent est pure invention des hommes et de leur imagination enflammée. Comme les billets de papier du Monopoly. Comme les sommes colossales, totalement fantasmées, totalement virtuelles, qu'ils sont en train d'injecter dans leurs tuyaux percés".
EDIT du 12/10: titre changé pour un meilleur référencement...


L'Argent Dette de Paul Grignon (Money as Debt FR) from Bankster on Vimeo.

à défaut de faire du bien, on peut quand même faire du mal

Une petite interview d'Emmanuel Todd dans Libération du 04 octobre. Dont je vous livre un gros extrait.
Parce qu'il ne faut pas oublier, même si "A Francfort, le Dax, qui perd 7,41%, est tombé en dessous des 5.000 points, barre sous laquelle il n'était plus passé depuis septembre 2005", que nous sommes toujours gouvernés par les mêmes incompétents, qui ont maintenant en plus l'excuse de la crise pour justifier tout et son contraire...
On notera au passage la question-piège "y a-t-il trop d'immigrés en France ?". Merci Libé...

[...] Eric Aeschimann: Comment interprétez-vous le bras de fer du gouvernement avec la Cimade ?

Emmanuel Todd: Il faut revenir à l'équation fondamentale du sarkozysme qui est de taper sur les faibles pour faire oublier qu'on est copain avec les forts. L'irruption du sarkozysme, ça a été la récupération de l'électorat du Front national suivi des avantages fiscaux pour les plus riches. Dix-huit mois après l'élection, il est clair que cette présidence est désastreuse sur tous les fronts économiques, que ce soit la baisse du niveau de vie - [...] ou la hausse du taux de chômage. La tentation est donc grande, pour le sarkozysme, de se ressourcer dans son domaine d'excellence : la désignation de boucs émissaires. Il est vraisemblable que le gouvernement se moque éperdument des résultats concrets, au demeurant tout à fait marginaux, de sa politique d'expulsion de personnes sans papiers. Le but de l'opération apparaît bien plutôt de montrer à l'électorat du Front national qu'on pense à lui et qu'à défaut de faire du bien aux Français, on peut quand même faire du mal aux étrangers en situation irrégulière.

E. A.: Il s'agirait donc d'une politique de provocation délibérée ?

E. T.: Oui, et la manœuvre met d'ailleurs les associations de défense des sans-papiers dans une situation très difficile, parce qu'elle les instrumentalise et tente d'en faire les soutiens involontaires de la politique du gouvernement. Ces associations ont le devoir de défendre les droits des personnes placées dans des centres de rétention, mais, ce faisant, elles servent de caisse de résonance à la stratégie sarkozienne de désignation des plus faibles comme cause fantasmatique des problèmes de la société française. [...]

E. A.: Si Sarkozy a effectivement été élu grâce à son discours anti-immigrés, cela veut-il dire que les Français sont racistes ?

E. T.:C'est là que le problème devient historiquement passionnant. Car je pense que le gouvernement interprète de travers son succès électoral de 2007. Une analyse détaillée révèle en effet que le transfert de l'électorat Front national vers le vote Sarkozy n'a pas concerné de façon homogène les différentes catégories socio-économiques : les commerçants se sont ralliés, oui, mais pas les ouvriers. Ce qui veut dire que la protestation économique est en train de reprendre l'avantage sur l'illusion identitaire.

E. A.: Y a-t-il trop d'immigrés en France ?

E. T.:La France est l'un des pays d'Europe où il y a le moins d'immigration. Savoir si l'on va renvoyer chaque année 25 000, 26 000 ou 27 000 personnes sans papiers, focaliser tous ses efforts sur 1 000 personnes de plus ou de moins, n'a strictement aucun sens par rapport aux problèmes de la société française. En vérité, le vrai défi pour Nicolas Sarkozy sera de justifier son obstination à chasser les sans-papiers au moment où la crise du capitalisme financier mondial, par son ampleur, démontre son incompétence économique et son impuissance à agir. La ficelle va apparaître comme vraiment trop grosse : attaquer la Cimade quand les plus grandes banques font faillite a vraiment quelque chose de pathétique.

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...et la montagne est belle

Du très bon ces jours sur les-blogs-que-je-lis: Tout d'abord, une bouffée "d'air effraie" (la vieille garde du capitalisme, sic) chez Article XI (section Charançon).
Qui cite un article du Monde dans lequel l'ancien patron de Alsthom, Framatome, Vinci, Nextrans, Cegetel (liste non exhaustive), un bolchevik chevelu, donc (au moins autant que Serges Dassault), clame (sans rire, ou alors je me suis gouré de journal) que "Nous sommes, à n'en pas douter, dans une période prérévolutionnaire, au sens de 1789. Les cadres et, d'une façon plus générale, les classes moyennes, seront demain, comme les bourgeois naguère, les catalyseurs de la révolution."
Sans dec' ??? Ca doit commencer à sérieusement puer pour que l'odeur monte jusque là-haut...

Ensuite, quelques conseils de chez Brave Patrie, ou comment attendre sagement la crise "le doigt sur la couture du pantalon" et en investissant massivement dans les écrans plats (via un ou plusieurs credit revoling) et bien sur un crédit hypothécaire. C'est de l'humour, probablement comme cette magnifique Sarkonnerie (au moins 39.5 sur l'échelle de Richter):
"Les ménages français sont aujourd’hui les moins endettés d'Europe. Or, une économie qui ne s'endette pas suffisamment, c'est une économie qui ne croit pas en l'avenir [c'est moi qui graisse], qui doute de ses atouts, qui a peur du lendemain. C'est pour cette raison que je souhaite développer le crédit hypothécaire pour les ménages [...]. Je propose que ceux qui ont des rémunérations modestes puissent garantir leur emprunt par la valeur de leur logement. Ceci profiterait alors directement à tous ceux dont les revenus fluctuent, comme les intérimaires et de nombreux indépendants." (sources Interview Revue Banque (avril 2007), Interview à la revue Cotémômes, Interview dans la revue La Vie Immobilière (octobre 2006)), et l'abécédaire des proposition de NS

Bref, la grande classe, tant de clairvoyance m'émeut ...


Sinon, tout va bien (puisqu'on vous le dit) chez UBS:
"Les actionnaires d'UBS pourraient en partie perdre leurs avoirs. Et même les déposants. Grâce à un fonds créé par les banques, il serait possible de récupérer ses économies jusqu'à hauteur de 30'000 francs. Mais si vous avez 50'000 francs en banque, vous en perdrez 20'000...[...] Cela dit, UBS n'est pas trop en danger. Je dirais qu'actuellement, le risque de faillite est de 20 à 30%. Personne ne sait toutefois vraiment ce qui reste dans les bilans d'UBS et en quoi consiste réellement sa stratégie d'abandon de la banque d'investissement"

Autrement dit, ça pue pour UBS, source ici

Et meme si vous n'avez pas d'action UBS, n'oubliez pas d'aller jeter un œil sur le blog d'alpesphoto , avec un nouveau (magnifique) bouquin à la clé... La montagne se contrefout de nos petites gesticulations ridicules. Et ça fait le plus grand bien.