Bon, la supplique d'une broutille de $700'000'000'000 (et oui, quand on met tous les zéros ensemble, ça devient quelque chose) s'est pris une droite (dure) dans les dents.
En clair, le plan dit Paulson, qui devait permettre aux ménages ricains de payer la goinfrerie des financiers a été rejeté par le congres.
Les républicains, semble-t-il, n'ont pas apprécié l'idée d'un État Providence à connotation rouge.
Une certaine logique dans le raisonnement, pour une fois: le Sacro-saint Marche-Qui-s'Auto-Régule devra (pour l'instant) se démerder tout seul pour s'auto-réguler. en tout cas aux USA, ou seuls les tous gros poissons (calibre AIG +) auront (peut être) droit a la main secourable de l'État pour éviter la faillite.
Seul petit hic: autant je me régale en regardant la panique des zinvestiseurs et autres fricocrates, autant, lucidement, je prévois que ce sont les mêmes qui paniques maintenant qui s'en sortiront, alors que ceux qui n'ont aucune raison de paniquer (toi, vous, moi...) se mangeront les gencives avant tard.
Donc récapitulons:
Règle 1: Privatiser les profits, socialiser les pertes (ça c'est fait, ça marche même plutôt bien).
Règle 2: Ne socialiser les pertes que si ça ne se voit pas trop. 700 milliard d'un coup, ça fait trop, ont est pas sur la Place Rouge non plus...
Règle 3: si tu est Démocrate (ou "social-Démocrate, d'inspiration européanisante) tu vote "oui" quand il faut éviter que tout se casse la gueule (sans aucune garantie que ces sous ne partent pas en fumée ou dans des poches, et qu'ils aient le moindre impact sur la dynamique globale, qui a l'air furieusement méchante). Si part contre tu es Républicain, tu vote "non" parce que la peur du spectre collectiviste est plus grand que celle de perdre tes billes...
Règle 4: au lieu de flipper, écoute de la musique pour te changer les idées...
Et oui, j'ai tellement pas le temps de pondre un truc, que non seulement je vous envoie prestement lire ce billet de Superno, limpide comme de l'eau de source et comme d'habitude, ici , mais qu'en plus je lui pique son titre.
Et un extrait, pour faire bonne mesure:
"Comme le dernier paragraphe l’explique, Il faut se mettre dans la tête que les partisans du libéralisme ne cherchent pas votre bien, mais celui des multinationales. A chaque fois qu’ils prétendent défendre vos intérêts, c’est celui des multinationales qu’ils défendent. Et la plupart du temps, les deux sont antinomiques."
EDIT: Et allez aussi sur Article 11,
ici, pour une hagiographie sonore des Bérus. Jouissif.
EDIT2: Une réaction rapide au blabla d'hier soir de notre Petit Monier (que je viens de poser en commentaire sur Article11,
section Charançon):
"Il faut toujours un épouvantail pour justifier les erreurs de gestions et les errances idéologiques. La Crise tombe a pic pour Sarko qui pourra puiser dedans pour justifier tout et son contraire. Ça a déjà commencé ce matin :
"30000 chômeurs en plus" (lafotalacrise),
"lafotalacrise aura des implication sur la croissance, le pouvoir d’achat, l’emploi et les baisses de libido de votre femme",
"le budget 2009 se fonde sur une croissance de 1%, les impôts ne baisseront pas" (lafotalacrise).
A lire pour se convaincre du Grand N’Importe Quoi de l’Opportuniste (
chez superno, encore, et oui, c'est comme ça)
Vous avez vu comme un changement, cet année ? Je ne parle pas de votre "pouvoir d'achat", mais de la situation internationale.
Quelle était la situation, par exemple, en 2007 ?
Début janvier 2007, le brut était à un peu plus de $50 le baril. Le seuil psychologique des $100 était encore un fantasme, allègrement franchi dans la joie moins d'un an plus tard.Six mois plus tard, l'Arabie Saoudite acceptait d'ouvrir ses vannes pour tempérer un peu la hausse (pic à $140 début juillet). Il y a 2 jours, l'OPEP a décidé de réduire sa production de pétrole de 520 000 barils par jour.
Ce qui signifie que pour l'OPEP, le prix en dessous duquel il ne faut pas descendre est le seuil psychologique de $100.
Bref, en 18 mois, on observe une complète inversion des tendances, des seuils et des limites (qui elles-même ont des bornes qu'on ne franchirai pas sans les dépasser)...
Sinon, autre infime changement, les 2 plus grosses boites privées (qui étaient publiques) de refinancement viennent (la semaine dernière de se faire nationaliser. Oui oui, comme dans n'importe quelle Dictature Rouge ((C) White House), l'État américain, fils spirituel d'Adam Smith et de Ronal Reagan (pour faire court), a spolié les actionnaires et (re)pris le contrôle des deux monstres. Si ca c'est pas un constat d'échec, je ne m'y connais pas en fiasco !
Dans la foulée, j'apprends en lisant le blog de Paul Jorion (lecture saine et distrayante) que la grosse boite qui assure les banques contre le risque de caisse vide vient de dire à 1500 de ses clients (1500 banques, donc): "heu.. désolé, mais ça va plus être possible".
En clair et dans le texte :
"[...]on apprend aujourd’hui que l’une des compagnies qui assurent ainsi les banques se retire du business, manifestement parce que le risque lui paraît désormais trop élevé. Quinze cents banques clientes ont été contactées, quinze cents banques qui devront trouver un autre moyen de rassurer leurs déposants fortunés que leur argent est en sécurité dans leurs coffres-forts.
La personne qui aurait donné l’ordre à cette compagnie d’agir ainsi est son propriétaire, qui n’est autre que l’investisseur vedette, Warren Buffett (1).
Warren Buffett est un homme avisé qui perd rarement de l’argent. S’il a perdu confiance dans quinze cents banques commerciales américaines, ce n’est pas bon signe. Pas bon signe du tout ! " (2)
Voila ou je voulais en venir: deux des paradigmes bien profondément ancrés dans "nos" cervelles ("l'énergie c'est pas cher" et "mes sous sont en sécurité à la banque" viennent de voler en éclat, sans que cela provoque le raz-de-marrée médiatique que cela devrait. Au contraire, on nous rabâche les oreilles de "crise conjoncturelle", de "mauvaise passe qui est derrière nous" et de nouveau réacteurs nucléaires (Bouygues) qui nous assurerons bonheur, félicité et confort moelleux pour des siècles et des siècles, amen.
Alors que la réalité semble tout autre, plus rude un poil moins conciliante. La réside le principal inconvénient de la vrai vie (par opposition aux salon feutrés des décideurs de tous poils): les fait sont têtus, et si les chiffres et les cerveaux peuvent se faire manipuler sans broncher, les faits, eux, sont là, et ne semblent pas avoir envie de donner raison à la politique néo-conne.
D'autre part, je ne peux que saluer les initiatives conjointes de Morales et Chavez d'avoir foutu à la porte les ambassadeurs américains. Ça nous change des aplatventreries (3) européennes. Voila 50 ans (au moins) que les ricains mettent la planette a feu et a sang. Qu'ils aillent se faire foutre. (oui, je sais, quand le sang me monte, la pertinence de l'analyse en souffre, mais, voyez-vous, si je ne suis qu'Amour, je n'en demeure pas moins humain).
(1) « Tout va très bien pour les riches dans ce pays, nous n’avons jamais été aussi prospères. C’est une guerre de classes, et c’est ma classe qui est en train de gagner », ainsi que « C'est quand la mer se retire qu'on voit ceux qui se baignent nus. », citations de Warren Buffet, qui doit avoir un certain sens de l'a propos pour être
l'hommeleplusrichedumonde.
(2) Cet extrait du blog de Paul Jorion est issu d" Un « article presslib’ » [qui est ] est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer
ici.
(3) Je n'ai malheureusement pas l'honneur d'être à l'origine de ce néologisme. Je l'ai chipé chez un "blogueurinfluent" que je lit, mais je ne sais plus lequel...
D'habitude, je n'aime pas commenter les résultats de sondage. D'abord, parce que souvent les variations se situent dans la barre d'erreur, et ne veulent donc strictement rien dire, et surtout parce que les journaleux se jettent sur l'importe quelle enquête d'opinion comme des chiens galeux sur une cote de bœuf.
Bien sur, je ne résiste pas au plaisir d'en remettre une couche quand Sarko se ramasse. Mais ça, que voulez, vous c'est humain
Aujourd'hui, c'est différent quand je lis "La cote de satisfaction de Nicolas Sarkozy gagne 11 points par rapport à juin et atteint 45% en septembre, son meilleur niveau depuis janvier, selon un sondage LH2 - nouvelObs.com." dans Libé.
Déjà parce que 11% me semble significatif.
Qu'est ce que Sarko a bien pu faire pour convaincre 1 français sur 10 du bien fondé de ses gesticulations ?
Pendant l'été, malgré les bourbier Afghan dans lequel on risque de perdre nos bottes, malgré l'incroyable cacophonie gouvernemental, malgré le sabordage furieux de tout ce qui ressemble de près ou de loin a de la solidarité, du loisir ou de la survie, malgré la mise en place d'un fichage politique, d'une politique idéologique (et donc inhumaine) du chiffre de remplissage de charters (allers simples pour Bamako), malgré les hallucinants cadeaux financiers au 1% le plus riche, 1 français sur 10, donc, qui n'était pas satisfait de Sarkozy au début de l'été a changé d'avis.
Je suis sur le cul.
C'est quoi, ses gesticulations caucasiennes, qui ont fait illusion ?
Simplement le matraquage médiatique de ses potes ?
Les sondages sont truqués ? (remarque, je n'aurais aucune peine a le croire)...
Ou c'est juste que les français (45% des adultes d'un échantillon "représentatif", pour être précis) sont des débiles profonds ?
J'emmerde tous les échantillons représentatifs, les connards du P"S" qui nous ont foutu dans cette situation navrante, la propagande UMP et ses petits adjudants, et surtout, surtout, les personnes, qui, l'espace d'un été sont capable de changer d'avis sur Sarkozy.
Pas trop le temps de détailler cette semaine, je vous donne juste un extrait du blog de Mélanchon:
"L’indigne merdier de La Rochelle [ m’a galvanisé. Ni de près ni de loin, je ne veux rien avoir à faire avec cette sarabande de girouettes. Quand je pense que tous ces agités sont ceux qui se donnent de grands airs d’importants responsables et me font des leçons de maintien le reste de l’année! Bien fou qui voudrait confier son pays à de tels vibrions. La seule synthèse dont ils semblent capables à cette heure c’est celle de toutes les tares de la politique, du bourrage de liste électorale en passant par le fractionnisme des groupuscules. Il faut s’écarter des parages de ce cirque. Et se tenir, ferme et stable, en fidélité à soi même. Il y aura donc, en toute hypothèse, une motion de la gauche du parti, une vraie. Donc pas ce qu’on me propose."
Ha ben c'est bien, on est assez d'accord, Mélanchon et moi. Enfin, je ne sais pas si'l est d'accord avec moi, mais moi oui (je suis en général d'accord avec ce que je dis).
Heu... juste une question bête, pourquoi des gars comme lui restent dans ce panier de crabe ? Pour le siège de sénateur ?
Je ne sais pas ce qui est le mieux: que le PS crève comme une vielle carne, ou que des gars de gauche tentent de redresser la barre de l'interieur. L'équation pour le NPA ne serait pas la même a résoudre...
En attendant, bronzez vous bien la tête, et comme disait le Grand Bob (pas Dylan, l'autre):
"No one but ourself can free our mind"