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Si ça continue ça va pas durer

relâche

Ben voila, pendant quelques semaines, je vais me faire bronzer dans la campagne normando-bretonne...
Et pendant ce temps-la, combien de saloperies passeront la rampe de l'Assemblée ? Combien de "sans papiers" feront un voyage aller simple en Airbus ?
Combien de dividende touchera la patron de Total ?
Quel contrat atomique signera Martin Bouygue entre la poire et le fromage ?

Pour une bonne hygiène mentale, je vous conseille de relire les vieux billets des blogs qui vont bien:
Celui de Superno, parce que c'est très rare que je ne sois pas d'accord avec lui.
Celui de ZGUR, parce il signe "arf" a la fin de ses billets (entre autre :-)).
La Plume de presse, parce que c'est un journaliste sabre-au-clair, et que c'est important (et qu'il y a un jeu de mot dans le titre de son dernier billet-saura-tu-le-retrouver ?).
Le blog du yeti, pour les poils dans la soupe
Je vous conseille aussi le blog Manu, dont le dernier billet (entre autres) m'enlève les mots des doigts: "De quoi s'étonne-t-on?"
Et tous les liens qui sont sur ces blogs.

Amusez-vous, faites l'amour et pas la guerre, mangez sain, faites de l'exercice et profitez de l'été pour jeter votre télé.



As soon as you're born they make you feel small
By giving you no time instead of it all
Till the pain is so big you feel nothing at all
A working class hero is something to be
A working class hero is something to be

They hurt you at home and they hit you at school
They hate you if you're clever and they despise a fool
Till you're so fucking crazy you can't follow their rules
A working class hero is something to be
A working class hero is something to be

When they've tortured and scared you for twenty odd years
Then they expect you to pick a career
When you can't really function you're so full of fear
A working class hero is something to be
A working class hero is something to be

Keep you doped with religion and sex and TV
And you think you're so clever and class less and free
But you're still fucking peasants as far as I can see
A working class hero is something to be
A working class hero is something to be

There's room at the top they are telling you still
But first you must learn how to smile as you kill
If you want to be like the folks on the hill
A working class hero is something to be
A working class hero is something to be
If you want to be a hero well just follow me
If you want to be a hero well just follow me


John Lennon, 1970


les imbéciles heureux

C'est vrai qu'ils sont plaisants tous ces petits villages
Tous ces bourgs, ces hameaux, ces lieux-dits, ces cités
Avec leurs châteaux forts, leurs églises, leurs plages
Ils n'ont qu'un seul point faible et c'est être habités
Et c'est être habités par des gens qui regardent
Le reste avec mépris du haut de leurs remparts
La race des chauvins, des porteurs de cocardes
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part

Maudits soient ces enfants de leur mère patrie
Empalés une fois pour toutes sur leur clocher
Qui vous montrent leurs tours leurs musées leur mairie
Vous font voir du pays natal jusqu'à loucher
Qu'ils sortent de Paris ou de Rome ou de Sète
Ou du diable vauvert ou de Zanzibar
Ou même de Montcuq il s'en flattent mazette
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part

Le sable dans lequel douillettes leurs autruches
Enfouissent la tête on trouve pas plus fin
Quand à l'air qu'ils emploient pour gonfler leurs baudruches
Leurs bulles de savon c'est du souffle divin
Et petit à petit les voilà qui se montent
Le cou jusqu'à penser que le crottin fait par
Les chevaux même en bois rend jaloux tout le monde
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part

C'est pas un lieu commun celui de leur naissance
Ils plaignent de tout coeur les pauvres malchanceux
Les petits maladroits qui n'eurent pas la présence
La présence d'esprit de voir le jour chez eux
Quand sonne le tocsin sur leur bonheur précaire
Contre les étrangers tous plus ou moins barbares
Ils sortent de leur trou pour mourir à la guerre
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part

Mon Dieu qu'il ferait bon sur la terre des hommes
Si l'on n'y rencontrait cette race incongrue
Cette race importune et qui partout foisonne
La race des gens du terroir des gens du cru
Que la vie serait belle en toutes circonstances
Si vous n'aviez tiré du néant tous ces jobards
Preuve peut-être bien de votre inexistence
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part

Georges Brassens, La ballade des gens qui sont nés quelque part

Réfugié politique

Franchement, il y a des choses dont je me fout éperdument.
Entre autre que Betancourt ne soit plus captive m'indiffère.
Qu'on se comprenne, je trouve terrible une détention de 6 ans. Humainement, un otage est inadmissible.
Comme l'est un enfant qui meurt de faim ou de diarrhées, un vieux que l'on frappe ou un homme qui monte se faire étriper au front.
Mais le pathos qui coule me fout une nausée dingue et transforme la bonne nouvelle en un gâteau énorme, périmé, et trop gras.

Pendant ce temps, et dans la même semaine, la liberté d'expression vient de prendre deux ou trois coups de matraque derrière les genoux.
La dizaine de chaîne de télé "publique" vient de passer sous le contrôle direct de l'exécutif. Ne plus espérer de documentaire qui pourraient fâcher les lobbies ou le gouvernement, dénoncer ses mensonges et ses manipulations. C'était déjà le cas, maintenant on sait à quoi s'en tenir.
Sarko dispose d'un outils de propagande en 2 parties, les médias (presse écrite, télés, radios, médias internet), de ses amis ET les médias publics, pour sonner à l'unisson l'hallali de l'humanisme et de ce qui reste de lien social avec l'artillerie lourde.
L'expérience montre qu'il ne faut pas espérer de demi-mesure, d'intelligence ou de discussions.
Propagande, propagande, propagande.

Mais comme une propagande, aussi bien ficelée soit elle, se heurte toujours à une partie de la population hermétique au champs des sirènes et / ou disposant des plus de trois neurones pour détricoter la manipulation, la liberté individuelle se devait d'être étroitement surveillée.
C'est l'objet de ce projet EDVIGE, de ficher toute personne de plus de 13 ans susceptible d'émettre un jugement critique ou éclairé. Il a ouvertement pour but de "centraliser et d’analyser les informations relatives aux personnes physiques ou morales ayant sollicité ou exercé ou exerçant un mandat politique, syndical ou économique ou qui jouent un rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif..." et de "de centraliser et d’analyser les informations relatives aux individus, groupes, organisations et personnes morales qui, en raison de leur activité individuelle ou collective, sont susceptibles de porter atteinte à l’ordre public ; de permettre aux services de police d’exécuter les enquêtes administratives qui leur sont confiées en vertu des lois et règlements, pour déterminer si le comportement des personnes physiques ou morales intéressées est compatible avec l’exercice des fonctions ou des missions envisagées."
Bref, un bon gros fichage politique, qui n'a rien à envier aux dictatures les plus sombres..
Quand on imagine la redoutable efficacité de ces fichages il y a 70 ans, les possibilités avec les techniques modernes (passeport biométrique, fichage ADN, bases de données, camera de surveillances, veille internet...) font froid dans le dos.
Si votre fils joue dans une troupe de théâtre amateur (ou dans un groupe de rock), vous vérifierez que les textes ne sont pas susceptible de porte atteinte a l'ordre public.
Vous pourriez vous réveiller un jour entre 2 képis.

En clair, le gouvernement a compris que ses mesures anti-sociales et ultralibérales finiraient par lasser les plus doux d'entre nous, et que la conjoncture mondiale risquait de fâcher même les plus réacs.
Et qu'il était temps de contrôler tout ça.

Les scénarios pessimistes sont, depuis un an, régulièrement revus au pire.
Les craintes pour la démocraties (ou ce qu'il en reste) sont de plus en plus vives. Pour ne pas dire criantes.

Une vilaine, vilaine, ombre plane sur la France.

Fermez les volets, rentrez les enfants, et venez demander l'asile politique en Suisse pendant qu'il en est encore temps, je vous payerais une bière...

Contrôle au Faciès

Encore et toujours, la chasse de l'Autre, la traque de l'Etranger pour le chiffre, au mépris de la logique, des droits humains les plus élémentaires et du Droit tout court.
Diffusez cette vidéo, avec un peu de chance, une semaine après sa diffusion dans le silence (des pantoufles), un petit buzz ne lui ferai pas de mal.
Bien sur, elle est pour l'instant diffusée sur Dailymotion, donc elle risque d'être effacée rapidement (on parie ?). Lire ici pour se convaincre.


Contrôle de faciès
envoyé par theophil261
Contrôle au Faciès

Pourquoi ont-ils tué Jaurès ?

Ils étaient usés à quinze ans
Ils finissaient en débutant
Les douze mois s'appelaient décembre
Quelle vie ont eu nos grand-parents
Entre l'absinthe et les grand-messes
Ils étaient vieux avant que d'être
Quinze heures par jour le corps en laisse
Laissent au visage un teint de cendres
Oui notre Monsieur, oui notre bon Maître

Pourquoi ont-ils tué Jaurès ?
Pourquoi ont-ils tué Jaurès ?

On ne peut pas dire qu'ils furent esclaves
De là à dire qu'ils ont vécu

Lorsque l'on part aussi vaincu
C'est dur de sortir de l'enclave
Et pourtant l'espoir fleurissait
Dans les rêves qui montaient aux cieux
Des quelques ceux qui refusaient
De ramper jusqu'à la vieillesse
Oui notre bon Maître, oui notre Monsieur

Pourquoi ont-ils tué Jaurès ?
Pourquoi ont-ils tué Jaurès ?

Si par malheur ils survivaient
C'était pour partir à la guerre
C'était pour finir à la guerre
Aux ordres de quelque sabreur
Qui exigeait du bout des lèvres
Qu'ils aillent ouvrir au champ d'horreur
Leurs vingt ans qui n'avaient pu naître
Et ils mouraient à pleine peur
Tout miséreux oui notre bon Maître
Couverts de prèles oui notre Monsieur
Demandez-vous belle jeunesse
Le temps de l'ombre d'un souvenir
Le temps de souffle d'un soupir

Pourquoi ont-ils tué Jaurès ?
Pourquoi ont-ils tué Jaurès ?

Jacques Brel, 1977