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Si ça continue ça va pas durer

L'important, c'est d'aimer...

Ce soir, je voulait pondre un post cinglant, un petit brûlot qui aurai laissé des traces, donné des idées, ouvert la discussion.
Puis je suis allé lire le dernier billet du Monolecte.

Ici.

Alors je range mes deux-trois idées dans ma besace, je desserre mes petits poings crispés, je laisse parler ceux qui savent le faire mieux que moi, et je reprends simplement le titre de son billet:

L'important, c'est d'aimer...

...et merci.

ce dont il est le nom...

Devant la (re)prise de conscience de la gravité de la situation (allez voir,, ou encore ici si vous venez de passer 2 ans sur Venus), je vous conseille de lire une interprétations du bouquin de Badiou « De quoi Sarkozy est-il le nom ? » par Gilles d'Elia (avec de gros morceaux de Badiou dedans).
De quoi réfléchir 5 minutes :-).
Le texte original est ici

« Ce qui nous déprime, c’est de ressentir d’abord cette évidence contradictoire : Nicolas Sarkozy d’une part est le pur produit de la démocratie, et de ce qu’elle peut avoir de vicié, d’irrationnel [...]. Mais d’autre part, nous voyons bien que ce qui nous dérange dans son élection est bien qu’elle est le résultat d’une offensive réactionnaire de restauration politique fondamentalement anti-démocratique ».

« [...]il n’y a pas de démocratie libérale. Un régime est démocratique — ou bien il est libéral. Le pouvoir est au peuple, ou bien au marché. Il faut choisir »

« C’est un trait caractéristique de la France justement : quand la question de son existence est réellement en jeu, ce qui la constitue, sur un fond réactionnaire et peureux fort épais, est une minorité aussi active que numériquement très faible. Notre pays n’a existé et n’existera, quelle qu’en soit la forme à venir, que par ceux qui n’ont pas consenti aux abaissements qu’exige universellement la logique de la survie des privilèges
, ou même la simple conformité « réaliste » aux lois du monde. Ce sont ceux-là qui ont choisi, et ce n’est certes pas en votant. » A.Badiou

« C’est ainsi que l’étranger, et toute la mythologie qui lui est associée, incarne un puissant (et réel) potentiel de transformation politique qu’il s’agit d’exorciser par tous les moyens - y compris la traque, les rafles, la menace constante d’une arrestation, d’une rétention, qui constituent aussi un châtiment spectaculaire à l’impardonnable puissance politique qu’il représente »

«Le pétainisme, ce n’est pas seulement Pétain. C’est cette chose dont Pétain est l’incarnation la plus précise. Et cette chose, c’est l’effort continu contre lequel se brise l’aspiration révolutionnaire depuis son avènement : la Restauration.»

«Pour Alain Badiou, cette intransigeance dans la volonté d’instaurer une justice sociale constitue la force motrice du projet démocratique pleinement élaboré. Par sa permanence, ses formes multiples (Révolutions, Commune de Paris, Communisme originaire, Front populaire, Résistance...) et sa longévité, il incarne la réalité historique de ce spectre qui hante l’Europe dont parlent Marx et Engels. La présence de ce spectre qui promet de renverser l’ordre ancien génère une réaction peureuse (et même panique) qui se solde finalement par ce compromis avec le tyran : « Faites tout ce que vous voulez, du moment que vous nous protégez du moindre risque de désordre »

« la propagande selon laquelle, cristallisant et aggravant la crise morale, il s’est passé,[…] quelque chose de néfaste. C’est un point capital. La propagande pétainiste consiste largement à dire qu’à l’origine de la crise morale et du déclin, il y a un événement désastreux, toujours lié à des revendications populaires. Dans le cas des pétainistes de la Restauration, en 1815, c’était évidemment la Révolution, la Terreur, la décapitation du roi. Dans le cas du pétainisme de Pétain, ce désastre est le Front populaire. […] » A. Badiou

«Et tout comme le régime de Vichy tenta en vain de faire passer le Front populaire pour responsable de la défaite française face à l’Allemagne nazie, le sarkozysme recycle cette fiction avec les événements plus récents de l’histoire des conquêtes sociales. Le Front populaire de Sarkozy, c’est Mai-68, ce qui explique la violence rhétorique déployée “contre les héritiers de 68” »

« les Résistants n’étaient pas des fonctionnaires de Vichy qui souhaitaient aménager le pétainisme pour en adoucir les principes, mais « le courage, qui est celui de la Résistance, c’est tenir un point absolument hétérogène au pétainisme. Si “pétainisme” désigne le transcendantal des abjections possibles de notre pays, l’invariant logique de sa corruption, tout courage est le courage de ne pas être pétainiste. C’est la définition la plus restreinte ». A. Badiou

« on ne peut pas être « à moitié contre » le sarkozysme. La radicalité de ce dont Sarkozy est le nom représente ainsi une chance concrète qu’il s’agit de saisir sans délai : celle d’opposer à la droite décomplexée, une gauche sans complexe. [...]La violence de ses positions nous enjoint à ne pas répondre mollement à la droite dure.»

envies de tempêtes

Quand tout part en couille, de plus en plus vite, qu'est ce qu'il reste a faire ?
Crier sur tous les toits, même les tous petits, chaque malfaisance, chaque arnaque, chaque entourloupe de la bande de mafieux qui sévissent.
Encore et toujours, dans le vent...

Allez lire (encore) chez Eolas cet authentique PV de dénonciation d'un "clandestin" dont je vous livre le lisier:

"Je suis venue vous dénoncer la situation administrative clandestine d’un ressortissant sénégalais qui vit à N...[…]
De peur de représailles, ma protégée ne répondra pas à vos convocations ni même à vos questions.
[…]
J’ai appris au hasard des discussions qu’il n’avait pas de titre de séjour et vivait de façon clandestine en France et à la charge de Madame B...
C’est un sénégalais âgé de 22 ans environ, mesurant 1.80 m, portant des lunettes de vues rondes en métal. Cheveux crépus très courts, toujours bien habillé, parlant un français très châtié.
Il dort le matin jusqu’à 12 heures au moins, et sort peu de peur d’être contrôlé par la Police.
[…]
Quelque soit le mode de votre intervention, sachez qu’il y a dans ce logement quatre enfants jeunes.
Je n’ai rien d’autre à ajouter"
.


Saloperie de nationalisme, de rétrécissement de l'esprit et du cœur, saloperie de trouille au ventre qui rend les gens méchants comme des chiens affamés.
Réflexes de rats, la terre devient trop petite, alors on tape sur les plus faibles, ceux qui n'ont pas eu la chance de naître du bon coté de la corne d'Abondance, on ramasse les miettes en espérant passer entre les gouttes.
Face à ces bons français, sur de leur bon droit, propres sur eux et pas nets, me viennent des idées noires.

Des envies de bagarre, des envies de tempêtes, moi qui suis doux comme la brise du soir...




Complice donc coupable

Je ne vais pas revenir sur les 6 pages de propagande de Libe, qui a rejoint le Monde dans le caniveau , ni sur le fait que la Belle ne fait que vendre la soupe froide et aigre de sa Bête.


Non, regardez juste les premières secondes de cette vidéo cette video .
Regardez juste la complicité à peine gênée de Joffrin allant fermer la fenêtre en bas de laquelle des manifestant criaient leur colère.
Sans blagues, cet air navré de Joffrin genre "sont-ils sots ?" en fermant cette fenêtre, il me hante depuis que je l'ai vu.
Il est pour moi la preuve irréfutable (si besoin était encore) de la complicité active des médias (même ceux étiquetés "de gauche") au régime qui sévit en France.

Une très lourde responsabilité devant l'Histoire.

Allez faire un tour chez Fontenelle ce matin, ambiance Nuit et Brouillard garantie : http://www.bakchich.info/article4226.html.


EDIT: Je met en lien un rapport d'audience d'Eolas. On pense ce qu'on veut de ses prises de positions sur l'Europe, mais cette histoire reflète la sordide réalité du chiffre...

Navigation à vue

Vous avez vu ?

L'Arabie Saoudite va augmenter sa production de brut. En tout cas c'est ce qui est annoncé... d'un demi-million de baril par jour.

Est ce que les prix ont (ou vont) baisser ? Que nenni.
Est ce que Total, Shell, Exxon ... vont réduire leur marge ? Que nenni.

Non, les prix, que ce soit en dollars ou en euros, au baril ou au litre, vont continuer d'augmenter.
Je ne veux pas discuter ici du bien fondé de la hausse des prix, le sujet est déjà partie en couille un peu partout, je ne voudrait pas donner l'impression d'etre en retard. Il s'agit bien entendu d'un question de point de vue.
Et bien sur que je râle quand le litre est à 1.50 euros, ce qui ne m'empeche pas de penser que c'est une bonne chose, globalement.


Vous allez me répondre voiture hybride, à hydrogène ou électrique.
Cette solution ne sera que temporaire. Pourquoi ?
Parce que non seulement le prix des matières premières s'enflamme, mais aussi parce que le prix de l'énergie (peut importe sa forme) ne fera qu'augmenter.

Par exemple, un petit graph montre que les prix d'une vingtaine de matières premières a été multiplie par un facteur 2 à 10 depuis 2001 (le graph voulait originellement montrer que le spéculation n'y est pour rien dans l'évolution des prix. Comme je ne suis pas économiste, je vous épargne mes commentaires incompétents)
En vrac le cadmium (pour les batteries, x11), le molybdène (alliages d'aciers, x10), le rhodium (catalyseur, x8), le cobalt (alliages, x6), mais aussi l'acier (x3), le cuivre (x4), l'aluminium (x2) etc, etc...
Ce qui signifie que pour que les prix des appareils technologiques (y compris les voitures) ne peut rester constant qu'avec une baisse des coûts. De main d'œuvre, entre autre, et bien sur. Lesquels coûts deviennent incompressible le jour ou le dernier ouvrier est mort de faim... Autrement dis, les prix augmenteront dans les prochaines années



En ce qui concerne l'énergie, on se heurtera également aux ressources, que ce soit en quantité ou en prix. Parce qu'il faudra toujours de l'énergie pour extraire du charbon, parce qu'il faudra toujours transporter l'énergie (primaire ou secondaire) pour la consommer. Parce qu'il faudra toujours une quantité dingue d'énergie pour produire et transporter de l'hydrogène, que de toute façon on a pas assez de platine pour équiper toutes les voitures de piles à combustible.
On peut aussi remarquer que les courbes d'évolution du prix du charbon ou de l'uranium suivent curieusement celles du pétrole, depuis quelques temps. Plutôt que de les interpréter comme des courbes de prix de matières premières, on peut les interpréter comme des courbes du prix de l'énergie.


En clair, on peut chercher des solutions alternatives autant que l'on veut. Les États peuvent (et doivent !) subventionner les énergies renouvelables.
Les solutions alternatives au niveau local doivent voire le jour.
Mais espérer trouver des solutions viables à long terme sans modifier notre relation à la consommation (et bien sur à la croissance) est une folle utopie.
Et de gauche à droite, les chantres de la croissance pour "le pouvoir d'achat" ou ou "la baisse du chômage" ne regardent pas assez loin.
Parce que les solutions proposées prennent rarement en compte le problème dans sa globalité (sans même parler des farces du Grenelle du machin, ou des mesurettes gouvernementales, à milles lieues d'apporter un semblant de réponse). Parce que seul la synergie entre changement de comportement et solution technologique serait susceptible d'éviter le pire.

Les ressources et l'énergie sont liées. La seule solution est de réduire les gaz au plus vite. La hausse du prix du litre de gasoil n'est que la partie émergée de l'iceberg.
Nous sommes tous sur le Titanic...


Pour en savoir plus :
Sur l'hydrogene-énergie
Sur le peak oil, ou encore ici.
Sur la décroissance
Sur "l'écologie en temps de guerre"

La teigne

Tu es laid... sois terrible, on oubliera ta laideur.
Tu es vieux... sois énergique, on oubliera ton âge.

Eugène Sue, Les mystères de Paris

J'ajouterais:
Tu es petit... sois teigneux, on oubliera ta taille.

...et de trois...

Pas trop envie aujourd'hui de me pencher sur l'analyse du pourquoi du comment du vote non des irlandais.
Tout ce que la toile compte de blogueur, de journaliste, d'analyste et de commentateur à déjà livrés son point de vue. Vous connaissez la maison, je vous laisse trouver ça comme des grands...

Je constate juste que l'Europe veut se faire sans les citoyens, à tout prix (y compris celui de renier les plus élémentaires des principes démocratiques).
Les commentaires déçus ou satisfaits me laissent le même goût amers.
L'Europe du fric se fera, avec ou sans le consentement des principaux concernés, des veaux à qui le droit de vote n'aurait jamais du être donné, puisqu'ils ne votent pas comme on leur dit...

Alors pour vous détendre les neurones et les oreilles, voici l'un des titres du fabuleux "Third", album de Portishead.
Une grosse claque musical pour moi.


plein la tronche.

Bien contre mon gré, lundi soir, je me suis retrouve, sans préparation mentale d'aucune sorte, devant un spectacle auquel la pratique assidue du zen montagnard ne m'avait pas préparée.

La coupure pub du milieu d'un match de foot.

Je m'explique: je me suis retrouvé, pour des raisons professionnelles, à Aix en Provence en train de chercher un troquet sympa pour me faire un petit plat de poissons (et oui, pour lutter contre le goitre, il faut de l'iode, j'y travaille).
Je me pose donc dans le coin d'une place sympa, demande la carte, et me rend compte qu'un écran plat trône pour les clients (et le patron).

Je vous le fait court, mais en des temps plus fougueux, j'aurais pris du temps pour vous expliquer à quel point le sport à la télé, et surtout les manifestations moites et bruyantes d'identification du troupeau aux Icônes me répugnent. Maintenant, je me contente d'ignorer, même pas superbement, les supermen en short et panneau de pub.
Ce qui, au passage, ne m'empêche pas d'admirer le "geste sportif" comme n'importe quel mouvement perfectionné par son utilisation quotidienne, du boulanger qui enfourne prestement au paysan qui fauche à la main.

Bref, je commande donc ma charcuterie corse (oui, j'ai un faible pour la charcuterie rurale) et me tourne vers l'objet de convoitise de mes voisins de table:

L'Ecran.

Je regarde songeur les gars en maillot se passer la baballe quelques minutes, avant que la pub coupe le match. Enfin, façon de parler, malgré mon inculture crasse en la matière, je sais bien qu'en fait, la pub ne fait que se glisser dans les espaces laissées libres, comme le pus dans une dent creuse.

C'est à cet instant qu'a débuté une hallucinante série de pub pour:

Des voitures,
Des parfums,
Des crédits,
Des voitures...

(bis et ter ad nauseam).

Pour tout vous dire, j'en ai pris plein la tronche.

De voir à quel point ces messages s'adressent directement aux instincts et aux pulsions.
De voir à quel point les pubeux prennent les consommateurs pour des abrutis.
D'imaginer que ce que j'ai vu pendant 10 minutes, et qui justifie à mes yeux ces quelques lignes, beaucoup de gens s'en prennent 10 fois plus, TOUS LES JOURS.

Y compris les enfants, et c'est probablement le plus tragique.

Je sais, je suis un sensible.


vivre sa vie...

Le boulot de ces jours ne me permet pas de m'informer et de poster autant que je voudrais.
Alors je vous revois sur l'indispensable plume de presse, qui inaugure des locaux tous neufs ici.

Vous pouvez aussi relire mon petit florilège, ou cliquer sur les liens à droite.
Ou aller boire une bière, sortir faire une balade, faire l'amour (pas la guerre), manger une glace, lire une histoire aux enfants, sortir un cerf-volant, encadrer une photo, refaire le monde devant des petits verres de gnôle, cuisiner un plat épicé, ranger le garage, revoir Magnolia en DVD, cueillir un bouquet pour votre chéri(e) ou aller dormir.

En fait, vous pouvez faire ce que vous voulez, c'est votre vie après tout...

Enjoy !