la mauvaise conscience
La pensée de Chomsky peut (très partiellement) se résumer par:
"La propagande est aux démocraties ce que la violence est aux dictatures." .
Selon lui, il existe deux sortes de victimes dans le paysage géopolitique et médiatique: les "victimes utiles" ("worthy victims", ou " victime de valeur" )et les "victimes inutiles" ("unworthy victims", ou "victime sans valeur"), sous entendu, au système dominant.
Cela peut aussi s'appliquer à tout événement, en fonction de ce que le "système" (la pensée dominante, le gouvernement, les médias ou tout autre appareil de pouvoir), souhaite transmettre aux citoyens.
A lire ici un article du Diplo d'Aout 1998 par Chomsky à ce sujet (et oui, encore, autant prendre les idées ou elles sont abondantes et non frelatées). Il compare le traitement médiatique des élections qui eurent lieu au Nicaragua et en Equateur en 1984.
Dans le cas de répressions, de guerres civiles ou d'invasion, le sort des victimes utiles (au système) sera abondamment débattu dans la presse et leur sort trouvera un écho dans l'indignation citoyenne.
Fort bien.
Dans le même temps, le sort des victimes inutiles (au système) sera oublié, caché, absent des magazines et inconnu du public occidental.
C'est souvent le cas.
En d'autres termes, c'est la transmission à géométrie variable de l'information pour orienter l'indignation populaire.
Cette idée est développée par Numancia Martinez Poggi dans Le Grand Soir (attention, fief Rouge), en comparant cette fois le Tibet et le Cameroun. Je vous invite a lire l'article, auquel j'adhère partiellement (je me désolidarise complètement du 5eme paragraphe en partant de la fin).
Selon lui, les tibétains sont des victimes utiles, et c'est pour cette raison que soudain, le monde pense à eux. Simplement parce que les médias les éclairent.
Alors que des Camerounais meurent en nombre identique, en même temps et dans l'indifférence générale, victime de la dictature de Paul Biya. Ils ne sont pas "utiles" médiatiquement parlant.
J'ai lu quelques articles qui disent, en substance: " le Dalai Lama est le maître spirituel d'une théocratie obscurantiste aidé par la CIA pour déstabiliser la Chine communiste". Un anti-americanisme viscéral assez trouble et indigeste sous-tends ces articles.
Mais malgré tout le respect spirituel que j'ai pour le Dalai Lama, je ne peux pas m'empêcher de penser que beaucoup ont intérêt à déstabiliser la puissante Chine pour qu'elle modère ses prétentions internationales.
Penser que l'image très positive du peuple tibétain dans les médias et donc dans la conscience collective occidentale est instrumentalisée n'excuse bien sur rien des crimes de la dictature chinoise. Cette opinion diffère notablement de celle présentée sur ces sites "alternatifs" qui veulent à tout prix donner une autre vision que celle fournie par les JT occidentaux, au risque d'excuser l'inexcusable.
De toute façon, le grand cirque des JO aura lieu, avec plus ou moins de bruit (de bottes et de matraques), plus ou moins de pluie (d'argent), et le peuple tibétain se retrouvera -à terme- dans le même état que les indiens "native" aux USA:
A la fois un peuple moribond et volontairement maintenu sous dépendance, un symbole fort et un juteux business, et la cicatrice d'une mauvaise conscience collective.
A peine un siècle séparent ces deux histoires.
"La propagande est aux démocraties ce que la violence est aux dictatures." .
Selon lui, il existe deux sortes de victimes dans le paysage géopolitique et médiatique: les "victimes utiles" ("worthy victims", ou " victime de valeur" )et les "victimes inutiles" ("unworthy victims", ou "victime sans valeur"), sous entendu, au système dominant.
Cela peut aussi s'appliquer à tout événement, en fonction de ce que le "système" (la pensée dominante, le gouvernement, les médias ou tout autre appareil de pouvoir), souhaite transmettre aux citoyens.
A lire ici un article du Diplo d'Aout 1998 par Chomsky à ce sujet (et oui, encore, autant prendre les idées ou elles sont abondantes et non frelatées). Il compare le traitement médiatique des élections qui eurent lieu au Nicaragua et en Equateur en 1984.
Dans le cas de répressions, de guerres civiles ou d'invasion, le sort des victimes utiles (au système) sera abondamment débattu dans la presse et leur sort trouvera un écho dans l'indignation citoyenne.
Fort bien.
Dans le même temps, le sort des victimes inutiles (au système) sera oublié, caché, absent des magazines et inconnu du public occidental.
C'est souvent le cas.
En d'autres termes, c'est la transmission à géométrie variable de l'information pour orienter l'indignation populaire.
Cette idée est développée par Numancia Martinez Poggi dans Le Grand Soir (attention, fief Rouge), en comparant cette fois le Tibet et le Cameroun. Je vous invite a lire l'article, auquel j'adhère partiellement (je me désolidarise complètement du 5eme paragraphe en partant de la fin).
Selon lui, les tibétains sont des victimes utiles, et c'est pour cette raison que soudain, le monde pense à eux. Simplement parce que les médias les éclairent.
Alors que des Camerounais meurent en nombre identique, en même temps et dans l'indifférence générale, victime de la dictature de Paul Biya. Ils ne sont pas "utiles" médiatiquement parlant.
J'ai lu quelques articles qui disent, en substance: " le Dalai Lama est le maître spirituel d'une théocratie obscurantiste aidé par la CIA pour déstabiliser la Chine communiste". Un anti-americanisme viscéral assez trouble et indigeste sous-tends ces articles.
Mais malgré tout le respect spirituel que j'ai pour le Dalai Lama, je ne peux pas m'empêcher de penser que beaucoup ont intérêt à déstabiliser la puissante Chine pour qu'elle modère ses prétentions internationales.
Penser que l'image très positive du peuple tibétain dans les médias et donc dans la conscience collective occidentale est instrumentalisée n'excuse bien sur rien des crimes de la dictature chinoise. Cette opinion diffère notablement de celle présentée sur ces sites "alternatifs" qui veulent à tout prix donner une autre vision que celle fournie par les JT occidentaux, au risque d'excuser l'inexcusable.
De toute façon, le grand cirque des JO aura lieu, avec plus ou moins de bruit (de bottes et de matraques), plus ou moins de pluie (d'argent), et le peuple tibétain se retrouvera -à terme- dans le même état que les indiens "native" aux USA:
A la fois un peuple moribond et volontairement maintenu sous dépendance, un symbole fort et un juteux business, et la cicatrice d'une mauvaise conscience collective.
A peine un siècle séparent ces deux histoires.
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02 Avril 2008 à 18:07 dans
- mon point de vue(s)

