Le dernier billet de Thierry Pelletier ("Cours moins vite camarade, la fin du monde est devant toi"), sur son blog "La France de Toutenbas" mérite une lecture attentive.
Il met parfaitement en mots ma sensation d'impuissance devant le gâchis et la stupidité politique ambiante.
Un extrait, pour vous donner envie de courir le lire ici :
"C'est bien simple l'ultra libéralisme, sympa, raisonnable et indispensable nous sauvera de l'ultra libéralisme fou. Sempiternel procédé mafieux qui consiste à offrir la protection de sa force comme seul recours aux victimes de sa propre violence. Mobilisation générale sur le front de la croissance, celle qui fait fondre de plaisir ces fichus glaciers, produisons plus, consommons plus, brûlons plus de gas-oil, tous au travail qui rend libre de ne pas voir le cauchemar ou nous emmènent ces hallucinés."
Bon, pour revenir au billet précédent, les échos que j'ai eu me confortent dans l'analyse par anticipation que j'ai faite.
Croire un seul instant que l'autocritique présidentielle a le moindre fond de sincérité, croire un seul instant que son discours a d'autre but qu'endormir la méfiance du peuple serait une erreur grossière.
La même conclusion s'impose, encore et toujours: Une action politique stupide dans le fond, mal faite dans la forme et moralement inacceptable est menée tambour battant depuis un an. Bien entendu, les résultats sont catastrophique.
Donc (sic), c'est que la politique n'est pas assez stupide, formellement pas assez pourrie et moralement encore trop acceptable. C'est une logique complètement malade qui règle la politique française !
Dernier exemple en date, le système de la grande distribution:
Les caissières ont des conditions de travail épouvantables pour des salaires de misère.
Les petits fournisseurs sont sous pression et à la merci des centrale d'achat et doivent choisir entre crever d'avoir trop baissé leur marges ou crever de ne plus être distribué.
Les gros fournisseur, eux, s'en foutent, ils tireront les ficelles du coté des fabricants chinois qui grappilleront sur la sécurité, le travail des enfants ou la qualité des matériaux.
La bouffe la moins chère est immangeable, gustativement, nutritionnellement et ethiquement.
Les biens "durables" les moins chers vendus sont à ranger dans la catégorie "jetable" tellement leur qualité est mauvaise.
Les zones periurbaines qui étaient rurales jusqu'à quelques années se remplissent de gros magasins, toujours les mêmes, toujours aussi moches, toujours aussi énormes.
Donc (re-sic), le gouvernement, pour "améliorer le pouvoir d'achat" (re-re-sic) impose que cette politique stupide soit accentuée, aggravée et complétée...
Travailler plus pour gagner plus pour consommer plus de merde. De la merde de moins en moins chère pour donner l'illusion de la croissance, du pouvoir d'achat (que ce mot est laid !).
Pour que les familles qui sont delà découvert le 5 du mois puissent acheter de la bouffe de merde, le bio de toute façon c'est pas pour eux.
Croire un seul instant que cette déréglementation profitera aux consommateurs est d'une naïveté sans bornes.
Le faire croire au peuple, et présenter ça comme une solution est d'un cynisme effrayant.
Je suis très très (très) déçu...
Ben oui, je n'ai plus la télé depuis belle lurette (j'ai démonté l'antenne, elle gênait la vue) et je vais louper l'inloupable, manquer l'immanquable, rater l'inratable.
Ce soir, on va manger un bon repas, discuter en famille et entre amis, se faire un petit digestif maison.
Et point de boitacaca, point de journaliste mielleux et souriant, offrant généreusement sa croupe médiatique aux assauts présidentiels, les grands coups de langue de pute répondant au travail savant de la langue de bois présidentielle.
"On" va assister, sans aucun doute à une bonne tranche de parodie de journalisme et de démocratie, rien que d'y penser ça me met en rogne.
Nul doute que ce soir, le cynisme, le mensonge et la propagande seront les grosses ficelles de celui qui doit toujours faire croire qu'il travaille pour tous, envers et contre toutes les évidences.
Il n'y a qu'a lire ce que Sarko a débité comme conneries dans le Monde d'il y à quelque jours (voir ce billet) pour avoir une idée de la qualité et de l'odeur des résidus d'intelligence qui vont sortir ce soir, devant 20 ou 30 millions de "citoyens".
"La pub nous fait courir après des voitures et des fringues.
On fait des boulots qu'on déteste pour se payer des merdes qui nous servent à rien.
On est les enfants oubliés de l'histoire mes amis.
On a pas de but ni de vraie place.
On a pas de grande guerre, pas de grande dépression.
Notre grande guerre est spirituelle.
Notre grande dépression, c'est nos vies.
La télévision nous a appris à croire qu'un jour on sera tous des millionnaires, des dieux du cinéma ou des rockstars...
Mais c'est faux, et nous apprenons lentement cette vérité.
On en a vraiment, vraiment plein le cul".
"Imagine there's no Heaven
It's easy if you try
No hell below us
Above us only sky
Imagine all the people
Living for today
Imagine there's no countries
It isn't hard to do
Nothing to kill or die for
And no religion too
Imagine all the people
Living life in peace
You may say I'm a dreamer
But I'm not the only one
I hope someday you'll join us
And the world will be as one
Imagine no possessions
I wonder if you can
No need for greed or hunger
A brotherhood of man
Imagine all the people
Sharing all the world
You may say I'm a dreamer
But I'm not the only one
I hope someday you'll join us *
And the world will live as one"
John Lennon, Imagine, 1971
* Tu peux dire que je suis un rêveur
Mais je ne suis pas le seul
J'espere qu'un jour tu nous rejoindras
Le Monde, apparemment en manque (de quoi ?) ouvre ses pages en grand pour une bonne louche de langue de pute.
Ce long vomi de Sarkozy mérite une traduction pour ceux qui n'auraient pas compris, qui vivent sur la lune ou qui ont voté Balkany:
"le dialogue social engagé avec les partenaires sociaux depuis un an est un succès". "Nous ne devons pas en rester là, explique-t-il, la refondation complète de notre démocratie sociale est désormais à l'ordre du jour".
Comprendre: "Les syndicats se sont mis a genoux, ont baissé leur froc. Nous ne devons pas en rester la, il me reste deux grands tubes de vaselines" .
"Notre histoire sociale est suffisamment jalonnée de projets menés à la hussarde, sans concertation, et qui se sont soldés par de retentissants échecs, pour qu'on en finisse une bonne fois pour toutes avec l'idée d'un Etat qui serait seul à même de savoir ce qui est bon pour notre pays."
Comprendre: "Il faut que les syndicats se borne a être des faire valoir, pour que le Marché puisse enfin agrandir ses ailes bienfaisantes sur l'Etat et les Peuples."
"Je veux leur dire mon estime".
Comprendre:"Ils sont assez dociles"
"Dès le début de mon mandat, mon approche a été simple".
Comprendre:"Dès le début de mon mandat, mon approche a été simple"
"Et cette méthode est un succès"
Comprendre:"L'echec est cuisant, les rustres sont ou vont etre dans la rue, mais je m'en tape, j'ai du matos de CRS en rab'"
"Je pense par exemple à la fusion de l'ANPE et des Assedic, qui va enfin permettre aux demandeurs d'emploi d'avoir un interlocuteur unique pour les accompagner dans leurs recherches."
Comprendre:"Un seul fonctionnaire vaut mieux que 2"
"Je pense aussi à l'accord conclu le 11 janvier entre les partenaires sociaux sur le marché du travail, qui est une étape décisive pour donner plus de sécurité et plus de souplesse aux salariés comme aux entreprises."
Comprendre:""Je pense aussi à l'accord conclu le 11 janvier entre les partenaires sociaux sur le marché du travail, qui est une étape décisive pour donner plus de sécurité et plus de souplesse aux entreprises."
"Je pense enfin à la réforme des régimes spéciaux de retraite"
Comprendre:" Mouaaaahahahahharfff !!!!!!"
"Mais nous ne devons pas en rester là"
Comprendre:"Je commence juste à m'amuser"
" Et je crois enfin que nous sommes sur le bon chemin. "
Comprendre:"Vous avez vraiment gobé cette suite de mensonges, de langue de bois et de manipulation ? Vous etes vraiment des cons et je m'en félicite"
En fait, plus besoin d'acheter Le Monde, il suffit d'aller ici et d'avoir une imprimante.
Dégoûté des mascarades de "La Flamme", ou de "La Banderole", que je n'ai même pas eu l'envie de commenter, hésitant entre la nausée et la franche rigolade.
Dégoûté par le cynisme absolu des dirigeants moisis, dégoûté par ceux qui profèrent des mensonges plus gros que leur portefeuille ou leur marocain. Et qui dans le meilleurs des cas se rétractent, s'excusent, et rentrent dans le rang pour avoir leur soupe, froide... La plupart d'ailleurs ne s'excusent jamais. Il sont au dessus de ce genre de concepts.
Le peuple choisi de dire "non" à un projet européen ultralibéral, mais on passe sur sa volonté, sans sourciller.
Le peuple ne veut pas de ces merdes d'OGM dans son assiette, on s'assoit sur les plus élémentaires principes de précaution pour engraisser ces salopards de l'agroalimentaire.
Le peuple ne veut certainement pas d'une présence militaire française en Afghanistan, pas plus qu'être sous commandement américain, mais le peuple ne sait pas, et en plus, le peuple est faible. Au diable la volonté populaire. Et pas grave si on doit se prendre un méchant retour de bâton dans les gencives, histoire de concocter un Patriot Act à la française, l'occasion serait trop bonne.
Et surtout dégoûté de ceux qui croient à tous ces mensonges, ces contre-vérités, ces simplifications outrancières. Dégoûté de ces pauvres cons qui votent fièrement en se tirant une balle dans le pied.
Dégoûté de l'inculture crasse qui fait se vautrer les veaux devant TFmoins au lieu de tenter 10 seconde d'utiliser l'éponge huileuse qui se loge entre leurs oreilles, et qui ne demanderai pourtant qu'a servir.
Et comme tout cela pue le cercle vicieux à plein nez, dégoûté par ceux qui parquent soigneusement les moutons dans les bergeries du prêt-a-penser et du temps de cerveaux disponible.
Alors pendant que le P"S" se "restructure" (on ne rigole pas, c'est sérieux), pendant que la Gauche essaie (péniblement ?) de créer son Nouveau Parti Anticapitaliste, le gouvernement cire les pompe et turlute soigneusement tout ce que l'économie libérale à créé de puant, de stérile ou de toxique. Je ne parle pas que de chimie ou de petrole, mais aussi (surtout) d'idées.
Pendant que chacun peut (entre)voir à quel point le système américain est à bout de souffle (politiquement, socialement, militairement, économiquement et j'en oublie probablement), le gouvernement prend soigneusement exemple sur lui.
Pourquoi le peuple reste de marbre quand devant ses yeux (myopes) on saccage ce qui lui revient ? On détruit ce pourquoi les parents et (arrières) grand parents se sont battus ? De bonnes paires de lunettes sont pourtant disponibles, gratuitement et à longueur de web.
Rien de nouveau depuis 10 mois, si ce n'est que la conviction intime que rien ne les arrêtera dans leur entreprise de démolition que la rue en colère. Ces gens la ne comprennent que la force, l'intelligence du dialogue leur est inconnue.
Certes, la colère monte (vous l'entendez gronder ?). Elle ne fait que ça, d'ailleurs, monter et gronder. Une franche réaction d'hostilité populaire tarde à venir.
Cette idée est développée par Numancia Martinez Poggi dans Le Grand Soir (attention, fief Rouge), en comparant cette fois le Tibet et le Cameroun. Je vous invite a lire l'article, auquel j'adhère partiellement (je me désolidarise complètement du 5eme paragraphe en partant de la fin).
Selon lui, les tibétains sont des victimes utiles, et c'est pour cette raison que soudain, le monde pense à eux. Simplement parce que les médias les éclairent.
Alors que des Camerounais meurent en nombre identique, en même temps et dans l'indifférence générale, victime de la dictature de Paul Biya. Ils ne sont pas "utiles" médiatiquement parlant.
J'ai lu quelques articles qui disent, en substance: " le Dalai Lama est le maître spirituel d'une théocratie obscurantiste aidé par la CIA pour déstabiliser la Chine communiste". Un anti-americanisme viscéral assez trouble et indigeste sous-tends ces articles.
Mais malgré tout le respect spirituel que j'ai pour le Dalai Lama, je ne peux pas m'empêcher de penser que beaucoup ont intérêt à déstabiliser la puissante Chine pour qu'elle modère ses prétentions internationales. Penser que l'image très positive du peuple tibétain dans les médias et donc dans la conscience collective occidentale est instrumentalisée n'excuse bien sur rien des crimes de la dictature chinoise. Cette opinion diffère notablement de celle présentée sur ces sites "alternatifs" qui veulent à tout prix donner une autre vision que celle fournie par les JT occidentaux, au risque d'excuser l'inexcusable.
De toute façon, le grand cirque des JO aura lieu, avec plus ou moins de bruit (de bottes et de matraques), plus ou moins de pluie (d'argent), et le peuple tibétain se retrouvera -à terme- dans le même état que les indiens "native" aux USA:
A la fois un peuple moribond et volontairement maintenu sous dépendance, un symbole fort et un juteux business, et la cicatrice d'une mauvaise conscience collective.