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Si ça continue ça va pas durer

We own the world

Noam Chomsky présente une une analyse de l'esprit américain, qu'il soit démocrate ou républicain, qui peut se résumer par "we own the world". En d'autre termes, et en francais, "le monde est a nous".
Aux américains, donc.
Et cela, selon Chomsky, explique une grande partie de la politique étrangère américaine.
Le problème militaire ne se pose pas en terme de légitimité morale de telle ou telle action, mais bien en termes économique ("est ce qu'il est rentable de faire la guerre en Irak?"). L'article est à lire ici en anglais, et ici en français.
Pour une raison ou un autre, je ne peut pas copier d'extrait du lien en français. A lire en entier, donc :-)

J'ai lu ce texte il y a 2 ou 3 jours, et je tombe ce matin sur une interview de Zbigniew Brzezinski (ancien conseiller du président Carter et soutient d'Obama) qui s'exprime "en son nom, "en tant que Démocrate", sur le retrait des troupes US d'Irak.
Et là, stupeur, malgré des conclusions que je partage (le retrait des troupes US d'Irak), venant d'un démocrate (j'ai donc un léger a priori positif) ses propos illustrent parfaitement ce que Chomsky condamne: le raisonnement est complètement vicié au départ. Une logique qui parait robuste repose sur une grossière erreur ("we own the world").

Deux extraits:

"Cependant, si on avait demandé au peuple américain il y a cinq ans si l’obsession de Bush pour le renversement de Saddam Hussein valait 4000 vies américaines, près de 30 000 blessés et plusieurs milliards de dollars - sans parler des dommages non mesurables infligés à la crédibilité, à la légitimité et au statut moral des USA dans le monde entier - presque certainement la réponse à cette question aurait été un « non » sans équivoque."
Pas un mot sur les centaines de milliers de civils irakiens tués.

"En résumé, cette guerre est devenue une tragédie nationale, un désastre économique, une catastrophe régionale menaçant les USA d’un « effet boomerang ». Y mettre fin relève du plus haut intérêt de la nation."
Notez: ne relève pas de l'intérêt des enfants d'Irak, ou de la géopolitique du Moyen-Orient, mais "du plus haut intérêt de la nation" US.

Le monde leur appartient, donc...
C'est en tout cas la pensée la plus répandue, et la plus présente dans l'inconscient collectif américain, une sorte d'énorme complexe de supériorité.
Et cela explique aussi pourquoi démocrate ou républicains ont toujours mené une politique étrangère aussi belliqueuse, et pourquoi il n'y a rien à attendre sur le long terme des prochaines élections.


C'était le billet "comprenons notre anti-américanisme primaire"


Chaque geste compte...


subjectivité objective

"Il n'y a qu'une seule réponse à la décroissance géologique de la production mondiale de pétrole : la réduction de la consommation.
A ce prix, le pétrole brut n'est pas cher, de même que le litre de super à 1,50 euro. Le cours du baril sur le marché new-yorkais retrouve aujourd'hui la cote qu'il avait atteinte en 1980, tandis que l'achat d'un litre d'essence nécessite deux fois moins d'heures de smic qu'il y a vingt-sept ans.
Ces niveaux nous paraissent élevés car nous nous sommes habitués à des prix extrêmement bas entretenus par les multinationales du pétrole, puis par l'OPEP.
Cette époque est révolue.

Yves Cochet, Le Monde, 28/11/2007.

Et si on essayait de les stoper ?

Je me fait le petit écho d'un appel européen contre la spéculation financière.
De là à imaginer que cette pétition puisse faire trembler les bureaux z'et les cravates...

En attendant, allez signer, ici..

De bas en haut

Toutes mes excuses pour ma contribution minime des ces derniers jours. Le boulot est assez prenant, et le temps est à la neige, alors les spatules démangent le blogueur, qui est bipède skieur avant tout, et entre autre...
Dans mes cogitations sur les moyens d'action que le citoyen lambda dispose pour construire un monde à SA mesure, je suis tombé sur ce texte de Serges Latouche, datant de Novembre 2005, publié dans le Diplo. Comme d'habitude, la lecture du texte complet est bien plus intéressante que le petit résumé que je peux en faire. Le texte complet, donc, est ici.

"[…] Comment enclencher les cercles vertueux de la décroissance tout en garantissant la justice sociale, sans laquelle l’humanité est condamnée au désordre ?
[…] Il faut […] identifier plus précisément les adversaires d’un programme politique de décroissance, les obstacles à sa mise en œuvre et, finalement, la forme politique que prendrait une société « écocompatible ».

I. Qui sont les « ennemis du peuple » ?
[…] Le capitalisme généralisé ne peut pas ne pas détruire la planète comme il détruit tout ce qui est collectif, les bases imaginaires de la société de marché reposant sur la démesure et sur la domination sans frein.
Une société de décroissance ne peut donc pas se concevoir sans sortir du capitalisme. […]

II. Que faire ? Réforme ou révolution ?
Des mesures simples, voire d’apparence anodine, sont susceptibles d’enclencher les cercles vertueux de la décroissance. Un programme réformiste de transition, tenant en quelques points, consisterait à tirer les conséquences de bon sens du diagnostic effectué.
[…] Le programme d’une politique de décroissance est donc paradoxal, parce que la perspective de mise en œuvre de propositions réalistes et raisonnables a peu de chances d’être adoptée, et moins encore d’aboutir, sans une subversion totale qui passe par la réalisation d’une utopie : la construction d’une société alternative.
Dans tous les cas, d’innombrables et délicats problèmes de transition se poseraient. [...] ce ne sont pas les solutions qui font défaut, mais les conditions de leur adoption.

III. Dictature globale ou démocratie locale ?
La croissance est nécessaire aux démocraties consuméristes car, sans perspective de consommation de masse, les inégalités seraient insupportables [...]Les inégalités ne sont acceptées que provisoirement, parce que l’accès aux biens des privilégiés d’hier se révèle général aujourd’hui et que, demain, ce qui constitue encore le luxe sera accessible à tous.
C’est pourquoi beaucoup doutent des capacités des sociétés dites « démocratiques » à prendre les mesures qui s’imposent, et ne voient d’issue aux contraintes que sous une forme d’écocratie autoritaire : écofascisme ou écototalitarisme. […]
Le pari de la décroissance est tout autre : l’attrait de l’utopie conviviale, combiné avec le poids des contraintes au changement, est susceptible de favoriser une « décolonisation de l’imaginaire » et de susciter suffisamment de comportements vertueux en faveur d’une solution raisonnable : la démocratie écologique locale.
La revitalisation du local constitue, en effet, une voie de décroissance sereine beaucoup plus sûrement qu’une problématique démocratie universelle. […]
Utopie, dira-t-on ? Certes. Mais l’utopie locale est peut-être plus réaliste qu’on ne le croit, car c’est du vécu concret des citoyens que procèdent les attentes et les possibles. « Se présenter aux élections locales, affirme Takis Fotopoulos, donne la possibilité de commencer à changer la société par en bas, ce qui est la seule stratégie démocratique – contrairement aux méthodes étatistes (qui se proposent de changer la société par en haut en s’emparant du pouvoir d’Etat) et aux approches dites de la “société civile” (qui ne visent pas du tout à changer le système) […]. »
[…] Quoi qu’il en soit, la création d’initiatives locales « démocratiques » est plus « réaliste » que celle d’une démocratie mondiale. S’il est exclu de renverser frontalement la domination du capital et des puissances économiques, reste la possibilité d’entrer en dissidence. […] La reconquête ou la réinvention des commons (communaux, biens communs, espace communautaire) et l’auto-organisation […]constituent une illustration possible, […] de la démarche localiste dissidente".


Ce qui confirme ce que je pense depuis un moment: c'est dans l'initiative locale, personnelle, que résident les solutions.
Il n'y a rien à attendre d'en haut, surtout sous le régime actuel. Certes, les initiatives locales seraient facilitées dans un cadre législatif plus favorable, mais l'urgence ne permet pas les ronds de jambes politico-electoraux. Surtout quand la volonté populaire est si ouvertement méprisée et bafouée.
Sans parler de la propagande (officielle et / ou marchande) qui formate tout ce(ux) qui passe(nt) à sa portée. On ne le répétera jamais assez: Il faut agir.

Maintenant.

De gauche adroit

Etre de droite, c'est être riche et cynique, ou alors pauvre, con et manipulé.

Superno en commentaire de ce billet...

Une grosse colère

C'est une grosse colère que pique CSP sur ce billet.
Comme (presque) toujours, je suis d'accord avec son analyse, pas avec ses conclusions. Peu importe, voici quelques phrases florilèges:
[...]
Au XXIème siècle, en France, dans un pays riche, puisque contrairement à ce que mentent les libéraux et leurs caniches, nous vivons dans un pays riche et qui s'enrichit de plus en plus, l'existence d'une misère pareille n'est même plus seulement un scandale : c'est bel et bien la démonstration de l'échec d'une idéologie.
Un échec dont le coût humain et social est effrayant. Et dont les résultats mettent très, très, mais alors très en colère...

La précarité, j'ai connu. Et de très près, même. Et il n y a pas de raisons que je ne puisse la connaître à nouveau, puisque comme le montre le docu, ça tient à si peu de choses...
Cette précarité ne tombe pas du ciel, ces emplois merdiques, ces horaires à la con, ces salaires ridicules ne sont pas le fruit du hasard, ou d'une "conjecture" quelconque ; tout ça a procédé de décisions, politiques, économiques, sociales. La précarité n'est pas seulement une forme d'organisation du travail : c'est un projet de société. C'est un choix de civilisation, déterminé par les dominants, afin tout simplement de nous briser. De nous faire taire. Et de nous faire travailler jusqu'à ce que mort s'ensuive.

La précarité n'est pas seulement une façon artificielle de faire baisser les chiffres du chômage en fournissant de la chair à vil prix à un patronat de plus en plus décomplexé : c'est une machine à fabriquer de la peur. À fabriquer de l'insécurité sociale par le chantage permanent qu'elle exerce sur tout le monde. La précarité ne set pas seulement à engraisser les employeurs à moindre coût : c'est un outil de contrôle social. Tais toi. ne dis rien. Ne te plains pas. Travaille. Pour d'autres c'est pire. Si tu n'est pas content, il y'en a des centaines qui attendent.
[...]
Mais ils n'en ont pas encore assez ! Mais ils veulent plus de "réformes" ! D'autant plus brutales que cette caste de bourgeois bien au chaud dans leurs institutions et leurs salles de rédaction n'en sentiront jamais les effets. Pas de précarité pour eux ; ils sont protégés par leur classe sociale, et ils le savent.
[...]
Ma conclusion, comme toujours: battons nous avec nos armes les plus puissantes: notre cerveau et notre porte-monnaie.

On va garder les pavés au chaud pour une occaz'

500 ans d'amour


D'une pierre deux coups...

Toujours un peu en speed, je vous signale le (très) très bon blog de Maester, le papa de Sœur Marie-Thérèse (des Batignoles), un dessin d'actu par jour avec son trait inimitable. C'est ici.
Et je reprends son post d'aujourd'hui:
" Pour ceux qui ont suivi la soirée du 11 mars dernier, avec le très intéressant documentaire de Marie-Dominique Robin sur Mosanto et le débat qui a suivi, il vous intéressera peut-être de savoir que M. Christian Vélot (encore un écolo), le scientifique qui a participé à ce débat, s'est vu sucrer ses crédits de recherches et "remercié" par l’Institut de génétique et microbiologie d’Orsay ; il doit plier bagage dans les plus brefs délais.
Une pétition de soutien est à signer avant le 21 mars."

Tempus fugit

Le temps me manque pour pondre un quelconque commentaire pertinent.
La fanfaronnade Elyséene, mais surtout la situation tibétaine mériterai pourtant une longue analyse.
Je vous suggère d'aller jeter un œil (ou deux) sur le site d'Olivox.
De la bonne BD politique.
De gauche.


Open your mind...


Voir passer les gueux...

Ô vie heureuse des bourgeois
Qu'avril bourgeonne
Ou que décembre gèle
Ils sont fiers et contents
[…]
Et tous sont ainsi faits
Vivre la même vie
Toujours pour ces gens là
Cela n'est point hideux
[…]
Ils n'ont aucun besoin
De baiser sur les lèvres
Et loin des songes vains
Loin des soucis cuisants

Possèdent pour tout cœur
Un vicere sans fièvre
Un coucou régulier
Et garanti dix ans

Ô les gens bien heureux
Tout à coup dans l'espace
Si haut qu'ils semblent aller
Lentement en grand vol

En forme de triangle
Arrivent planent, et passent
Où vont ils? ... qui sont-ils ?
Comme ils sont loin du sol

Regardez les passer, eux
Ce sont les sauvages
Ils vont où leur désir
Le veut par dessus monts

Et bois, et mers, et vents
Et loin des esclavages
L'air qu'ils boivent
Ferait éclater vos poumons
[…]
Et le peu qui viendra d'eux à vous
C'est leur fiente
Les bourgeois sont troublés
De voir passer les gueux.

Jean Richepin, les oiseaux de passage.

décroissance vs. récession

J’avoue que tout ce que j’ai pu lire sur la décroissance me laisse un peu sur ma faim. Pas que je crois que le concepts n’est pas viable (je suis convaincu au contraire que c’est la croissance qui ne l’est pas), mais ses défenseurs peinent un peu pour imag(in)er à quoi concrètement ça pourrait ressembler.
Surtout en quoi la décroissance est fondamentalement différente de la récession.

Une petite image pour alimenter la réflexion :
Imaginez un avion qui monte. L’altitude représente la « richesse » (aussi subjective soit-elle, mais l’altitude dépend elle aussi du référentiel choisi), et l’augmentation d’altitude la croissance. La réserve de kerozene représente les ressources, en quantité finie. La puissance des moteurs représente la capacité à transformer les ressources en richesses.

La différence entre la décroissance et la récession est la même qu’entre une baisse d’altitude choisie par le pilote, pour ménager les moteurs et les réserves (la décroissance, donc) et un décrochage brutal, dangereux incontrôlable (la récession).
En aéronautique, un décrochage survient lorsque la vitesse devient insuffisante pour assurer la portance. Normalement une alarme sonne avant le moment critique.
En économie, toutes les alarmes semblent en ce moment en train de sonner.
Les réservoirs se vident, les moteurs fatiguent, et les pilotent veulent non seulement continuer de prendre de l’altitude, mais de plus en plus vite en plus.

Nous sommes tous dans l'avion...

Durable ?

J'ai déjà parle ici de décroissance, mais jamais de "développement durable", parce que j'ai toujours pensé que ce concept était un pis-aller, une sorte de sésame magique qui permet beaucoup (de bonne conscience) et impose très peu (d'initiatives concrètes et significatives).
Le développement durable, c'est "un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs". C'est donc très large et très important, et on ne peut pas dire que l'idée soit mauvaise. On peut même allez faire un tour sur Wikipedia pour lire ce qui en est dit...
A ce propos, je viens de lire un texte tiré d'une interview d'Aurelien Bernier dans le magazine CRASH. Le texte complet est ici.
Cette interview met en lumière l'arnaque primitive du concept de développement durable comme l'équilibre entre le social, l'environnement et l'économie. Comme l'économie est leur seul des trois de ces pilier qui ai une force d'action, les deux autres sont -de fait- a son service.
Alors que c'est la hiérarchie exactement inverse qui devrait être observée...

Je vous en livre ici quelques extraits-qui-vont-bien pour vous mettre en appétit et nourrir le dialogue. Le mieux, comme d'habitude, c'est de lire le texte complet.
Dans son acception classique, le développement durable n'est pas du tout contraire aux "lois" néoliberales, et les économistes de tous poils peuvent s'en gargariser la glotte entre deux tranches de croissance et de plu-values. Dans son acception "corrigée" (par Aurelien Bernier), c'est un excellent point de départ aux concepts de décroissance, ou en tout cas de consommation raisonnée et éthique. Bref, à lire et à réfléchir...


"le développement durable restera une décoration offerte aux entreprises tant qu’il ne s’attaquera pas à la mondialisation néolibérale. Encourager les bonnes pratiques sur la base du volontariat sans rien changer aux lois du commerce international relève de l’arnaque pure et simple."

" La croissance est une notion fourre-tout qu’il faut absolument redéfinir. A l’heure actuelle, consommer du pétrole crée de la croissance, et dépolluer les plages après une marée noire également. Nous avons besoin d’autres indicateurs que le seul PIB."

"Le système néo-libéral repose sur une logique finalement très simple : en autorisant les entreprises à produire où elles veulent et à vendre comme elles le veulent, on favorise les pays les plus attractifs pour les firmes, avec le coût du travail le plus faible, les réglementations environnementales les plus laxistes et les régimes fiscaux les moins contraignants. Cette concurrence tire tous les pays vers le bas.[...]Il faut donner la priorité à la satisfaction des besoins sociaux, favoriser les productions locales et les circuits courts, et arrêter la production de biens inutiles qui impactent fortement l’environnement."

"Le consommateur a du poids lorsqu’il consomme puisque c’est lui qui tient en mains le carnet de chèques. Mais le citoyen a un rôle à mon avis encore plus important, car il peut obliger le politique à prendre des décisions de véritable rupture. "

"Un problème de la définition du développement durable est qu’on n’a fait aucune hiérarchie entre le social, l’environnemental et l’économique. Dans la pratique, c’est donc toujours l’économique qui domine, et les entreprises font un peu d’environnement pour donner le change, le social passant à la trappe. Il faut redéfinir le développement durable en mettant des priorités : l’objectif ultime, c’est le bien-être social et rien d’autre. Mais ce bien-être doit devenir transmissible d’une génération à l’autre, et donc la contrainte environnementale doit absolument être prise en compte. Alors, l’économique doit se mettre au service du social et se plier à la contrainte environnementale. Dans ce cas seulement, on peut parler de développement durable."

Monde de merde

Ce matin, j'ouvre les yeux, puis le Monde, et très rapidement, en survolant les titres, je tombe sur "Le réchauffement climatique menace la sécurité internationale", sur une dépêche Reuters "Le pétrole franchit la barre des 109 dollars le baril" et puis, surprise, la dessus "Les deux visages de Brice Hortefeux".

Ou l'on apprend, notamment, que Brice est un gars super.
On apprend aussi qu'il "a toujours une petite réserve de lingettes dans sa voiture. Brice Hortefeux ne sait pas pourquoi, mais il se lave les mains vingt fois par jour."

Je comptait faire un billet sur l'énergie et le pétrole mais devant une info aussi hallucinante que "Brice Hortefeux se lave les mains vingt fois par jour.", je m'incline devant le Destin et commente :

Le Monde nous pond un article (insipide, avec un arrière-goût de vieille viande) pour -en substance- nous décrire un personnage sympa, qui en plus n'est plus dans les petits papiers de Sarkozy. Autant dire le gendre parfait.
La conclusion hygiéniste est -j'imagine- un trait (pas très) subtil et une manière "discrète" pour l'auteur de se démarquer du contenu de son torchon papier.
Après avoir affirmé "qu'il n'y a plus d'interpellations à la sortie des écoles et[...]qu'il a interdit les contrôles au faciès"
(Vous le sentez le goût de vielle viande ?)

Oui, oui, c'était dans le Monde, aujourd'hui...
L'inacceptable prend des allures civilisées, vous ne trouvez pas ?

Prenez le temps...

Je n'ai fait aucun commentaire sur les municipales.
Et je n'en ferais probablement pas.

A la place, j'ai dégoté une petite vidéo apolitique.




allez hop...


tondre le plus grand nombre

Je suis de gauche, et à peu près capable d'expliquer pourquoi, et en quoi cela consiste quand je souhaite mettre mes actes en accord avec ma pensée, au quotidien. Une sorte de bonne logique interne, assez consistante pour que je puisse dire que j'ai des convictions.
Mais quand je me balade sur des blogs ou des sites très orientes à droite, je "rencontre" des interlocuteurs qui ont une vision plus ou moins cohérente de la société, à l'opposé de la mienne. Le dialogue est alors à peu près impossible, tant les deux parties sont campées sur leurs positions. Faut dire que certaines conneries débitées au kilo, que l'on retrouve sous toutes les plumes qui se veulent libérale me font gerber et laisse une marge de manœuvre infime aux tentatives de compréhension bienveillante.
En d'autre termes, tout le monde se sent dans son bon droit, et a complètement raison, en toute subjectivité, et les seuls échanges fructueux sont ceux avec des personnes dont les idéaux ne sont pas trop éloignés.
Dommage pour qui veut élargir le débat.

Pourquoi donc être de gauche ? Pourquoi ce que je crois être l'avenir, le bon sens et la logique apparaît effrayant, passéiste et complètement idiot à d'autre ? Y a-t-il une vérité objective ?

Je sens bien que je m'attaque à du lourd (et que je ne vais de doute façon pas répondre à la question...).

En première approximation, la droite peut être qualifiée de conservatrice, et la gauche de progressiste. On pourrait donc croire que les personnes de droites ne sont que des conservateurs, qui ne veulent pas changer l'ordre établi, et que les gauchistes veulent aller de l'avant. C'est une vision assez objective et classique des choses, quoique terriblement réductrice.

Un autre point de vue, non plus moral, mais économique:
Construisons une pyramide avec les différents ajouts successifs fait à l'économie dans le temps.
- A la base, le troc (une pomme contre un chou), qui existe depuis toujours.
- Au dessus, l'économie de marché (une pomme contre 3 sous), qui doit avoir dans les 3000 ans.
- Encore au dessus, le capitalisme (200 tonnes de pommes contre 20 gigabrouzouf$, et 3 sous au producteur), qui a dans les 2 siècles.
- Et enfin, au dessus, le fin du fin, la crème de la crème, le néoliberalisme (le droit d'acheter une option sur 2000 tonnes de pomme virtuelles pour les revendre mélangée à une option sur des tomates trop mures, et ce avant de les avoir payées).
Merci Superno pour les métaphores légumières (qui ne manquera pas de me donner l'adresse exacte de son article sur le fonctionnement des marchés financiers pour avoir de quoi faire une soupe de légumes).
L'idée donc que je me fait de ce gradient gauche - droite pourrait en fait se résumer (pour sa partie économique) à : plus vous êtes a gauche, plus vous souhaitez la réglementation ou la disparition des couches profonde de cette pyramide.
Et plus vous êtes a droite (hors extrême droite, c'est un autre problème), plus vous souhaitez la consolidation de cette pyramide, avec si possible quelques étages de plus.

La grande imposture est de convaincre une portion significative des électeurs de voter objectivement contre leur intérêt, en leur faisant croire qu'ils votent (plus ou moins égoïstement) pour eux.
C'est aussi de faire croire que cette pyramide est une construction parfaite, qu'il faudrait élever encore un peu plus pour atteindre le Graal: la dérégulation complète, le Pur Marché Théorique, générateur de tous les bienfaits et qui s'autorégule tout seul pour le Bien, le Beau et le Bon.
Cette vision, crée et imposée par ceux qui y trouve leur(s) intérêt(s) (les gros profiteurs bien riches et bien gras qui forment le cœur de l'électorat de droite, tant pis pour le cliché) est incompatible avec la réalité pour au moins deux raisons:

- La première de faire croire que l'augmentation de richesse d'un pays par habitant augmente la richesse du plus grand nombre de ses habitants. Ce n'est plus le cas depuis au moins 20 ans.
- La seconde, c'est que l'augmentation de richesses (la croissance) n'est plus envisageable sur le long terme, pour cause de ressources non-infinies (comme c'est dommage !). C'est l'une des cause de la pression financière sur les petits revenus: les solutions pour faire plus d'argent sont de plus en plus immorale à mesure que les ressources se tarissent. Les moutons-citoyens doivent donc être tondus de plus en plus soigneusement et de plus en plus souvent, et dépecés si possible.



Etre de gauche et agir en accord avec ses convictions est la seule option réaliste à long terme. Avec des subtilité personnelles sur l'ampleur de l'évolution (ou de la révolution) à apporter à la société, mais en identifiant clairement ce qui n'est pas acceptable.

Qu'une minorité dispose de moyens financiers et techniques suffisamment efficace pour faire agir le peuple contre son propre intérêt n'est pas acceptable.

Pas dans votre assiette ?

Encore et toujours, la seule arme que nous ayons est l'information et les changements dans nos modes de consommation.
Passer de la sur-consommation goinfre et aveugle à une consommation réfléchie, éthique et raisonnable.
Facile à dire, quand 90% des médias et 100% des pubs hurlent le contraire.

La bande annonce du reportage sur Monsanto qui sera diffusé sur Arte le 11 Mars a 21h.
Pour en savoir plus sur ce magnifique exemple du libéralisme au service de l'Homme, lisez aussi "Comment Monsanto vend les OGM" du Diplo (2001), ainsi qu'un article de l'indispensable Superno sur les biocarburants (et oui, bouffe, bagnole, énergie et guerres, tout est lié...)

Sur les pavés ...



"La dernière raison des rois, le boulet. La dernière raison des peuples, le pavé."
Victor Hugo, littérature et philosophie mêlées