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Si ça continue ça va pas durer

Thank you Léo


[...]
Pour le péché que tu fais naître, Au sein des plus raides vertus
Et pour l'ennui qui va paraître, Au coin des lits où tu n'es plus
Pour les ballots que tu fais paître, Dans le pré comme des moutons
Pour ton honneur à ne paraître, Jamais à la télévision

Thank you Satan !
[...]



Léo Ferré


mieux vaut en rire

Voila voila...
Comme l'actualité la plus croustillante du moment (la tour de magie de la Société Générale et la vaste farce du Sieur Attali) me laisse pantois d'incompréhension, entre rire jaune, (in)satisfaction malsaine et troubles gastriques, je vous suggère de lire l'éclatant billet de Superno sur le sujet (la SG) ici, ainsi que la note de Daniel Mitterand (qui s'y connait en Atalli),.
De toute façon, Je ne pourrait -au mieux- que tenter une pénible périphrase dans les deux cas.

Ensuite, pour calmer vos crampes d'estomac, prenez donc un petit café :-)


la question...

"La question ne se pose pas. Elle en est absolument incapable : il y a trop de vent."
Boris Vian

collaboration

Une nouvelle écœurante de plus (voir l'article sur Rue89): Un simple citoyen risque d’être condamné a 750 euros d’amende pour avoir, dans un email privé envoyé a l’Elysée, comparant Nicolas Sarkozy au maréchal Pétain. Un tel sujet conduit inévitablement au point Godwin très rapidement, même en absence de troll.
Allons y donc.

L’idée de comparer Sarkozy à une certaine forme de pouvoir est dans l’air depuis longtemps :
Il a été compare à Louis XIV par Ségolène Royal sur Europe 1 (lire), à Napoléon III par Marianne (un dossier entier s’il vous plait, le 30 juin 2007), (presque) à Vladimir Poutine par Kasparov qui s’y connaît en Roi et en Fou (dans le Monde du 17 janvier 2008), et à Philippe Pétain par Alain Badiou dans son livre "De quoi Sarkozy est-il le nom ?", et dans diverses interviews).
Et je passe les innombrables comparaisons et surnoms, (plus ou) moins flatteurs lus sur des blogs divers. La plupart des comparaison semblent de bonne foi et argumentées. Lui-même, en assurant dans sont discours d'investiture que "Le travail, c'est la liberté n'a jamais semblé soucieux de se démarquer de la rhétorique vichyste.

Alors pourquoi taper aussi fort (750 euros !!!) sur une (toute petite) voix, un email privé, sous l’accusation d' «outrage à personne dépositaire de l'autorité publique» ? Comme les journalistes mis en garde a vue abusive (Guillaume Dasquié, entre autre), comme les tentatives perquisition de rédactions au mépris de la loi (le Canard Enchaîné, le 11 mai 2007), comme cet ado ayant écopé de 4 mois prison ferme pour des insultes (lire), ces procédures ont clairement pour objet de mettre en garde les citoyens que le pouvoir ne se laissera pas marcher sur les pieds. La tare psychologique de Sarkozy est là: son manque de confiance en lui le pousse à chercher la confrontation, pour le plaisir de dominer l’autre. L’épisode des pécheurs bretons en est un exemple frappant (voir).
Il est socialement immature, comme le sont tous les adolescents. En plus, je le soupçonne d’etre convaincu de croire que le pouvoir sait ce qui est bon pour le citoyen.
Même si ledit citoyen doit en prendre plein la gueule pour bien comprendre qui est le chef, et que c’est pour son bien qu’on le cogne et l’humilie. Triste rhétorique totalitaire. Et qui dit totalitaire, dans nos esprits franchouillards, dit comparaison avec l’Allemagne du IIIeme Reich et son complice, le régime de Vichy. Maréchal nous voila ! Et les explications lumineuses de Badiou ne contredisent pas cette intuition populaire.

Certes, l’ennemi n’est plus le même, les ogres ultraliberaux ont remplacé les hordes germaniques, le mythe du golden boy en costume italien a remplacé celui d’une certaine pureté blonde, la faim de dividendes a remplace la folie d’expansion territoriale, les barrières douanières sont notre ligne Maginot.
Mais dans les deux cas, l’empressement du gouvernement à aller au devant des attentes et des moindres volontés de l’envahisseur au mépris le plus élémentaire des français et un acte de collaboration, et soumet les français à un non-choix : la collaboration « pacifiste » ou le risque d’anarchie, du bolchevisme ou de la récession économique (rayer les mentions inutiles).

Certes, la rhétorique est différente, la propagande se fait « pub » ou « information ». Mais les contrôles policiers et les sanctions juridiques ou administratives se multiplient « pour le bien de la population ». Comprendre « le bien de ceux qui règnent », et le droit pour les autres de ne pas prendre de coups, à condition de rester dans le rang. Et la politique de bouc émissaire des « sans papiers » stockés près de l’aéroport de Roissy (ou dans des conditions encore plus abjectes, a Mayotte, voir ce billet du Charançon), en complet mépris de la logique, de la réalité et du respect humain, rend le parallèle, à défaut de similitude, frappant et flippant.

Je vous vois venir, tout(e) en subtilité historique ou sociologique, me dire que non, ce n’est pas pareil, ce n’est pas possible pour telle ou telle excellente raison.
Bien sur, la situation actuelle est unique. Vouloir la comparer à un passé noir ou à tel roman d’anticipation dystopique comme c’est souvent le cas est forcement réducteur.
Elle présente néanmoins de fortes similitudes qui devraient inquiéter les citoyens et les pousser à agir et à se solidariser des mouvements de lutte et de résistance. Souvenez vous : la situation de la France en ruine en 1940 résulte de plus de 20 ans de (géo)politique, d’aveuglement et de compromissions.
Sarkozy, lui, est au pouvoir depuis 10 mois.
Et la police est déjà complètement remaniée à sa cause (lire cet article de Marianne).

12 minutes

C'est le temps qu'il faut pour cette vidéo-interview de Vincent Cheynet, du journal La Décroissance.
Dans le contexte politico-financier actuel, il est nécessaires de prendre conscience de la gravité de ce qui se passe, et des moyens (personnels et collectifs) d'éviter le naufrage.


There Is No Alternative !

L'orage qui gronde sur les places financières me donne l'excellent prétexte de republier le premier billet posé sur ce blog.
Il s'agit d'un extrait d'un entretient que Pierre Larrouturou a accordé a Libération le 1er décembre 2007, «L’hyperlibéralisme nous conduit dans le mur» (texte intégral ici).
A nous tous de choisir, maintenant, si l'ont veut rester sur notre confortable Titanic, ou si l'ont veut prendre les chaloupes.
Il n'y a certes sur ces chaloupes, pas de télé, ni même de jouets en plastique rose fabriques en Chine par d'autres enfants (vive la Croissance !). En plus, le rose des plastiques chinois est une offense particulièrement grave au bon goût.
Mais sur ces petites embarcations, il y a les amis, le temps de vivre, de quoi manger et à boire. De quoi vivre, Peut être même une guitare.
La décroissance, c'est ça.
Vivre plus simple pour vivre mieux. Collectivement et individuelement.
Çà vous fait sourire ? Çà vous semble naïf ? Mais la naïveté est le visage de la vérité. C'est pas de moi mais de Victor Hugo...
Le mantra néolibéral "TINA" se retourne contre ses maîtres: There Is No Alternative, que de sauter gaîment dans ces chaloupes de secours... On peut aussi le faire de mauvaise humeur, acide, aigri et chafouin. Outre le fait que ça ne changera pas le problème, l'ambiance à bord est l'affaire de tous...


Lisez attentivement le texte qui suit. Il mérite quelques minutes. Les commentaires [entre crochets] sont de moi.

Liberation: Parler de l’effondrement du système capitaliste comme vous le faites dans votre livre et dire que la crise de 1929 est devant nous, n’est-ce pas exagéré ?
Pierre Larrouturou: Comme le dit l’agroéconomiste Lester Brown, nous sommes sur des «trajectoires d’effondrement». Aucune des tendances actuelles n’est durable. C’est vrai de la crise sociale, de la crise financière et, bien sûr, de la crise écologique. Nous sommes au bout d’un système. Il est urgent de construire une alternative globale.

Vous mettez tous les pays occidentaux dans le même sac…
Il y a quelques différences mais la précarité s’est généralisée dans l’ensemble des pays occidentaux. Au Japon, 32 % des emplois sont précaires. En Allemagne, 6,3 millions de salariés n’ont que des emplois à 400 euros (pour 15 heures par semaine). Aux Etats-Unis, le pays du plein-emploi selon Nicolas Sarkozy, il y a tellement de petits boulots que la durée moyenne du travail, sans compter les chômeurs, est tombée à 33,7 heures. La précarité s’installe partout, et même ceux qui ont un emploi stable sont obligés de revoir à la baisse leurs demandes salariales : «Si t’es pas content, va voir ailleurs», remplace souvent toute vraie négociation. Même le FMI, plutôt libéral, explique, dans son dernier rapport, que la part de la richesse qui va aux salaires a fortement baissé dans tous les pays occidentaux : «La baisse atteint 10 % en Europe et au Japon.»

Est-ce aussi valable pour la France ?
Depuis vingt-cinq ans, en France, la négociation sur les salaires est tellement déséquilibrée que la part des salaires et cotisations sociales dans le produit intérieur brut (PIB) a chuté de 11 %. Onze pour cent de chute sur un PIB de 1 800 milliards, ce sont cette année quelque 200 milliards d’euros qui vont rémunérer le capital, alors qu’ils iraient aux salariés si nous avions conservé l’équilibre de 1982 [soit 600 euros par mois et par actif]. François Fillon dit que, sans réforme, le déficit des retraites sera en 2020 de 1 % du PIB, mais depuis vingt-cinq ans la part des salaires et cotisations a reculé de 11 % du PIB. Bien sûr qu’il faut réformer les retraites, mais l’essentiel est de lutter contre le chômage et la précarité. Si la part des salaires remontait de 6 points, le financement des retraites serait bien plus facile.

Mais la croissance se maintient presque partout…
Au prix d’un endettement sans précédent. Les libéraux passent leur temps à critiquer la dette des Etats. Mais le plus grave c’est sans doute l’envolée de la dette privée, celle des ménages. Dans de nombreux pays, le seul ressort de la croissance est l’endettement des ménages. La crise des crédits subprimes aux Etats-Unis en est une preuve : tout a été imaginé pour pousser les ménages à s’endetter sur des montants incroyablement élevés et sur des périodes extrêmement longues.
Cette crise n’est qu’un début. Aux Etats-Unis, la dette totale des ménages, des entreprises et des collectivités (sans parler du secteur financier) vient de dépasser les 230 % du PIB. En 1929, lors de la dernière grande crise du capitalisme, le même ratio atteignait «seulement» 140 % du PIB. Si on ajoute la dette du secteur financier, la dette atteint 340 % du PIB américain ! Du jamais-vu. Les chiffres sont formels : la croissance européenne, ou américaine, serait négative depuis sept ans si nous n’avions pas fortement augmenté la dette privée.

Le capitalisme ne tiendrait que grâce à l’endettement ?
Oui. Au Japon, aux Etats-Unis, en Nouvelle-Zélande, au Danemark, en Espagne, en Angleterre, dans tous les pays que les libéraux prennent comme modèle, la croissance se maintient grâce à l’endettement privé. En 2006, la dette des Etats-Unis, hors secteur financier, a augmenté huit fois plus vite que le PIB. Si la crise immobilière américaine se répand dans le reste de l’économie, elle ne sera pas sans effets sur l’économie chinoise et donc sur la situation sociale (déjà tendue) de ce pays. Une grande part de sa croissance vient des exportations vers les Etats-Unis et l’Europe. Si les Etats-Unis tombent en récession, qui peut être sûr que ce qui s’est passé en Allemagne dans les années 30 ne se rejouera pas en Chine, avec Taïwan à la place de l’Alsace-Lorraine ? L’hyperlibéralisme peut nous conduire à la catastrophe. Faut-il attendre que la crise explose pour réagir et construire une alternative ?

Faut-il reprendre les modes de régulation des Trente Glorieuses ?
Il faut moderniser les règles proposées par Keynes, Ford et Beveridge. En 1917, Ford, le patron des automobiles du même nom, expliquait qu’il avait doublé la productivité de ses usines, mais qu’il fallait écouler cette production, qu’il fallait donc des consommateurs avec un vrai pouvoir d’achat. Il expliquait aussi qu’en période de crise les patrons veulent tous baisser les salaires. Mais s’ils baissent tous les salaires, qui achètera la production ? Ford plaidait en faveur de règles collectives, de façon à ce que les salaires augmentent en fonction de la productivité. Mais peu de patrons ont suivi ses recommandations. La crise de 1929 s’explique surtout par un découplage entre la productivité et le pouvoir d’achat des travailleurs.
Plus tard, après la Seconde Guerre mondiale, les recommandations de Ford ont été adoptées, notamment en Europe. Les salaires ont progressé au même rythme que la productivité.
La seconde régulation des Trente Glorieuses est celle de Beveridge, avec l’adoption d’un système de sécurité sociale. Keynes nous a appris que lorsque ces deux régulations ne suffisent pas, l’Etat doit intervenir par le biais de sa politique monétaire et/ou de sa politique budgétaire [ce que tente l'administration Bush avec ses 140 milliards de dollars, apparemment sans grand succès].

Vous affirmez que la mondialisation n’est pas responsable du chômage ni non plus de la crise sociale.
Depuis 2002, depuis que la Chine est membre de l’OMC, nul ne peut nier l’importance des importations chinoises en Europe. Je propose que l’Europe négocie avec la Chine des montants compensatoires, pour obliger la Chine à respecter d’ici cinq ans les règles du jeu social et environnemental, qu’elle avait officiellement acceptées avant d’adhérer à l’OMC. Mais pour le moment, le chômage en Europe ne s’explique pas par la concurrence des pays à bas salaires : globalement, hors Europe, la balance commerciale de la France est équilibrée ! Plutôt que la mondialisation, ce sont les gains de productivité qui ont détruit des emplois.
On vit une vraie révolution. La France est le pays qui a le plus augmenté sa productivité. En trente ans, l’économie française produit 76 % de plus avec 10 % de travail en moins. Le total des heures travaillées est passé de 41 milliards d’heures à 36,9 milliards par an. Mais en même temps, grâce au baby-boom et grâce au travail des femmes, la population active passait de 22,3 à 27,2 millions de personnes. Le travail nécessaire à l’économie a baissé de 10 %, mais le nombre de personnes disponibles a augmenté de 23 %. Un écart de 33 % s’est creusé entre l’offre et la demande de travail.

Cet écart serait la principale explication du chômage ?
Oui. Si depuis 1974 la durée individuelle du travail avait baissé de 33 %, le chômage serait resté à son faible niveau de 1974. Or la durée réelle du travail a très peu baissé. Du coup, un partage du travail assez sauvage s’est mis en place : 19 millions travaillent plein pot (à 39 heures, en moyenne, avec les heures sup), 4 millions de personnes – les chômeurs – font 0 heure par semaine, et 4 millions sont à temps partiel.

Au moment où les 35 heures sont décriées [et vont passer a la trappe sous peu], vous plaidez pour la semaine des quatre jours…
Les 35 heures étaient déjà dans le programme commun en 1980. Est-ce un horizon indépassable ? 400 entreprises, de tous secteurs, sont déjà passées à quatre jours, avec un financement qui permet de stabiliser la masse salariale sans toucher aux salaires en dessous de 1 500 euros.
Si tous les salariés passent, en moyenne, à quatre jours et si l’entreprise crée au moins 10 % d’emplois en CDI, elle bénéficie d’une exonération des cotisations chômage qui permet d’équilibrer la masse salariale. Selon une étude du ministère du Travail, un mouvement général vers les quatre jours permettrait de créer 1,6 million d’emplois en CDI. Si l’on divisait par deux le chômage, la négociation sur les salaires aurait une tout autre allure. Si l’UMP et le Medef sont tellement hostiles à une forte RTT, c’est parce que, bien négociée, elle serait, à moyen terme, le moyen le plus puissant de faire remonter les salaires. La gauche devrait être plus claire sur ce point.

Homme pressé

"J'suis un mannequin glacé
Avec un teint de soleil
Ravalé, Homme pressé
Mes conneries proférées
Sont le destin du monde
Je n'ai pas le temps je file
Ma carrière est en jeu
je suis l'homme médiatique
je suis plus que politique
je vais vite très vite
j'suis une comète humaine universelle
je traverse le temps
je suis une référence
je suis omniprésent
je deviens omniscient
j'ai envahi le monde
Que je ne connais pas
Peu importe j'en parle
Peu importe je sais
j'ai les hommes à mes pieds
[...]

Bertrant Cantat, 1996

Le point d'équilibre

Un rêve sans étoiles est un rêve oublié.
Paul Eluard

Décroissance

Soyons un peu pragmatique, je vous prie.

Nous vivons dans une société qui bouffe plus que sa part du gâteau mondial. La biosphère a ses limites, et pour vous faire une petite idée de votre contribution au saccage vous pouvez faire un petit test personnel ici ou .
Nous vivons dans une société dans laquelle le Saint des Saint, le graal ultime, c'est la croissance, c'est à dire l'augmentation du fric disponible pour consommer plus.
Donc (et le lien causal est important) pour polluer et exploiter plus.
Tous le monde (ou presque) applaudit la croissance chinoise à deux chiffres et à deux mains, sans qu'un seul discours ne s'élève pour dénoncer le prix à payer (par les chinois) pour maintenir cette croissance, ni le prix à payer (pour tous) pour essuyer les plâtres de ladite croissance.
GW Bush, président des États Unis d'Amérique et grand penseur du XIXe siècle déclarait: « Parce qu’elle est la clef du progrès environnemental, parce qu’elle fournit les ressources permettant d’investir dans les technologies propres, la croissance est la solution, non le problème". (Le Monde, 16 février 2002.) .
On peut raisonnablement penser qu'une politique qui se bornerai a reproduire exactement a l'inverse la politique de Bush ne puisse être fondamentalement mauvaise (Nicolas Sarkozy: « Je veux 3 % de croissance économique », le Monde, 16 Septembre 2007)...

Les arguments se tiennent, en toute mauvaise fois.
Imaginons une Voiture Mondiale qui fonce droit contre un mur (un très gros mur en brique, une caricature de mur, un mur cosmique). A son bord, bon gré mal gré, 6 milliards et quelques d'humains.
Et une poignée d'économistes, de dirigeants et de fous qui crient "plus vite ! plus vite !"
Vouloir de la croissance, et pire encore plus de croissance, ça revient a dire ouvertement: "moi j'y ai droit. Les autres peuvent rester dans leur merde". Les autres, bien sur, c'est les "pauvres". Et cela sous-entend que des solution seront trouvées pour que les pouilleux ne viennent pas nous piquer nos filles z'et nos compagnes. Y compris des gros murs de protection, des coups de crosses dans la gueule ou des bombardements de civils
Comme le démontre très justement Serge Latouche (voir ce texte du Monde Diplomatique), la solution n'est pas dans "moins de croissance" dans le cadre de notre société de croissance. Ce serait une erreur, un non-sens et un furieux créateur de pauvreté.
La solution est bien dans la décroissance. Dans une société ou les besoins sont moindre. Ou les besoins ne sont pas crées de toute pièces.
Dans une société ou la pub est inutile.
Ou le gaspillage est un non-sens.
Dans une société ou le gavage personnel n'est pas possible
Cela n'est pas aller a l'encontre d'un certain confort, ni d'une science efficace, d'une technologie au service des hommes.
C'est simplement ouvrir les yeux et se rendre compte du formidable mensonge, de la propagande incroyable au service de la croissance. There Is No Alternative, TINA. Dormez citoyens, les médias veillent
Ce discours reste très marginal, gauchiste. Mais qu'on soit de droite ou de gauche, un éclair de lucidité devrait suffire à nous montrer l'évidence: le cadre néoliberal tout puissant qui s'est imposé de et par lui-même est en train de se fissurer largement.
La Bête est malade à force de bouffer.
A nous de choisir, pauvres parasites, si l'on veut une transition en douceur ou crever avec elle.


Droits de l'Homme (de la relativité du concept)

"L’Arabie Saoudite et la France n’ont pas seulement des intérêts en commun. Elles ont aussi un idéal commun. Elles doivent s’unir pour le faire progresser malgré toutes les forces qui dans le monde s’y opposent. "
Nicolas Sarkozy, Discours de Riyad, lundi 14 janvier 2008

Discours complet ici pour lire l'étendue des dégâts...
Voila le résumé du rapport d'Amnesty International concernant l'Arabie Saoudite: (texte complet ici)

"Le gouvernement a poursuivi le processus de réformes, mais celles-ci n'ont eu que peu d'effets sur la situation des droits humains. De nouvelles informations ont fait état de violations des droits fondamentaux dans le cadre de la « guerre contre le terrorisme », et des affrontements ont, cette année encore, été signalés entre les forces de sécurité et des membres de groupes armés. De très nombreux membres ou sympathisants présumés de ces groupes auraient été arrêtés, mais très peu d'informations ont été diffusées à leur sujet. Leurs noms ont été tenus secrets et l'on ignorait s'ils avaient été inculpés et jugés. Des personnes qui avaient critiqué pacifiquement le gouvernement ont été maintenues en détention prolongée, sans inculpation ni jugement. Des cas de torture ont été signalés et les tribunaux ont continué de prononcer des peines de flagellation. Les violences contre les femmes demeuraient très fréquentes et les travailleurs immigrés étaient victimes de discrimination et de mauvais traitements. Au moins 39 personnes ont été exécutées."

Insidieusement, la France est comparée à différents pays, dont le moins qu'on puisse dire, est qu'ils ne sont pas à la pointe de l'humanisme ou de la laïcité.
Que Sarkozy tente de rectifier à sa sauce la séparation de l'église et de l'état est déjà très grave: il tente de détruire deux siècle d'histoire et de luttes.
Mais qu'il considère l'État saoudien comme un modèle, ayant un idéal commun avec la France dépasse de loin toutes les insanités qu'il a pu dire depuis (et avant) son élection.
Il serait temps de se rendre compte que ce gars est vraiment dangereux.

Laisser une trace

"Un poète doit laisser des traces de son passage, non des preuves. Seules les traces font rêver."
René Char, La parole en archipel

Optimisme !

"Avoir un enfant, c'est manifester un accord absolu avec l'homme. Si j'ai un enfant, c'est comme si je disais : je suis né, j'ai goûté à la vie et j'ai constaté qu'elle est si bonne qu'elle mérite d'être multipliée".
Milan Kundera, La Valse aux adieux

l’essence du néolibéralisme

Je n'ai aucun bagage ni en économie, ni en sociologie.
Mais je suis un scientifique.
Aussi, quand je vois que les chiffres officiels du chômage (clic) et les chiffres officieux présentent des différences très importantes (voir ici), je m'interroge sur les raisons de cette différence.
Il semble évident que l’intérêt pour le gouvernement est d’avoir un chiffre du chômage le plus bas possible, pour continuer de faire croire qu'il travaille pour le peuple.
Mais il est aussi assez probable que l’intérêt pour les entreprises soit un nombre de travailleurs précaires, à temps partiel, ou de chômeurs le plus élevé possible.
La solution est toute trouvée, en ces temps de décomplexions (bel euphémisme pour décrire le plaisir évident de saccage de la horde au pouvoir.) : le mensonge ! Et un mensonge de taille: entre les 1.9 millions de chômeurs vantés par le gouvernement (qui ne représente qu'une partie des chômeurs) les 3.5 millions de chômeurs "officiels" (source ANPE), les 4.5 millions de personnes inscrites a l'ANPE (source ANPE également), et les x millions de RMistes non inscrits au chômage, de chômeurs radiés, de jeune en difficulté d'insertion etc...on passe facilement de 7.9% à 15% ou 20% de chômeurs au sens large.
De gens qui cherchent à bosser pour bouffer.
De gens prêt à fermer leur gueule face au patron ou au petit chef dans l'espoir que le CDD soit reconduit encore une ou deux fois fois trois mois.
J’ai sorti de leur contexte 4 paragraphes (plus ou moins redecoupés, si si j’ai osé…) d’un texte trop long pour être reproduit ici (2500 mots) de Pierre Bourdieu, publié dans le Monde Diplomatique de Mars 1998 ("Cette utopie en voie de réalisation d’une exploitation sans limite ; l’essence du néolibéralisme")
Comment résumer Bourdieu sans trahir le message ? Le mieux bien sur est de sauter directement sur ce lien pour lire le texte intégral.
Il est bon de garder en tête que ce texte a 10 ans. Ce qui signifie (entre autre) que les messages d’alerte des intellectuels sont à prendre très au sérieux. Ils ont une faculté d'anticipation et d'analyse qui force le respect.
Et surtout qui mérite une écoute attentive.

« Et si [le monde économique ] n’était, en réalité, que la mise en pratique d’une utopie, le néolibéralisme, ainsi convertie en programme politique, mais une utopie qui, avec l’aide de la théorie économique dont elle se réclame, parvient à se penser comme la description scientifique du réel ? »

« [L]e discours néolibéral n’est pas un discours comme les autres. […]. C’est un discours […] si fort et si difficile à combattre […] parce qu’il a pour lui toutes les forces d’un monde de rapports de forces qu’il contribue à faire tel qu’il est […]. [C’est] un programme de destruction méthodique des collectifs […] qui tire sa force sociale de la force politico-économique de ceux dont il exprime les intérêts […] »

« Le fondement ultime de tout cet ordre économique [néolibéral] placé sous le signe de la liberté, est en effet, la violence structurale du chômage, de la précarité et de la menace du licenciement qu’elle implique : la condition du fonctionnement « harmonieux » du modèle micro-économique individualiste est un phénomène de masse, l’existence de l’armée de réserve des chômeurs. »

« Parmi ces collectifs, associations, syndicats, partis, comment ne pas faire une place spéciale à l’Etat, […] capable de contrôler et d’imposer efficacement les profits réalisés sur les marchés financiers et, surtout, de contrecarrer l’action destructrice que ces derniers exercent sur le marché du travail, en organisant, avec l’aide des syndicats, l’élaboration et la défense de l’ intérêt public qui, qu’on le veuille ou non, ne sortira jamais, même au prix de quelque faux en écriture mathématique, de la vision de comptable […] que la nouvelle croyance présente comme la forme suprême de l’accomplissement humain. »

De la politique de civilisation aux cochons

C'est le nouveau hochet-gimick du gouvernement, la dernière récupération de Guano-Les-Lumières: la politique de civilisation. On ne sait pas trop ce que c'est, ce que ça peut bien vouloir dire, mais ça fait intello, alors on ne se prive pas, on se gargarise avec comme d'un philtre magique.
La République des Lettres, en date du 2 janvier 2008 revient sur le concept avec une analyse fine et détaillée. Comme on s'en doutait, c'est de la confiture aux cochons, et un mensonge de plus (peut être plus grave encore, celui la parce que conceptuel et général)...

Le texte complet ici
Bonus track pour les neurones:
«Le contraire d'une vérité triviale est une erreur stupide, mais le contraire d'une vérité profonde est toujours une autre vérité profonde.»
Niels Bohr, cité par Edgar Morin lorsqu'il parle de complexité...

"Nicolas Sarkozy est notoirement inculte et bien incapable d'élaborer la moindre pensée un peu complexe. C'est "l'intellectuel" Henri Guaino, principal conseiller et plume des discours officiels, qui livre au Président de la République les références utilisées dans ses opérations de brouillage historique et rhétorique. C'est à lui que l'on doit notamment instrumentalisation de la lettre du jeune résistant communiste Guy Môquet ou encore la récupération des noms de Victor Hugo, Charles de Gaulle, Léon Blum et Jean Jaurès. On reconnaît facilement la patte d'Henri Guaino dans les archaïques discours présidentiels, à la fois par les relents maurassiens, voire pétainistes, de nature patriotique, nationaliste et raciste (Discours de Dakar du 26 juillet 2007) qui s'en dégagent, et par la façon dont il s'approprie sans vergogne et à l'évidence sans les comprendre des concepts élaborés eux par d'authentiques intellectuels humanistes.
Le discours des voeux télévisés du chef de l'Etat pour l'année 2008 n'échappe pas à la règle. Nicolas Sarkozy, ne quittant pas des yeux le texte de son prompteur, a annoncé aux français "une politique qui touche davantage encore à l'essentiel, à notre façon d'être dans la société et dans le monde, à notre culture, à notre identité, à nos valeurs, à notre rapport aux autres, c'est-à-dire au fond à tout ce qui fait une civilisation". Il a évoqué en vrac le "retard de la France", les "Droits de l'Homme", "le goût de l'aventure et du risque", "l'environnement", etc, pour appeler de ses voeux rien moins qu'une "nouvelle Renaissance", "une politique de civilisation" pour la France du XXIe siècle qu'il prétend incarner. Qu'on se le dise, le sarkozysme est un nouvel humanisme et la France sarkozyste de 2008 déploiera sa grandeur dans toutes ses dimensions éthique, esthétique et morale, comme elle a d'ailleurs commencé à le faire en 2007 avec le Fouquet's, Kadhafi, Vincent Bolloré, Rolex, Gala et Carla Bruni à Eurodisney.
La formule, bien soulignée, de "politique de civilisation" -- titre d'un livre du sociologue Edgar Morin -- a immédiatement fait florès. [...] De fait, sous la plume d'un Henri Guaino -- ancien économiste commissaire général au Plan, ex-conseiller de Charles Pasqua -- et dans la bouche d'un Nicolas Sarkozy dont le but affiché est d'américaniser la société française, la notion même de "politique de civilisation" sonne assez bizarrement. Il y a comme un hiatus entre l'idée même de civilisation et la politique menée par ce "président" plus adepte de la culture du résultat que de la culture de la Renaissance. Celui qui entend gouverner la France comme un PDG des années '80 dirige une entreprise, qui aligne intégralement sa politique étrangère sur celle des Etats-Unis [...], qui met en oeuvre un programme de réformes renvoyant les français modestes à une situation sociale digne du XIXe siècle, qui se comporte comme un monarque corrompu de République bananière entouré d'une Cour de financiers, de journalistes et de vedettes du show-bizz, et celui qui, entre autres régressions, "modernise" la vie politique française en installant le service de communication de l'Elysée à la rédaction de l'hebdomadaire du gotha et de l'actualité heureuse, n'est à l'évidence pas l'homme le mieux placé pour parler de Renaissance et de Civilisation.
Il l'est encore moins pour se référer au livre d'Edgar Morin, La politique de civilisation, publié en 1997. Écrit avec le politologue Sami Naïr à la suite du mouvement social de 1995 contre la réforme Juppé, cet ouvrage tente d'analyser la question de la réforme du service public français sans laisser désintégrer ce dernier par le "libéralisme économique européen généralisé". Pour Edgar Morin et Sami Naïr, "La politique de civilisation vise à remettre l'homme au centre de la politique, en tant que fin et moyen, et à promouvoir le bien-vivre au lieu du bien-être".[...]
Edgar Morin, [...] est en matière politique et économique très loin de prôner les thèses néoconservatrices et néolibérales aujourd'hui mises en pratique par Nicolas Sarkozy et ses amis milliardaires du grand patronat et de la finance réunis. Edgar Morin est un "keynésien" libertaire, un des premiers penseurs d'une écologie radicale appliquée à tout l'écosystème de la société humaine, non seulement environnemental mais aussi social, économique et politique. [...] La pensée d'Edgar Morin, inspirée par des auteurs comme entre autres Ivan Illich, est plus proche des idées de "décroissance" que des chiffres du CAC 40, plus proche des idées de '68, dont Nicolas Sarkozy veut faire table rase, que de celles d'Alain Minc. Elle est surtout d'un niveau intellectuel un petit peu plus élevé que celle d'Henri Guaino dont le titre du dernier livre, La Sottise des modernes, s'applique parfaitement à la "modernité" sarkozyste."

A ton étoile

[...]
A Marcos
A la joie
A la beauté des rêves
A la mélancolie
A l'espoir qui nous tient
A la santé du feu
Et de la flamme
A ton étoile
Bertand Cantat, 666667 Club

hyperactivité

"Il ne parle pas mais émet des grognements bizarres.
Quand il veut bouger, il devient une véritable tornade et dévore tout sur son passage".


Mais quel pamphlet gauchisant, quel brûlot anarchiste, quel inconscient libertaire a osé ?
Un indice: non, ce n'est pas l'edito du Figaro de demain.

C'est wikipedia !
Et non, je n'ai pas vandalisé une page pour le plaisir de ce billet.
Et sinon, vous avez quoi en tête ?
Le pouvoir d'achat, le mariage de la princesse, la politique américaine ?
Bon, les blagues les moins longues étant les plus courtes, j'abrège, je vous livre le passage en entier:
"Taz est un personnage des Looney Tunes de la Warner Bros. Pictures. C'est le diable de Tasmanie. Il ne parle pas mais émet des grognements bizarres..."

Qui aurait pu croire que je cherchait un nouveau surnom a Notre Fabuleuse Illuminescence (sans plomb) ?
Point trop n'en faut.

Comme une rage qui monte

Je me lamente.
Je déprime.
Je n'arrive toujours pas à y croire. Ca commence à faire quelques mois maintenant. Je devrais être habitué.
Mais non.
C'est même pire que ce que je pensais. Pire que ce que j'appréhendais.
J'en ai du mal à travailler, à m'endormir. Oh bien sur, pour l'instant, c'est encore du "gentil", on a l'impression qu'on peut discuter, qu'on pourra revenir en arrière.
Mais lisez entre les lignes. Eteignez la boite. Pensez.
L'inaction me donne des fourmis, des vertiges. C'est en partie pourquoi j'écris ici. Pour avoir l'impression de faire quelque chose d'utile contre la bête. Ça calme un peu ma culpabilité.
Insidieusement, elle rampe, la bête. Oh, bien sur, elle a encore un aspect à peu près présentable. On peut encore en rire. Un peu.
Sarkozy n'est qu'un symptôme de la maladie. Un symptôme déjà très gênant, mais surtout très inquiétant.
Il est le rappel de la politique capitularde de Vichy, de ceux qui ont préféré laisser faire Hitler faire des siennes plutôt que de laisser une chance au Front Populaire (ces horribles rouges qui voulaient autre chose que Travail-Famille-Patrie). Front Populaire qui a permit une bonne partie des avancées sociales qui sont en train de se faire dégommer sans opposition et sans état d'âme.
Il est le rappel de ces mots de Goebbels: "Plus le mensonge est gros, plus il passe" ("...et son nom reste indissolublement lié à l'emploi des techniques modernes de la manipulation des masses.", Wikipedia).
Il est le rappel que la surveillance, la répression et les coups de matraques ont toujours fait bander les pauvres d’esprit.
Il est aussi le rappel qu'il est plus facile d'être de droite et de laisser faire ses instincts que de gauche et de faire fonctionner sa tête. C'est un peu court ? Certes, j'assume.
Il est aussi la preuve vivante que l'on peut faire et dire absolument n'importe quoi au peuple sans que celui-ci n’ai de réaction. Pire, il se fait traîner dans la boue, insulter et mépriser au quotidien et en redemande.
Tout ça m'écoeure au plus au point.
Viscéralement.
Cela fait remonter mon histoire familiale, mon arrière grand-père arrêté 2 fois par la Gestapo (en 42 et en 44). Il a risqué sa vie pour notre liberté. Au sens propre, au sens noble.
Alors le gouvernement de la France, aujourd'hui, je le conchie, avec ma tête qui est encore capable de faire la différence entre du lard et du cochon, mais surtout avec mon ventre.
Alors si ma tête sait que la violence ne résout rien, si ma tête sait que les révolutions se sont toujours bouffées entres-elles une fois l'ennemi en bas, si ma tête espère que ce mauvais rêve va prendre fin calmement, mes tripes bouillonnent.
Comme une rage qui monte.
Doucement mais sûrement.

Guernica, Pablo Picasso

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Nouveau parti de la gauche

Une intervention d'Olivier Besancenot du 30 aout 2007.
Si vous n'aimez pas ce que "LCR" veut dire, oubliez-le un moment.
Ecoutez, c'est tellement vrai. C'est la seule voix a gauche qui s'élève en Sarkosie. La vidéo dure 18 minutes, mais ça vaut vraiment le coup d'écouter jusqu'à la fin.

Besancenot : pour un nouveau parti de la gauche radicale
Uploaded by E_varlin

Le vent se lève...

Le vent se lève, ou c'est la terre qui tourne ?
Le vent tourne ou c'est la terre qui se soulève ?