Du bonheur...
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31 Décembre 2007 à 19:26 dans
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"Je ne savais pas que c'était si simple de faire son devoir quand on est en danger."
Jean Moulin, extrait de Premier combat
Voici un texte publié sur le blog de Danièle Mitterrand le 23 decembre dernier. Danièle Miterrand n'est pas exactement n'importe qui, et son avis mérite une attention toute particulière...

« Le Président Bling Bling » Président de pacotille?
Et si la baisse de considération croissante qui entoure la fonction présidentielle et la politique en général était voulue ?
Voulu le côté ridicule et amateur des interventions du Président que certains ont cru pris de boisson au G8, voulu l’incompétence évidente de certains ministres qui n’ouvrent la bouche que pour dire ce qui sera démenti le lendemain par les faits ou par un autre ministre, voulu l’impréparation des dossiers, voulu le traitement de laquais réservé à Bernard Kouchner, François Fillon et tant d’autres, voulu le côté combat du guignol et du gendarme, voulu les nains et les ballerines qui gravitent dans cette cour qui s’apparente plus à une cour des miracles qu’à un gouvernement, voulu ces discours remplis d’approximations et de fanfaronnades, voulu le Disneyland et la Staracadémisation politique…
Voulu par qui ?
A qui profite le crime?
A ce monde des affaires qui se croit le seul monde, à ces intérêts financiers qui pensent que le débat politique n’est qu’un jeu abandonné au peuple pour l’amuser pendant que les gens sérieux s’occupent à se partager le monde. Ce monde des affaires qui traite les citoyens comme des ressources humaines ou des clients-gogo, pille la planète, amasse des fortunes qui faussent le jeu économique, trompe le fisc, viole les règles démocratiques, licencie et délocalise ?
L’oligarchie financière contre la politique et contre la volonté du peuple, voici où nous en sommes. Un éternel retour ?
Nous citoyens qui pensons avoir le droit de décider pour et par nous-mêmes, que deviendrons-nous ? Dindons de cette farce, victimes et complices consentants ? Laisserons-nous la politique être dirigée par des patrons qui ne répondent que devant leurs actionnaires… avec leur avocat comme Président.
Faudra t-il réagir comme ont réagi nos ancêtres,quand vraiment la coupe était pleine, ou trouverons nous une réponse pacifique au «ya basta »,« ras le bol »,« nunca mas »,«nia prou »,« mushkila »…
Voici un texte posté sur le blog Sarkonomerci le lendemain du discours de Sarkozy du 22 avril 2007.
Il me semble indispensable de (re)prendre conscience des inquiétudes qui étaient légitimes. Qui étaient même visionnaire.
Qui flanquait la chair de poule, mais qu’on pensait exagéré. Et qui se révèlent être, après 7 mois de règne tout a fait d’actualité.
Et si ça flanque toujours la chair de poule, l’exagération parait bien lointaine, on est en plein dedans.
Eteignez votre télé, prenez votre souffle et entrez en résistance.
Que vous soyen en France, en Suisse ou ailleurs, agissez, maintenant.
"Quand Sarkozy place l'Etat nation au-dessus de la République
"Vive la République et, par dessus tout, Vive la France !".
C'est ainsi que Nicolas Sarkozy a conclu son allocution [du 22/04/2007]. Cette proclamation de la supériorité de l'idée de l'Etat nation sur celle de République est tout sauf anodine. A elle seule, elle met en évidence le peu de conscience républicaine d'un candidat à la présidence de la... République et, de fait, le danger que représenterait pour la République une élection du candidat de l'UMP.
Rappelons qu'une république est une forme de gouvernement d'un Etat ou d'un pays dont la souveraineté est détenue par le consentement populaire et dans lequel le chef d'Etat est élu par le peuple.
Rappelons aussi que la République Française est le nom officiel de la France, de son Etat et de son régime politique. Elle est l'héritage de la révolution française depuis la proclamation de la première République en 1792.
Rappelons enfin qu'il n'y eut depuis lors que trois périodes durant laquelle la France cessa d'être une République :
- entre 1799 et 1848 : après le coup d'Etat du 18 brumaire, Napoléon Bonaparte devint Premier Consul, puis Empereur, avant que ne soit restaurée la Monarchie :
- entre 1852 et 1870 : après le coup d'Etat du 2 décembre 1851, Louis-Napoleon Bonaparte instaura le 2nd Empire ;
- entre 1940 et 1945 : sous le régime de Vichy du Maréchal Pétain, la France abandonna le terme de République française en faveur de celui d'Etat français. Les instances politiques mises en place par Charles de Gaulle à Alger ont rétabli l'emploi du siggle "RF" et son comité Français de Libération Nationale a pris en juin 1944 le nom de "Gouvernement provisoire de la République Française".
En plaçant la France en tant que telle au-dessus de la République, Nicolas Sarkozy ne peut mieux laisser entendre que d'avantage que Président de la République, il aspire avant tout à devenir chef de l'Etat - monarque, empereur ou petit père de la Nation, cela reste encore à voir, mais l'on comprend qu'au gré des circonstances et des crises, il saurait faire son choix, fût-ce au détriment de la République, c'est-à-dire de ce consentement populaire souverain.
On ne dit pas ici que Nicolas Sarkozy aspire à la dictature, il saurait évidemment se contenter d'être président de la République. On prétend que ce sont les crises et la fragilité des convictions républicaines d'un dirigeant politique qui portent en elles les germes de la dictature, ou du moins de l'abus de pouvoir jusqu'à sa confiscation. On dit ici que la conscience républicaine d'un Sarkozy pourrait rapidement se trouver balayée par le souffle des évènements (révolte des quartiers difficiles, terrorisme international...). On dit qu'un homme qui s'est montré prêt à tout pour parvenir au pouvoir pourrait bien céder sur les principes républicains pour le conserver, au détriment du peuple et de sa souveraineté.
Quand on ajoute à cela son flirt outrancier avec l'extrême droite, sa propension à la démagogie et au populisme, son penchant pour la stigmatisation et les amalgames, sa vision communautariste de la Nation, sa conception des libertés individuelles en général et de la liberté de la presse en particulier, son instabilité mentale, sa tendance à l'emportement et ses affinités avec les thèses eugénistes, on se dit que beaucoup trop d'éléments sont réunis en un seul et même homme pour ne pas craindre ce qui, les circonstances faisant office de catalyseur, pourrait advenir s'il venait à obtenir ce pouvoir qu'il ambitionne, et ce avec tant de détermination qu'elle semble parfois confiner à l'obsession.
L'évidence est qu'il existe un faisceau de présomptions dont chacune recèle en elle-même le risque d'une dérive vers une forme de dictature. Et si le pire n'est jamais certain, l'Histoire mondiale est là pour rappeler à nos mémoires qu'il est des risques qu'un peuple ne devrait jamais prendre. […]"
En réponse a la nouvelle Medeferie* du gouvernement, je reprendrait simplement les mots du grand Albert Jacquard: "L'oisiveté est, dit-on, la mère de tous les vices, mais l'excès de travail est le père de toutes les soumissions" (Extrait de Petite Philosophie à l'usage des non-philosophes).
*Medeferie: action qui consiste a ruiner la vie des gens simples en suivant les principes du MEDEF, le syndicat du crime des patrons. La dernière medeferie en date, les discours autour de la suppression de la durée légale du travail. Medeferies a venir (suppositions réalistes): suppression des vacances, suppression des salaires, suppression des employés...
Vous pouvez lire le programme a venir du gouvernement (hors opeartion de com' de Sarko-Garcimore) directement sur le site du MEDEF, que je refuse de mettre en lien.
Je suis tombé sur un article de Dedalus (son site) sur Agoravox (article complet ici) qui date d'avant l'election de Zébulon. Il me semble bon de (re)jeter un oeil sur le decorticage qui avait été fait de la rhétorique de ses discours. C'est toujours (plus que jamais) d'actualité.
"Sarkozy : déconstruction d’une rhétorique
[…] Inutile de nier que Sarkozy soit un tribun d’exception. C’est même ce qui le rend si dangereux, cette capacité à si bien maquiller ses véritables intentions que non seulement elles en deviennent attractives, mais semblent comme expurgées de leur vraie nature et des menaces qu’elles font en réalité peser sur ceux-là mêmes qui, de bonne foi, se laissent séduire.
Pourtant, la mécanique est toute simple, et c’est cette simplicité même qui rend le discours si redoutable, tellement efficace. Voyons comment cela fonctionne.
1- Il y a deux catégories de Français : c’est la base du discours de M. Sarkozy, toujours opposer deux France, l’une mauvaise et fantasmée qu’il faut stigmatiser, l’autre bonne qu’il faut aider à prospérer.
2- Vous faites partie des gentils : c’est la deuxième phase : l’auditoire doit être convaincu qu’il est dans le camp à qui l’on va faire du bien.
3- Les uns (les méchants) mangent sur le dos des autres (les gentils) : tout ce qui ne va pas pour vous vient de l’existence de l’autre qui vous fait du mal.
4- "Je n’accepte pas" les agissements des méchants (ils profitent de vous) : si je suis élu, je saurai être ferme (M. Sarkozy dit beaucoup qu’il "n’accepte pas" ; on remarquera qu’il prend bien garde de ne pas être plus précis).
5- "Je veux" privilégier les gentils (ils sont méritants) : il y aura des privilèges et c’est à vous que je les réserve, puisque vous faites partie du camp des gentils - je suis de votre côté, votez pour moi.
CQFD
Le raisonnement de M. Sarkozy est on ne peut plus évident : pour chacun d’entre nous, le méchant, c’est l’autre - c’est bien humain. Il suffit donc de déclamer avec force et emphase qu’on fera une politique favorisant les gentils et sera intraitable avec les méchants, pour que tout le monde applaudisse.
[…] La démagogie est l’art de plaire au peuple. Le but est que le peuple nous veuille du bien (nous donne son suffrage). Ça ne signifie pas qu’on veuille du bien au peuple, et bien au contraire."
Dès que quelqu'un comprend qu'il est contraire à sa dignité d'homme d'obéir à des lois injustes, aucune tyrannie ne peut l'asservir.
Gandhi, Discours et écrits
Je vous livre ici de longs extraits d'un article du Monde Diplomatique sur les liens entre neurosciences et publicité. A méditer entre la météo et le tirage du loto...

"Scanner les cerveaux pour mieux vendre
[…]En octobre 1919, la légende raconte que […] Lénine, aurait rendu visite au physiologiste Ivan Pavlov pour savoir en quoi ses travaux sur les réflexes conditionnés pouvaient contribuer à la conception de l’« homme nouveau » que les bolcheviks s’employaient alors à façonner. Le savant aurait pu servir la propagande du régime en associant, par voie de stimuli extérieurs, des pulsions instinctives à des automatismes de transformation collective. Pavlov ne fut en réalité d’aucun secours aux bolcheviks, mais cette anecdote, vraie ou fausse, illustre un fantasme qui a habité le XXe siècle : celui d’une prise de possession des esprits par la manipulation de l’inconscient. Ce qui permettrait de venir à bout de toutes les résistances que le simple usage de la raison critique peut entraîner. Depuis, une propagande est jugée efficace quand elle comprend qu’un message est d’autant mieux assimilé que son récepteur est psychologiquement conditionné à l’ingérer – et à le faire sien.
Les sociétés démocratiques ont banni de leur langue commune ce mot de « propagande », assigné aux seuls régimes totalitaires. Pourtant, l’exploration du cerveau à des fins mercantiles et la manipulation des masses qui en découle montrent que la société de consommation n’en est pas si éloignée. On se souvient de la fameuse phrase de M. Patrick Le Lay, président de TF1, qui admettait en 2004 que sa chaîne cherchait à vendre à Coca-Cola du « temps de cerveau humain disponible ». Le choix de cette marque […] ne doit rien au hasard. A l’été 2003, Read Montague, un neurologue de l’université de médecine Baylor, à Houston, a mis en évidence que, si un test gustatif à l’aveugle était plus favorable au concurrent Pepsi, il en allait autrement sitôt que la boisson se voyait clairement identifiée comme étant du Coca-Cola. Les participants à l’expérience déclaraient alors préférer le soda aux couleurs rouge et blanc.
La démonstration fut ainsi faite de la supériorité de la marque considérée comme un as du branding, cette technique qui vise à décliner un logotype sur un maximum de supports[...]. Pour établir la connexion entre l’image de la marque et la stimulation du cerveau, le scientifique a eu recours à [...] l’imagerie à résonance magnétique (IRM). En suivant l’activité cérébrale de ses patients, Montague a observé que la région précise du cerveau qui était sollicitée à la vue d’une marque […] faisait appel à la mémoire et jouait un rôle important dans les processus cognitifs. A l’inverse, le test gustatif à l’aveugle impliquait l’aire cérébrale […] liée à la notion de plaisir. [...].
Désir sexuel et pulsion d’achat
[…]La fameuse région-clé du neuromarketing est […] associée à l’image de soi et à la connaissance intime que l’on a de soi-même […] Comme l’explique Annette Schäfer, dans la revue Cerveau & Psycho, « voici donc le moteur du commerce. Ce cortex préfrontal nous fait aimer ce qu’aiment les autres. Arriver à le stimuler pourrait donc être un objectif majeur d’une parfaite campagne publicitaire ». C’est aussi, pour les « neuromarketers », l’or blanc d’une alchimie parfaite : l’opération qui consiste à transformer tout amour de soi en tant que soi – le narcissisme – en amour de soi en tant qu’autre : une cible publicitaire.
[…] En 2003,[…] DaimlerChrysler, a confié au centre hospitalier d’Ulm, en Allemagne, le soin de scanner les cerveaux d’une douzaine d’hommes visionnant des images de voitures haut de gamme. C’est alors l’importance d[‘une], zone liée au sentiment de récompense, [...] est apparue. Il en est ressorti que l’objet de consommation peut être assimilé à un objet de désir à travers un véritable processus de personnification. […] Les publicitaires y ont vu la confirmation d’une intuition : il faut renforcer dans les spots la corrélation instinctive entre désir sexuel et pulsion d’achat.
[…]C’est ce contexte « émotionnel »[…] que TF1 cherche à élaborer à travers ses programmes. En novembre 2003 encore, la chaîne faisait paraître dans la presse spécialisée une annonce vantant ses tunnels publicitaires où figurait un cerveau entouré d’une bande-vidéo accompagnée d’un commentaire éloquent : « Un écran placé au milieu d’un programme de TF1 obtient 23 % de mémorisation supplémentaire. » Le neurologue Bernard Croisile, […], rappelle que «[…] lorsqu’on est dans une situation émotionnellement positive, on va mieux retenir les éléments positifs, de même que les dépressifs vont mieux assimiler les informations négatives». Il s’agit donc d’offrir au téléspectateur sa dose d’émotion plaisante, avant un spectacle de divertissement pur ou après un journal télévisé où l’emporte la charge émotionnelle de l’expérience vécue, plutôt que la trame « déprimante » d’un discours critique.
[…]La connaissance intime du cerveau du consommateur ne peut qu’inciter les entreprises, et leurs mandants publicitaires, à déborder des espaces qui leur sont habituellement dévolus pour communiquer. Les conditions de réceptivité d’une marque sont en effet jugées d’autant plus optimales que la « cible » n’a pas vraiment conscience d’être visée.[…]
Marie Bénilde
[...]
Par les quatre horizons qui crucifient le monde
Par tous ceux dont la chair se déchirent ou succombent
Par ceux qui sont sans pieds, par ceux qui sont sans mains
Par le malade que l'on opère et qui geint
Et par le juste mis au rang des assassins
Je te salue, Marie
[...]
Francis Jammes
"Anyone who believes exponential growth can go on forever in a finite world
is either a madman or an economist."
Kenneth E. Boulding
("Celui qui croit qu'une croissance exponentielle peut continuer indéfiniment dans un monde fini est un fou ou un économiste")
Lu sur nouvelobs.com, un caprice de Notre Grandeur qui en dit long sur ses vues concernant l'égalité devant la loi...
"Sarkozy n’a jamais été un gastronome, mais il a des caprices. La veille du conseil des ministres qu’il a récemment délocalisé le 31 octobre dernier à Ajaccio, il est pris d’une envie de langouste digne d’une femme prégnante. Il lui faut des langoustes, beaucoup de langoustes pour lui, pour ses ministres et pour ses grands vassaux corses. Les services de la présidence sont chargés de mettre en œuvre ce grand dess[e]in. Ils choisissent un restaurant, Chez Jeanjean, près du port. Mais Jeanjean a pris des vacances et se trouve à Paris. On lui enjoint de renter dare-dare. Très vite, une difficulté apparaît. Elle est de taille : la pêche à la langouste est interdite en Méditerranée en cette saison. Le président balaie cette objection d’un revers de main : il trépigne, il veut des langoustes, point barre. Les affaires maritimes accordent alors une dérogation à quelques pêcheurs pour leur permettre d’enfreindre la réglementation en toute sécurité. Mais le monde est plein de jaloux. On ne sait pas exactement qui a balancé, peut-être un notable furieux de n’avoir pas été invité à cette langouste-party, mais l’affaire s’ébruite. Elle menace de virer au scandale écolo. L’Elysée prend les devants. Sans se démonter, il publie une mise au point affirmant que les langoustes venaient de Brest! (François Caviglioli)".
Ca me laisse songeur...
L'Etat est le plus froid des monstres froids.Il ment froidement ; et voici le mensonge qui s'échappe de sa bouche : "Moi l'Etat, je suis le peuple."
Encore un exemple de désinformation-manipulation:
«On» fait croire que la remise en cause des 35 heures permettra aux français de gagner plus, et de relancer la sacro-sainte croissance. L’arnaque est complète.
Non seulement les salaires ne vont pas augmenter, mais il n’y a aucune raison que ces mesurent puissent lutter contre le chômage et la précarité des temps partiels imposés.
Gérard Filoche, Inspecteur du travail et rédacteur en chef de democratie & socialisme sait de quoi il parle; je vous livre ici de longs extraits de son point de vue (le texte complet se trouve sur l'excelent blog de Slovar )
Sans les 35 h les salaires baisseraient...
Et à Continental, contrairement à ce que toute la presse, écrit, les 35 h ne peuvent légalement pas être remises en cause ! La loi est la loi pour tous, y compris à Continental ! Ce que fait Continental c’est de baisser le salaire horaire de 3 % environ (c’est moi qui souligne) pour neutraliser le coût des heures supplémentaires entre 35 et 40 h.
Tout le monde est aux 35 h dans le salariat. Elles sont générales. C’est une loi d’ordre public social. Il n’y a pas un salarié de ce pays qui ne dépend pas des 35 h. […]
La remise en cause des 35 h aurait pour effet de faire disparaître les heures supplémentaires donc de diminuer les majorations de salaires qui leur sont liées. […]
L’entreprise Continental contrairement à ce qu’écrit à tort toute la presse, ne peut revenir sur les 35 h et “passer aux 40 h”. C’est impossible, les patrons qui présentent les choses ainsi et les journaux mentent. […]
C’est fantastique que dans ce pays, on soit si mal informé, ou plutôt qu’on soit désinformé à ce point ! Il s’agit d’un cas délibéré de baisse du salaire et de baisse du taux des heures supplémentaires (d’environ 3 %) , pas d’un cas de remise en cause des 35 h !
On peut défendre les 35 h et hausser les salaires, les caisses ne sont pas vides !
Grâce aux 35 h contrairement à tout ce qui est dit, en l’an 2000, non seulement il y a eu entre 350 000 et 450 000 emplois crées (la fourchette est large mais reconnue par tous) mais il y a eu aussi une augmentation de la masse salariale globale. Pas des salaires nominaux, et cela a manqué ! Mais le “gel” des salaires n’a été le fait que de 2 à 3% des accords signés à l’époque (1998-2002), on ne peut l’imputer à la réduction de la durée du travail encore moins à l’acceptation des syndicats. Cela a été le fait de la “guerre contre les 35 h” déclarée par le Medef : c’est encore le patronat qui a fait du chantage aux salaires de 2002 à aujourd’hui alors que ses profits se sont envolés ! (Les entreprises du CAC 40 ont gagné 57 milliards de profits en 2003, 66 milliards en 2004, 87 milliards en 2005, 100 Milliards en 2006 et sans doue davantage en 2007).
Que l’on ne nous dise pas que les caisses sont vides, la “cagnotte privée” n’a jamais été aussi pleine, les 500 familles françaises les plus riches ont gagné 80 milliards d’euros de plus en 2006 qu’en 2005, c’est là qu’il faut prendre l’argent, imposez les sociétés et les grandes fortunes, faire payer les 500 familles, il y a de l’argent pour les salaires a reverser !
La remise en cause des 35 h […] ne résoudra pas le problème de l’écart croissant entre les prix et les salaires. Il ne résoudra pas l’exigence grandissante d’une meilleure répartition des richesses produites par les salariés.
[…]
Gérard Filoche, mercredi 19 décembre 2007
[...] How many years can a mountain exist
Before it's washed to the sea?
Yes, 'n' how many years can some people exist
Before they're allowed to be free?
Yes, 'n' how many times can a man turn his head,
Pretending he just doesn't see?
The answer, my friend, is blowin' in the wind,
The answer is blowin' in the wind.
Bob Dylan, 1971
([...] Combien d'années une montagne peut-elle exister
Avant d'être engloutie par la mer?
Oui, et combien d'années doivent exister certains peuples
Avant qu'il leur soit permis d'être libres?
Oui, et combien de fois un homme peut-il tourner la tête
En prétendant qu'il ne voit rien?
La réponse, mon ami, est soufflée dans le vent,
La réponse est soufflée dans le vent.)"
Prenons, si vous le voulez bien, deux éléments d'information de ces quelques derniers jours:
Le chef de l'état annonce une “idylle” (sic le Figaro) avec une ex-top model à Disneyland, puis il emmène Jean-Marie Bigard au Vatican. Je vous invite à relire calmement la phrase précédente.
Outre le caractère très discutable de ces deux lieux de culte, et le fait que je ne supporte pas Bigard, n'y aurait il pas comme qui dirait un relâchement de la fonction présidentielle ? Chirac avait inauguré le style, façon bonne bouffes et tatage du cul des vaches.
Bon.
Mais là ça va beaucoup (beaucoup) plus loin. Et le plus grave, c'est que ce relâchement n'est pas le fait de mœurs légères ou même d'une joie de vivre un peu simple. Je perçois (oh, si légèrement !) comme une certaine volonté de se rapprocher du bon populo, pour mieux l'enfiler (là c'est moi qui interprète).Le calcul est évident, le cynisme complet, et l'écran de fumée fonctionne à merveille.
Les choses seraient plutôt risibles, voir même souvent franchement surréalistes si 60 millions de couillons n'étaient pas dans la barque pour de vrai. Le capitaine pète les plombs, qu'est ce qu'on se marre !
..mais tout va bien, dormez... tout va bien, dormez... tout va bien, dormez...
J'ai lu ce matin un commentaire (de krondstadt) sur l'indispensable plume de presse, qui parlait du "silence assourdissant des pantoufles". Entendez-vous vous le bruits des bottes derrière le chuintement des feutrines ?
Allez donc faire un tour sur cet entretient de Noam Chomsky sur le site du monde diplomatique.
Son point de vue sur la puissance des média est particulierement interressant !
Quelques extraits:
"N’oublions pas comment s’impose toujours une idéologie. Pour dominer, la violence ne suffit pas, il faut une justification d’une autre nature. Ainsi, lorsqu’une personne exerce son pouvoir sur une autre – que ce soit un dictateur, un colon, un bureaucrate, un mari ou un patron –, elle a besoin d’une idéologie justificatrice, toujours la même : cette domination est faite « pour le bien » du dominé. En d’autres termes, le pouvoir se présente toujours comme altruiste, désintéressé, généreux."
Ou encore
"Il n’y a pas de « principes anarchistes » fixes, une sorte de catéchisme libertaire auquel il faudrait prêter allégeance. L’anarchisme, du moins tel que je le comprends, est un mouvement de la pensée et de l’action humaines qui cherche à identifier les structures d’autorité et de domination, à leur demander de se justifier et, dès qu’elles en sont incapables, ce qui arrive fréquemment, à tenter de les dépasser."
L'entretient est assez long, mais mérite une lecture complète...
"Les gens heureux n'ont pas besoin de se presser"
[proverbe chinois]