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Si ça continue ça va pas durer

Réfugié politique

Franchement, il y a des choses dont je me fout éperdument.
Entre autre que Betancourt ne soit plus captive m'indiffère.
Qu'on se comprenne, je trouve terrible une détention de 6 ans. Humainement, un otage est inadmissible.
Comme l'est un enfant qui meurt de faim ou de diarrhées, un vieux que l'on frappe ou un homme qui monte se faire étriper au front.
Mais le pathos qui coule me fout une nausée dingue et transforme la bonne nouvelle en un gâteau énorme, périmé, et trop gras.

Pendant ce temps, et dans la même semaine, la liberté d'expression vient de prendre deux ou trois coups de matraque derrière les genoux.
La dizaine de chaîne de télé "publique" vient de passer sous le contrôle direct de l'exécutif. Ne plus espérer de documentaire qui pourraient fâcher les lobbies ou le gouvernement, dénoncer ses mensonges et ses manipulations. C'était déjà le cas, maintenant on sait à quoi s'en tenir.
Sarko dispose d'un outils de propagande en 2 parties, les médias (presse écrite, télés, radios, médias internet), de ses amis ET les médias publics, pour sonner à l'unisson l'hallali de l'humanisme et de ce qui reste de lien social avec l'artillerie lourde.
L'expérience montre qu'il ne faut pas espérer de demi-mesure, d'intelligence ou de discussions.
Propagande, propagande, propagande.

Mais comme une propagande, aussi bien ficelée soit elle, se heurte toujours à une partie de la population hermétique au champs des sirènes et / ou disposant des plus de trois neurones pour détricoter la manipulation, la liberté individuelle se devait d'être étroitement surveillée.
C'est l'objet de ce projet EDVIGE, de ficher toute personne de plus de 13 ans susceptible d'émettre un jugement critique ou éclairé. Il a ouvertement pour but de "centraliser et d’analyser les informations relatives aux personnes physiques ou morales ayant sollicité ou exercé ou exerçant un mandat politique, syndical ou économique ou qui jouent un rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif..." et de "de centraliser et d’analyser les informations relatives aux individus, groupes, organisations et personnes morales qui, en raison de leur activité individuelle ou collective, sont susceptibles de porter atteinte à l’ordre public ; de permettre aux services de police d’exécuter les enquêtes administratives qui leur sont confiées en vertu des lois et règlements, pour déterminer si le comportement des personnes physiques ou morales intéressées est compatible avec l’exercice des fonctions ou des missions envisagées."
Bref, un bon gros fichage politique, qui n'a rien à envier aux dictatures les plus sombres..
Quand on imagine la redoutable efficacité de ces fichages il y a 70 ans, les possibilités avec les techniques modernes (passeport biométrique, fichage ADN, bases de données, camera de surveillances, veille internet...) font froid dans le dos.
Si votre fils joue dans une troupe de théâtre amateur (ou dans un groupe de rock), vous vérifierez que les textes ne sont pas susceptible de porte atteinte a l'ordre public.
Vous pourriez vous réveiller un jour entre 2 képis.

En clair, le gouvernement a compris que ses mesures anti-sociales et ultralibérales finiraient par lasser les plus doux d'entre nous, et que la conjoncture mondiale risquait de fâcher même les plus réacs.
Et qu'il était temps de contrôler tout ça.

Les scénarios pessimistes sont, depuis un an, régulièrement revus au pire.
Les craintes pour la démocraties (ou ce qu'il en reste) sont de plus en plus vives. Pour ne pas dire criantes.

Une vilaine, vilaine, ombre plane sur la France.

Fermez les volets, rentrez les enfants, et venez demander l'asile politique en Suisse pendant qu'il en est encore temps, je vous payerais une bière...

Contrôle au Faciès

Encore et toujours, la chasse de l'Autre, la traque de l'Etranger pour le chiffre, au mépris de la logique, des droits humains les plus élémentaires et du Droit tout court.
Diffusez cette vidéo, avec un peu de chance, une semaine après sa diffusion dans le silence (des pantoufles), un petit buzz ne lui ferai pas de mal.
Bien sur, elle est pour l'instant diffusée sur Dailymotion, donc elle risque d'être effacée rapidement (on parie ?). Lire ici pour se convaincre.


Contrôle de faciès
envoyé par theophil261
Contrôle au Faciès

Pourquoi ont-ils tué Jaurès ?

Ils étaient usés à quinze ans
Ils finissaient en débutant
Les douze mois s'appelaient décembre
Quelle vie ont eu nos grand-parents
Entre l'absinthe et les grand-messes
Ils étaient vieux avant que d'être
Quinze heures par jour le corps en laisse
Laissent au visage un teint de cendres
Oui notre Monsieur, oui notre bon Maître

Pourquoi ont-ils tué Jaurès ?
Pourquoi ont-ils tué Jaurès ?

On ne peut pas dire qu'ils furent esclaves
De là à dire qu'ils ont vécu

Lorsque l'on part aussi vaincu
C'est dur de sortir de l'enclave
Et pourtant l'espoir fleurissait
Dans les rêves qui montaient aux cieux
Des quelques ceux qui refusaient
De ramper jusqu'à la vieillesse
Oui notre bon Maître, oui notre Monsieur

Pourquoi ont-ils tué Jaurès ?
Pourquoi ont-ils tué Jaurès ?

Si par malheur ils survivaient
C'était pour partir à la guerre
C'était pour finir à la guerre
Aux ordres de quelque sabreur
Qui exigeait du bout des lèvres
Qu'ils aillent ouvrir au champ d'horreur
Leurs vingt ans qui n'avaient pu naître
Et ils mouraient à pleine peur
Tout miséreux oui notre bon Maître
Couverts de prèles oui notre Monsieur
Demandez-vous belle jeunesse
Le temps de l'ombre d'un souvenir
Le temps de souffle d'un soupir

Pourquoi ont-ils tué Jaurès ?
Pourquoi ont-ils tué Jaurès ?

Jacques Brel, 1977


L'important, c'est d'aimer...

Ce soir, je voulait pondre un post cinglant, un petit brûlot qui aurai laissé des traces, donné des idées, ouvert la discussion.
Puis je suis allé lire le dernier billet du Monolecte.

Ici.

Alors je range mes deux-trois idées dans ma besace, je desserre mes petits poings crispés, je laisse parler ceux qui savent le faire mieux que moi, et je reprends simplement le titre de son billet:

L'important, c'est d'aimer...

...et merci.

ce dont il est le nom...

Devant la (re)prise de conscience de la gravité de la situation (allez voir,, ou encore ici si vous venez de passer 2 ans sur Venus), je vous conseille de lire une interprétations du bouquin de Badiou « De quoi Sarkozy est-il le nom ? » par Gilles d'Elia (avec de gros morceaux de Badiou dedans).
De quoi réfléchir 5 minutes :-).
Le texte original est ici

« Ce qui nous déprime, c’est de ressentir d’abord cette évidence contradictoire : Nicolas Sarkozy d’une part est le pur produit de la démocratie, et de ce qu’elle peut avoir de vicié, d’irrationnel [...]. Mais d’autre part, nous voyons bien que ce qui nous dérange dans son élection est bien qu’elle est le résultat d’une offensive réactionnaire de restauration politique fondamentalement anti-démocratique ».

« [...]il n’y a pas de démocratie libérale. Un régime est démocratique — ou bien il est libéral. Le pouvoir est au peuple, ou bien au marché. Il faut choisir »

« C’est un trait caractéristique de la France justement : quand la question de son existence est réellement en jeu, ce qui la constitue, sur un fond réactionnaire et peureux fort épais, est une minorité aussi active que numériquement très faible. Notre pays n’a existé et n’existera, quelle qu’en soit la forme à venir, que par ceux qui n’ont pas consenti aux abaissements qu’exige universellement la logique de la survie des privilèges
, ou même la simple conformité « réaliste » aux lois du monde. Ce sont ceux-là qui ont choisi, et ce n’est certes pas en votant. » A.Badiou

« C’est ainsi que l’étranger, et toute la mythologie qui lui est associée, incarne un puissant (et réel) potentiel de transformation politique qu’il s’agit d’exorciser par tous les moyens - y compris la traque, les rafles, la menace constante d’une arrestation, d’une rétention, qui constituent aussi un châtiment spectaculaire à l’impardonnable puissance politique qu’il représente »

«Le pétainisme, ce n’est pas seulement Pétain. C’est cette chose dont Pétain est l’incarnation la plus précise. Et cette chose, c’est l’effort continu contre lequel se brise l’aspiration révolutionnaire depuis son avènement : la Restauration.»

«Pour Alain Badiou, cette intransigeance dans la volonté d’instaurer une justice sociale constitue la force motrice du projet démocratique pleinement élaboré. Par sa permanence, ses formes multiples (Révolutions, Commune de Paris, Communisme originaire, Front populaire, Résistance...) et sa longévité, il incarne la réalité historique de ce spectre qui hante l’Europe dont parlent Marx et Engels. La présence de ce spectre qui promet de renverser l’ordre ancien génère une réaction peureuse (et même panique) qui se solde finalement par ce compromis avec le tyran : « Faites tout ce que vous voulez, du moment que vous nous protégez du moindre risque de désordre »

« la propagande selon laquelle, cristallisant et aggravant la crise morale, il s’est passé,[…] quelque chose de néfaste. C’est un point capital. La propagande pétainiste consiste largement à dire qu’à l’origine de la crise morale et du déclin, il y a un événement désastreux, toujours lié à des revendications populaires. Dans le cas des pétainistes de la Restauration, en 1815, c’était évidemment la Révolution, la Terreur, la décapitation du roi. Dans le cas du pétainisme de Pétain, ce désastre est le Front populaire. […] » A. Badiou

«Et tout comme le régime de Vichy tenta en vain de faire passer le Front populaire pour responsable de la défaite française face à l’Allemagne nazie, le sarkozysme recycle cette fiction avec les événements plus récents de l’histoire des conquêtes sociales. Le Front populaire de Sarkozy, c’est Mai-68, ce qui explique la violence rhétorique déployée “contre les héritiers de 68” »

« les Résistants n’étaient pas des fonctionnaires de Vichy qui souhaitaient aménager le pétainisme pour en adoucir les principes, mais « le courage, qui est celui de la Résistance, c’est tenir un point absolument hétérogène au pétainisme. Si “pétainisme” désigne le transcendantal des abjections possibles de notre pays, l’invariant logique de sa corruption, tout courage est le courage de ne pas être pétainiste. C’est la définition la plus restreinte ». A. Badiou

« on ne peut pas être « à moitié contre » le sarkozysme. La radicalité de ce dont Sarkozy est le nom représente ainsi une chance concrète qu’il s’agit de saisir sans délai : celle d’opposer à la droite décomplexée, une gauche sans complexe. [...]La violence de ses positions nous enjoint à ne pas répondre mollement à la droite dure.»

envies de tempêtes

Quand tout part en couille, de plus en plus vite, qu'est ce qu'il reste a faire ?
Crier sur tous les toits, même les tous petits, chaque malfaisance, chaque arnaque, chaque entourloupe de la bande de mafieux qui sévissent.
Encore et toujours, dans le vent...

Allez lire (encore) chez Eolas cet authentique PV de dénonciation d'un "clandestin" dont je vous livre le lisier:

"Je suis venue vous dénoncer la situation administrative clandestine d’un ressortissant sénégalais qui vit à N...[…]
De peur de représailles, ma protégée ne répondra pas à vos convocations ni même à vos questions.
[…]
J’ai appris au hasard des discussions qu’il n’avait pas de titre de séjour et vivait de façon clandestine en France et à la charge de Madame B...
C’est un sénégalais âgé de 22 ans environ, mesurant 1.80 m, portant des lunettes de vues rondes en métal. Cheveux crépus très courts, toujours bien habillé, parlant un français très châtié.
Il dort le matin jusqu’à 12 heures au moins, et sort peu de peur d’être contrôlé par la Police.
[…]
Quelque soit le mode de votre intervention, sachez qu’il y a dans ce logement quatre enfants jeunes.
Je n’ai rien d’autre à ajouter"
.


Saloperie de nationalisme, de rétrécissement de l'esprit et du cœur, saloperie de trouille au ventre qui rend les gens méchants comme des chiens affamés.
Réflexes de rats, la terre devient trop petite, alors on tape sur les plus faibles, ceux qui n'ont pas eu la chance de naître du bon coté de la corne d'Abondance, on ramasse les miettes en espérant passer entre les gouttes.
Face à ces bons français, sur de leur bon droit, propres sur eux et pas nets, me viennent des idées noires.

Des envies de bagarre, des envies de tempêtes, moi qui suis doux comme la brise du soir...




Complice donc coupable

Je ne vais pas revenir sur les 6 pages de propagande de Libe, qui a rejoint le Monde dans le caniveau , ni sur le fait que la Belle ne fait que vendre la soupe froide et aigre de sa Bête.


Non, regardez juste les premières secondes de cette vidéo cette video .
Regardez juste la complicité à peine gênée de Joffrin allant fermer la fenêtre en bas de laquelle des manifestant criaient leur colère.
Sans blagues, cet air navré de Joffrin genre "sont-ils sots ?" en fermant cette fenêtre, il me hante depuis que je l'ai vu.
Il est pour moi la preuve irréfutable (si besoin était encore) de la complicité active des médias (même ceux étiquetés "de gauche") au régime qui sévit en France.

Une très lourde responsabilité devant l'Histoire.

Allez faire un tour chez Fontenelle ce matin, ambiance Nuit et Brouillard garantie : http://www.bakchich.info/article4226.html.


EDIT: Je met en lien un rapport d'audience d'Eolas. On pense ce qu'on veut de ses prises de positions sur l'Europe, mais cette histoire reflète la sordide réalité du chiffre...

Navigation à vue

Vous avez vu ?

L'Arabie Saoudite va augmenter sa production de brut. En tout cas c'est ce qui est annoncé... d'un demi-million de baril par jour.

Est ce que les prix ont (ou vont) baisser ? Que nenni.
Est ce que Total, Shell, Exxon ... vont réduire leur marge ? Que nenni.

Non, les prix, que ce soit en dollars ou en euros, au baril ou au litre, vont continuer d'augmenter.
Je ne veux pas discuter ici du bien fondé de la hausse des prix, le sujet est déjà partie en couille un peu partout, je ne voudrait pas donner l'impression d'etre en retard. Il s'agit bien entendu d'un question de point de vue.
Et bien sur que je râle quand le litre est à 1.50 euros, ce qui ne m'empeche pas de penser que c'est une bonne chose, globalement.


Vous allez me répondre voiture hybride, à hydrogène ou électrique.
Cette solution ne sera que temporaire. Pourquoi ?
Parce que non seulement le prix des matières premières s'enflamme, mais aussi parce que le prix de l'énergie (peut importe sa forme) ne fera qu'augmenter.

Par exemple, un petit graph montre que les prix d'une vingtaine de matières premières a été multiplie par un facteur 2 à 10 depuis 2001 (le graph voulait originellement montrer que le spéculation n'y est pour rien dans l'évolution des prix. Comme je ne suis pas économiste, je vous épargne mes commentaires incompétents)
En vrac le cadmium (pour les batteries, x11), le molybdène (alliages d'aciers, x10), le rhodium (catalyseur, x8), le cobalt (alliages, x6), mais aussi l'acier (x3), le cuivre (x4), l'aluminium (x2) etc, etc...
Ce qui signifie que pour que les prix des appareils technologiques (y compris les voitures) ne peut rester constant qu'avec une baisse des coûts. De main d'œuvre, entre autre, et bien sur. Lesquels coûts deviennent incompressible le jour ou le dernier ouvrier est mort de faim... Autrement dis, les prix augmenteront dans les prochaines années



En ce qui concerne l'énergie, on se heurtera également aux ressources, que ce soit en quantité ou en prix. Parce qu'il faudra toujours de l'énergie pour extraire du charbon, parce qu'il faudra toujours transporter l'énergie (primaire ou secondaire) pour la consommer. Parce qu'il faudra toujours une quantité dingue d'énergie pour produire et transporter de l'hydrogène, que de toute façon on a pas assez de platine pour équiper toutes les voitures de piles à combustible.
On peut aussi remarquer que les courbes d'évolution du prix du charbon ou de l'uranium suivent curieusement celles du pétrole, depuis quelques temps. Plutôt que de les interpréter comme des courbes de prix de matières premières, on peut les interpréter comme des courbes du prix de l'énergie.


En clair, on peut chercher des solutions alternatives autant que l'on veut. Les États peuvent (et doivent !) subventionner les énergies renouvelables.
Les solutions alternatives au niveau local doivent voire le jour.
Mais espérer trouver des solutions viables à long terme sans modifier notre relation à la consommation (et bien sur à la croissance) est une folle utopie.
Et de gauche à droite, les chantres de la croissance pour "le pouvoir d'achat" ou ou "la baisse du chômage" ne regardent pas assez loin.
Parce que les solutions proposées prennent rarement en compte le problème dans sa globalité (sans même parler des farces du Grenelle du machin, ou des mesurettes gouvernementales, à milles lieues d'apporter un semblant de réponse). Parce que seul la synergie entre changement de comportement et solution technologique serait susceptible d'éviter le pire.

Les ressources et l'énergie sont liées. La seule solution est de réduire les gaz au plus vite. La hausse du prix du litre de gasoil n'est que la partie émergée de l'iceberg.
Nous sommes tous sur le Titanic...


Pour en savoir plus :
Sur l'hydrogene-énergie
Sur le peak oil, ou encore ici.
Sur la décroissance
Sur "l'écologie en temps de guerre"

La teigne

Tu es laid... sois terrible, on oubliera ta laideur.
Tu es vieux... sois énergique, on oubliera ton âge.

Eugène Sue, Les mystères de Paris

J'ajouterais:
Tu es petit... sois teigneux, on oubliera ta taille.

...et de trois...

Pas trop envie aujourd'hui de me pencher sur l'analyse du pourquoi du comment du vote non des irlandais.
Tout ce que la toile compte de blogueur, de journaliste, d'analyste et de commentateur à déjà livrés son point de vue. Vous connaissez la maison, je vous laisse trouver ça comme des grands...

Je constate juste que l'Europe veut se faire sans les citoyens, à tout prix (y compris celui de renier les plus élémentaires des principes démocratiques).
Les commentaires déçus ou satisfaits me laissent le même goût amers.
L'Europe du fric se fera, avec ou sans le consentement des principaux concernés, des veaux à qui le droit de vote n'aurait jamais du être donné, puisqu'ils ne votent pas comme on leur dit...

Alors pour vous détendre les neurones et les oreilles, voici l'un des titres du fabuleux "Third", album de Portishead.
Une grosse claque musical pour moi.


plein la tronche.

Bien contre mon gré, lundi soir, je me suis retrouve, sans préparation mentale d'aucune sorte, devant un spectacle auquel la pratique assidue du zen montagnard ne m'avait pas préparée.

La coupure pub du milieu d'un match de foot.

Je m'explique: je me suis retrouvé, pour des raisons professionnelles, à Aix en Provence en train de chercher un troquet sympa pour me faire un petit plat de poissons (et oui, pour lutter contre le goitre, il faut de l'iode, j'y travaille).
Je me pose donc dans le coin d'une place sympa, demande la carte, et me rend compte qu'un écran plat trône pour les clients (et le patron).

Je vous le fait court, mais en des temps plus fougueux, j'aurais pris du temps pour vous expliquer à quel point le sport à la télé, et surtout les manifestations moites et bruyantes d'identification du troupeau aux Icônes me répugnent. Maintenant, je me contente d'ignorer, même pas superbement, les supermen en short et panneau de pub.
Ce qui, au passage, ne m'empêche pas d'admirer le "geste sportif" comme n'importe quel mouvement perfectionné par son utilisation quotidienne, du boulanger qui enfourne prestement au paysan qui fauche à la main.

Bref, je commande donc ma charcuterie corse (oui, j'ai un faible pour la charcuterie rurale) et me tourne vers l'objet de convoitise de mes voisins de table:

L'Ecran.

Je regarde songeur les gars en maillot se passer la baballe quelques minutes, avant que la pub coupe le match. Enfin, façon de parler, malgré mon inculture crasse en la matière, je sais bien qu'en fait, la pub ne fait que se glisser dans les espaces laissées libres, comme le pus dans une dent creuse.

C'est à cet instant qu'a débuté une hallucinante série de pub pour:

Des voitures,
Des parfums,
Des crédits,
Des voitures...

(bis et ter ad nauseam).

Pour tout vous dire, j'en ai pris plein la tronche.

De voir à quel point ces messages s'adressent directement aux instincts et aux pulsions.
De voir à quel point les pubeux prennent les consommateurs pour des abrutis.
D'imaginer que ce que j'ai vu pendant 10 minutes, et qui justifie à mes yeux ces quelques lignes, beaucoup de gens s'en prennent 10 fois plus, TOUS LES JOURS.

Y compris les enfants, et c'est probablement le plus tragique.

Je sais, je suis un sensible.


vivre sa vie...

Le boulot de ces jours ne me permet pas de m'informer et de poster autant que je voudrais.
Alors je vous revois sur l'indispensable plume de presse, qui inaugure des locaux tous neufs ici.

Vous pouvez aussi relire mon petit florilège, ou cliquer sur les liens à droite.
Ou aller boire une bière, sortir faire une balade, faire l'amour (pas la guerre), manger une glace, lire une histoire aux enfants, sortir un cerf-volant, encadrer une photo, refaire le monde devant des petits verres de gnôle, cuisiner un plat épicé, ranger le garage, revoir Magnolia en DVD, cueillir un bouquet pour votre chéri(e) ou aller dormir.

En fait, vous pouvez faire ce que vous voulez, c'est votre vie après tout...

Enjoy !

les braves gens n'aiment pas que l'on suive une autre route qu'eux

Je reprends a mon compte le mépris et le dégoût de CSP (dans ce billet) pour les "braves gens", qui dans le Figaro répandent leur haine comme de la bave, et se réjouissent de la mort d'un homme.

"[...]
Je méprisais, je méprise et je mépriserai cette frange de la population trop lâche, trop couarde, trop veule et rampante, qui exige sa propre soumission et l'exige pour les autres, cette France réactionnaire intimement convaincue dans le moindre de ses fibres d'être les Bons, les Normaux, les Vrais, et qui rejette avec horreur tout ce qui ne lui ressemble pas. Tout ce qui n'est pas avili à force d'hypocrisie et de bonne conscience, tout ce qui n'est pas soumis et à quatre pattes, tout ce qui n'est pas d'un conformisme d'acier et se pare des Valeurs Morales qui ne sont que le masque de la peur, de la bonne grosse trouille de tout et du reste...

Ces gens réclament la dureté, acclament la force, admirent les bourreaux, parce qu'ils sont lâches, tout simplement. Des lâches, des pauvres petits péteux de rien du tout qui sont trop heureux de vivre leur non-existence de cancrelats serviles et appellent ça être des "braves gens"...
[...]



La honte et la colère (bis)....

Témoignage de l'interieur du camps de Vincennes.
Source: http://quotidiensanspapiers.free.fr/
Pour mémoire, nous sommes en France, en 2008.

Rien à dire de plus, je vais aller méditer mon dégoût ...
[…] Brigade canine toute la nuit, les chiens aboient tout le temps, ils empêchent ceux qui ont les chambres de ce coté de dormir. Les projecteurs sont braqués sur les gens en permanence, dans le réfectoire et les chambres. Ils sont tellement puissants qu’ils traversent les vitres teintées. La lumière est trop forte pour regarder la télé.

[...]Les douches sont bouchées, les toilettes n’ont jamais été désinfectées, depuis un mois que je suis là. Elles sont pleines à craquer, à tel point qu’il faut parfois les vider dehors.

Si on mange un repas équilibré à midi il faut attendre le lendemain soir pour avoir un autre repas complet. Certains ne mangent que du pain et du lait et du fromage. Il y a eu du riz blanc et du couscous sans sauce. Les musulmans sont obligés de renvoyer leur barquette et de se contenter de pain et de yaourt.

Quand je suis arrivé je pesais 70kg, maintenant 55kg. Un ami est passé de 80kg à 60. La plupart perdent un tiers de leur poids. Les chiens sont comme un CD qui tourne. Cris de chiens ininterrompus toute la journée mais je les vois jamais en face. Les être humains sont utilisés comme des sujets d’expérimentation par l’école de police [qui est contigüe au centre].

[…] Là, deux agents sont en train de m’écouter vous parler, ils disent qu’ils contrôlent les ouvriers qui font les travaux. Ces derniers temps ils avaient infiltré certains prisonniers à qui ils donnent des rations supplémentaires. Il y a un policier en civil qui se fait passer pour un prisonnier. On s’en rend compte parce qu’il rédige tous les soirs un rapport, il sort et rentre comme il veut, il a exceptionnellement un stylo ; il se permet d’acheter quotidiennement les journaux à l’accueil.

[…] Il y trop de bruit, ils nous réveillent a 2h du matin, pour expulser les gens à 4h.
[…]. C’est interdit de ramener des médicaments dans le centre, donc ceux qui sont malades ne peuvent pas le faire. Un diabétique a été amené menotté à l’hôpital. Tout le monde a des boutons sur le corps, des allergies à cause de la nourriture. Les haricots sont déconditionnés de leur boites de conserve et reconditionnés dans des barquettes plastique pour falsifier le date de péremption. Les appels au haut parleur commencent à 6h du matin pour appeler les gens, ce qui réveille tout le monde.

[…] Un marocain qui ne veut pas rentrer au Maroc dit qu’il est algérien, le consulat algérien le reconnaît comme ressortissant algérien. Une fois en Algérie, il se fait emmerder par les flics algériens puis au bout d’un certain temps il est renvoyé en France. »

L'incendie

Je découvre ce soir un nouveau blog, "Rue-affre". (Edit: nouveau pour moi, s'entend)
Ça envoie le bois, et c'est déjà ça...
Pour vous donner envie d'aller lire de plus près (ici), un petit extrait de derrière les fagots:

[...]Tant que notre énergie du désespoir insidieusement canalisée servira à nous foutre sur la gueule, on pourra entendre encore un certain temps les bouchons de champagne sauter dans les suites du Carlton. [...]

Qu’elle sache bien, cette gauche capitularde, qu’en nous confisquant arbitrairement toute réelle alternative, en nous interdisant toute utopie vitale, en se convertissant au coût de l’autre plutôt qu’au goût de l’autre, elle prend la responsabilité historique du désespoir.

Et de l’incendie.


Allez, zou, dans les liens...

Le vent l'emportera

Les déclarations récentes de Delanoe (qui pense qu'être socialiste ET libéral n'est pas incompatible -est-il sot ?-) et de Royal qui lèche abondamment le Modem, tout en se déclarant "de gauche" (en tout cas plus a gauche que Delanoe) me confortent dans le désespoir profond dans lequel m'a plongé la gauche française depuis... un moment...(et je ne suis pas le seul, voir ce billet de Plume de Presse.)
Et me confortent aussi dans le sentiment de la complète inutilité de ces quelques lignes.
Tous ces blogs gauchisant, ceux que je lis, ceux que je ne lis pas, quelle impacts ont-ils ?
Celui de radicaliser les convaincus, je n'en doute pas.
Mais les autres, monsieur, les autres, ceux qui veulent pas, ceux qui peuvent pas ouvrir les yeux, et qui se font bourrer le mou à grand coup de propagande mielleuse ?

Ils bougent pas.
Se font tondre l'haleine de la bête sur le dos sans oser bouger, de peur de rater quelque chose.

Alors tous ces petits (et moins petits) blogs de gauche, ils sont une brise légère qui tentent d'infléchir la course du rouleau compresseur qui dame (quel horreur !) l'autoroute qui nous conduira plus vite à la faillite.
Il faudrai pouvoir souffler bien plus fort pour espérer un effet.
Avoir -par exemple- une quinzaine de millions de lecteursquotidien, qui créeraient le souffle d'une tempête, propre à renverser les engins du chantier ultra-libéral.
On en est loin, mais il faut continuer de souffler, aussi fort que possible, au cas ou...

Je ne me fait aucune illusion: les médias se sont déjà emparés de Royal-Delanoe pour faire comme aux States, un bon duel pré-électoral, histoire de laisser le champs libre à la droite, la vrai, la dure qui nous pourrira la vie encore longtemps.
Les premiers sondages ne tarderont pas, et le vrai débat sera occulté: le (la) prochain(e) président(e) ne sera pas l'incarnation du grand changement attendu par la gauche humaine -humaniste-.
Titre de Libe ce matin : "Le PS est-il soluble dans le libéralisme?"
C'est rien de dire qu'il s'y est dissout il y a bien longtemps. Je souhaite bon courage aux militant PS qui espèrent encore ancrer le parti a gauche...

A propos de dérive droitière, aux USA, malgré l'espoir que beaucoup mette dans la personne d'Obama, je ne peux m'empêcher de grincer des dents en lisant ici : son discours-slogan fini par:
« Oui, nous pouvons la justice et l’égalité. Oui, nous pouvons les chances et la prospérité. Oui, nous pouvons guérir cette nation. Oui, nous pouvons réparer ce monde. ("fix the world").

Ce qui confirme les craintes que j' évoquaient dans ce billet , a savoir que la politique (et même la morale) américaine part du postulat de base que les USA possèdent le monde, ou en tout cas aient une responsabilité à son endroit (envers et contre tout).
"We can fix the world", la belle affaire, encore faudrait il que le monde soit d'accord de se faire réparer par des (apprentis) sorciers...

de l'autre coté


les petits ruisseaux...

Dans mes tentatives plus ou moins vaines de mettre en accord mes convictions, mes paroles et mes actes, je suis arrive a la conclusion suivante, qui n'engage que moi, mais puisque je suis le suis le taulier ici, et le crieur public de mon tout petit village virtuel, je n'hésite pas a en faire profiter les touristes de passage, les curieux reviens-z-y et les habitants des environs, furent-ils tahitiens...

En deux mots comme en cent, l'idée générale qui se fraye doucement un passage dans le gras de mon cerveau est qu'il n'y a rien de bon à attendre d'En Haut. Et je ne parle pas catéchisme.

C'est en s'occupant de ses propres fraises que les 38 tonnes ne viendront plus d'Espagne.
C'est en achetant son pain chez le boulanger (ou en le faisant) que l'on ne l'achète plus chez Carrouf.
Plus généralement, c'est en donnant son argent aux plus petites structures possible que l'on peut lutter, avec ses tout petits moyens, contre les gros monstres qui se payent des doubles pages dans les mags.
C'est en offrant aux dogmes ultra-libéraux une résistance passive inamovible que nous arrêterons de les nourrir.

Devant la démission et la soumission des politiques devant le la puissance du système, il semble de plus en plus clair qu "être de gauche, c'est être de droite" (cf ce billet de CSP).
Autrement dit, il n'y a pas d'autre alternative que de se faire écraser les doigts, avec ou sans pommade. La solution "avec" pommade peut se résumer par cette citation d'un "présidentiable" (Delanoe):
"Si les socialistes du XXIe siècle acceptent enfin pleinement le libéralisme, s'ils ne tiennent plus les termes de 'concurrence' et de 'compétition' pour des gros mots, c'est tout l'humanisme libéral(1) qui entrera de plein droit dans leur corpus idéologique".

Et oui, si les socialistes renient leurs convictions de gauches, ils seront de droite...cqfd...

Que les choses soient très claires: l'ultra libéralisme ne tiens debout uniquement parce que sa matière première, la sueur et le fric des pauvres sont librement disponible. Avec évidement les média pour fabriquer assez de consentement et lubrifier tout ça (lire ici, entre autre)...
Refuser de donner son temps et son argent au système est le meilleur moyen de le combattre.

Résumez vos actes, identifiez vos cibles, et agissez en conséquence...

Pas facile, je sais...

(1) "l'humanisme libéral": bel exemple d'oxymore merdique. La novlangue n'est apparemment pas l'apanage des UMP...

La honte, la colère et l'envie de vomir



Aux armes (etc.)

Je reprends ici (presque) tel quel un texte de Manu, du blog "Carnet d'un voyage".
Un texte fort et lucide, d'un enseignant qui en a plein le cul

Mais qui n'en pas plein le cul, en ce moment ?

"Les éternels slogans gentillets et bon-enfants qui commencent à me courir sur le haricot. J'ai presque ressenti de la honte à vrai dire. Honte de devoir supporter ces collègues qui hurlent sans conviction dans leurs mégaphones les mêmes slogans éculées, entendus, réentendus, ces autocollants, ces ballons et ces drapeaux. On s'adresse au président et au ministre et on lui demande de rendre les postes, d'arrêter ses réformes qu'on ne veut plus, de donner des sous etc. Une énième fois, on se joue la comédie du dialogue social et du rapport de force. En mobilisant assez de monde, les fédérations syndicales pourront espérer peser sur les négociations et obtenir des avancées. Voilà la dialectique dans laquelle nous sommes enfermés. C'est pathétique. Je suis parti sans regrets.

Que les choses soient claires. Le gouvernement n'en a rien à foutre. Le gouvernement ne négociera sur rien d'important. Il accordera au mieux quelques miettes. D'ailleurs la sortie de Sarkozy jeudi ressemblait bien à une diversion; qu'ils s'excitent sur le service minimum et le droit de grève. On lâchera sur ça, ils auront l'impression d'avoir gagné et l'essentiel des réformes et du cassage va continuer.

C'est exactement ce qu'il va se passer. Je vois de moins en moins bien comment on pourra continuer encore et encore à jouer cette pièce ridicule. Tant que des syndicats de cogestion tels que le SNES auront une majorité, ça risque de durer. Ils nous enflent jusqu'au trognon et on se laisse avoir. Sciemment. Aucune position politique ne peut sortir de là. Rien n'est réellement assumé. Il s'agit pourtant de politique et d'idéologie, aux sens premiers de ces termes. Les débats posés par les attaques que lance la droite au pouvoir sur le système éducatif ne sont on ne peut plus explicite et on ne peut plus clair idéologiquement. Cependant c'est comme si on s'interdisait de poser concrètement les débats en terme politique. Du moins au sommet des directions syndicales, car poser des débats idéologiques offrirait leur flanc à la critique venue de la droite qui aurait beau jeu de hurler à la politisation rampante des enjeux. Ces gens là ont trop d'intérêts pour avoir des couilles.

Comme s'il s'était toujours s'agit d'autres choses. Comme si le mouvement social était une réalité déconnectée de l'idéologie générale. Dans un monde tel que le souhaite la droite néo-conservatrice et libérale au pouvoir, il n'y a plus de places pour de tels fonctionnements. Les perpétuer par tradition et inertie c'est s'enfoncer dans le piège de l'acceptation et de la concession justement inacceptable. La possibilité d'un consensus social n'existe plus, car en face, ils sont résolus à ne pas faire de concession [C'est moi qui graisse]. Qu'on se le dise, qu'on se le répète. Il n'y aura bientôt plus d'autres choix que d''être dans l'idéologie et dans la politique. C'est à dire qu'il va falloir assumer le conflit et cesser de se jouer la comédie, de faire semblant de croire qu'on pourra obtenir quelque chose d'un gouvernement de droite.

En réalité le mode de régulation et de gestion des conflits sociaux hérité de la période sociale-démocrate de notre pays est totalement obsolète car les principes de bases qui le régissaient ne sont plus reconnus par l'une des parties qui entend faire sa révolution. Il n'y a plus de possibilités médianes. On nous les a toutes enlevés, une à une."