Je part cet été pour un trip professionnel d'un petit mois dans une contrée isolée *, froide et montagneuse.
Le genre d'endroit ou les librairies sont plus rares que les armureries, et où les ours sont plus cultivés que les sénatrices.
Le genre d'endroit où la tente est ta seule option si le temps se met au vinaigre.
En bref, un endroit où il faut un putain de bon bouquin, surtout que les nuits estivales sont (très) courtes. Un bouquin passionnant, palpitant, dense, intelligent, un essai limpide ou un roman vibrant, une chronique vivante ou un truc encyclopédique...
En plus, il faut qu'il soit écrit petit sur du papier fin, avec des marges ridicules, les sacs à dos étant ce qu'ils sont **.
Si vous avez dans vos souvenirs un bouquin comme ça, vous me sauvez de l'ennui.
J'ai pour l'instant, et en présélection "Le roi absent" de Moetai Brotherson, "l'élégance du hérisson" de Muriel Barbery, "Le poisson-scorpion" de Nicolas Bouvier, "Citadelle" de St Exupery, la trilogie de Pan, de Giono, "Autobiographie d'un Yogi" de Paramahansa Yogananda... J'ai aussi un faible pour la collection "Bouquins" de Laffont, d'un excellent rapport "poids/intelligence" :-)
* Très isolé. Les grand espaces du Colorado à coté, c'est Tokyo les heures de pointe. Et je ne te parle même pas de cette ridicule chaîne de montagne so-called "Les Alpes"...
** A dos, donc.
A la suite du précédent billet, courrez lire l'excellent dossier sur l'affaire de l'attentat de Karachi chez Plume de Presse.
Beau travail d'investigation et de recoupement, en trois actes (là, là , et là).
Et surtout, faites passer l'info. Les médias (qui mentent) n'en parlent pas, le couvercle va sans aucun doute se refermer sur l'histoire.
Par contre, si buzz il y a, quelques journaleux un peu plus couillus pourrait se risquer à un papier. C'est du lourd...
Je sais pas vous, pour ceux qui ont des enfants, mais avec les miens, leurs petits mensonges sont toujours très facile à détecter (je ne me fait aucune illusion, ça ne va pas durer).
Il ne me semble jamais avoir posé une vidéo de NS (maudit soit son nom) sur ce forum.
Pourtant, ses mensonges éhontés à répétition auraient mérité qu'on approfondisse la question de la mythomanie.
Dans ce cas précis (les attentats de Karachi), NS (maudit soit son nom) réagit exactement comme un enfant en train de bafouiller son mensonge.
Chez moi, ça se traduit par deux punitions: une pour la bêtise, l'autre pour le mensonge. Sans préjuger d'une réparation de la bêtise, si c'est possible.
Dans le cas des morts de Karachi, je crains que la bêtise ne soit pas réparable, les morts le resteront, probablement.
Reste les punitions.
Les punitions ?
Je suis très curieux de voir comment cette Affaire d'État va faire pchhhhht avant de s'éteindre comme le premier pétard mouillé venu.
EDIT: Celui qui me donne le nombre de fautes de français gagne un an d'abonnement à Si ça continue, ça va pas durer" .
Et non, ce n'est pas moi qui vais reprendre ce blog avec une vitesse de croisière qui me demande plus de temps que je ne peux en donner pour l'instant. C'est semble-t-il le sentiment de deux grosses huiles du gouvernement U.S. qui pensent (ou qui veulent faire penser) que tout va redevenir comme avant, le bon temps des Cadillacs dans les drive-ins, l'aspirateur et le pavillon bourgeois à crédit, tout ça, tout ça, fuckin' american way of life...
Une analyse plus détaillée de la saillie (drolatique) est disponible chez Paul Jorion (qui prête son espace à François Leclerc), et qui sait de quoi il parle.
Un extrait pour la bonne bouche:
« En restaurant la confiance du public dans notre système financier, les réformes de l’administration vont permettre à celui-ci de jouer son plus important rôle : transformer les revenus et les économies des travailleurs afin d’en faire les prêts qui vont aider les familles à acheter des maisons et des voitures, les parents à envoyer leurs enfants au lycée et les entrepreneurs à construire leurs affaire. Il est temps d’agir. »
Tim Geithner (Secrétaire au Trésor des États-Unis) & Lawrence Summers (chef du Conseil économique national des États-Unis), Washington Post, 15/06/2009.
Une échéance importante arrivant avec ses gros sabots, et n'ayant aucune envie de paraphraser les événements du week-end , qui ont été décortiqués jusqu'à l'os (j'ai même brièvement regarde la télé hier soir, vous dire le niveau de l'indigestion), je vous offres quelques images qui datent du mois de Janvier.
Toute ma considération pour ceuces qui trouvent ou ces images ont été prises...
Ceux qui savent sont priés de se taire.
Et si vous voulez de la vrai photo qui déchire le slip (et éventuellement le string), foncez directement chez mon pote Tonio, ici, ou là, et prenez quelques minutes pour vous faire péter les yeux...
J'ai toujours bien aimé voyager en train, et surtout en train de nuit.
Tu dors mal, tu as chaud, tu as froid, le petit dej' est infâme, mais au moins tu prends conscience de la distance réelle qui te sépare de ton point A à ton point B.
Tu discute avec tes voisins de compartiment dans des sabirs improbables, tu te réveille avant l'heure, et tu regarde passer les vaches, avant de rentrer dans la Grandeville de ton choix.
Tu te déplace réellement. Et c'est un excellent moyen de palper le concept de décroissance avec une bonne tranche de réel dedans, pour aller en Italie, en Autriche, en Allemagne *, et se rendre compte ce que signifie se déplacer de 1000km.
Et franchement, est ce que tu peux imaginer faire l'aller et retour Lyon-Rome, ou Paris-Moscou-Berlin ** dans la journée en avion ?
Non, alors qu'en train de nuit non plus, mais en plus lent.
* Je déconne, personne ne va en Allemagne de plein gré. Si ? C'est pas ce pays plat, froid, battu par des vents d'Est terrible en hiver et de gros paquets d'humidité venues de la Baltique le reste du temps ?
** (Berlin enchanteresse...).
Selon Le Parisien d'aujourd'hui, Julien Coupat serait sur le point d'être libéré, après 194 jours de détention arbitraire.
Curieusement, le lendemain de sa pleine page pamphlétaire dans Le Monde du 26/05 (j'en parlait ici).
Difficile de croire que sa libération le lendemain de l'entretient (qui a fait un bon buzz, je crois) ne soit qu'une coïncidence.
Les médias, après avoir participe au lynchage orchestré par le gouvernement, ont-ils senti le vent tourner ?
Voyant que se constituait une sorte d'icône anarchiste en la personne de Coupat, les Autorités ont-elles sciemment décidé de sa libération pour éviter de cristalliser les mécontentements autour de sa personne ?
M'est avis que l'on a pas fini de se faire entourlouper dans cette histoire.
Ah, un détail, que je vient de lire: il y a environ 400 "accidents caténaire" en France par an (source, la SNCF, qui sait de quoi elle parle)...
Je suis toujours dans mes affres personnelles pour savoir pour qui je vais voter au européennes. Tenté un moment par le NPA, je ne suis plus si convaincu, et le bouffage de nez avec le Front de Gauche de Méluche me prend gentiment la tête. Je rêvait de voir ces deux forces s'unir pour devenir une vrai force d'opposition (a piece of cake, vue la décrépitude éléphanto-solferinesque), mais du passé ne tirer aucune leçon, c'est entre deux liste qu'il faudrait choisir.
Les gars d'Europe Écologie ont l'air sympa (j'ai toujours eu un faible pour Bové), mais les délires libéraux de Cohn-Bendit cadrent mal avec l'idée que je me fait d'une Europe sociale. C'est une option que je garde ouverte, masi qui est de moins en moins probable...
J'ai également été tenté un instant de na pas voter, comme le Yéti le suggérait ici ou de voter blanc, ou avec le bulletin "Souviens-toi Versaille, 4 Fevrier 2008" d'Agnès Monolecte (ici). Inconvénient certain (abstention/ blanc/ nul), c'est que tu fais le jeu de l'UMPS, et oui, la Loi est bien faite, même si tu bouge ton derche pour aller exprimer ta colère, tu ne rentre pas dans les statistiques des bulletins "exprimé", et le pourcentage du notable UMP du coin augmente d'autant.
Pas cool.
J'ai peut-être trouve la solution (soufflée par Superno, il faut savoir s'inspirer des Sources de Sagesse): le vote pour les listes d'Europe Décroissance, qui sont présentes dans 6 des 8 circonscriptions.
Une façon de voter en fonction de mes convictions sociales et environnementale, avec le risque que la liste taquine les 0.1%. Mais au moins le vote sera comptabilisé.
Les gars semblent plein de bonne volonté (mais leur poches sont vides, les bulletins, les affiches sont à imprimer à la maison), et si de telles listes n'enverrons probablement personne siéger à Strasbourg, elles aurons au moins le grand mérite de placer la décroissance dans le débat public (un peu, faut pas non plus rêver).
Je me laisse encore le temps de la réflexion, mais je voulait relayer cette heureuse initiative qui a a priori toute ma sympathie.
Un extrait de leur profession de foi:
Il est temps de RALENTIR pour RETROUVER les autres dimensions de la VIE.
Il est temps de comprendre que l’Homme ne se réduit pas au couple producteur-consommateur.
Il est temps de remettre le bien-être des citoyens au cœur de toute action politique, et non plus l’efficacité économique.
Il est temps de redonner du sens à nos vies, d’innover, d’entreprendre pour créer ensemble une nouvelle société. Nous voulons du temps libre et de la convivialité, pour mieux vivre, mais aussi pour mieux s’informer, débattre et participer à la vie politique et sociale.
Pour ne plus se laisser dicter nos choix de société par les politiques et les dirigeants.
"Ce qu'il y a, c'est, devant nous, une bifurcation, à la fois historique et métaphysique: soit nous passons d'un paradigme de gouvernement à un paradigme de l'habiter au prix d'une révolte cruelle mais bouleversante, soit nous laissons s'instaurer, à l'échelle planétaire, ce désastre climatisé où coexistent, sous la férule d'une gestion "décomplexée", une élite impériale de citoyens et des masses plébéiennes tenues en marge de tout. Il y a donc, bel et bien, une guerre, une guerre entre les bénéficiaires de la catastrophe et ceux qui se font de la vie une idée moins squelettique. Il ne s'est jamais vu qu'une classe dominante se suicide de bon cœur."
Julien Coupat, Le Monde, 25 mai 2009, ici.
En clair et sans le style-du-penseur,"Soit on leur pète les gencives maintenant, soit on prend cher et grave pour longtemps."
Une bonne chose à cette affaire Coupat (en prison, rappelons-le, depuis plus de 7 mois, sans l'ombre d'un procès, avec un dossier aussi creux qu'une page de Valeurs Actuelles) : le gars a accès aux médias (qui mentent, certes, mais lui donnent plus de 15000 signes pour s'exprimer dans un Grand Quotidien Vespéral...)
Et le gars cause bien. Un brin ampoulé, le style, mais qui tape juste et fort. Le texte intégral est à lire ici
Et franchement, ca fait plaisir de lire (surtout dans Le Monde, et pas dans une obscure feuille de choux anarcho-gauchisante) ce genre de discours.
Coupat marquerai-t-il le retour du discours et de la pensée anarchiste sur le devant de la scène ?
Je ne vais certainement pas commenter, pour éviter tout écart de langage qui nuirai delà la qualité de ce blog, de commenter ce que de toute façon tout le monde commente, l'interpellation policière de 2 gamins pour un vélo tout pourri.
Je me laisserai aller à des généralités sur la profession de Gardien de la Paix, et ce n'est pas mon but.
Je pourrait même glisser à dire que cette (belle) profession est instrumentalisée par les ordures au pouvoir, qui utilisent les basses-fosses de l'âme humaine pour ses sinistres desseins.
Et définitivement, non, je ne dirai pas que les flics sont tous des salauds de calibre olympique, des crétins congénitaux ou des crevures irrécupérables.
Je préfère vous laisser méditer avec un extrait des Démons de Jésus, dans lequel deux flics devisent sur les bords de Seine.
Je profiterai ensuite de cette belle journée pour planter des tomates, tient, et rester calme par la même occasion.
Je pensait, il y à peu, qu'un mouvement festif, qu'une vague de bonne volonté et de ras la bol allait renverser cul par dessus tête ce pouvoir ridicule, grotesque et effrayant.
J'imaginai un grand mouvement solidaire, rieur et irrésistible. Je l'espérai, je l'espère encore, ce grand soir idéal, fleurs contre matraques, sourires et chansons paillardes contres lacrymos et lances à eau.
Comme le souligne Florence Aubenas et Miguel Benasayag dans leur bouquin "résister c'est créer" (dont Lémi, sur Article11 présente une mise en perspective particulièrement éclairante ici), la contestation actuelle est beaucoup moins idéologique et théorique que ses ancêtres du XXème siècle, plus individualiste et "immédiate"; agir localement en fonction de ses convictions, plutôt que de se fondre dans un moule idéologique pré-pensé et prêt-à-l'emploi.
Victime collatérale de cette nouveauté, la difficulté actuelle à trouver un parti ou une grosse assoce qui fédère les mécontentement peine à voir le jour de façon évidente.
On se retrouve donc coincé entre des partis de gauche avec un passé, des héritages moraux et des égos qui empêche un vrai regroupement, et une multitude d'individualité contestataire sans structure, qui sont d'accord sur l'essentiel, mais pas forcément sur les détails ou les aspects plus personnels.
Où est ce que je voulait en venir ?
Au fait que la grosse marée humaine qui devait imposer sa volonté du plus grand nombre, cette "insurrection qui ne vient pas"
oubliera les fleurs et la bonne humeur, et sera (j'utilise le futur, parce que c'est inévitable) une grosse colère, bien méchante, pas raisonnable pour deux sous, inexcusable comme un saccage de sous-préfecture, imprévisible et incontrôlable.
Et ne sera pas le fait des militants gauchistes, trop occupé à théorisé sur leur clavier ou à échanger des astuces pour jardiner malin sans trop se crever, mais d'un mouvement plus profond gars qui n'auront rien à perdre, et très très fâché.
Alors leur emboîteront le pas les étudiants, les militants de gauche, puis les partis de gauche...
La morale ?
Je sais pas, moi... Continuez de cultivez votre jardin sans trop vous fatiguer, pendant que vous êtes encore autorisé de la faire, continuons de théoriser dans le vent, il en restera bien quelque chose...
- "Personne ne sait ce qui se passe aujourd'hui parce que personne ne veut qu'il se passe quelque chose, en réalité on ne sait jamais ce qu'il se passe on sait seulement ce que l'on veut qu'il se passe, et c'est comme ça que les choses arrivent.
En 17 Lénine et ses camarades ne disaient pas: Nous allons faire la révolution parce que nous voulons la révolution. Ils disaient " Toutes les conditions de la révolutions sont réunies, la révolution est inéluctable !" Ils ont fait la révolution qui n'aurait jamais eu lieu, s'il ne l'avait pas faite et qu'il n'aurait pas faite s'ils n'avaient pas pensé qu'elle était inéluctable uniquement parce qu'ils le voulaient.
A chaque fois que quelque chose a bougé dans ce monde ça a toujours été pour le pire! Voilà pourquoi personne ne bouge, personne n'ose provoquer l'avenir ! Faudrait être fou pour provoquer l'avenir !!! Faudrait être fou pour risquer de provoquer un nouveau 19 un nouveau 40 ou un nouveau 37.
- "Alors , il ne se passera jamais plus rien ? "
Si parce qu'il y aura toujours des fous et des cons pour les suivre et des sages pour ne rien faire."
J.-P. Léaud dans le film "Liberté , La Nuit" de Philippe Garrel, 1983.
Je n'ai habituellement aucun goût pour le rap, sauf parfois bien emballé entre deux rifs de gratte ou quelque beat electro, mais j'ai pris une claque ce week-end end: J'ai découvert Keny Arkana *.
Souvenez-vous de cette fille, quelque chose me dit qu'on va en entendre parler...
Son site
« La révolution, c’est d’abord une rupture. Celui qui n’accepte pas cette rupture avec l’ordre établi, avec la société capitaliste, celui-là ne peut pas être adhérent du Parti socialiste. »
J'ai décidé, pour lutter contre la pandémie de ma famille, de me créer un abri: mon cerveau (ainsi que celui de mes enfants et de ma tendre et douce moitié) n'ingère que de l'information filtrée et purifiée, (presque) exempte de désinformation et de manipulation.
Si des expérience sont faites sur des échantillons de médias contaminés (dépêche AFP, courrier des lecteurs de Libération, édito du Figaro...), ce n'est qu'a des fin de recherche et dans un local soigneusement isolé. Ce fut le cas ce matin, en lisant Le Monde (Vive le Feu était ouvert pour neutraliser les effets délétères du Quotidien de Référence).
"Plusieurs cas de grippe porcine ont été confirmés en Europe ces derniers jours. Vous vous trouvez dans un des ces pays (Espagne, Suisse, Pays-Bas, Allemagne, Grande-Bretagne...), comment vivez-vous cette crise sanitaire ? Comment les habitants réagissent-ils ? Quelles sont les mesures prises par les autorités ?"
Le Monde (Journal de référence) permet à ses lecteurs de témoigner sur "cette crise sanitaire".
Une crise sanitaire, 12 morts au Mexique et trois pelés qui toussent à Paris ?
Normalement 12 morts au Mexique, ça fait un entrefilet entre la poire et le fromage.
Non, ce qui fait les choux gras de journaux, en ce moment, c'est la possibilité d'un truc super grave. Le monde occidental pourrait subir ce virus, et des gens pourraient mourir.
Pas comme ces pauvres qui crèvent bêtement du paludisme ou d'une méchante chiasse chopée en coupant leur bouillon de riz avec de l'eau pas nette. De toute façon, chez eux, l'espérance de vie et tellement faible...
Alors que chez nous, merde, c'est autre chose ! Faut bien que la cotisation à la retraite serve à quelque chose ! *
Qu'on soit bien clair: je suis un scientifique, un esprit (un peu trop) cartésien, et amateur de chiffres et de faits. Je ne suis pas aveugle, et suis bien conscient du potentiel danger de ce virus. Mais il me semble que ces infections sont très commodes pour calmer les gueux, qui en tous pays, commencent sérieusement à se lasser des coups de talons dans la face.
D'ailleurs, comme un retour de manivelle, l'origine de ce méchant virus aurait son origine dans les pratiques d'élevage ignobles (voir sur Basta! pour les détails, ainsi que chez SuperNo qui en avait déjà parléici.)
La meilleur des protections: couper la télé et jetez-la avec l'eau du bain, n'écoutez pas la radio (et surtout pas France Inter, le matin), n'achetez pas les journaux (sauf le Diplo, qui consacre ce mois-ci un excellent dossier sur les révolutions), et arrêtez de bouffer de la bidoche de merde **.
Restez vivants...
* genre "faire des croisières pour justifier la construction de paquebots"...
** Tu va me dire "oui, mais le bio c'est plus cher". Je te rétorquerai que la merde aussi c'est moins cher que le bio, c'est pas pour ça que tu en manges.
Après une grosse semaine de sables entres les orteils, à regarder les gamins jouer, sans radio, sans Ternet, sans journaux, retour au nid et à son inévitable connexion au monde.
Premier réflexe, les mails.
Second réflexe, le flux RSS, qui pour le coup ressemble plus au catalogue de la redoute, version gauchiste: 604 billets...
Mouais, d'habitude j'en lit un petit tiers, mais là pas moyen. Je vais donc chez Superno pour un résumé partial, mais Ô combien pertinent de la semaine.
J'oublie le blog de Paul Jorion, il me faudrait la semaine pour lire ses 29 (très bons, je n'en doute pas) articles, et leurs nombreux commentaires.
Un petit coup d'œil chez Brave Patrie pour grincer des dents , survol d'Article 11, qui mérite pourtant mieux, un œil chez Madame Monolecte, et la je reste (comme souvent) sur le cul: un billet simple, incisif, brillant.
Un extrait ?
Un extrait:
"
[...]Il n'a jamais été aussi urgent de goûter à la douceur de vivre, jamais aussi important d'en finir avec les conventions rigides, les faux-semblants, les faux-culs, les excuses de merde, les fâcheux, toute cette accumulation de petits renoncements et grands ratages qui nous pourrissent constamment la vie en échange de la promesse d'une récompense future. Ce n'est pas non plus la philosophie égoïste du après nous, la fin du monde. C'est juste que la fin du monde, c'est pour notre gueule et c'est imminent. Fallait bien que ça tombe sur quelqu'un, à force, un peu comme ma grand-mère qui annonce à chaque printemps que c'est le dernier qu'elle verra fleurir. [...]
Nous ne sommes plus qu'à un battement d'ailes de colibri du moment où le voile se déchirera devant nos yeux, avant que le rouleau compresseur de l'Histoire ne nous passe sur l'échine, avant que tout ce que nous connaissons, aimons ou pensons aimer, tout ce qui fait notre réalité ne sombre dans l'oubli.
C'est terrifiant.
[…]
Au lieu de se pourrir cette fin de règne en nous lamentant contre ce putain de sort qui s'acharne sur nous alors que ceux qui ont foutu la merde devraient réussir à bouffer leur extrait de naissance juste à temps pour ne pas contempler l'océan de désespoir qu'ils nous ont légué, profitons plutôt de ces derniers instants de répit avant la tempête, cessons de remettre l'essentiel au lendemain, qui ne viendra peut-être jamais, cessons de nous mentir, de nous brider, de nous faire chier pour rien.
[…]
Profite de ta vie tant que ton sang pulse dans tes veines, que tes jambes te portent un peu plus loin, tant que tu as réellement la possibilité de le faire. Remplis ta mémoire de tous ces moments uniques et merveilleux, nourris-toi de cette euphorie incroyable que tu t'es toujours refusée, capitalise sans vergogne toutes les particules de bonheur que tu peux rafler, démultiplie tes investissements affectifs en les partageant avec le plus de monde possible, sème la joie autour de toi et récolte des tombereaux d'espoir, des brassées d'envie de lendemains qui chantent, que ta gentillesse soit impitoyable pour tous les empêcheurs de vivre en rond, les connards, les profiteurs, les faux-culs, les donneurs de leçons, les moralisateurs et les peine-à-jouir.
Fais le plein d'allégresse.
Pour survivre à la suite.
Pour avoir la force et l'envie d'inventer de nouveaux lendemains."
J'ai supprimé les 597 articles non lus.
Et vous savez quoi ?
Le monde tourne encore, le soleil brille et mes narcisses sont en fleur.
EDIT: je viens de mettre le lien vers le billet d'Agnès Maillard et son Monolecte, que j'avais oublié. Que milles scorpions tourmentent mes nuits.
Alors que le G20 ressemble au Carnaval, que RIEN ne va être mis en œuvre pour changer quoi que ce soit à la situation qui prévaut depuis 40 ans, je viens de finir "La haine de l'Occident" de Ziegler (voir ici).
Le livre remonte aux racines du mal, et démontre la profondeur de cette "haine raisonnée" contre cet Occident tour à tour "découvreur" des nouveaux mondes, esclavagiste, colonialiste, et maintenant "néo-colonialiste".
Ziegler, avec de nombreux exemples très documentés, et fort de son expérience au plus haut niveau de la diplomatie mondiale *, montre que cette haine est inévitable, profonde et durable.
Et qu'entre les louables déclarations d'intentions (paix, alimentation, démocratie...), et les faits, d'une incroyable violence (physique, économique, politique, culturelle...), il y a une réelle schizophrénie de l'Occident, qui ne fait qu'accroître cette haine.
Le livre documente ce que nous savons tous, plus ou moins consciemment: les politiques économique impérialistes des pays occidentaux ont fait directement ou indirectement des millions de morts depuis plus de 500 ans.
Les grandes firmes, nationales puis transcontinentales, de la Compagnie anglaise des Indes orientales à la Shell, de Monsanto à Elf **, ont directement et indirectement semé la désolation sur des terres fertiles, ont consciencieusement pompé toute énergie vitale de pays entiers, sont responsables, directement et indirectement de la mort, de la maladie, des blessures qui frappe les "pays du Sud" avec une férocité incroyable, avec la complicité active des gouvernements occidentaux et du FMI.
Le but: maintenir un ordre établi bénéfique aux plus riches nations, aux plus riches citoyens.
La mascarade du G20, vu sous cet angle, s'explique parfaitement: une grosse baudruche pleine de déclarations ronflantes pour cacher le conservatisme maladif des ceux qui tiennent les rennes. Et que crèvent les pauvres, et que crèvent les gosses mal nourris, tant que les européens et les américains peuvent garder le train de vie, leurs habitudes de consommation.
Mon confort ce matin a la goût du sang et de la mort. Mais jusqu'ici tout va bien.
* Jean Ziegler a été (entre autre) rapporteur spécial pour le droit à l'alimentation (des populations) du Conseil des droits de l’homme de l’Organisation des Nations unies de 2000 à mars 2008 (Wikipedia).
** liste bien entendue non exhaustive. Il me semble que TOUTES les compagnies d'une certaine taille ont du sang et des larmes sur leur bilans comptables.